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08/04/2012

Censures et dérapages

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La lecture des derniers billets de Grégoire Barbey et des nombreux commentaires qui y sont attachés, certains pertinents, d'autres intolérables (et néanmoins acceptés), m'inspire quelques réflexions.

Présente depuis quelques mois seulement sur les blogs de la Tribune de Genève, j'y ai découvert un monde fascinant, riche, mais aussi parfois d'une grande violence. A l'approche de mon 70e billet, vous êtes environ 4000 lecteurs uniques par mois à me suivre, en consultant environ 25'000 pages. Dès lors, j'ai une responsabilité.

Car dès le premier billet, il faut faire un choix. Celui des limites que l'on souhaite poser entre la liberté d'expression de ses lecteurs, et sa propre liberté de gérer à sa guise cet espace personnel, sur lequel on s'expose, se confie, se met en danger, aussi. Donner publiquement son opinion sur des sujets sensibles n'est pas anodin, sachant que les blogs de la TdG sont extrêmement bien référencés sur Google, et qu'ils sont toujours, malgré leur relégation dans les bas fonds de la page d'accueil du site du journal, finalement très lus.

Premier choix: Ne pas autoriser les commentaires sur certains billets sensibles. Soit parce qu'on n'aura pas le temps de les modérer, soit parce qu'on souhaite s'exprimer sans manifester d'intérêt pour ce que les autres en penseront. C'est respectable, quoiqu'on en dise. Le dialogue n'est pas une obligation, rien n'empêche un blogueur d'imposer le sens unique. Je dis, vous lisez. Point. Pour ma part, je n'ai encore jamais recouru à cette solution extrême. Mais, ayant peu de confiance en la capacité d'auto-censure de certains commentateurs, je ne l'exclus pas.

Deuxième choix: Modérer les commentaires en ne publiant que ceux qui sont favorables ou neutres, en rejetant toute critique. Il paraît que c'est monnaie courante, si on en croit les hauts-cris que poussent les commentateurs au sujet de certains blogs. C'est une solution confortable et valorisante, mais peu intéressante, car biaisée et finalement très narcissique. Autant se créer quelques pseudos et se commenter soi-même, de façon outrageusement élogieuse.

Troisième choix: Accepter la critique constructive, tout en refusant les commentaires qui portent atteinte à la vie privée (la sienne ou celle des autres), aux droits fondamentaux, ou qui pourraient faire l'objet de plaintes pénales. Cela semble l'évidence, et pourtant certains trouveront toujours le moyen de crier à la censure, ne sachant pas eux-mêmes se mettre des limites, refusant de réaliser que leurs commentaires sont haineux, non respectueux de celui qui a eu le courage de partager une opinion. Parle-t-on alors d'édition, de suppression, ou de censure? Pour ma part, c'est la solution que j'ai choisie, et "censurer" (rarement) des commentaires ne me pose aucun problème moral ou éthique. Mon blog est mon espace, mon territoire, et ceux qui veulent y entrer doivent y respecter mes règles. Et même si j'y confie parfois des éléments de ma vie privée, de façon détournée ou limpide, je peux ne pas accepter qu'on les commente en me manquant de respect. C'est mon droit. C'est notre droit à tous.

Quatrième choix: Laisser les commentaires entièrement ouverts, sans modération, et s'interdire la censure. C'est un choix très dangereux, bien qu'il trahisse une forme d'idéalisme. Celui qui choisit cette solution a soit une foi sans faille en l'être humain, soit des tendances clairement suicidaires, ou prend un plaisir malsain à créer la polémique, à attiser la haine. Il y a autant de commentateurs intelligents et pertinents, ayant le courage de s'exprimer sous leur vrai nom, que de sombres personnages avançant masqués et se permettant tout et n'importe quoi sous couvert d'anonymat. Ne pas les modérer peut non seulement rendre le blogueur, mais également la Tribune de Genève, pénalement responsables.

Nous en arrivons donc aux nombreuses attaques contre la plateforme, et contre son gestionnaire, Jean-François Mabut. Là aussi, la Tribune de Genève a-t-elle l'obligation de laisser cet espace public autogérer ses excès et ses dérives, ou doit-elle les censurer au besoin, en tant qu'hébergeur? La blogosphère a évolué à un rythme si rapide, ici et ailleurs, que les règles semblent encore floues et appliquées au cas par cas, dans l'urgence. Elle est devenue une sorte de monstre difficile à contrôler, débordant de toutes parts de l'espace dans lequel on tente de le maintenir. Les attaques personnelles, les arguments ad hominem, les calomnies, les propos racistes, homophobes ou antisémites pourrissent les débats. Les anciens "trolls" des forums (en perte de vitesse depuis l'avènement des réseaux sociaux) y ont fait leur nid, et de nouveaux noms doivent être trouvés pour les nombreux dérivés du point Godwin.

La Tribune de Genève y est souvent attaquée, traitée de torchon ou de censeur, par les blogueurs comme par les commentateurs. On y mord la main qui nous nourrit (de lecteurs), mais on continue paradoxalement de s'y exprimer. Car, toute critiquable et opaque qu'elle puisse être dans sa gestion, la plateforme offre une tribune unique à nos idées, à nos mots. D'un autre côté, les blogueurs sont des contributeurs bon marché qui apportent une circulation non négligeable sur le site, ils doivent donc être respectés et le dialogue avec eux se doit d'être transparent et constructif. Aucune censure, aucune relégation hors des rubriques "Invités" ou "blogs citoyens", ni surtout aucune suppression de blog ne devrait à mon sens avoir lieu sans négociation et argumentation, si possible en face à face, avec l'auteur. Car ce sont des décisions qui, même si justifiées, sont d'une grande violence psychologique.

Je vais continuer de suivre de près l'évolution des relations entre Grégoire Barbey, ses commentateurs, et la Tribune de Genève. Nous devrions y porter la plus grande attention, car nous sommes tous concernés. Nous pouvons déraper, être rappelés à l'ordre ou muselés. Nous offusquer et subir des représailles. A nous de trouver l'équilibre, entre nous, et avec Jean-François Mabut.

Ecrivons, informons, débattons, polémiquons, confions-nous, indignons-nous, dénonçons, mais avec respect. Naïve, candide? Certainement. Au plaisir de vous lire, et de ne pas avoir à vous censurer!

Commentaires

Bonjour Madame. Merci beaucoup. Vous avez très bien résumé la situation de la blogosphère quant à la liberté d'expression et la censure. Bravo! La qualité de cette plate-forme teint autant par la qualité des billets des blogueurs que des éventuels commentateurs qui y apportent un supplément de démocratie ou de fantaisie. Pour ma part, je laisse libre cour aux commentaires. J'ai très très peu censuré en trois années soutenues de blog. A part les messages de type commercial ou quelques insultes envers autrui. Me concernant directement, j'ai tenu un rôle d'équilibriste. Les trolls qui ont agi, agissent finalement à leurs dépens. Ils sont lus de toutes et de tous. Ainsi la honte se retourne contre eux. Les censurer absolument n'est pas forcément une bonne solution sauf s'ils multiplient par dizaines leurs messages de haine. Mais là, je déposerais immédiatement une plainte pénale. Car en les censurant purement et simplement nous faisons disparaître la trace de leur impunité. Je préfère garder la trace au cas où...et les lecteurs peuvent aussi se rendre compte à quel point certains trolls se compromettent dans leur racisme...

Très bonnes fêtes de Pâques à vous.

Écrit par : pachakmac | 08/04/2012

Je partage votre analyse. L'équilibre des droits et des devoirs est un thème de l'époque. Droit à l'expression, devoir de faire respecter l'espace de parole.

Un coup de gueule arrive, des propos parfois plus tendus, des charges, des colères. Parfois on se tacle. Parfois on est blessé et l'on blesse en retour. Je laisse une marge de liberté à cela pourvu que ce ne soit ni un système ni visiblement malveillant. Et que l'on puisse ultérieurement revenir à plus de dialogue.

Seul devant son écran on ne prend pas toujours la mesure de nos propos. Ce qui peut se dire autour d'une table de bistrot trouve moins sa place sur un blog.

Écrit par : hommelibre | 08/04/2012

Les racistes, les homophobes, les antisémites, j'en passe et des meilleurs, ont autant le droit de s'exprimer que les autres.

Je n'aime guère ces autocrates qui se prétendent démocrates et qui veulent censurer tous ceux et celles qui ne pensent pas comme eux.

Écrit par : Dolorès | 08/04/2012

Madame Tout comme vous, j'étais choquée par la virulence de l'attaque frontale contre M Mabut. Comme vous je démarre mon blog toute heureuse d'être hébergée librement et gratuitement par TDG ( MERCI TDG )Le nombre de lecteurs monte en puissance chaque mois.
25 notes, cela monte en puissance suivant une courbe intéressante.
Mon blog est hyper varié comme ces articles ne le montrent:
http://duboutduborddulac.blog.tdg.ch/air-du-temps/
http://duboutduborddulac.blog.tdg.ch/archive/2012/03/22/red-zone-galerie-asiatique-a-geneve.html
Ma politique? Mon blog :c'est ma maison. Celui qui n'a rien à y faire ou qui s'y comporte mal n'y entre pas Simple ! . Voire même se pose la question de corriger l'orthographe du commentaire s'il y a erreur.Probablement que oui, pour une bonne tenue de l'ensemble. La liberté d'expression n'est justement pas de tout dire mais de trouver les bons mots, les mots "justes" pour le dire et communiquer son message !!! Sylvie Neidinger

Écrit par : sylvie neidinger | 08/04/2012

Non Dolorés, depuis la nuit des temps, la morale dicte ce que l'on a le droit de dire ou de faire. La morale peut évoluer, en même temps que l'ensemble des règles sociales, mais elle ne peut pas ne pas être. Sinon, c'est le chaos, la loi du plus fort. On n'a pas le droit de tuer, ni d'appeler au meurtre. On n'a pas le droit de violer, ni d'appeler au viol. On n'a pas le droit non plus de violer ou d'avoir des relations sexuelles d'aucune sorte avec les enfants, ni de vanter cela. De la même manière, il est interdit, par la loi, de discriminer une population parce qu'elle est de telle couleur, pratique telle religion ou aime les gens de tel ou tel sexe. Je pense personnellement que l'on pourrait y ajouter "parce qu'elle habite de tel ou tel côté de la frontière". Cela viendra sans doute. Dans tous les cas, ça se discute en fonction de critères moraux, sociaux et politiques et ensuite, cela devient une loi. Il ne faut pas que les interdits soient trop nombreux, c'est certain. Mais le racisme (et sa variante antisémite), l'homophobie, oui, sans conteste à mon avis, mérite l'interdiction.
Pour le reste, merci Catherine de ce texte. Quant au classement dans telle ou telle rubrique par JFM, il revient à mon avis de ses choix personnels et n'a pas être justifié. Car cela relève aussi de sa créativité à lui, de sa sensibilité à lui. Un autre que lui aurait donné une autre couleur à ces blogs. Et si l'on n'est pas d'accord, on peut aller se faire lire sur une autre plate-forme.

Écrit par : Philippe Souaille | 08/04/2012

Il me semble que vous avez oublié un cinquième choix, celui de supprimer l'accès aux pseudos. Vous me direz qu'on peut aussi fabriquer une identité qui a l'air authentique. Mais c'est beaucoup plus rare, et les coupables sont assez facilement démasqués. Je suis convaincu qu'une opinion ne vaut que par la personne qui l'exprime et que toute prise de position anonyme ou sous pseudo est une simple lacheté. Bien sûr, il y a des exceptions: les véritables whistleblowers qui ont de bonnes raisons de ne pas révéler leur identité. Mais sont-ils si nombreux ? J'en doute. Comme je doute de la plupart de celles et ceux qui se plaignent ici d'être l'objet de la censure. Il y a abus de langage: la vraie censure est sérieuse, grave, et ce n'est pas un gadget dont le seul but est de faire valoir sa modeste personne et de proclamer son statut de victime.

Écrit par : Jurg Bissegger | 08/04/2012

Merci pour cet excellent billet. Je vous informe de mon choix : le quatrième. Je développerai davantage lorsque je serai chez moi. À bientôt !

Écrit par : Grégoire Barbey | 08/04/2012

Dans les anonymes se glissent des personnes culturellement ou politiquement connues, parfois incorrectes, qui justement emploient le pseudo par manque de courage pour se défiler ou se défouler.

Écrit par : Doubleface | 08/04/2012

J'aborde de nombreux sujets sensibles, je le fais en pleine lumière, mon identité étant claire et sans ambiguïté, développant ma propre perception des choses je la partage volontiers a qui veut l'entendre, j'accepte avec sincérité la critique pour autant qu'elle ne soit pas insultante, lorsque cela arrive je ne publie pas le commentaire (Avis aux intéressés).
Je déteste la censure, elle est une forme perverse de faiblesse face à l'adversité ou la contradiction, je maintiens donc qu'elle peut (et doit) être utilisée uniquement si le commentaire enfreint des lois juridique de notre pays. La liberté d'expression est la composante majeure de la démocratie, sans celle-ci elle n'as plus d'essence !
Je constate a cet effet qu'elle est profondément mis a mal depuis quelques temps, la censure étant de plus en plus utilisée lorsque le commentaire ou le sujet nous dérange, c'est un état de fait qui devrait nous inquiéter au plus haut point, c'est en effet tout notre système de valeur qui est mis en danger.

Écrit par : Laurent Leisi | 08/04/2012

Merci, Catherine Armand, de débattre du sujet avec tant de pertinence et de nuances.
Pendant plus de trois ans, je tenais à la 4e formule, pour laisser mon espace le plus ouvert possible. Finalement, des commentateurs sortaient complètement du thème des notes et profitaient de l'espace offert pour se défouler de leurs propres problèmatiques. Il est bon qu'ils puissent s'exprimer, comme dit Dolorès mais qu'ils ouvrent leurs propres blogs et s'appliquent à écrire des notes en cernant leurs sujets.

Écrit par : Marie-Fance de Meuron | 08/04/2012

Un débat intéressant et instructif et c'est bien qu'il a lieu.
Concernant les commentaires, lorsque ceux-ci n'ont rien à faire avec le contenu du billet, surtout s'ils nauséabonds, par apport à l'auteur et au contenu, j'ai choisi de "modérer" les commentaires.

Écrit par : cmj | 08/04/2012

Et ceux qui travaillent pour ce genres d'individus et avec toute la politesse du monde, ne sont pas un petit peu violent en ayant établi leur base sur TdG ? ;

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=7WiIjs3lfHU

Écrit par : Corto | 08/04/2012

Bonjour à tous,

Première chose, je vais démystifier les positions ou "choix" décrits par Catherine ;

Concernant l'hébergement gratuit "offert" par la TdG, permettez moi de vous dire que ces espaces sont largement financés par les pubs des annonceurs et que les blogs, c'est à dire une partie de la version future des quotidiens, Edipresse se protège tout en se préparant vers son unique avenir possible, la diffusion électronique. Se protège, car Edipresse a opté pour ne pas réunir l'information quotidienne des interventions spontanées, dû moins que très rarement et selon des critères biens reconnaissables, ce qui explique cette dichotomie entre le "journal" et le coin blog ! La presse helvétique, contrairement aux médias étrangers, préfère séparer les torchons des serviettes, ce n'est pas un choix très ouvert, voir très ambigu et très loin d'être gratuit, dans le sens de rentabilité financière.

En effet, certain blogueurs sont également financés par la TsG pour leur participation dans cette sphère très politisée sous une apparence ludique !!


Catherine, vous semblez avoir analysé les choix imposés aux blogueurs alors que vous n'avez fait que les survoler sous un angle de soumission. Vous faites comme si vous en aviez "gros la patate", mais le fascisme, c'est que quand une personne à des idées et que l'hôte ne les respectes pas ! Et c'est le cas, voir plus, les blogs TdG, nous imposent des modes de fonctionnements infondés et totalement dépourvus de règles, ceci, justement afin de semer une soi-disante forme d'autocensure injustifiable, Exemple : Il ne serait absolument pas illégal que dés maintenant je signe mes commentaires avec votre nom, Catherine Armand, car aucun contrôle vérifiant les accès n'est appliqué et quiconque peut usurper les pseudos ou les noms des personnes s'affichant publiquement, et là, du point vue légal, il y a un déni de justice, de plus c'est le sport favori de plusieurs intervenants, donc en affichant votre vraie identité, Catherine, vous avez pris un risque contre lequel la TdG ne vous garanti aucune forme d'assurance et cette pour cette simple raison que j'utilise le pseudo de "Corto" !!!

Catherine en vous lisant, il est supposable que vous vous préoccupez davantage de contrôler les commentaires de ceux qui participent à votre blog que du reste, est-ce symptomatique ? J'aurai tendance à me prononcer pour le oui, car ce que vous ne dites pas, c'est que vous n'avez pas besoin de censurer qui que ce soit, vu que votre est soumis à votre modérations avant publication, donc 80% des questions que vous vous posez et que vous suggérez aux lecteurs, sont illégitimes, voir 100%, si je ne m'arrête pas à votre subjectivité !!!

En suite concernant J.-F. Mabut, sa tâche est hardue, au vu du manque de rigueur institué dans les paternes de fonctionnement de ce blog, quasi unique dans la blogosphère journalistique, simplement parce qu'il s'en prend aux blogueur à cause de commentateurs, c'est à dire, que le but du jeu ressemble plus à un apprentissage de censeurs agréés qu'à une plateforme d'expression.

Comme vous l'avez remarqué et décrit, il y a des "pseudos" blog, c'est à dire que leur but premier, ne semble pas avoir pour vocation d'ouvrir des débats, mais bien au contraire de distiller des propagandes biens souvent dangereuses et pernicieuses, leurs "auteurs" pratique le filtrage des commentaires avec une partialité à la hauteur de leurs idéologies, internet n'a pas été inventé à ce dessin, c'est un peu comme les révolutions arabes récupérées par les lobby islamistes (celle là je n'allait m'en priver) !

**Passage supprimé**

Il y a aussi un autre mythe qui circule au sein des blogs TdG, celui affirmant que les blogueurs sont responsables juridiquement pour les éventuels débordements légaux pouvant apparaitre sur ce blog, c'est un mensonge, l'unique responsable juridique est la TdG, dû moins c'est ce qu'il en ressort des condamnations prise à l'encontre de la TdG et J-F. Mabut, bien qu'il s'en prenne à "Corto" a été lui même mis en cause dans ces condamnations et non pour des propos proférés par "Corto" mais suite à des commentaires faits à l'encontre de "Corto", ne pas confondre !!!!!!!

Je pourrai continuer encore des pages et des pages, mais "enough for today"

Bien à vous Catherine et ne vous gênez pas de me contredire, nous sommes là pour ça !

Écrit par : Corto | 09/04/2012

Merci Corto de votre intervention sur mon blog. Toutefois, vous me donnez la triste occasion, pour la première fois, de mettre en pratique le sujet de ce billet. J'ai effectivement dû, à la demande d'une personne qui se sentait diffamée, éditer une partie de votre message, en y laissant la trace "Passage supprimé".

Tout le monde y le droit de s'exprimer ici, tant qu'on reste dans le sujet et qu'on ne lance pas d'accusations contre d'autres intervenants. Quelle que soit la vie d'une personne, ce qu'elle y fait ou dit, cela ne l'empêche pas de s'exprimer sur mon blog, tant que sa publication apporte quelque chose au débat.

Je me fiche de qui elle est, ou n'est pas, en dehors de cette plateforme. Cela ne me regarde pas! Si vous avez un problème personnel avec cette personne, trouvez le moyen de communiquer directement avec elle, mais ne le faites pas ici, je vous en serai reconnaissante.

Écrit par : Catherine Armand | 09/04/2012

Le choix 4 est le meilleur. Et aucun idéalisme selon moi dedans, juste la pratique du respect mutuel.

Si des personnes dépassent les limites pénales, il me semble qu'il existe une police sur le net pour apporter une solution au problème (on peut localiser les adresses IP et les boîtes mail). A partir de là, on peut tout dire, il n'y a plus qu'à assumer les conséquences civiques de nos propos.

La censure, c'est un peu le prêtre "qui ferme les yeux pour mieux nous pardonner" (Brel, Grand Jacques) quand elle est pratiquée par une personne modérée.

Écrit par : JohnSlide | 09/04/2012

JohnSlide, dès lors votre avis m'intéresse sur la censure que je viens de pratiquer sur une partie du message de Corto. Si vous lisiez dans un commentaire anonyme des accusations nominatives contre vous (à raison ou non), alors que vous prenez le risque de vous exprimer sous votre vrai nom, ne souhaiteriez-vous pas qu'on les supprime, au nom de la protection de la personnalité et de la vie privée? N'est-ce pas aller trop loin, surtout quand cela n'apporte rien au débat? Contredire ou démolir les propos d'un intervenant, oui évidemment, c'est le jeu, c'est ce qui fait l'intérêt de cette plateforme, mais démolir (sous pseudo) la personne elle-même, à mon sens, non.
A la limite, si Corto avait porté ses accusations sous son vrai nom, je lui en aurai laissé la responsabilité, et cette personne aurait pu se défendre sur un pied d'égalité. L'anonymat fait toute la différence, pour moi.

Écrit par : Catherine Armand | 09/04/2012

Etant français, je ne sais pas quelles sont les possibilités d'action de votre police, mais en France, les propos diffamatoires sur le net sont répréhensibles. A partir de là, une personne ayant ce type de propos et étant reportée aux services de police approprié prend des risques.
Car nous sommes d'accord, la diffamation est hautement répréhensible puisqu'elle s'attaque directement à l'image d'une personne.

Mais pratiquer soi même la censure alors que nous ne sommes pas juges et juste pour répondre à une plainte d'une personne tierce, c'est le mode de fonctionnement (particulier ici) d'une milice. Votre espace deviendrait une zone de non droit car vous vous arrogez le droit suite à une plainte de devenir vous même juge.

Quant à votre responsabilité ainsi que celle de la Tribune de Genève, elle est de reporter ce type de propos et de donner les informations que vous avez sur la personne qui écrit ces propos. N'avez-vous pas l'adresse mail de chaque interlocuteur ? (c'est une véritable question car je ne sais pas comment fonctionne ce type de blogs).
Pareillement, la personne outragée peut demander à ce que vous fassiez suivre le(s) propos diffamatoire(s)/insultant(s)/...

Être responsable, ce n'est pas faire la justice soi même.

Écrit par : JohnSlide | 09/04/2012

Je ne suis pas d'accord avec vous. Comme je le dis dans mon billet, ce blog est mon espace personnel, ma "maison" comme le dit aussi Sylvie Neidinger. Je m'octroie le droit d'y faire le ménage, en mon âme et conscience. Rien n'empêche Corto d'ouvrir son propre blog et d'y diffamer qui il veut. Ce sera sa responsabilité d'en assumer les conséquences. Pour ma part, je refuse que mon blog abrite des règlement de comptes.

Écrit par : Catherine Armand | 09/04/2012

Faut pas tout mélanger et l'expression "faire justice soi-même" parait un peu abusive. La justice, précisément a d'autres chats à fouetter que de passer son temps à décider s'il y a diffamation ou non sur tel ou tel blog. Ses services, à Genève, sont d'ores et déjà engorgés par ces plaintes et c'est le contribuable qui paie, pour des broutilles. Par ailleurs, attaquer en justice votre diffamateur coûte de l'argent et du temps. Donc mieux vaut éviter d'en arriver là. Il revient au blogueur de faire le ménage, comme c'est précisé sur la charte des blogs.
Parler de respect mutuel au sujet de ceux qui squattent les blogs des autres pour y déverser leurs commentaires haineux et obsessionnels complètement hors sujets (ce qui a généralement pour conséquence de faire fuir le lecteur) me parait tout aussi abusif.
Ce débat est récurrent et chacun risque de se laisser enfermer dans la subjectivité. Pour ma part, je trouve que Catherine a fort bien résumé la situation avec ces 4 cas... Libre à chacun de définir la formule qui lui convient le mieux. Et d'en changer, si ça lui chante.
Pour le reste, comme déjà dit, ceux qui hurlent à la censure n'ont qu'à ouvrir un blog pour s'y exprimer. Quant à l'usurpation de pseudo, que je réprouve personnellement, elle n'a aucune conséquence réelle, puisque pseudo il y a. En revanche, usurper l'identité d'une personne existante et connue tomberait à mon avis sous le coup de la loi, surtout si c'est pour tenir des propos insenssés ou inconvenants.

Écrit par : Philippe Souaille | 09/04/2012

John Slide, comme vous le savez la population Suisse fonctionne un peu comme une file indienne, sur des sujets de fond, les divergences s'exercent depuis le plus haut de la "hiérarchie" sur un mode de consensus, c'est la formule d'usage.

Certes les choses évoluent, mais c'est le seul pays riche artificiellement dans lequel plusieurs types de votations référendaires sont exercées à tord et a travers, sous forme de référendums obligatoires, facultatifs et d'initiatives, les résultats de ces ébats pseudos démocratiques sont très instructifs, la population opte systématiquement pour les directives dictées par les positions les plus conservatrices, exemple ; vous demandez à la population suisse de se prononcer sur des "avancées" sociales, les résultats se rallient au travers d'un "niet" surprenant !

La règle du consensus semble, dans ce pays, dévorer les avis généraux, à un point surprenant et nous assistons lors de ces scrutins également à des barrières bien confortées dans le découpage linguistique de cette Suisse trilingue, voir quadrilingue, ce qui démontre de l'aberration de ce phénomène Greger !

Toutes ces friandises ludiques, cache d'autres phénomènes eux bien mieux cachés, la partie cachée de l'Iceberg, cette partie enveloppée dans le déni total d'expression ouverte, le non-dit planant sur toutes les têtes des citoyens de ce pays profondément empêtré dans un autisme particulièrement reconnaissable lorsque vous entendez s'exprimer un Suisse dans un micro ou sur un blog, de peur de briser cette sorte de sentiment inavouable, le langage en est amputé et réduit à son expression la plus rébarbative.

John, vous avez surement déjà remarqué ou observé ce malaise que pratiquement chaque Suisse a, dés lors qu'il doit exprimer un sentiment ou des faits, si en France certaines expressions sont dictées par des appartenances sociales ou claniques, en Suisse vous pourrez observer ce déni de la langue, dans toutes les couches de la société suisse.

Ici, dans ce blog, les mêmes syndromes dominent l'économie de la dialectique par abstraction, soustraction et ce mode réducteur, raison pour laquelle Catherine ne pouvait pas faire autre chose, que soustraire plutôt que d'exprimer quoi que ce soit qui pourrait rappeler ou représenter une expression ouverte et digne de réactions surtout si ces dernières pourrait éveillé la rhétorique, ce poison pour ces dissimulateurs par vocation collective.

La Suisse repose avant tout sur une économie hautement coupable, la Suisse héberge la quasi totalité des pillages occasionnant la misère planétaire contemporaine, John trouvez moi une seule nations exsangues et spoliées par un de ces dictateurs totalitaire et souvent sanguinaire n'ayant pas ses racines pathogènes en Suisse ??? Au niveau intérieur du pays, chaque Suisse jouit d'avantages considérable au travers de cette corruption national pour ne pas dire planétaire, dés que vous grattez la coquille pleine, des mécanismes de défenses écrasants et non-dits exercent leurs méfaits dévastateurs et précurseur de cet autisme typiquement helvétique.

Le travail de chaque Suisse en contrepartie de ce bienêtre apparent et un musellement chronique et destructeur, Dürrenmatt, un des plus grand intellectuel de ce pays en parle avec une grande clarté, d'ailleurs tous les intellectuels mis au placard de ce pays, disent la même chose, raison pour laquelle la Suisse est culturellement si particulière et le mécanisme le plus efficace reste la destruction des système "immunitaires" rhétoriques des citoyens de ce pays et cela, bien-sur, dés la plus tendre enfance. Raison pour laquelle la Suisse enregistre le plus haut de suicide au monde et le restera tant que cette miasme ne sera pas, au minimum, dénoncée !

Catherine devait s'exprimer au travers d'une censure, il en aurait été impossible autrement, lui incombait seulement le choix de la manière, elle l'a fait au travers d'une loi, celle interdisant les corporations libérales de s'interdire les accès publics à toute forme de publicité, je ne faisait que rappeler le contenu de la loi de ce pays, certes je nommait la personne, mais en quoi est-ce illégal ou injuste vis-à-vis des autres membres de cette corporation, qui eux se soumette à cette règle et la rhétorique de Catherine concernant mon commentaire ne pouvait s'étendre au delà de ce marquage de territoire "helvétique" par excellence, car ce qu'elle craint au plus profond de cette éducation collective, c'est le moindre début de démantèlement de ces mécanismes, donc je dois m'attendre de sa part ou des autres, qu'au silence ou aux insinuations du genre, "faut prendre des pilules" sous entendu on me classe d'entrée dans la psychopathie, ou alors "si t'es pas content, qu'est-ce tu fout en Suisse" ou "dans ce blog" !

Il ignorent "que seuls sont fous, ceux qui se croient à l'abri de la folie" !!

John, je me réjouis déjà de la stérilité du débat, pour autant que débat il y a ait ???

Écrit par : Corto | 09/04/2012

Comme je le disais, vous ne trouvez pas qu'il y a comme un ralliement univoque de la part des intervenants ???

Écrit par : Corto | 09/04/2012

@Catherine Armand

" L'anonymat fait toute la différence, pour moi."

N'est pas dans l'anonymat celui qui donne son adresse exacte d'e mail, d'autant qu'à l'inscription vous donnez votre identité. Ce qui est mon cas, contrairement aux Trolls antisémites qui ont des IP Dynamic* comme un certain "YOU PAIN"!

Est-ce diffamatoire de dénoncer les racistes et antisémites par leurs propres commentaires? Ce qui est ma façon de procéder! Et, vous en avez une en la personne de "Dolorès" qui se fait passer pour une Juive afin de donner plus de poids à son antisémitisme vomissant.


Dolorès: "Les racistes, les homophobes, les antisémites, j'en passe et des meilleurs, ont autant le droit de s'exprimer que les autres."

Comme vous?!!! Dois-je passer vos commentaires nauséabonds d'antisémitisme que je garde bien au chaud pour vous les servir à chaque fois que vous éructez... Et celui-ci en fera partie!


Un autre commentaire signé Patoucha (mon surnom) sera l'oeuvre de mon usurpateur et harceleur dont l'IP est à relever. Merci!

* Dynamic IP addressing assigns a different IP address each time the ISP customer logs on to their computer, but this is dependent upon the Internet Service Provider (ISP) because some ISP's only change the IP address as they deem it necessary.

Écrit par : Patoucha | 09/04/2012

Oui, beaucoup sur ce blog, confondent liberté d'expression et esbroufe diffamatoire afin de ne jamais aller dans le fond des débats pouvant égratigner certaines saletés communes aux nations vivant du vole des peuples maintenus sous dictatures et ayant leurs compte à numéros bien au chaud ! Il est là le problème lié à la censure de la TdG !

Ce journal ne nous a jamais dit que le retraité fût tué sur le coup suite à la libération au bout d'une demi-heure de mise en arrêt des trois fils de monarques de la mafia russe établie dans notre ville et roulant à 300 km/h bourrés les poches pleines de coke, alors qu'elle en était informée !

Voilà pourquoi les trolls et la TdG censure ou pollue les commentaires, juste afin de cacher sous la menace cadencée par des propos racistes et impuissants !

Écrit par : Corto | 09/04/2012

Catherine, je vois que votre façon de mépriser le débat s'exprime au travers de la manière la plus digne ; ignorer l'éventuel contradicteur !

Vous nous avez placidement informé de votre censure concernant une partie de l'un de mes billets, mais avez-vous dû censurer d'autres tentatives encore moins avouables ?

Écrit par : Corto | 09/04/2012

Que se passe-t-il, les blogueurs se censurent-ils eux-mêmes ?

Dés que l'on dit que le roi est nu, tout le monde s'en prend à celui qui déclare que le roi est nu ?

Pauvre société, pauvre société qui ne supporte pas la critique, pauvre société qui refuse certaines vérités, société sans aucune immunité en en proie à tous les démons,ces démons qui se taisent et flattent les bassesses les plus corrompues !

Oui les politiques suisses ont placés contre rémunérations le pays dans une impasse totale et les blogueurs TdG en sont le reflet, courez après les Rroms comme une meute enragée, là les blogues lâches et odieux se défoulent sans la moindre vergogne, insulte cette communauté et censure les réponses !
Voilà le constat que nous pouvons faire de la parole dans ce pays rongé par le fric sale et coupable, voilà où vous ont amenez vos politiciens complices avec les banquiers sans scrupules ayant pillés toutes les populations aujourd'hui à genoux et mourante de faim, voilà pourquoi vous vous taisez face à "Corto" !!!

Continuez de vous taire, continuez de mourir dans ce silence ensanglanté et ami des pires dictateurs sanguinaires !

Écrit par : Corto | 10/04/2012

Ca marche pile poil :)
a) ça fait bien fuir les lecteurs !((
b) ça s'arrête tout seul ... quand y se retrouve tout seul, à comme hanté dans le désert :))

L'idéal serait peut-être un blog leurre qui leur serait dédié, et qui les occuperait aïe heurts des heures durant ... Ce serait cool ! Ou alors, un blog d'isolement ...

Moi j'écris qu'il faudrait aussi pouvoir bannir certain(e)s commentateurs/trices pour ne pas avoir à perdre du temps à les modérer, une fois avertis et moult fois les bornes manières dépassées.

Mais il est également vrai que ces "contributions" présentent un intérêt documentaire certain pour les aveugles que nous pouvons être, tant il est difficile d'imaginer de tels propos par nous mêmes, par ignorance, manque d'intérêt ou d'imagination, ou juste par simple banalité.
Cette appréciation me semble d'ailleurs présenter une certaine similitude avec ce qui se passe dans un procès en cours à l'étranger.

Il faudrait donc trouver un équilibre entre la nuisance et l'apport potentiel, et j'imagine assez bien deux solutions "techniques" applicables à de telles contributions :
1) utiliser pour elles une fonte style "clauses contractuelles" de taille 6, voir 4 ou moins (peut-être avec un bouton loupe ou équivalent)
2) avoir par défaut comme présentation juste la première ligne et l'auteur(e) du commentaire, le reste devant être volontairement "ouvert" en le faisant apparaître au moyen d'un clic ad hoc.
Ces deux solutions auraient l'indéniable avantage de minimiser la gêne pour les autres lecteurs sans pour autant museler les gêneurs, un compromis qui me siérait parfaitement.

Chapeau à la modératrice dont la tolérance est bien plus grande que ne l'eusse été la mienne ;)

PS
Un pseudo n'est qu'un outil, et comme tel, son usage ne peut être qualifié d'emblée comme lâche ou répréhensible; idem pour l'anonymat qui peut être aussi employé à bon escient, notamment sur le net.

Écrit par : Xtra BleuCiel | 19/04/2012

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