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17/02/2012

La peur du vide virtuel

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Etranges réactions que celles constatées après avoir entièrement vidé mon profil facebook de 5 années d'activité intense. Incompréhension, méfiance, regrets. Mais aussi félicitations et remerciements de donner cette impulsion, cet exemple. Ne maintenir que 2 ou 3 publications, et supprimer au fur et à mesure les posts datant de plus de 24h n'est pas anodin. On impose un nouveau rythme, celui de l'instantanéité, sans histoire, sans traces. Et ça dérange. Sur facebook, on aime garder, compiler. On aime fouiller, chercher, retracer, parcourir. On aime surveiller, espionner. Par là, on croit connaître, maîtriser.

Il semble que certains se sentent dépossédés ou même trahis par la suppression quotidienne de mes publications. On coupe net des conversations lancées sur notre mur. On ne laisse pas le temps aux retardataires de réagir. On accueille les visiteurs dans une zone qui devrait nous mettre à nu, mais qui se révèle presque, ou totalement, vierge. Et cela donne le vertige aux amis virtuels, parfois.

Ils pensaient découvrir facilement qui on est, ils n'en sauront rien, ou si peu. Notre histoire est redevenue la nôtre. Les preuves de nos états d'âme, de nos coups de gueule comme de nos coups de coeur, ont disparu. Seuls nos vrais amis, ceux qui les ont vécus avec nous, en vrai, s'en souviennent. Aucun CV compromettant pour les employeurs potentiels, aucune révélation croustillante pour les journalistes curieux, aucune information personnelle pour les dragueurs du net. Mais des échanges tout de même, des partages, au jour le jour.

Avec cette nouvelle approche, assez peu courante sur les réseaux sociaux, je nage dorénavant à contre courant. Elle m'a été inspirée par un autre profil, qui m'avait déstabilisée quand je l'avais découvert, il y a près de trois ans. Mais fascinée aussi. Aucune prise, sinon quelques photos. Présent sur le réseau social, tout en gardant une part de mystère. Tant à découvrir de l'autre, sans la petite phrase parasite, qui ponctue -et interrompt parfois- les conversations d'un "oui, je sais, je l'ai vu sur ton profil facebook".

Ce contrôle de mon image virtuelle me titillait. C'était pour moi un objectif à atteindre. "Un jour, je l'effacerai entièrement. Ce sera un lâcher-prise salutaire, lorsque j'aurai admis que ce que je suis va bien au-delà de ce que je montre. Et que ne rien montrer ne signifie pas ne pas être", disais-je dans un autre billet.

La prise de conscience a été difficile, dans un contexte houleux. Mais c'est chose faite, et je n'ai plus peur du vide virtuel.

Commentaires

Bienvenue dans le monde réel....c'est une bonne nouvelle

Écrit par : Marie | 18/02/2012

On aime surveiller espionner,on voit la différence entre ceux qui ont dû fuir pour vivre cachés afin de ne pas être dénoncés aux services de la protection de la jeunesse.Vivant dans le noir,avec très souvent des gens ne parlant pas un mot de français,déménageant tous les 6 mois,enfance sans jeu et sans petits copains par peur de la délation alors quand je lis vos propos cela fait froid dans le dos.
Ceux et celles ayant vécu la Stasi doivent apprécier,eux qui ont aussi vécu l'espionnage entre voisins,désolée Twitter continuera de fonctionner sans moi et d'autres,mais chacun reste libre de son choix. Cependant ne vous plaignez pas de l'augmentation de contrôles tous azimuts et en tous genres. La liberté vous pèse-t'elle autant ?et dire que des trouffions se sont battus pour vous l'offrir quelle gâchi! ce besoin d'espionner n'est ni plus ni moins qu'une atteinte à la vie privée ni plus ni moins d'ailleurs de petits perverses ont senti l'aubaine trafiquant la vraie personnalité de néophytes ayant pensé être en sécurité sur Twitter qui n'est qu'une dérive de facebook

Écrit par : lovsmeralda | 18/02/2012

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