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22/03/2012

Des zombies plein les rues!

383274_293454454029592_149347058440333_785151_492030120_n.jpegLes Zombies. Il traînent la patte, le regard vide. Leurs vêtements comme leur chair partent en lambeaux. Ils sont morts, et bien morts, mais ils marchent néanmoins. Ils ont faim, tout le temps. De vous, de vos organes, de votre cerveau, surtout. Créatures humaines mortes, mais revenues à la vie, et qui malgré leur lenteur cadavérique attaquent et mangent tous les êtres vivants qui passent à leur portée.

Anti-héros puants, peu loquaces, sans noms et sans éclat, ils semblaient ces dernières années quelque peu supplantés par les vampires, qui avaient eu le bon goût de passer, en plusieurs décennies tout de même, du vieillard en cape noire ne sortant que la nuit, au jeune homme sexy (bien que pâlot), tombant amoureux en plein jour grâce à une bague magique le protégeant de la malédiction solaire.

Mais il ne fallait pas sous-estimer le phénomène Zombie, revenu des morts et repopularisé auprès de la jeune génération grâce à la récente et excellente série américaine "The Walking Dead". Ils n'étaient pas nés lors de la sortie phénomène de "La nuit des morts vivants" de Romero en 1968, mais ils redécouvrent aujourd'hui avec enthousiasme cette sous-culture extrêmement riche.

Initialement un individu envoûté et drogué à des fins d'esclavage lors de cultes vaudou en Haïti, le zombie est devenu une figure emblématique de l'underground, et indissociable de la culture "geek". Il est partout. Dans les jeux vidéo, les Comics, les séries TV, et bientôt de retour au cinéma, notamment avec "World War Z", affichant Brad Pitt au générique. Sans compter qu'on le trouve aussi dorénavant dans les rues du monde entier.

Manifester autrement: les "Zombies walks"

Le mort-vivant, quand il est seul, est relativement inoffensif et facile à abattre, pour peu qu'on reste à bonne distance, et qu'on vise la tête. La force et la dangerosité du zombie vient du nombre. Une foule de zombies, bien que lente et moutonesque, détruit tout sur son passage. Quoiqu'on fasse, ils continueront d'avancer, tel un tsunami post-humain, qui finira par tout submerger.

Les 18-30 ans, qui forment le gros des troupes des "Zombies walks", grandes déambulations urbaines de fans de zombies, sont ainsi dans une démarche quasi politique: ce sont des révolutions symboliques. Bien que pacifiques et bon enfant, elles rappellent indirectement aux gouvernements en place la force de la rue, du peuple, des laissés-pour-compte. Une nouvelle forme de manifestation contre le système, ludique et provocatrice, est née. Et c'est un phénomène prenant de plus en plus d'ampleur.

Depuis la première marche de zombies dans la ville de Sacramento en 2001, des Zombie Walks sont organisées chaque année dans plusieurs grandes villes du monde, où des milliers de personnes se déguisent, se maquillent et marchent au rythme lent des morts-vivants. Pour se rassembler, ces zombies d'un jour communiquent principalement via les réseaux sociaux. Une gigantesque marche de zombies s'est ainsi déroulée en novembre dans la capitale mexicaine où pas moins de 10'000 personnes ont envahi, en grognant, le sang aux lèvres, les rues de la ville.

La tendance survivaliste: les "Zombies chases" et "Zombies runs"

Récupéré par les "Survivalistes", le terme de "Zombie" est appliqué, dans les nombreux guides de survie à l'apocalypse parus ces dernières années, aux personnes non préparées et qui, dans le cas d'une catastrophe, vont errer dans les rues à la recherche de nourriture ou autre nécessité, et au besoin, attaquer pour les obtenir. Dans les "Zombies chases" urbaines, les participants ne sont donc pas des zombies, mais des résistants, tentant de survivre en échappant aux morts-vivants, eux-mêmes des acteurs ou des bénévoles grimés et bien identifiés.

Plus dynamiques et interactives que les "Zombies walks" qui sont de simples déambulations, ces traques urbaines s'apparentent plus au jeu de rôle ou au jeu vidéo grandeur nature. Elle peuvent se dérouler dans les rues, à l'échelle d'une ville entière, comme en Angleterre avec le projet "2.8 hours later", ou être confinées à un lieu précis, comme le "Zombie Shopping Mall", qui prend place tous les week ends dans un centre commercial désaffecté de la banlieue de Londres. Elle peuvent également prendre la forme de courses de cross country, corsées par la présence de zombies sur le parcours ("Run for your lives").

Avec "Don't be Zombies", le phénomène débarque enfin en Suisse

Les 27 et 28 avril 2012, dans le cadre du Printemps Carougeois, le projet "Don't be Zombies!" initiera pendant deux soirées les Genevois à la survie urbaine. Chassés par des zombies, ils devront atteindre un lieu secret et décalé, avec projection sur grand écran d'un film culte (plein de zombies féroces, évidemment). A mi-chemin entre une "Zombie chase" et un "Secret cinema" (ou cinéma immersif), cet événement proposera aux participants de se déplacer à pied dans tout Carouge, de poches de résistance en lieux de ralliement, tout en fuyant à tout prix les nombreux morts-vivants, et évitant d'en devenir eux-mêmes. Ils seront ainsi guidés par des indices jusqu'au lieu final, où ils seront plongés dans l'ambiance du film, sur l'écran comme dans la salle. L'apocalypse zombie est proche.... Les Genevois sont-ils prêts? Sauront-ils survivre?

Plus d'infos sur www.printemps-carougeois.ch et, dès le 27 mars, sur www.dontbezombies.com.

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