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06/01/2012

Une forte personnalité

 

FemmeAuVolant.png"Ma femme a une forte personnalité" selon Philipp Hildebrand. En quoi cela nous intéresse-t-il? Parce que cette phrase entend justifier une transaction bancaire effectuée par Madame sans que son mari en ait eu connaissance.

Imaginez-vous. Spéculer sur des devises, de sa propre initiative. Il faut vraiment, pour une femme, avoir un caractère d'acier pour oser prendre ce genre de décision sans l'aval son mari. On est d'accord.

Ca veut dire quoi, d'abord, "une forte personnalité", quand on parle d'une femme? Qu'elle est ingérable, imprévisible, qu'elle n'obéit pas bien à son mari? Hildebrand va-t-il bientôt se défendre en arguant que son épouse avait ses règles ce jour-là, et qu'elle n'avait donc pas les idées claires?

Dommage qu'elle soit d'origine pakistanaise, Kashya, et non blonde. Cette caractéristique aurait tout justifié sans discussion. "Vous comprenez, ma femme est blonde, et elle fait parfois joujou avec l'ordinateur sans vraiment saisir les conséquences de ses actes" aurait-il pu dire.

Autre argument du patron de la BNS, passé presque inaperçu: "Nous nous sommes mariés tard". En quoi la date de leur mariage peut-elle d'une quelconque façon dédouaner Hildebrand? Depuis le début des années 90 (période de leur rencontre aux USA selon le Temps), Monsieur Hildebrand n'aurait-il pas eu assez de temps pour dresser Madame, et apprendre à la contrôler correctement? Kashya a-t-elle mené sa propre vie de façon indépendante trop longtemps pour être assez bien rentrée dans le moule du mariage, qui implique une obédience totale à son mari et aucune initiative personnelle?

Ceci dit, je me pose une question, sans doute naïve, car je ne connais rien à la finance: comment est-il possible pour une personne, même mariée à une autre, d'effectuer des transactions sur son compte personnel (et non sur un compte commun) sans l'assentiment de cette personne ou qu'elle en ait même connaissance? On peut donc en Suisse vendre ou acheter des centaines de milliers de francs de devises sur un compte pour lequel on a pas la signature? Eclairez-moi, je suis blonde, moi, par contre.

Mais quelle meilleure défense en effet, quand on ne veut pas assumer, disons, d'avoir abîmé seul sa voiture en se garant, que de dire que c'est sa femme qui était au volant? "Que voulez-vous, elle a une forte personnalité et conduit parfois ma voiture sans mon autorisation" dira le mari en soupirant.

On sait ce qu'il en est des femmes au volant... ou des femmes qui s'essayent malencontreusement à la spéculation sur les devises... ça pardonne tout, non?

 

14:39 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : hildebrand, bns |  Facebook |

Commentaires

Femme au volant....

et maintenant,

Quand femme devise, mari dévisse ?

Excellent ton mot.

Écrit par : Claude-Alain Chollet | 06/01/2012

c'est très bien observé.. quel couple d'enfer
quel pauvre type de parler de son épouse de cette manière !
celà étant l'avez vous bien observé -- il ne respire pas la joie de vivre, un vrai casque à boulons.
Ils imaginent que nous allons croire que M. ne parle jamais de son travail à sa femme et que pas une seule fois il lui a expliqué sa manière de voir les choses.
Ils imaginent que nous allons croire au bienheureux hasard qui fait que les dollars ont été achetés quelques jours avant l'action de la BNS
on avait fait moins de chichi pour Mme Kopp qui avait téléphoné depuis son bureau à son mari (sans se prononcer sur le fait: qui pouvait savoir qu'elle avait téléphone)
ce qui est sur c'est que l'information fournie par Blocher a été volée et que j'avais le sentiment que lorsque on utilise un chose volée on était considéré comme un délinquant receleur mais la encore je ne dois pas tout comprendre

Écrit par : pralong | 06/01/2012

On peut même aller plus loin dans votre raisonnement, n'a-t-elle pas in fine voulu punir son beau mari en faisant une opération qui ne pouvait que le discréditer d'abord et mettre ce monsieur devant ses responsabilités, soit il retirait ses doigts du bocal de confiture, soit il s'en régalait ...

Voulons-nous un tel monsieur à la tête de notre banque centrale ? Sera-t-il pris au sérieux par ses
paires ? La Suisse se doit impérativement d'améliorer son image dans la finance et cette affaire si elle traîne et s'enlise sera une autre tâche bien noire sur le drapeau helvétique.

Il trouvera un autre job et sa femme pourra remplacer le trader de l'UBS au $ 2.3 milliards perdus ...
Bonne Année,

PJ

Écrit par : Philippe Jordan | 06/01/2012

Je ne vous imaginais effectivement pas si blonde... Je connais des tas de femmes, pas toutes brunes, qui sans être des as de la finance, savent ce qu'est une procuration. Et savent très bien sans servir...
Par ailleurs l'ordre a été passé 3 semaines avant la décision de la BNS, et faisaient suite à d'autres ordres passés 6 mois auparavant...
Perso, moi je trouve plutôt cela élégant comme formule, de reconnaître que pour former un couple il faut être deux, et que les deux ne sont pas forcément d'accord sur tout et n'obéissent pas forcément l'un à l'autre. Ce qui n'empêche pas d'avoir envie de s'aimer malgré tout.
Par ailleurs au sein de n'importe quel couple en Suisse, lorsque l'un est dans la banque (et à fortiori d'ailleurs lorsque les deux y sont) chacun sait qu'il y a des limites à ne pas dépasser dans les discussions sur l'oreiller. Je ne sais pas plus que vous ce qui s'est passé au sein de ce couple ces jours là, et jusqu'à quel point Hildebrand a pu parler des projets de la BNS avec son épouse.
Mais toute l'affaire de la fixation d'un taux plancher reposant sur l'effet de surprise, il est à priori douteux qu'il en est parlé à quiconque n'étant pas directement impliqué, ce qui exclut son épouse.
Par ailleurs, risquer cette place là pour 60 000 balles de bénéf, quand il gagne le double chaque mois rien qu'en salaire (sans compter les actions et autres qu'il doit posséder) c'est n'importe quoi. Vous risqueriez votre carrière et votre réputation, vous pour 3 ou 4 mille balles ?

Écrit par : Philippe Souaille | 06/01/2012

Merci de ces précisions M. Souaille, effectivement, je suis un peu blonde parfois. Quand j'étais mariée, mon époux ne m'a jamais proposé se procuration sur son compte :) Et c'est mieux comme ça, j'aurais tout dépensé chez Louboutin, sans son aval.

Écrit par : Catherine Armand | 06/01/2012

Qu'il en ait parlé... Et confidence pour confidence, la première femme que j'ai épousé, un jour où elle considérait (en partie à tort) avoir à se venger a claqué en une journée ce que je gagnais en un mois. En fringues et avec ma carte de crédit... A l'époque elle ne travaillait pas. Mais nous n'avons entamé la procédure de divorce que deux ans plus tard et pour de toutes autres raisons.

Écrit par : Philippe Souaille | 06/01/2012

Mais dans quel pays de quel monde et à quelle époque vivez-vous ?

Si mes souvenirs sont bons, les femmes ont le droit de vote depuis 1971 (oui, je sais, c'est une honte qu'il ait fallu autant de temps...) et n'ont plus besoin de l'aval de leur mari pour effectuer diverses transactions, signatures de contrats, ouvertures de compte en banques, achats en tous genres, etc... depuis les années 80.

Par ailleurs, je rejoins Ph. Souaille à propos des risques encourus pour ce qui, dans sa situation, ressemble à un peu d'argent de poche...

Catherine, là, tu fais un peu dans le facile (blondeur, naïveté) et feins d'ignorer qu'en principe, sauf chez les familles de réfugiés musulmans ou, au hasard, chez les Kadhafi, un mari ne "dresse" plus sa femme, de nos jours... :-)

A tout bient'

Écrit par : St-Antoine | 06/01/2012

Je feins "d'ignorer qu'en principe, un mari ne dresse plus sa femme, de nos jours"? Et moi qui pensais manier le second degré... ;)

Écrit par : Catherine Armand | 06/01/2012

B'en en te lisant, honnêtement, j'ai pas trouvé que le second degré sautait aux yeux. :-) Peut-être que l'ironie n'était pas assez marquée, dans ce cas.

Si je ne te connaissais pas quand même un peu, j'aurais carrément pensé que t'étais (une vraie-fausse) blonde... ;-)

Écrit par : St-Antoine | 06/01/2012

Et moi qui pensais, pour une fois, écrire un billet féministe... mais bon je ne me suis pas encore fait lyncher par Julien Cart, c'est donc bon signe!

Écrit par : Catherine Armand | 06/01/2012

je peut comprendre ce que vous voulez dire ! merci beaucoup pour cet grand effort

Écrit par : movers | 16/04/2012

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