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18/04/2012

La capture

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Il y a celles qui semblent saisies juste après un moment vécu. Ces images témoignent de la sérénité comme de la tristesse de l'achevé. Mais elles acquièrent ainsi une pudeur, une distance, qui nous empêchent de ressentir le malaise qui pourrait surgir s'il nous laissait pénétrer son intimité.

Il y a celles qui trahissent l'ennui, prises au hasard, et qui s'attardent sur l'insignifiant. Comme pour donner à tout prix du sens. Et miraculeusement, ce sens naît de la capture. Il sublime l'objet un instant, l'éclaire, le rend vivant. Même si on sait que dès que son regard ou son intérêt se seront détournés, celui-ci redeviendra vide, inutile. En attendant, il le met à notre portée dans son essence. Sans lui, il ne nous parlerait pas.

Il y a celles qui ne saisissent que les détails. Comme s'il refusait de voir le reste du monde, comme si le découpage du corps le protégeait contre l'attachement à l'âme. Et pourtant, réalise-t-il que dans ces infimes portions de peau, dans ces silhouettes incomplètes, il nous montre tout?

Je désire qu'il capture de son regard particulier ne serait-ce qu'un petit bout de moi. Car pendant cet instant, je serai tout, et j'aurai un sens nouveau. Différent de celui que je me donne, un sens qui lui appartient. Quitte à le voir se détourner ensuite, pendant cette seconde où il m'aura interprétée, j'aurai été éternelle.

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