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12/11/2011

Facebook ou la mise en scène de sa propre vie

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Son existence triée sur le volet, élaguée des mauvaises herbes pour se faire envier.

Ou au contraire épanchement malsain de tous ses maux pour se faire plaindre et croire se faire consoler.

Les compliments qu'on se fait, les approches amoureuses qu'on tente, les rendez-vous qu'on se donne, les lendemains qu'on commente, les conflits qu'on étale, les ruptures qu'on consomme. Sans pudeur, sur un mur.

Sa vie amoureuse notifiée au gré des fluctuations des "en couple" et des "célibataire", qui se suivent, se colportent.

Avouer que "c'est compliqué", comme si ça ne l'était pas toujours.

Ses photos de vacances, étalées comme dans une nostalgie des soirées diapos interminables des années 80, avec des amis pris en otage, sourires figés et commentaires contraints faussement émerveillés.

Ses enfants, son chien (mais plus souvent son chat), sa moto, son couple... choisis pour se définir, se profiler d'entrée.

Ses amis, étiquetés et catégorisés selon le degré d'intérêt qu'on leur porte. Devoir s'avouer ainsi qu'on se fout de ce que certains qui nous apprécient ont à dire, à montrer.

Ses ennemis, tout autant triés, dont on suit le flux pour y déceler des failles et s'y engouffrer.

Le lieu où "j'aime" ne veut plus rien dire. Aimer, aimer tout et surtout n'importe quoi, tout le temps, partout, chez n'importe qui.

Sauver d'un click la planète, les océans, les enfants qui meurent de faim. Ne pas oser ne pas cliquer, de peur de passer pour un salaud sans coeur.

Dénoncer les injustices et s'indigner sans effort, mais surtout pour que ça se voie.

(Se) promouvoir, (se) vendre, s'autocongratuler, en boucle.

Cirer des pompes, lécher des culs... pour se faire un "réseau".

Une marée d'autoportraits dans des miroirs, de films de soi face à la webcam.

On est là pour soi, uniquement pour soi, pour façonner son visage à son gré dans ce livre virtuel à compte d'auteur.

Et c'est dans les méandres de ce réseau-là que ces mots ont été tout d’abord publiés. Mise en abîme. Vertige. Dégoût.

Mais on y retournera demain.

 

04:02 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : facebook |  Facebook |

Commentaires

Je hais facebook. C'est un truc pour ados en mal d'image mais des adultes qui y étalent leur vie ont probablement un complexe d'infériorité ou de supériorité. Pas du tout équilibrés

Écrit par : électronlibre | 12/11/2011

Pas d'accord: on en fait ce qu'on veut, c'est un outil de communication comme un autre. On dévoile ce qu'on veut à qui on veut, et tout le monde étant à la même enseigne, on sait à quoi s'en tenir.
On peut être en privé, sur facebook, et ne correspondre qu'avec des personnes choisies. Personne ne nous oblige à étaler notre vie, ou à lire celle des autres.

Écrit par : Lulu Berlue | 12/11/2011

Votre auto portrait Chère Madame ! c'est bien d'être critique ainsi à son égard.
chapeau !

Écrit par : elitis | 12/11/2011

"On est là pour soi, uniquement pour soi"

Sur Facebook ou ailleurs, c'est une évidence ;-)

Écrit par : Androide | 13/11/2011

Comme dit plus haut, chacun en fait ce qu'il veut et dévoile ce qu'il veut bien dévoiler... Venant de quelqu'un qui passe sa journée sur facebook, avec un nombre de publications tellement élevé qu'à un moment je les avais cachées dans mon feed parce que je n'y voyais plus qu'elle, je dois dire que cette note me paraît extrêmement schizophrène. ;)

Écrit par : Ian | 14/11/2011

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