11/03/2012

Plus welsche, tu meurs

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Je suis welsche d'adoption depuis 1972. Ca ne date certes pas d'hier, et malgré six premières années sous d'autres cieux, je me sens aujourd'hui profondément romande, et fière de l'être, quoiqu'en dise la peu respectable WeltWoche. Pourtant, avec mon origine marseillaise, et mon éducation au sein d'une famille pied noir d'Algérie, vous les romands, vous êtes un peu mes Suisses allemands. Comme quoi, on est toujours le bourbine de quelqu'un. Question de point de vue.

Il faut dire que je n'ai peut-être pas abordé le sujet par son angle le plus latin ni le plus festif, à savoir le canton de Vaud. Et même le Jura vaudois, Vallorbe pour être plus précise. Considérés comme les totos de ceux du Gros-de-Vaud, eux-mêmes les schtôbirnes des Lausannois. Avec au final l'ensemble des Vaudois n'étant rien d'autre que les casques à boulons des Genevois.

Le fameux röstigraben bien aligné serait donc un leurre. En Suisse, les patates rapées s'étalent dans tous les coins, et forment une multitude de frontières graisseuses et glissantes sur lesquelles, vu la taille du pays, on bute à chaque pas. Car c'est bien simple, on se déteste tous. Bâlois contre Zürichois, Vaudois contre Genevois, Jurassiens contre Bernois, et bien entendu les trois cantons primitifs contre tous les autres. Seuls outsiders, les Appenzellois dont tout le monde se moque, et les Tessinois dont tout le monde se fout.

Le seul point sur lequel 25 cantons semblent parfaitement s'entendre est leur mépris total pour le 26ème: Genève. Plus welsches que welsches, ces frondeurs incontrôlables, cernés et pénétrés par des voisins encore plus infréquentables, alimentent à eux seuls la plupart des cauchemars les plus sombres non seulement des alémaniques, mais aussi des autres cantons romands, bien plus propres sur eux.

C'est peut-être ce qui m'a naturellement poussée, en bonne latine flemmarde, râleuse, bordélique et portée sur le pastis, à finalement trouver refuge au bout du lac Léman. Les contradictions et excès multiples de cette petite verrue excentrée me rappelant sans doute inconsciemment l'ambiance régnant autour du Vieux Port de la cité phocéenne.

Les rats du Panier, les magouilles du Prado, les brigands du Frioul, les cadavres abandonnés aux Goudes, tout y est, ou presque. Ne manque que la fameuse sardine pour boucher l'entrée du port. Mais c'est uniquement parce qu'à Berne, on rechigne à payer pour un serpent de mer plus très frais et cher au kilo.

En réalité, pour être honnête, le vrai röstigraben court donc le long de la Versoix. Genève d'un côté, le reste de la Suisse de l'autre. Et même si je hurle souvent avec ma meute d'adoption contre nos célèbres Genferei, je me sens pourtant profondément du bon côté de la ligne de tubercules. Celui le plus proche de Marseille.

Commentaires

Voilà, en quelques lignes vous avez parfaitement résumé et expliqué pourquoi il est parfaitement sain que dans une communauté, en l'occurence un pays, il est très dangereux en temps de paix de pratiquer un nationalisme de groupe: Romands soudés contre Alémaniques. Ce qui arrive en Belgique. Si l'on arrive a faire cohabiter des peuples de langues différentes c'est qu'il existe au sein même de ces communautés des affinités qui dépassent la barrière des langues par exemple le montagnard valaisan se sentira beaucoup plus proche du montagnard alémanique que du citadin romand.

Cependant lorsque le risque d'une guerre se présente, alors là toutes ces divisions doivent s'effacer et c'est bien ce qui s'est passé au cours de la Seconde Guerre mondiale. Jamais dans l'histoire de la Confédération la Suisse n'a été aussi unie et soudée, que ce soit au niveau linguistique, religieux et de classes sociales (à l'exception des profiteurs de guerre). Ceci en interdisant les extrèmistes de gauche et de droite (interdiction des partis communiste et nazi).

Écrit par : Christian Favre | 11/03/2012

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Première lecture en ce dimanche matin, un véritable rayon de soleil, il ne manque que l'apéro et cette brise salée qui vient nous libérer les poumons, comme si l'air n'était pas meilleurs ailleurs et qu'il suffirait de fermer les yeux pour y croire ! Minet.

Écrit par : Walter Schlechten | 11/03/2012

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Un vrai plaisir de vous lire ! Eh oui, en pleine Genferei on s'y sent drôlement bien, de ce côté de la Versoix. Ce qui n'empêche pas d'autres de se sentir tout aussi bien au-delà. Titulaires d'une même nationalité, nous avons l'extraordinaire privilège de pouvoir nous permettre le luxe de la détestation mutuelle, voire de l'ignorance mutuelle. Est-ce que cela gêne un Appenzellois d'avoir le même passeport qu'un Genevois ? Ou l'inverse ? Tant qu'on peut y répondre par la négative, l'essentiel est sauf. Le reste, c'est du Pilet.

Écrit par : Jurg Bissegger | 11/03/2012

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Voilà un joli papier, bien gentil et bien angélique. Or, qu'est-ce que Genève sinon un repaire de banquiers français protestants ayant fui la France après la révocation de l'édit de Nantes et profitant de la protection de la Confédération pour spolier leur pays d'origine grâce à leurs connections avec la pègre. Le savoir faire des banquiers genevois consiste à trouver quelques minables capables de traverser la frontière avec des valises de billets...
Cette activité frauduleuse a conduit la bourgeoisie genevoise riche et protestante à engager beaucoup de main d'oeuvre pauvre, catholique et valaisanne, qui a développé envers ses maîtres genevois d'origine la même attitude que les Français de papier ex-Algérie envers leurs compatriotes sous-chiens. Tous les fonctionnaires genevois ont des patronymes d'origine valaisanne, et ne se gênent pas de mettre l'état en crise pour quelques centimes de manque à gagner. L'état, ce n'est pas eux. Et cette attitude n'a rien des valeurs suisses...
Genève s'encanaille chaque jour davantage, avec des conseillers d'état au comportement de petit voyou de bas étage comme Mark Müller, des pitres violents comme Stauffer, des guignols comme Pagani aux exigences urbanistiques tarées...

Rien ne va plus dans ce canton verrue. A mon avis, il faudrait lancer une initiative populaire pour jeter cette ville pourrie hors de la Confédération...

Écrit par : Géo | 11/03/2012

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Ayant habité une dizaine d'année à Genève, je ne peux qu'adhérer à ces diatribes... à savoir que Genève devient de plus en plus une verrue. Je suis parti de Genève pour revenir en Valais, le jour où, on a offert de la daube à ma fille de 9 ans dans la cour de son école... Voilà, en Valais on connaît la discipline et les profs ne se laissent pas pis..er dans les bottes par les élèves et les parents foutent une torgniole au gamin quand il en fait une grosse à l'école, ils soutiennent les profs, pas comme à Genf où les gamins s'allient à leurs parents pour contrer les profs, pauvre république...

Écrit par : Luke Pfenninger | 11/03/2012

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Il est facile de dégoiser sur Genève, mais la confédération dans son ensemble semble y trouver son compte. Je n'ai encore jamais vu un parlementaire valaisan, fribourgeois ou même bernois proposer que la blanche Helvétie refuse l'obole versée par la "verrue" au titre de la péréquation intercantonale.
La morale est donc universelle: l'argent n'a pas d'odeur lorsqu'on peut en profiter sans effort.
Laissez vivre les genevois dans ce que le reste de la Suisse se plaît à considérer un marigot, ils vous en serons reconnaissants.

Écrit par : Xavier | 11/03/2012

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j'ai lu avec un grand intérêt votre billet, très joli, bien à vous

Écrit par : faire part | 15/03/2012

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