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13/03/2012

Citernes à Vernier, suite et faim

 

zoom.550.550.jpegSuite à mon premier billet "Des soutiens si ternes" publié le 8 mars, j'avais décidé de ne pas parler plus avant de Stéphane Valente sans le connaître. C'est chose faite. Je rencontre le gréviste de la faim non pas à l'ombre des citernes verniolanes, mais au centre ville. Il faut dire que la menace des dépôts d'hydrocarbures commence sérieusement à lui faire perdre sa bonne humeur, actuellement à 12%, selon son blog et sa page facebook. Evitons donc de nous approcher de trop près de la zone en question.

Ce qui frappe d'abord, c'est que, bien qu'aminci, l'ex conseiller municipal verniolan semble ne pas avoir trop souffert physiquement. Il a des difficultés de concentration, certes, et la tête lui tourne de temps en temps, mais c'est tout ce qu'il avouera. "Je suis une force de la nature", dit-il. Et il sait que ça le dessert. S'il était plus maigre, plus malade, plus faible, on l'écouterait peut-être plus. Mais je le soupçonne de minimiser ses souffrances, par pudeur. Et aussi par que l'homme est très clair sur un point: il ne veut pas centrer l'attention sur lui ou son état, mais sur le dossier pour lequel il se bat.

Ensuite, c'est sa détermination et son assurance qui font rapidement oublier qu'il n'a rien mangé depuis presque un mois. Stéphane est fâché, très fâché. Et il ne se résigne pas. Il a l'énergie du désespoir, mais aussi celle de la certitude d'être dans le juste. Sa conscience et son sens des responsabilités semblent le nourrir. Il se saisit de mon carnet de notes, et commence à le noircir énergiquement de chiffres. Coût du démantèlement des citernes de Blandonnet, taille de la parcelle, lieux alternatifs pour le stockage. Il connaît son dossier à fond. Il faut dire que Stéphane est plongé dedans depuis deux ans. Depuis qu'il a mis la main sur des documents éloquents au moment de l'affaire des otages suisses en Libye.

Le seul contact que j'ai jamais eu avec le sujet du stockage des produits pétroliers à Vernier date d'une dizaine d'années, alors que j'avais piloté la création d'un sentier didactique du pétrole sur la commune. Déjà en 2002, les explications fournies par l'Union Pétrolière suisse concernant le poste "sécurité" m'avaient laissées dubitative. Mais qu'y connaissais-je? J'avais fait confiance et pondu pour l'occasion un panneau explicatif convaincant et rassurant.

Mais apparemment, il n'y a pas de quoi être rassuré. La notion de "risque acceptable" avancée par les pétroliers et les autorités ne satisfait pas Stéphane Valente et ceux, nombreux, qui le soutiennent dans son action. L'énoncé des conséquences sanitaires et économiques en cas d'accident fait froid dans le dos. "Il ne manque que l'allumette", me dit-il fermement en sirotant son thé très sucré.

Pour balayer les images atroces d'Ikea en feu et de chairs brûlées qui me viennent soudain en tête, je demande à Stéphane Valente jusqu'où il compte aller. Va-t-il vraiment se laisser mourir? Il n'y pense même pas, persuadé que l'issue de son combat sera positive, et qu'il sera enfin entendu. Ce jeudi, le Grand Conseil devrait traiter en plénière les deux motions qui concernent le déplacement des citernes. Nous verrons alors s'il a raison d'être confiant.

Dernier ajout de Stéphane sur sa page facebook, "peut être que le Conseil d'Etat prendra la seule décision qu'il puisse prendre en l'état: la fermeture du site de stockage et de distribution de Blandonnet, auquel cas, je pourrai avaler une barre chocolatée". La victoire prendra plus probablement la forme de petites pâtes dans son bouillon dans un premier temps. Mais elles seront dans ce cas certainement la meilleure chose qu'il aura jamais mangé.

 

Commentaires

Son combat l'honore et mon ironie, par méconnaissance des 2 dossiers (jeûne et citernes) était déplacée. J'espère juste qu'il ne mette pas sa santé en danger. Tant mieux si le GC débat de la motion qu'il a lancée, mais parfois le poltique est si lourd et lent à se bouger que je crains pour la santé de Stéphane. Merci pour votre éclairage.

Écrit par : A. Piller | 13/03/2012

Bonjour,

J'ai fait 33 jours de jeûne de protestation pour une raison différente, il y a des années. Il y a un passage assez difficile autour du 28e jour. C'est connu dans le jeûne.

J'espère pour Stéphane que son combat s'achèvera positivement très prochainement. Mais attention à la reprise alimentaire: la barre chocolatée, ça risque de casser l'énergie. Il vaudrait mieux en effet quelques légumes, et autre chose s'il a envie, mais le chocolat c'est comme une grenade dans le corps après un jeûne. Conseil de naturopathe! :-)

Mais il fera comme il veut.

Écrit par : hommelibre | 13/03/2012

un seul arbre n'est pas une forêt alors donnons lui la main, si l'on veut que cela réussisse. D'ailleurs c'est pour le bien de tous!

Écrit par : faire part | 14/03/2012

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