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12/12/2011

Des indignés à la croisée des chemins

 

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On a déjà tant écrit sur les indignés des Bastions. Trop peut-être. Certains les trouvent inutiles, ridicules, gênants. D'autres courageux, dignes, inspirants. Ils ne suscitent chez moi qu'une indifférence amusée, parfois teintée d'agacement. Pourquoi ne suis-je pas plus touchée par les tentes et les braseros?

Ils se disent "hors partis, hors tout", nos indignés. Hors tout, vraiment? Quelque chose m'échappe. Que signifie être "hors tout" quand on vit dans un des endroits les plus riches et privilégiés de la planète? Comment s'affranchir de tous les liens politiques, professionnels, de toutes les dépendances matérielles pour "créer des espaces de réflexion nouveaux, introduire de nouveaux mécanismes"?. Mais sans doute suis-je trop pragmatique, trop "dans le rang" pour comprendre.

Leurs derniers projets, confiés aux médias? Une infirmerie, ou encore relier des espaces du camp entre eux. On les penserait presque plus focalisés sur le fonctionnement de leur camp que sur celui de la nouvelle société dont ils rêvent. C'est que le sujet est vaste, insaisissable, impalpable, hors de portée. Un campement, c'est concret, visible. Mais en soi, ça ne signifie rien.

Les indignés sont à la croisée des chemins. Qu'ils finissent par lever le camp à l'approche des fêtes de fin d'année, et on les raillera avec des "Tout ça pour ça" ou encore des "Les petits bourgeois rentrent chez eux pour Noël". Qu'ils s'entêtent et restent, et ils agaceront de plus en plus, jusqu'à la rupture.

Sauront-il transformer leur "micro société reliée par internet aux autres indignés" en un projet concret pour Genève? Car le campement des Bastions aura, tôt ou tard, une fin. Le Conseil administratif de la Ville de Genève ne pourra pas indéfiniment prolonger leur autorisation (pour l'instant non limitée ni dans le temps ni au niveau du périmètre). Les indignés auront alors plusieurs choix: laisser le mouvement se disperser et mourir, trouver un autre campement ailleurs et stagner, ou annoncer que le mouvement des indignés genevois continue, autrement.

La suite logique, après avoir focalisé l'attention des médias et du public, serait de le structurer en association, afin de rallier les bonnes volontés, faire fructifier les idées et leur donner du corps (pour ne pas dire du sens). Car oui, chers indignés, c'est possible sans perdre son âme ou se vendre au "système".

Pourquoi ne pas prendre exemple sur le Réseau d'objection de croissance (ROC)? Ce mouvement est né en novembre 2008 d'une modeste action de "journée sans achats" menée dans les rues de Genève. Il s'est inscrit dans une constellation de mouvements analogues en France et ailleurs en Suisse. Depuis, il a fait des petits dans plusieurs cantons romands, comme Neuchâtel et Vaud et est très actif. Les membres du ROC, issus de tous les milieux et de tous âges, n'ont-ils pas réussi justement à "créer des espaces de réflexion nouveaux" tout en ne rejetant pas en bloc toute la société ou toute hiérarchie?

Même si j'avoue ne pas comprendre le mouvement des indignés au niveau de sa forme, je lui souhaite de trouver le moyen de continuer d'exister, car les utopistes et les rêveurs sont nécessaires dans notre société malade. Ils nous font réfléchir et nous remettre en question. S'ils arrivent en plus à trouver le moyen d'agir efficacement, même au modeste niveau d'une petite ville ou d'un petit canton, alors ils n'auront pas campé pour rien.

Commentaires

Chère Madame, la situation en l'état devrait effectivement prendre la forme que vous décrivez bien pour que cela serve. Maintenant c'est aux indignés de réfléchir sur la forme qu'ils veulent faire prendre à leur mobilisation. Point de vue d'une personne qui adhère au mouvement mais qui n'a pas le temps de s'investir dans le mouvement...
PS voulais y faire un tour pendant l'escalade mais avec mes louploups (3 et 4 ans) difficilement organisable lol

Écrit par : mARIE | 12/12/2011

Que signifie être "hors tout" quand on vit dans un des endroits les plus riches et privilégiés de la planète?

Je pense que c'est la que vous faites une grosse erreur. Pour le coup coup votre angle de vision est profondément déformé.
Nous ne vivons pas dans un endroit les plus riche du monde, lorsque celui-ci, depuis un demi siècle, organise sa faillite. Vous profitez trop de l'instant, de votre confort, votre écran plasma, votre tablette tactile. Tous ce matérialisme vous appartient mais à quel prix ?
Au prix de l'exploitation, de la vampirisation des Pays pauvres. Ne voyez vous pas que nos industries sont complètement disloquées et que pour survivre nous allons nous vampiriser nous même, sans autre choix.
C'est le genre de seul stratégie que nous mettons en place, comme pour sauver l'Euro... des fonds d'aides alimentés (par nos impôts) par ces mêmes Pays qui réclamerons cette aides demain mais si ils respectent les critères de récession et de régression sociales.
Si vous y voyez une boucle vertueuse. C'est que vous n'avez pas... contrairement aux indignés, fait le travail de réflexion et de prise de conscience, qui devrait bien plus vous faire vous soucier de la génération qui vient, que de vous même.

Écrit par : francesperance | 12/12/2011

"Si vous y voyez une boucle vertueuse. C'est que vous n'avez pas... contrairement aux indignés, fait le travail de réflexion et de prise de conscience, qui devrait bien plus vous faire vous soucier de la génération qui vient, que de vous même."
Bien. Admettons que les gens qui sont sceptiques en ce qui concerne ce mouvement sont tous des moutons individualistes et matérialistes totalement incapables de se rendre compte que la croissance à outrance au dépend des pays pauvres ne peut pas fonctionner.

Que proposez vous, concrètement (et non du YAKA FAUCON), pour changer cet état de fait ?

Dénoncer c'est facile, n'importe qui peut le faire, même les "moutons" que vous honnissez tant. Agir, c'est autre chose et jusqu'à maintenant les "indignés" (qui sont en majorité des étudiants aisés sans aucune expérience de vie ou des marginaux qui ne veulent pas travailler) n'ont absolument rien proposé.

Ce n'est pas en passant la journée à boire de la bière dans un campement insalubre en crachant votre haine des sales capitalistes tous les soirs que vous allez rallier les vrais prolétaires à votre cause, vu que ces derniers sont plutôt agacés de se lever tous les matins pour entretenir une poignée de privilégiés qui se plaignent bruyamment mais ne font rien du tout pour changer les choses.

Écrit par : Nom/Prénom | 12/12/2011

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