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16/11/2011

Go Out Mag: un beau gâchis, et une place à prendre

 

photo-5.jpegEn tant qu'actrice du milieu culturel genevois, je me suis réjouie du lancement du petit magazine Go Out Mag, il y a quelques mois. Il n'est en effet pas toujours facile, quand on organise un événement ou qu'on gère un lieu, de trouver régulièrement un écho dans les médias, les quelques journalistes "culturels" locaux et régionaux étant très sollicités par la pléthore d'offre de notre canton (quoiqu'en dise l'ex futur maire de Genève autoproclamé).

Un nouveau magazine culturel local, qui se révélait de plus réceptif aux sollicitations, semblait donc du pain béni. Un agenda des sorties (non exhaustif mais avec une sélection pertinente), des articles de fond, des brèves, le tout mis en page de façon agréable et dans un format pratique: Le projet était bon. Sa disparition prématurée, qui plus est dans des conditions lamentables, est un véritable gâchis.

A chaque fois que je me rends à Paris, mon premier geste (après l'achat d'un carnet de tickets de métro évidemment) est de me procurer le Pariscope. Les pièces de théâtre, les concerts, les séances de cinéma, les festivals, les expositions, mais aussi les cafés et restaurants, tout y est, par jour, par arrondissement, avec les horaires, les prix. Un outil indispensable à tout amateur de culture ou de sorties, en vadrouille dans la capitale française.

Aucun agenda en ligne, aussi bien conçu qu'il soit, ne remplacera jamais pour moi ce petit fascicule qui traîne au fond de mon sac à main d'un bout à l'autre de mes séjours, et qui finit toujours dans un état délabré à force d'être sorti et trituré à la moindre occasion, pendant le Perrier citron en terrasse ou dans le métro.

Un vrai "Genèvescope"? J'en rêve, et je bassine tout le monde avec ça. Mes collègues, mes camarades de parti, et même notre nouveau ministre de la culture. Il existe à mon sens un vrai marché pour un petit guide simple et complet de l'offre culturelle genevoise au sens large. Qui serait disponible à prix modique (ou même gratuitement, on peut rêver) dans les offices de tourisme, les mairies et les kiosques, et destiné autant aux genevois qu'aux touristes.

"La clef", le guide créé en 1996 par trois étudiants avec le soutien de la Ville de Genève et Genilem, a malheureusement vécu. A l'ère internet, les agendas en ligne ont pris le relais (La Décadanse, sortir.ch, l'Agenda de Genève, etc..), mais leurs limites commencent là où s'arrête la motivation des organisateurs d'événements à remplir les formulaires. Leur exhaustivité est en effet au bon vouloir des lieux qui les alimentent. Les informations se recoupent parfois d'un site à l'autre, mais pas toujours, et elles y sont formulées et présentées à chaque fois de façon différente, selon les champs de formulaires proposés. Leur navigation n'est pas non plus toujours très aisée.

Restent les flyers et programmes qu'on ramasse au passage dans les bistros, les affiches scotchées à la va vite dans les vitrines ou sur la voie publique. C'est une véritable guerre que se livrent les lieux culturels pour occuper chaque cm2 mis à disposition pour promouvoir leurs événements. Les professionnels de la distribution et les propriétaires des lieux qui les acceptent gèrent tant bien que mal ce flot débordant de paperasse bariolée qu'il faut tenir à jour, trier, remettre en petits tas. Des distributeurs "sauvages" s'en mêlent, recouvrant de leurs affiches personnelles celles qui sont déjà en place, ou posant discrètement leurs flyers bien par dessus ceux des concurrents plus établis. La durée de vie de ces supports est de plus en plus éphémère, au gré des vagues qui se succèdent de façon ininterrompue. Pour un lieu culturel, communiquer de la sorte est certes nécessaire, mais également fastidieux et aléatoire.

Alors, ce guide? Qui, comment, avec quels fonds? Un tel outil, pour qu'il soit viable, demande une vraie réflexion, des partenaires institutionnels et une équipe de rédaction solide. Des annonceurs aussi, c'est inévitable. Qui relèvera un jour ce défi, qui reprendra la place occupée jadis par La Clef, et à peine rechauffée par Go Out Mag?

Ah, ce "Genèvescope", j'en rêve!

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