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29/03/2012

Titanic en 3D, le trailer

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Il n'est pas encore sorti, mais on a déjà la bande annonce, en avant première genevoise. Chaussez les lunettes, enfoncez-vous dans votre siège, c'est parti...

On y voit le Titanic PLR s'enfoncer dans les flots, doucement mais inexorablement. L'iceberg était pourtant visible de loin, mais l'inertie du navire et le manque d'anticipation de l'équipage le mènent maintenant à sa perte.

Les passagers UDC, relégués en 3è classe (leur odeur épicée dérangeait dans les beaux salons, paraît-il), ont néanmoins trouvé le moyen de rejoindre le chalutier du MCG, qui voguait justement à proximité, tout à fait par hasard. "Ca sent le poisson à bord, mais au moins ça flotte", se disent-ils en s'éloignant, abandonnant le Titanic à son sort.

Les quelques verts libéraux invités sur la croisière ont préféré tenter leur va-tout et sauter dans l'eau glacée, même s'ils ne savent pas encore bien nager. Des rescapés leur lanceront-ils des bouées? Suspense. La noyade semble programmée, mais ils se débattront jusqu'au bout.

Parmi l'équipage du navire en perdition, c'est la débandade. On a vu un mousse influent rejoindre seul la lointaine rive PS (un abandon de poste, certes, mais tout de même un exploit courageux), alors que d'autres tentent de rattraper à la nage le chalutier MCG/UDC. La plupart ne savent plus quelles tâches leur sont dévolues dans cette situation de crise. Les exercices d'urgence ont probablement été bâclés, par excès de confiance. Après tout, le Titanic PLR, construit récemment, avait été annoncé insubmersible.

Un des jeunes cuisiniers, commis aux épluchures mais caressant le rêve de coiffer la toque de chef, refuse de croire que son destin risque de prendre l'eau. Il reste derrière ses fourneaux, apparemment imperturbable. Toute cette agitation sur le pont s'apparente pour lui à de la mauvaise tambouille. Sa recette est prometteuse, il en est certain. Reste à trouver l'opportunité de la cuisiner, et de la servir, sans boire la tasse.

Seul dans la cabine de pilotage, le jeune capitaine s'indigne et s'insurge de voir son équipage perdre ses nerfs, et les chaloupes s'éparpiller sur les flots sans aucune coordination. Il s'accroche à la barre devenue inutile, et serre les dents.

Sur le pont, l'orchestre du PDC reste fidèle au poste, et accompagnera le naufrage jusqu'au bout. Il n'a nulle part où aller, il faut dire, alors il joue.

Ah, ça donne envie de voir le reste du film! C'est quelque chose, la 3D.

26/03/2012

Qu'on ne dise pas que je n'aime pas les femmes

 

47938741.jpegPeut-on être femme, militante socialiste, et ne pas être intimement réceptive au chant des sirènes prônant la parité à tout prix? Dérangeant de devoir se l'admettre, et politiquement peu correct de le verbaliser.

Et pourtant, j'ose...

...Avouer que j'ai ressenti un profond malaise devant l'argument massue "Si vous n’élisez pas une femme aujourd’hui, il n’y en aura pas dans la campagne", avancé samedi au congrès du Parti socialiste Genevois, et largement ovationné. Novice en politique, je me suis alors naïvement demandée si la mission du PS était donc d'être le garant d'une parité absolue, même en dehors du parti. Les quatre autres partis lorgnant sur le siège vacant ont tous choisi des hommes, soit. S'il est évident que c'est par défaut (aucun n'avait le choix d'une femme apte à figurer dans cette campagne), est-ce de la responsabilité du PS de rétablir une portion d'équilibre, quitte à prendre le risque de ne pas remporter l'élection?

...M'attrister de l'éviction sans appel de Manuel Tornare. Encore une fois souffleté par le gant du féminisme, le candidat le plus dangereux pour la droite s'en retourne donc dans "la fosse aux ours", comme il dit avec un humour désabusé. Samedi à Carouge, on avait presque le sentiment de le voir partir pour le cimetière des éléphants. Dieu sait s'il faisait pourtant le poids pour écraser ses concurrents. Même la droite l'avoue a posteriori, entre deux soupirs d'un soulagement quelque peu prématuré.

...M'étonner que le genre reste un critère en soi, dans une élection complémentaire (forcément délicate, vu le contexte) fortement basée sur la notoriété, la personnalité, la capacité à rassembler et rassurer. J'ai découvert il y a deux jours, un peu dans la douleur, qu'on ne faisait pas de petits arrangements avec la parité, au PS. La ligne est maintenue, coûte que coûte. Mais on pourrait dire que c'est finalement assez noble, en comparaison de la perte d'odorat du candidat du P(L)R.

...Regretter que le mot "femme", dans la déclaration "Il est temps que les femmes aillent au gouvernement", ait été préféré à "personne compétente et fiable". Car c'est bien de cela dont notre République a grand besoin. D'un/e Conseiller/ière d'Etat hautement compétent/e, avant tout. Quitte à ce que cela soit éventuellement une femme, bien évidemment, si elle répond à ce critère.

Mais qu'on ne dise pas que je n'aime pas les femmes. Je ne les aime simplement pas plus, ni moins, que les hommes (du moins en politique). Et je voterai bien entendu pour Anne Emery-Torracinta, avec conviction, respectant le choix de mon parti. Comme l'ensemble de la gauche, unie pour l'occasion comme un seul homme, si j'ose dire. Les regrets personnels, une fois exprimés et purgés, n'ont ensuite plus leur place dans une campagne qui s'annonce féroce, et qui a déjà porté ses premiers coups bas, à peine lancée.

24/03/2012

Je te quitte

 

cm-expo-3.jpegToi et moi, ça a toujours été une histoire compliquée, une histoire d'amour-haine.

Je sais, notre rencontre a été flamboyante, un coup de foudre comme il en existe peu. Tu n'étais pas d'or ni de platine, mais j'ai vu plus loin que l'apparence. Tes nombreuses qualités m'ont immédiatement sauté aux yeux. Tu sais ce qu'on dit? Le véritable amour est censé t'ouvrir de nouveaux horizons et de nouvelles perspectives, te faire voir le monde autrement. Eh bien, oui, je l'ai ressenti cet amour.

Ensemble, nous avons vécu tant de belles choses. Tu étais toujours disponible pour moi, toujours en lice pour les aventures les plus folles. Nous avons voyagé, fait du shopping, mangé dans les meilleurs restaurants, nous nous sommes lovés dans les draps des plus beaux hôtels. Te souviens-tu de notre coup de folie, un matin, quand nous avons craqué en gloussant, les yeux brillants, sur une paire d'escarpins rouges à 350.-, et sa sacoche assortie à 200.-? Nous étions alors dans l'insouciance, et nous en avons bien profité.

Mais cela fait des mois maintenant que notre histoire est au point mort. Nous tournons en rond, nous n'évoluons plus. Tu as atteint tes limites, et moi les miennes. Nous ne partageons plus rien. Nous n'avons plus les mêmes buts dans la vie, plus les mêmes valeurs, je dois maintenant te l'avouer.

Je sais qu'au fond de toi tu m'aimes encore. Tu as d'ailleurs tenté de me retenir avec une lettre d'amour, et de belle facture, je le reconnais. Ah, tu sais y faire pour essayer de raviver la flamme. J'imagine que tu adorerais qu'ensemble nous regardions une comédie romantique sur une tv à écran plat, blottis dans un canapé tout neuf. Et je suis tentée, comment ne pas l'être?

Mais j'ai enfin compris que notre relation était toxique et sans avenir. Tu es machiavélique, et j'ai enfin vu clair dans ton jeu manipulateur. Sous prétexte de vouloir réaliser tous mes désirs, tu m'aliènes. Tu as une mauvaise influence sur moi.

Tu as beau me dire que je ne peux pas partir comme ça, que je dois te rendre des comptes, te rembourser tous tes cadeaux, et avec les intérêts, cela n'y changera rien. Je le ferai, petit à petit, je n'ai pas le choix. Et je penserai toujours à toi avec nostalgie et un pincement au coeur en portant mes escarpins rouges. On n'efface pas d'un coup tant d'années de passion. Mais il n'en reste pas moins, chère carte Visa, que je te quitte.

"Nous apprécions hautement votre fidélité et désirons vous exprimer notre reconnaissance en vous proposant une augmentation de la limite de dépenses de votre carte. Grâce à cette amélioration, vous pourrez organiser votre quotidien à votre aise et financer confortablement de plus importantes acquisitions".

22/03/2012

Des zombies plein les rues!

383274_293454454029592_149347058440333_785151_492030120_n.jpegLes Zombies. Il traînent la patte, le regard vide. Leurs vêtements comme leur chair partent en lambeaux. Ils sont morts, et bien morts, mais ils marchent néanmoins. Ils ont faim, tout le temps. De vous, de vos organes, de votre cerveau, surtout. Créatures humaines mortes, mais revenues à la vie, et qui malgré leur lenteur cadavérique attaquent et mangent tous les êtres vivants qui passent à leur portée.

Anti-héros puants, peu loquaces, sans noms et sans éclat, ils semblaient ces dernières années quelque peu supplantés par les vampires, qui avaient eu le bon goût de passer, en plusieurs décennies tout de même, du vieillard en cape noire ne sortant que la nuit, au jeune homme sexy (bien que pâlot), tombant amoureux en plein jour grâce à une bague magique le protégeant de la malédiction solaire.

Mais il ne fallait pas sous-estimer le phénomène Zombie, revenu des morts et repopularisé auprès de la jeune génération grâce à la récente et excellente série américaine "The Walking Dead". Ils n'étaient pas nés lors de la sortie phénomène de "La nuit des morts vivants" de Romero en 1968, mais ils redécouvrent aujourd'hui avec enthousiasme cette sous-culture extrêmement riche.

Initialement un individu envoûté et drogué à des fins d'esclavage lors de cultes vaudou en Haïti, le zombie est devenu une figure emblématique de l'underground, et indissociable de la culture "geek". Il est partout. Dans les jeux vidéo, les Comics, les séries TV, et bientôt de retour au cinéma, notamment avec "World War Z", affichant Brad Pitt au générique. Sans compter qu'on le trouve aussi dorénavant dans les rues du monde entier.

Manifester autrement: les "Zombies walks"

Le mort-vivant, quand il est seul, est relativement inoffensif et facile à abattre, pour peu qu'on reste à bonne distance, et qu'on vise la tête. La force et la dangerosité du zombie vient du nombre. Une foule de zombies, bien que lente et moutonesque, détruit tout sur son passage. Quoiqu'on fasse, ils continueront d'avancer, tel un tsunami post-humain, qui finira par tout submerger.

Les 18-30 ans, qui forment le gros des troupes des "Zombies walks", grandes déambulations urbaines de fans de zombies, sont ainsi dans une démarche quasi politique: ce sont des révolutions symboliques. Bien que pacifiques et bon enfant, elles rappellent indirectement aux gouvernements en place la force de la rue, du peuple, des laissés-pour-compte. Une nouvelle forme de manifestation contre le système, ludique et provocatrice, est née. Et c'est un phénomène prenant de plus en plus d'ampleur.

Depuis la première marche de zombies dans la ville de Sacramento en 2001, des Zombie Walks sont organisées chaque année dans plusieurs grandes villes du monde, où des milliers de personnes se déguisent, se maquillent et marchent au rythme lent des morts-vivants. Pour se rassembler, ces zombies d'un jour communiquent principalement via les réseaux sociaux. Une gigantesque marche de zombies s'est ainsi déroulée en novembre dans la capitale mexicaine où pas moins de 10'000 personnes ont envahi, en grognant, le sang aux lèvres, les rues de la ville.

La tendance survivaliste: les "Zombies chases" et "Zombies runs"

Récupéré par les "Survivalistes", le terme de "Zombie" est appliqué, dans les nombreux guides de survie à l'apocalypse parus ces dernières années, aux personnes non préparées et qui, dans le cas d'une catastrophe, vont errer dans les rues à la recherche de nourriture ou autre nécessité, et au besoin, attaquer pour les obtenir. Dans les "Zombies chases" urbaines, les participants ne sont donc pas des zombies, mais des résistants, tentant de survivre en échappant aux morts-vivants, eux-mêmes des acteurs ou des bénévoles grimés et bien identifiés.

Plus dynamiques et interactives que les "Zombies walks" qui sont de simples déambulations, ces traques urbaines s'apparentent plus au jeu de rôle ou au jeu vidéo grandeur nature. Elle peuvent se dérouler dans les rues, à l'échelle d'une ville entière, comme en Angleterre avec le projet "2.8 hours later", ou être confinées à un lieu précis, comme le "Zombie Shopping Mall", qui prend place tous les week ends dans un centre commercial désaffecté de la banlieue de Londres. Elle peuvent également prendre la forme de courses de cross country, corsées par la présence de zombies sur le parcours ("Run for your lives").

Avec "Don't be Zombies", le phénomène débarque enfin en Suisse

Les 27 et 28 avril 2012, dans le cadre du Printemps Carougeois, le projet "Don't be Zombies!" initiera pendant deux soirées les Genevois à la survie urbaine. Chassés par des zombies, ils devront atteindre un lieu secret et décalé, avec projection sur grand écran d'un film culte (plein de zombies féroces, évidemment). A mi-chemin entre une "Zombie chase" et un "Secret cinema" (ou cinéma immersif), cet événement proposera aux participants de se déplacer à pied dans tout Carouge, de poches de résistance en lieux de ralliement, tout en fuyant à tout prix les nombreux morts-vivants, et évitant d'en devenir eux-mêmes. Ils seront ainsi guidés par des indices jusqu'au lieu final, où ils seront plongés dans l'ambiance du film, sur l'écran comme dans la salle. L'apocalypse zombie est proche.... Les Genevois sont-ils prêts? Sauront-ils survivre?

Plus d'infos sur www.printemps-carougeois.ch et, dès le 27 mars, sur www.dontbezombies.com.

17/03/2012

Le piège du mort kilométrique

 

DSC_0090 (3).jpegC'est insoluble. Ne pas s'émouvoir n'est pas une option. Le faire est tomber dans le piège de la mort au kilomètre. Ne pas en parler est impossible, mais en parler est trop difficile. Quoiqu'on en dise, on tombera dans les lieux communs, l'empathie de circonstance, ou la sensiblerie forcément déplacée.

Alors bien sûr, on est ému parce que c'est injuste, parce que c'étaient des enfants, et qu'on a des enfants, nous aussi. Mais pourquoi serait-on plus touché par les accidentés de Sierre que par les égorgés de Homs? Pourquoi tant de doubles pages fouillées d'un côté et des entrefilets de l'autre?

Se repaître du malheur de proximité fait du bien, paradoxalement. On se rappelle que nos enfants à nous sont vivants, que nous sommes vivants. Nous avons à ce jour échappé à la terrible loterie, à la mort aléatoire. Quel soulagement. Cela nous permet, le temps de la lecture d'un papier gorgé de larmes, de relativiser les petits problèmes de nos petites vies, de nous réjouir secrètement d'être encore là, tout en frissonnant au contact glacé de la mort des autres.

Et d'autant plus si elle a lieu près de chez nous. On se sent presque concerné, du coup. L'endroit fatidique, on le connaît, on l'a pratiqué tant de fois déjà, sans encombre, dans le bonheur du départ en vacances ou le soulagement diffus du retour chez soi. Mais maintenant, il est jonché de fleurs, de traces d'impact. Jamais plus on ne pourra traverser ce tunnel sans un pincement au coeur.

D'un autre côté, on est jamais allé, et on ira jamais, à Homs. Cette actualité-là nous restera donc étrangère. En périphérie de notre capacité à nous émouvoir. Alors qu'au moins le drame sierrois, c'est un peu notre malheur à nous. On peut se l'approprier, on a le droit d'en parler, il est arrivé ici. Il est familier, car il a violé notre environnement, notre quotidien. On pourrait potentiellement connaître quelqu'un qui connaît quelqu'un qui a aperçu furtivement les victimes. Dieu que ça en devient réel.

Les journaux font de leur côté tout ce qu'ils peuvent pour qu'on n'y échappe pas. Alors, si on se risque à dénoncer la médiatisation à outrance, ou si on évite d'en parler sur facebook avec des trémolos dans le statut, on sera soupçonné d'être d'insensible. Mais doit-on pour autant absolument mentionner de nouvelles étoiles dans le ciel valaisan, ou affirmer avec tant d'emphase sa solidarité envers ces familles en deuil?

Je ne connaissais pas plus ces 22 enfants belges que les 26 petits égorgés de Homs. Je devrais logiquement moins pleurer sur la fatalité, sur la mort qui frappe au hasard (car elle nous guette tous au quotidien), que sur la folie et la cruauté humaines, qui pourraient, elles, être évitées. Mais voilà, le piège du mort kilométrique s'est refermé sur moi. Je pleure néanmoins.

Et, aujourd'hui, comme tous ceux qui ont déjà traversé sans problème mille tunnels, comme tous ceux dont les enfants ne sont pas menacés d'être massacrés sans raison, à la lecture de ces horreurs auxquelles j'échappe, je me sens si vivante. Ah, comme le malheur des autres, après nous avoir tant effrayés et indignés, a la capacité de nous rassurer, au fond.

 

02:59 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : accident, sierre, enfants, mort, homs |  Facebook |