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17/11/2011

Journal d'une blonde en politique

woman_screaming.jpegEn début d'année, j'ai constaté que les conversations chez ma manucure étaient en train de prendre un nouveau tournant. Les potins de Voici étaient soudain délaissés et on ne parlait plus que de "celui qui faisait le pitre avant à la télé" ou de "celui qui a un nom pas de chez nous et qui ne sourit pas assez".  Pour ne pas passer pour une idiote auprès des autres clientes lors de mes séances de retouches hebdomadaires, j'ai décidé de m'intéresser à la politique en Ville de Genève. Plus encore, de m'y investir.

Restait à choisir une famille politique. Un parti, c'est avant tout des idées, un programme, me direz-vous. Certes, mais avouez que c'est aussi une question de couleurs. Partout des ballons, des banderoles, des affiches, des écharpes. Du rouge, du vert, du bleu, de l'orange... Mon amie Brigitte, qui donne des cours de relooking, m'a donc suggéré de baser mon choix sur une analyse des couleurs qui siéraient le mieux à mon teint, selon la méthode dite des "saisons". Après m'avoir jeté autour du cou toutes les couleurs de l'arc-en-ciel et leurs dérivés, il s'est révélé que j'étais de type "hiver", et que la couleur "amie de mon teint" était le rouge.

J’ai donc finalement adhéré au PSG, qui a le bon goût d'avoir les mêmes initiales que le Paris St Germain. Avec un peu de chance, les attaquants y auraient également le muscle saillant et le mollet puissant. Et effectivement, tous les samedis matin, place du Molard, quelques très bons joueurs semblaient foncer droit au but en distribuant des ballons. Surtout celui qu'ils avaient racheté à coup de millions au club Al-Ansar de Beyrouth.

Tout s'est compliqué quand j'ai reçu une enveloppe grise remplie de noms et de visages encore inconnus. Grâce au site internet Smartvote, bien mieux conçu que Meetic, j'ai pu découvrir avec lesquels de ces messieurs j'avais des affinités, et plus si Entente. Ayant complété dans les remarques personnelles que j'aimais manger, sortir en boîte et m'amuser, j'ai attendu qu'un certain Michel C. (qui avait sans doute inscrit les mêmes remarques vu notre taux de réponses communes) me contacte.

Mais aucune nouvelle. Il devait être trop occupé à chanter dans des vidéos kitsch. Par dépit, j'ai pensé sélectionner tous les candidats les plus mignons de tous les partis et les réunir sur une liste vierge. Tant qu'à faire, autant que mon destin de citoyenne soit entre les mains de beaux gosses. Mon coiffeur, bien qu'également séduit par cette perspective, m'a ramenée à la raison. il m'a fait remarquer que cela aurait le même effet que s'il me donnait un rendez-vous pour un brushing sans me réserver de fauteuil. J'ai donc voté "compact".

La complexité de cette campagne m'a rappelé un jeu qui s'appelle "Twister". On roule un dé, et on doit faire des grands écarts avec une main sur le rouge, un pied sur le vert, l'autre sur le bleu... certains semblaient avoir choisi la logique de ce jeu pour déterminer leurs alliances. L'embêtant avec Twister, c'est que les positions contre-nature qu'il implique révèlent parfois les dessous. Mieux vaut donc qu'ils soient propres.

Le joueur libanais que je soutenais a finalement marqué. L'ex futur maire de Genève a abandonné la musique, même s'il joue encore du ciseau. Je peux me consacrer aujourd'hui un peu plus assidûment à ma passion première, le shopping chez Louboutin.

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