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15/05/2012

La poursuite

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L'interrogatoire est cordial. Presque trop. Pas de "good cop/bad cop", pas de lampe dans les yeux pour déstabiliser. Peu de questions qui fâchent, ou alors lâchées du bout des lèvres en formule négative, comme pour s'assurer d'avance de la réponse. "Vous n'êtes pas coupable, n'est-ce-pas?". Une main molle dans un gant de velours râpé. Surtout ne casser aucun oeuf en marchant dessus, on pourrait le leur reprocher, plus tard, suivant comment ça tourne.

Non, le faisceau aveuglant vient d'ailleurs. D'une poursuite manipulée par ceux qui concassent ou malaxent vos paroles, remplissent vos silences, interprètent vos hésitations. Ils n'auront jamais le pain, ni même une seule tranche, alors ils reconstituent avec ce qu'ils ont pu picorer. Ce fac-similé fait illusion de loin, surtout pour ceux qui ne veulent pas s'approcher, de peur que la banale réalité ne tue les fantasmes qui les font frissonner. Mais de près, ce n'est qu'un petit tas inégal de miettes agglomérées. Immangeable, ou illisible.

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