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09/02/2012

Un anthropomorphisme qui fait du bien

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Un musher (conducteur de chiens de traîneau) victime d'un malaise cardiaque et tombé inconscient dans la neige a été "sauvé" par ses animaux, l'un le protégeant du froid tandis que d'autres partaient chercher du secours, a-t-on pu lire récemment dans la presse. Intelligents, aimants, protecteurs, héroïques même. Mais quels sont les faits bruts? Les huskies de l'attelage sont revenus seuls au point de départ, pendant que le cocker se couchait sur son maître. Sur le parking de départ du circuit, un autre musher voit l'attelage abandonné et part à la recherche de son conducteur.

Alors, les premiers ont-ils vraiment pris la décision d'aller chercher du secours pendant que le second a voulu sauver son maître en lui transmettant sa chaleur, sachant qu'il risquait la mort?

Ah c'est une belle histoire qui réchauffe le coeur, comme les aiment les médias et les amoureux des animaux. "Un fait divers qui nous réconforte dans l'idée que le chien est le meilleur ami de l'homme". C'est surtout un joli cas d'anthropomorphisme galopant!

Oh, vous me direz, où est le mal? C'est mignon comme tout, et ça ne mérite pas vraiment de s'en offusquer sur la blogosphère! Emerveillons-nous de l'intelligence et de la fidélité de la race canine, poussons un petit soupir accompagné d'un sourire béat, et passons à des sujets plus graves.

Mais ce petit fait divers démontre bien à quel point les nuances de langage choisies par les médias peuvent donner un éclairage particulier à un fait, prompt à faire fondre les mémés à toutous. Prenons quelques phrases glanées ça et là dans les médias français à ce sujet:

"Ils (les chiens) trouvent un musher polonais sur le parking de départ et l'alertent d'un problème en aboyant". Les faits? Les chiens sont revenus à leur point de départ, ils sont donc sur le parking où se trouve cet autre musher, ce qui ne veut pas dire que les chiens l'aient cherché et trouvé dans un but précis. Les aboiements, sans doute générés par le stress de la situation anormale, sont vite interprétés comme une alerte volontaire pour signaler à l'homme un problème spécifique. Cette situation banale devient soudain le très dramatique et émouvant "Ils sont allés chercher du secours".

On lit également que "l'un des chiens était resté avec lui pour le couvrir et le protéger du froid". En l'occurence le chien de compagnie de l'homme, ne faisant donc pas partie de l'attelage. Et si c'était le contraire? L'instinct de survie peut avoir poussé l'animal à chercher une source de chaleur, celle-ci étant son maître inanimé. Que ça l'ait sauvé? Sans doute. Mais cela signifie-t-il que le cocker ait eu un comportement volontairement protecteur, sachant que la chaleur de son corps allait maintenir l'homme en vie? On aimerait tant le croire.

Autre fait divers du jour impliquant un chien "héroïque", et même dérive: A Herseaux, en Belgique, un chien a réveillé ses maîtres et leurs deux enfants alors que la maison était en proie aux flammes. La famille a pu sortir à temps, mais l’animal a péri, intoxiqué. "Le chien de la famille était heureusement là pour protéger ses proches. Le brave animal restera dans le coeur de cette famille comme celui qui a donné sa vie pour sauver la leur" lit-on. On en a les larmes aux yeux (mais c’est peut-être à l’évocation de la fumée). Le fameux toutou -paix à son âme canine- aurait-il pu aboyer seulement parce qu'il était paniqué et angoissé par le danger? Non, il a voulu, au péril de sa vie, réveiller à tout prix la famille pour qu'ils fuient les flammes. Soit.

Grâce à notre tendance naturelle à l’anthropomorphisme (qui consiste à attribuer des comportements ou des pensées humaines aux animaux, notamment), nous donnons du sens aux réactions instinctives et naturelles de nos compagnons à poils et leur prêtons volontiers des émotions, des ressentis, des sentiments et des intentions qu’ils n’ont peut-être pas.

Mais tant que cela nous permet de nous raconter de belles histoires…

Commentaires

L'histoire est belle, point besoin d'en rajouter et de décortiquer ainsi le pourquoi du comment !

Écrit par : Defrancisco Christiane | 10/02/2012

Cette histoire nous rappelle celle de Balto, un chien conducteur de traineau qui a sauvé la vie de beaucoup d'enfants. Il ne s'agit pas d'un conte pour endormir les enfants, mais comme on dit "le chien est le meilleur ami de l'homme", un animal peut ressentir les mêmes choses que les humains, ils ressentent les dangers avant nous, mais si nous voulons qu'ils soient tendres avec nous, il faut les apprécier, leur donner de l'affection et ils nous rendent la pareil.

Écrit par : galerie d'art | 10/02/2012

J'en ai aucun doute la dessus! tous les animaux ont une intelligence. Nombreuses sont ceux qui ont déjà vécue l'expérience dans diverses situations, et qui ont déjà apporté leurs témoignages. Merci beaucoup pour l'article!

Écrit par : faire part | 16/02/2012

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