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30/11/2011

Gratuit pour les filles

 

187985-chaussures-louboutin-644x380-2.jpegJe ne suis pas un modèle de féminisme et je ne peux certes pas prétendre que mon attrait pour les "Louboutin" vertigineuses participe à la construction de nouveaux rapports sociaux entre les sexes.

Je tombe avec bonheur et certainement un peu de perversion dans tous les clichés: cheveux longs et éclaircis (une bonne demi-heure de lavage/séchage/lissage tous les matins), ongles manucurés (une heure et demi de papotage à l'institut chaque mois), talons hauts même dans un concert de rock (impossible de sauter en l'air en hurlant Lennyyyyyy), jamais de pantalons (budget collants faramineux).

Suis-je pour autant une victime des codes et diktats que notre société impose pour qualifier la Féminité? Ou sont-ce les hommes les vraies victimes de ces fameux codes? Il faut dire que ces caractéristiques leur font perdre la tête et faire absolument n'importe quoi. Enfin, pas n'importe quoi, plutôt exactement ce qu'on veut. Il faut le vivre au quotidien pour saisir le pouvoir de la fausse blonde à talons.

Pare-choc de la voiture qui précède légèrement embouti parce qu'on vérifiait son maquillage dans le miroir du pare-soleil? "Un constat? Oh non c'est rien, ça ne se voit même pas, ne vous en faites pas".

Ticket de parking égaré après 8h de stationnement en sous-sol à Plainpalais? "Allez, normalement c'est 30.- mais filez dans votre voiture, je vous ouvre la barrière".

Pas un centime en poche et carte EC non fonctionnelle une minute avant la fermeture à la station essence alors qu'on est gravement en manque de cigarettes Vogue menthe? "Je vous les offre, c'est ma BA du jour".

Mais c'est rarement de la vraie drague, je vous assure. Le ton est plutôt paternaliste, presque protecteur. Une fausse blonde à talons et en détresse laisse rarement indifférent. C'est une petite chose fragile un peu perdue dans ce monde de brutes. Il est donc normal qu'elle ait quelques ratés logistiques.

Evidemment, il faut toujours accompagner le souci en cours d'un sourire contrit, d'oeillades enfantines, et adopter un ton de voix un peu plus aigu qu'à l'habitude. La "high heels blond attitude" étant tout aussi importante que la blondeur perchée elle-même. Une fois le problème balayé par l'Homme d'un revers de main, ne jamais oublier le "Vous êtes tellement gentil, c'est incroyable", comme s'il était le seul à vous avoir jamais sauvée. Alors que ça vous arrive en permanence.

Eviter toutefois d'ajouter "Je ne sais pas comment vous remercier", car l'Homme, lui, sait. Et le but est de pouvoir filer au plus vite sans constat/sans payer le parking/avec ses cigarettes. Pour rejoindre si possible celui qui voit au-delà de vos artifices et vous considère comme une égale, bien maligne de savoir si bien user de ses charmes pour surmonter les petits obstacles du quotidien.

 

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26/11/2011

Un père pédant raconte à sa peronnelle de fille le jour de sa naissance...

Le plus beau cadeau que mon père m'ait fait.... le récit de ma naissance.

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Quand le dix-neuf le jour se leva sur Marseille,

Un mistral léger agitait le soleil.

 

Son souffle chevauchait les arbres du Prado

Et blanchissait à peine le bleu pâle des eaux

Où les îles émergeant dans le petit matin

Se couronnaient bientôt d'une frange d'étain.

 

Mars avait renoncé à son humeur fantasque

Et souriait enfin en soulevant son masque.

Et moi je m'éveillais songeant à mon labeur,

Esclave gémissant qui maudit son malheur.

 

O fortune sévère, ô destin tout-puissant

Qui avez fait de moi un vendeur de pansements!

J'allais par toute la ville grimpant les escaliers

Toujours suppliant et toujours humilié.

 

Ployant sous le fardeau de ces objets infâmes

J'écumais les cités en escroquant les femmes.

Victimes trop candides qui cassaient leurs croustilles

Et me donnaient trois francs pour nourrir ma famille.

 

Famille? Non, point encore, Car nous n'étions que deux,

Pauvres et innocents, pour tout dire, bienheureux,

Créatures ignorantes, soumises à la Nature

Qui nous poussa bientôt à la progéniture.

 

C'est pourquoi, ce jour-là, à Sainte-Marguerite,

Ta mère, la sainte femme, ô qu'elle a du mérite!,

Sur le petit lit blanc d'une modeste clinique

S'apprête à mettre au monde la maman de Loïc.

 

Oui, c'est le dix-neuf mars, et l'on m'en avertit.

Dans le tram, aussitôt, bondissant, je partis.

Il n'était pas six heures et le soleil encore

De ses rayons ultimes éclairait le décor.

 

La science n'avait point trouvé l'échographie,

Et le mystère régnait aux portes de la vie.

Tout revêtu de blanc, tout tremblant d'émotion

On me fit assister à la parturition

Sur l'ordre impératif d'une sévère sage-femme

Dont les yeux courroucés semblaient jeter des flammes.

 

O tu ne tardas point à venir en ce monde!

Tu semblais bien pressée de te joindre à la ronde.

Nous pleurâmes, je l'avoue, quand pour la première fois

Tes cris nous firent comprendre que nous étions bien trois.

 

C'était un dix-neuf mars, il y a vingt-neuf ans,

Le mistral en soufflant a fait fuir le temps

Mais la mer toujours s'illumine et se teint

Des feux éblouissants du soleil qui s'éteint.

 

Jean Armand, 19 mars 1995.

 

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25/11/2011

Les lois de la physique appliquées aux relations amoureuses II (le retour)

pomme.jpgChapitre 8: La loi de Curie

Selon la loi de Curie, la susceptibilité magnétique du matériau est inversement proportionnelle à la température. Je constate avec étonnement que cette loi s'applique parfaitement à certains représentants de la gent masculine... Pour ces hommes dits "ferromagnétiques", le point de Curie est la température émotionnelle à laquelle il perdent leur aimantation spontanée pour la femme qui les attire. Au-dessus de cette température, ils se retrouvent dans un état désordonné dit « paramagnétique ». Je retourne au labo faire quelques tests, afin de déterminer si cet état est effectivement réversible.

Chapitre 9: Le modèle de corps noir

Le "corps noir" serait un homme apparemment idéal mais qui absorberait toute l'énergie qu'il recevrait, sans en réfléchir ni en transmettre. L'amour étant un rayonnement, il serait absorbé totalement et l'homme devrait donc apparaître comme sombre, d'où son nom.

Chapitre 10 : Le principe d’inertie de Newton

Tout corps persévère dans l'état de repos amoureux dans lequel il se trouve, à moins que quelque force, comme le désir, n'agisse sur lui, et ne le contraigne à changer d'état. Autrement dit, s'il n'y a pas de désir qui s'exerce sur le corps, la direction vers laquelle pourrait aller la relation ne change pas, ou ce qui revient au même, sa concrétisation est nulle.

Chapitre 11 / La maxime d’Antoine Lavoisier

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». De même, le sentiment amoureux est la transformation d’un idéal ou d’un fantasme préexistants. Si cet amour est déçu, il ne se perdra pas, mais servira à alimenter un nouveau fantasme, toujours plus précis, toujours plus inatteignable. C’est selon ce principe que les femmes continuent invariablement de croire au Prince Charmant, malgré des échecs répétés.

 

Lien vers Les lois I: http://catherinearmand.blog.tdg.ch/archive/2011/11/11/les...

Lien vers les Lois III: http://catherinearmand.blog.tdg.ch/archive/2011/12/07/les...

21/11/2011

Budget de la culture en Ville de Genève : Un coup de talon aiguille dans la fourmilière

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Sur les conseils de mon ami Gérard Mandétune, que je soupçonne de tout faire pour ne pas avoir à supporter plus longtemps mon humeur massacrante et mes claquements de talons rageurs sur notre parquet tout neuf, j’ai décidé de calmer mes nerfs en poussant un coup de gueule au nom de tous les artistes genevois.

Leurs activités en Ville de Genève sont toujours menacées par des politicards gesticulants qui ont récemment tenté de tailler à vif dans les subventions qui les font vivre. Et cela me met autant en colère que lorsque ma route croise celle d'escarpins en vinyle rouge et qu'ils n'ont plus ma taille.

Même si les coupes proposées par certains membres de la Commission des Arts et de la culture sont aujourd’hui heureusement remises en question, Sami Kanaan a encore une fois tiré la sonnette d’alarme ce week-end au forum du RAAC : 250 millions de recettes menacées en Ville de Genève, et une Loterie Romande qui serre la vis.

Alors, chers amis, sortez ! Fréquentez les théâtres, les salles de concerts, les clubs, les cinémas indépendants, les musées, les bibliothèques ! Non seulement vous montrerez à ces arapèdes accrochés à leurs certitudes que vous tenez à la diversité de la culture genevoise, mais en plus vous aurez de la matière pour briller dans les dîners mondains.

Sortez, car en attendant, ce que j’ai à l'oeil, c’est la larme. Mais rassurez-vous, je ne porte que du mascara waterproof de dernière génération. Pas question de laisser ces gastéropodes en costard gâcher une heure de maquillage matinal.

Déborah Dinn, rédactrice masquée de la chronique "Sortez à l'oeil" du GHI

12:18 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : culture, budget, raac, genève |  Facebook |

19/11/2011

La nostalgie du transat

 

39890_1508985598627_1053939925_1449147_8280372_n.jpegTout commence par un pique-nique géant... on s’émerveille de la tarte de ses voisins, parfois on a la chance d’en goûter une tranche offerte avec le sourire, on prête ici un couteau, là un tire-bouchon. Les odeurs de grillades, de fondues nous enrobent.

La journée s’étire, la lumière change, les tensions du travail, de l’école, de la vie en ville s’estompent. Un air de bonheur simple flotte dans l’air. Il y a foule, mais chacun trouve sa place, prend ses aises. On croise toujours un ami, un voisin, un collègue, on se fait de grands signes de loin, on se salue, on se verse un verre. Du côté du lac, on s’amasse petit à petit, on attend son transat en faisant la ola.

Le Mont blanc commence à prendre une teinte orangée, signe qu’il faut commencer à s’installer, à ranger le pain, à caler la bouteille de vin bien entamée à portée de main avant de l’égarer dans la pénombre. Le ciel s’assombrit, la magie du cinéma peut commencer. Mais, soudain, une musique connue résonne, des mots commencent à défiler sur l’écran, la grand-maman à notre gauche chantonne maladroitement «New york New York», prise de court par ce karaoké surprise. La rumeur monte, chacun donne de la voix à sa manière, dans sa tête, ou à tue tête.

Puis, instant suspendu, tout devient noir autour de nous... enfin presque. La rade illuminée vit au loin, les éclairages du Musée veillent sur nous. Le film nous enveloppe, nous transporte... comme on n'est pas dans une salle, on ose réagir, on applaudit le héros, on hue le méchant, on rit, on s’exclame... Pas de «chuuut, taisez-vous» ici! On ne dérange personne, car autour de nous, tout le monde fait de même et se laisse aller à ce partage d’émotions. Une vraie expérience collective.

Quand l’écran s’éteint, on ne bouge pas tout de suite, on ne se dirige pas vers la sortie, car il n’y a pas de sortie, et on est tous encore dedans. On savoure encore un peu le confort du transat, la chaleur de sa couverture, on finit la bouteille, tranquillement. Rien ne presse, pas de salle qui doit fermer ou compter sa caisse. Car pas de caisse non plus.

On se lève à regret... les yeux brillants, on salue encore quelques amis et on s’amuse de leur sourire béat, sans réaliser qu’on arbore le même. On remballe, on range, on plie.... longer le lac jusqu’à son vélo, son bus, sa voiture offre encore un petit répit avant de retourner dans la vraie vie, alors on ne presse pas le pas.

Mais que dis-je, c’était ça, la vraie vie!

Vivement l'année prochaine.