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30/01/2012

Comment ne pas rater sa mort

 

deathevent.jpegAujourd'hui, on ne doit pas seulement réussir sa vie. Il faut aussi s'assurer de réussir sa mort. Question de bon goût, car mourir est vulgaire, en soi. On laisse derrière soi une enveloppe charnelle encombrante, de la paperasserie ennuyeuse, et des proches qui doivent passer à la caisse entre deux sanglots.

Mourir est malheureusement également tristement banal. Tout le monde y passe. Alors, comment se démarquer, immortaliser le souvenir de son identité, laisser une trace de sa singularité?

En flattant son égo pré-mortem. Pour cela, les dispositions entourant le grand saut se doivent d'être originales, et même, pourquoi pas, gaies. Elles seront aussi anticipées, réfléchies et planifiées par le futur défunt lui-même. Mourir de son vivant, en somme.

Qu'ils soient angoissés ou fascinés par la mort, ne voulant pas imposer des démarches fastidieuses à leurs proches, cherchant du réconfort après un deuil, ou simplement curieux, les visiteurs affluent au "Salon de la mort!" de Paris ou encore au festival "Death: Southbank Centre’s Festival for the Living" de Londres. Oui, un festival, vous avez bien lu. Avec des pass 1 ou 2 jours à acheter en ligne.

"C’est la dernière fête que l’on aura avec ses proches, alors autant la préparer pour qu’elle soit réussie", argumentent les organisateurs du "Salon de la Mort" de Paris. Le cher disparu n'est plus une dépouille sur laquelle pleurer, mais l'hôte posthume d'une fiesta bien organisée. "Roger a le plaisir de vous inviter à son enterrement, amenez une bouteille pour la verrée", lira-t-on bientôt sur les faire-part.

Les tendances? Des cercueils personnalisés, en lien avec sa profession, sa passion. En forme d'avion (avec ailes rabattables), de voiture, ou en carton recyclé pour les plus écolos. Des "dernières demeures" dont on teste soi-même le confort, comme on le ferait pour un nouveau matelas, afin d'éviter d'être gêné aux entournures ou mal installé pour l'éternité.

Vous trouvez l'incinération plus propre, plus hygiénique que de pourrir dans une boîte, aussi élégante soit-elle? Choisissez une urne funéraire en forme de buste, votre buste, évidemment.

Tout cela est encore trop banal pour vous? Que diriez-vous de scintiller quotidiennement au doigt ou au cou de votre moitié éplorée, ou de porter votre grand-mère en boucles d'oreilles? Grâce à un processus chimique, il est aujourd'hui possible de transformer les cendres des défunts en carbone, puis en diamants. Un must!

Pour ma part, mon choix est fait: je serai à jamais un bijou dans une Louboutin géante. Ce sont mes dernières volontés.

 

0, que renaisse le temps des morts bouffis d'orgueil,

L'époque des m'as-tu-vu-dans-mon-joli-cercueil,

Où, quitte à tout dépenser jusqu'au dernier écu,

Les gens avaient à cœur d' mourir plus haut qu' leur cul.

Brassens, les funérailles d'antan

Commentaires

Et si vous choisissez un cerceuil assurez-vous avant l'incinération que le corps y est toujours. 24 h propose à ses lecteurs un article/Espagne/ révélant un scandale de nouveaux nés décédés et qui ont disparu plongeant les familles dans une colère légitime.On savait les supermarchés très en vogue mais il manquait celui des enfants volés .Ce qui montre bien à quel point la phrase ,on fait tout pour l'enfant relève et ce de plus en plus de l'arnaque

Écrit par : lovsmeralda | 30/01/2012

La mort, un mot qui fait peur à tout le monde, ce que l'on craint le plus, c'est la façon dont on va mourir et même la date, tout çà, on ne peut pas le contrôler. L'essentiel, c'est profiter de chaque jour, faire autant de biens, faire les choses en son temps et convenablement.Une fois partie, ou même si la mort a été brusque, on se souviendra de ces belles choses que l'on a faites. On ne peut plus voir si on a mis dans le cercueil votre bijou fétiche, ou si on vous a mis dans une boite, et parler de dernière volonté à ses proches peuvent les frustrer. Il faut les laisser faire leur deuil selon leur choix.

Écrit par : galerie d'art | 07/02/2012

Pour moi l'important c'est de vivre. Je ne ferai jamais ma mort comme un pub.

Écrit par : faire part | 15/02/2012

Personnellement, je n'aime pas du tout cette culture de la mort. Je trouve ça assez morose et préfère me réjouir de la vie sous toutes ses facettes.

Écrit par : lingot d'or | 13/04/2012

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