UA-73135419-1

Catherine Armand

  • La Gradelle : un quartier cerné par les antennes 5G

    Capture d’écran 2020-01-30 à 10.12.32.pngLa prolifération de plus en plus rapide d'antennes 5G sur le territoire genevois malgré un moratoire cantonal et des moratoires communaux révèle la détermination des opérateurs à mettre en oeuvre cette nouvelle technologie dans une ambiance très concurrentielle, tout autant que l'impuissance des autorités à contrôler cette fuite en avant. 

    Etablie par la RTS à partir des données de l'OFCOM, la carte de comparaison des antennes 5G entre juin 2019 et janvier 2020 est édifiante... Dans le quartier de la Gradelle à Chêne-Bougeries par exemple, ce sont 4 (!!) antennes 5G qui ont été installées ces derniers mois (dont deux côte à côte), à proximité immédiate de 2 crèches, 1 EMS, 1 école primaire, 1 cycle d'orientation et un centre de loisirs. Sans oublier près de 1500 habitants. 

    Malgré le moratoire cantonal, et une motion de notre groupe politique Alternatives pour Chêne-Bougeries et les Verts acceptée au Conseil municipal, les opérateurs continuent l'installation d'antennes 5G sur notre territoire communal en toute impunité, en transformant les antennes existantes, qui sont déjà au bénéfice d'une concession fédérale. 

    Au moment du vote de cette motion, une seule antenne 5G était active à Chêne-Bougeries selon la carte de l’OFCOM, sur le toit des immeubles de la Gradelle, au niveau du no 32. Or, depuis le vote de cette motion, pas moins de 3 nouvelles antennes 5G ont été activées, portant à 4 les antennes 5G sur les toits de la Gradelle. C’est d’ailleurs le seul endroit de la commune pour l’instant à en être équipé.

    La situation actuelle à la Gradelle :
    Chemin de la Gradelle 32 : Antenne 3G/4G SWISSCOM transformée avec 5G (dossier APA 17114/1)
    Avenue des Amazones 6 : Antenne 4G SWISSCOM transformée avec 5G (dossier DD 102652/1)
    Avenue des Cavaliers 13 : Antenne 3G/4G SWISSCOM transformée avec 5G (dossier DD 106542/1)
    Avenue des Amazones 4 : Antenne SUNRISE transformée avec 5G, mais présentée comme nouvelle antenne sur le site de l'OFCOM dossier DD 99826/1)

    Intriguée par cette antenne de l'avenue des Amazones 4 dont le statut semble flou, une petite enquête auprès de l'Office des autorisations de construire de l'Etat de Genève révèle que le processus d'implantation des antennes 5G échappe grandement au contrôle de l'Etat.

    L'installation du 4 avenue des Amazones dispose d'une autorisation d'exploitation depuis 2005, sans qu'aucune antenne n'y soit toutefois répertoriée par l'OFCOM (Voir la carte OFCOM des antennes de téléphonie mobile).

    Capture d’écran 2020-01-30 à 09.47.47.png

    Selon l'Etat, une autorisation non utilisée perd sa validité au bout de 4 ans au maximum (2 ans + 2 pans de prolongation possible). Or cette autorisation est restée valide jusqu'à aujourd'hui et fin 2019 l'opérateur a saisi le SABRA (Service de l'air, du bruit et des rayonnements non ionisants) via Enkom AG (installateur) pour demander une autorisation de "modification mineure" ne nécessitant pas d'autorisation de construire (en clair un ajout de la 5G sur une antenne déjà au bénéfice d'une autorisation).

    Alors, cette antenne était-elle pré-existante ou une antenne 5G a-t-elle été installée en toute impunité malgré le moratoire à un emplacement inutilisé par l'opérateur ? Difficile de le savoir...

    De fait, l'Etat (de l'aveu du responsable ayant répondu à mes questions) n'a aucun moyen de connaître précisément la nature des "transformations mineures" annoncées. La technologie 5G n'apparaît nulle part dans les documents, il semble que tout se fasse tacitement ! 

    Ce qu'on peut conclure de cet exemple de la Gradelle ? Que l'installation de la 5G sur le territoire se fait de façon totalement opaque et presque en catimini, sous le nez d'autorités impuissantes (malgré des moratoires brandis de tous côtés) et finalement peu curieuses d'enquêter sur la légitimité de certaines antennes.

    Catherine Armand
    Conseillère municipale 
    Candidate au Conseil administratif de Chêne-Bougeries

  • Des inégalités aussi dans les communes "riches" !

    chene-bougeries, social,politiqueLes inégalités dans la cossue ville de Chêne-Bougeries ? Nous avons tendance à croire qu'elles se résument à ceux qui ont une piscine, et ceux qui n'en ont pas. Et pourtant... Le dernier rapport de l'Etat sur les inégalités dans les communes (sorti en janvier 2020) donne un éclairage bien différent de ce qu'on peut imaginer.

    La part de contribuables à bas revenus est de 20.87% à Chêne-Bougeries, et la part des enfants scolarisés d'origine modeste est de 26.8%, principalement à l'école de Chêne-Bougeries (centre). Nous avons également dans la commune 7.6% de bénéficiaires de subsides sociaux.

    Ces chiffres sont préoccupants, et c'est pourquoi nous avons besoin aujourd'hui sur notre commune de passer d’une politique sociale de "charité" et de "dames patronnesses" (avec distribution de fruits et patates une fois par an pour la somme de CHF 950.-) à une vraie politique d'action sociale avec une vision et des projets, qui informe la population des prestations qu'elle peut offrir, et qui va au devant des personnes ou familles les moins aisées.

    Sans remettre en question le travail des employés communaux qui font au mieux avec les moyens qu'on leur attribue, il faut constater qu'un petit bureau qui attend que des demandes lui parviennent n'est plus adapté ni à la taille de la commune, ni aux besoins de la population. Les habitants ne savent souvent pas que la commune peut les soutenir, et certains ne veulent pas faire le premier pas et réclamer, par principe et dignité.

    Un petit tour dans les comptes 2018 de la commune donne une bonne idée de la politique pratiquée par le PLR au pouvoir. Les budgets que nous votons sont systématiquement sous-utilisés :

    • Aide aux familles nombreuses : 0.- utilisés sur un budget de CHF 500.-
    • Intégration d'enfants avec handicap : 5'090.05 utilisés sur un budget de CHF 30'000.-
    • Action fruits et pommes de terre : 956.- utilisés sur un budget de CHF 3'000.-
    • Soutien à des projets d'aide pédagogique : 1'000.- utilisés sur un budget de CHF 32'500.- (le budget 2020 ne comporte du coup plus que CHF 1'000.-)
    • Aides individuelles : 39'282.10 utilisés sur un budget de CHF 49'000.- (le budget 2020 ne comporte du coup plus que CHF 45'000.-). Ces aides sont sur demande. 

    Il faut savoir que lors de la répartition des dicastères après les élections de 2015, les deux élus PLR et l'élu vert se sont renvoyés la "patate chaude" du social, dont personne ne voulait. C'est finalement le PLR qui en a hérité à contre-coeur, et cela se sent dans la politique pratiquée. Le manque d'intérêt, d'enthousiasme, de proactivité et de projets est patent.

    Facteur aggravant, le lien social manque car nous avons peu d'espaces qui le favorisent. Chêne-Bougeries manque encore de convivialité, elle n'a pas vraiment de centre où les gens peuvent se rencontrer et peu de commerces de proximité. Mais notre ville ne doit pas devenir une cité dortoir, elle doit avoir l'ambition d'être une vraie ville, avec sa vie propre, ses activités et animations dédiées à ses habitantes et habitants.

    C'est par le lien associatif, culturel et scolaire qu'on peut rencontrer et accompagner les personnes isolées, celles au chômage (3%, en augmentation), les familles monoparentales ou les moins aisées. Il est vital de développer au plus vite de nouvelles activités gratuites, des contrats de quartier, un soutien accru aux associations, un agrandissement de notre maison de quartier devenue trop petite, des actions d'entre-aide et d'échanges entre communiers, des locaux communautaires, du sport dans l'espace public, etc. Tout ce qui semble aller de soi dans une commune au budget confortable, mais qui manque cruellement aujourd'hui !

    Catherine Armand
    Conseillère municipale
    Candidate au Conseil administratif de Chêne-Bougeries
    www.alternatives-chenebougeries.ch

  • Réalités associatives

    A l’heure du vote des budgets communaux et cantonaux, dans lesquels les lignes de subventions aux associations sont toujours fragiles et parfois remises en question, il me semble utile de faire part de mon témoignage, pour tenter de contrer certains a-priori concernant ce milieu.
     
    Je travaille dans le milieu associatif depuis 18 ans, d’abord dans le domaine de l’environnement, puis de la culture. La première association que j’ai co-créée s’appelait TerraWatt - énergies pour un développement durable. Elle ne recevait qu’une subvention en nature pour le prêt de locaux, et nous nous sommes battus pendant 8 ans pour créer et maintenir plusieurs postes de travail fixes, et de nombreux postes temporaires. Notre fonctionnement était celui d’une petite PME, tout en étant d’utilité publique.
     
    En 2009, nous avons fusionné TerraWatt avec Agir21 (une autre association créée avec Dan Acher et quelques autres) pour donner naissance à Terragir - énergie solidaire, encore active aujourd’hui à Meyrin et créatrice d’emplois. J’ai ensuite rejoint deux autres associations actives dans le domaine de la culture, Tako et CinéTransat, créées par Dan Acher et dont j’ai repris la co-direction l’année dernière. Seule CinéTransat reçoit une subvention d’environ un tiers de son budget, Tako travaillant sur mandats. Ces deux associations sont également gérées comme des PME, avec tous les soucis et écueils que cela comporte, et génèrent chaque année des emplois.
     
    Cela fait donc 18 ans que je suis seule responsable de mon petit salaire, par la recherche de fonds, de mandats, de sponsors, d’annonceurs, de dons, etc. Ce n’est pas facile tous les jours, et comme tout indépendant ou patron de petite PME, la sécurité de l’emploi et la sécurité financière ne sont jamais assurés.
     
    Cette réalité est vécue par toutes les petites associations genevoises, qui se battent pour exister, créer et maintenir des emplois et des prestations. Elles répondent à des besoins de la population dans de nombreux domaines, que l’Etat et les communes n’ont ni les moyens ni les compétences de prendre en charge.
     
    On entend parfois que nous, monde associatif, vivons sous perfusion des subventions et nous y complaisons. Je n’en connais aucune, parmi celles avec qui je collabore, qui se paie grassement ou nage dans l’opulence. Nous nous en sortons en renonçant souvent à s'attribuer des salaires en relation avec nos compétences et notre expérience, ou grâce au soutien de bénévoles.

  • La passion de la Commune

    mairie.jpgEn 2015, nous étions 1723 à briguer les 924 sièges de conseillers municipaux et 222 pour les 137 sièges des exécutifs des 45 communes genevoises.

    Pour les nouveaux candidats -dont je faisais partie-, la fonction de Conseiller municipal (non il n'y aura pas de langage épicène dans ce texte, crucifiez-moi) était un terrain inconnu, mystérieux, dont je ne saisissais pas bien les contours.

    Le fonctionnement de ma commune, ses enjeux, ses dossiers, m'étaient tout aussi inconnus, faisant partie des (trop) nombreux citoyens pour qui le plus petit échelon administratif de notre pays ne semblait présenter que peu d'intérêt. Surtout dans une commune périphérique cossue et d'apparence tranquille, où l'on imagine mal qu'il puisse se passer quoi que ce soit de passionnant.

    Une fois partie prenante de cet échelon modeste, on ne peut qu'apprendre l'humilité. C'est l'école primaire de la politique, on y étudie les bases, en naviguant à vue entre le jargon, la loi sur l'administration des communes, et les relations parfois difficiles avec l'Etat.

    A peine les fesses calées dans son siège en cuir acquis de haute lutte à coup de stands dans le froid et de porte-à-porte, on comprend assez vite qu'à Genève, les communes n'ont que très peu de compétences et de marge de manoeuvre. La phrase qu'on entend le plus reste "c'est de toute façon l'Etat qui décide au final", tout particulièrement dans les domaine de l'aménagement du territoire ou de la mobilité, qui sont ceux qui présentent les plus gros enjeux.

    Les frustrations sont ainsi nombreuses, et les rêves partagés sur les flyers de campagne sous le très ambitieux nom de "programme" font souvent place au mieux à de maigres contributions au bien commun, au pire à l'échec quand on fait partie d'une minorité qui propose, et que c'est un parti majoritaire aux valeurs opposées qui dispose.

    Malgré ces constats peu engageants à première vue, j'y retourne, j'en redemande ! Car il y aussi des moments passionnants dans cette fonction parfois ingrate : on y apprend à écouter les autres (enfin sauf en Ville de Genève bien sûr), à structurer et exprimer sa pensée, à s'accommoder d'opinions différentes des siennes, à argumenter, négocier, avec la joie de parfois convaincre ses adversaires et gagner leur respect.

    On a également la satisfaction intellectuelle de pouvoir avoir accès à des dossiers complexes et confidentiels, de pouvoir contempler les entrailles secrètes de la "machine" communale et y découvrir ses mécanismes.

    J'ai rencontré et découvert au sein du Conseil municipal de ma commune des personnes engagées et sincères, que j'apprécie quelle que soit leur appartenance politique. Nous croisons souvent le fer (enfin disons que je brandis une brindille contre un glaive), mais parfois nos idées se rejoignent contre toute attente, et nous ressentons alors la satisfaction de servir au mieux notre commune.

    Alors oui, ce tout petit échelon est une aventure passionnante, et j'espère pouvoir continuer de la vivre jusqu'en 2025, au délibératif ou à l'exécutif de Chêne-Bougeries !

  • +1000 arbres à Chêne-Bougeries : planter c'est bien, ne pas abattre c'est mieux !

    IMG_20151107_165104.jpgQuatre millions pour 1000 arbres plantés en 10 ans, c'est ce qu'a voté le conseil municipal de Chêne-Bougeries hier soir. Cet objectif ambitieux doit être atteint on seulement par des plantations dans les espaces publics, mais également en subventionnant les plantations chez les privés (avec 70% du territoire en zone villa, c'est incontournable).

    En votant cette délibération, nous les élus devons toutefois faire preuve de cohérence. On ne peut pas d'un côté voter des millions d'argent public pour replanter des arbres sur la commune et de l'autre concevoir ou accepter des projets de construction qui impliquent des abattages qui pourraient être évités, si ces projets avaient été conçus dès le départ avec la volonté de préserver la végétation existante.

    La délibération proposait également de subventionner la plantation d'arbres chez les particuliers. Selon un article paru récemment dans la Tribune de Genève, Chêne-Bougeries serait la deuxième commune du canton, après la Ville de Genève, à publier le plus d'avis d'abattages d'arbres depuis le début de l'année 2019. Ces abattages ont lieu principalement dans la zone villa. Nous devons lutter en parallèle contre l'application systématique de la dérogation prévue par l'article 59 alinéa 4 de la LCI qui permet de doubler la densité des constructions sur les parcelles en zone villa. Car pour densifier et poser des villas bunker bien serrées, il faut démolir les anciennes maisons, mais aussi couper des arbres !

    Alors oui replantons, mais avant tout PRESERVONS. Un arbre non abattu coutera toujours moins cher que d'en replanter ensuite. Et un arbre de grande taille préservé produira toujours plus d'ombre, de fraîcheur et d'oxygène qu'un petit arbre malingre dont on ne sait pas si la replantation sera pérenne.

    Catherine Armand
    Conseillère municipale "Alternatives pour Chêne-Bougeries"