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30/08/2012

Obama a tué Reddit!

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Décidément, le couple présidentiel américain ne cessera de m'étonner. Après l'apparition de Michelle dans l'émission de télé réalité "The biggest loser" il y a quelques mois, où on la voyait faire de la gym avec les candidats sur un tapis de la Maison Blanche, c'est aujourd'hui Barack qui s'est offert le plaisir de mettre à terre le site communautaire Reddit en y lançant un AMA. 

Soyez rassurés, un AMA n'est ni une arme chimique ni un dérivé de la loi ACTA. Bien au contraire, ce mystérieux acronyme signifie tout simplement "Ask Me Anything". De nombreuses personnalités ont déjà joué le jeu du AMA sur Reddit, mais en y attirant Obama, le site fait très fort. 

"Hi, I’m Barack Obama, President of the United States. Ask me anything. I’ll be taking your questions for half an hour starting at about 4:30 ET". C'est avec cette phrase sibylline que le président a ouvert le feu il y a quelques heures. Des milliers de questions et commentaires d'internautes, tout d'abord incrédules ou perplexes, ont immédiatement déferlé (plus de 15'000 actuellement), surchargeant Reddit et rendant son accès impossible à bon nombre d'utilisateurs. 

L'identité de Barack Obama a été très vite confirmée, tout d'abord via son propre compte Twitter, puis par les gestionnaires de Reddit. Dès la fin de la session, presque tous les grands journaux américains se sont évidemment hâtés de retranscrire sur leurs sites web les 10 réponses bien cadrées et assez conventionnelles que le président a bien voulu donner pendant sa demi-heure de présence. C'est assez peu, finalement, 10 réponses pour des milliers de questions balancées fébrilement sur le site, mais en pleine campagne électorale, cela fait malgré tout son petit effet. 

Après avoir déjà conversé en direct avec ses "amis" et "followers" respectivement sur Facebook et Twitter, le président américain a eu le nez fin de choisir Reddit. La plateforme est un joyeux foutoir, certes, mais elle est extrêmement dynamique, influente et réactive. Malin, Obama. 

Si vous avez le courage de vous plonger dans le "fil" Reddit de cette intervention, vous le trouverez ICI, dès que le site aura repris ses esprits.

00:45 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : reddit, obama, usa |  Facebook |

28/08/2012

Instagram, ou l’éloge de la banalité

4ffd850c49ff21101124_700b.jpeg"Arrête de tout prendre en photo avec Instagram, c’est nul!" me lançait souvent mon fils de 17 ans, avant de faire lui-même l’acquisition d’un Smartphone de dernière génération. Depuis, nous partageons notre addiction, échangeons nos "œuvres" par bluetooth en pleine randonnée, et "likons" mutuellement nos clichés sur le réseau social de partage d’images carrées ultrafiltrées. 

Ce qui ne veut pas dire pour autant que nous nous prenons pour de grands photographes, ce qui semble être le reproche principal que nous adressent les allergiques. "Ne pensez pas être des photographes parce que vous utilisez Instagram" nous tance même "grandma" via ses fameux "social media tips". Mais qui a dit que c’était le cas? Prétendons-nous être de grands artistes? Non! Nos photos sont-elles de qualité inégale, ou même souvent inintéressantes au possible? Oui, peut-être, et alors? 

Ce dont les détracteurs d’Instagram semblent manquer, c’est de légèreté, et de distance. Eux se considèrent probablement comme de vrais photographes, car dotés de vrais appareils, et, pensent-ils, de vrai talent. "Quête d'un vintage de pacotille pour enrober de joli la platitude de sa vie", balance même le célèbre bloggeur français Seb Musset, très remonté contre l’application photo et affichant un mépris certain pour ses nombreux utilisateurs.

Effarés par la démocratisation, ou la banalisation, des outils permettant de réaliser (trop) facilement de jolies photos, les puristes montent sur leurs grands chevaux, brandissent leurs icones et arguments argentiques, hurlent que les utilisateurs d'Instagram "ne réfléchissent pas, shootent n'importe quoi au hasard, puis se reposent sur les effets, sur la post production prémâchée". Transmettre l'émotion, capturer l'instant ou la lumière, avoir la capacité de sublimer le sujet ne peuvent, ou en tout cas ne devraient pas, être accessibles à tous. Malheureusement pour eux, des outils de plus en plus simples mais néanmoins performants existent, et sont offerts gratuitement à  la "populace", celle qui ne devrait pas saisir à tout va, tout au plus admirer.

C’est vrai, sur Instagram, le résultat après traitement est souvent plus important que la pertinence du sujet. Et c’est tant mieux. Ainsi, n'importe quel objet ou situation du quotidien peut devenir "art". Car l'art n'est-il pas justement une intention, une représentation, dont le sens ne prend forme qu'à travers celui qui propose? Alors oui, l'art peut s'accommoder de la facilité ou de la quantité. Oui, cette masse d'utilisateurs de Smartphones peut parfois toucher au sublime. Des émotions face à une situation, un paysage ou un objet, ils en ressentent et savent les transmettre. Souvent, ils parviennent à nous toucher.

Par le contraste, le filtre, le cadre, le vieillissement artificiel, le photographe du rien ou du banal livre malgré tout son message. Il superpose ses rêves, ses fantasmes, ses souvenirs ou sa nostalgie à la réalité. Il sature un ciel pour traduire une émotion forte face à la beauté des nuages, il vieillit artificiellement une photo de ses enfants par nostalgie anticipée, sachant à quel point ils vont grandir trop vite, il "floute" un environnement pour mettre en exergue un détail, il immortalise ses propres pieds dans le sable pour dire son bonheur d’être enfin en vacances... L’insignifiant devient significatif, pendant un instant, dans son regard. Qu’il immortalise une faille dans un mur, un rail de tram, un tag, un toit d’immeuble se découpant sur fond d'azur, ou un papier gras au sol, peu importe. Il dit, il montre, et donc il crée, à sa manière.  

Tous ces tapotements fébriles sur écran tactile, répétés encore et encore par des millions d'utilisateurs peuvent certes être interprétés comme une danse digitale grotesque, une uniformisation de l’image ou de la pensée, mais n'est-ce pas plutôt un nouveau mode d’expression, une nouvelle mise en forme de notre imaginaire? Montrer le monde qui nous entoure, même dans ses aspects les plus triviaux, via tous ces filtres, ne signifie-t-il pas tout simplement "voici le monde tel que j'aimerais le voir"? Un monde aux couleurs trop intenses ou volontairement fanées, aux ciels irréels, aux détails sublimés, avec de la beauté surgissant dans les endroits ou les situations les plus banales. Un monde dans lequel même la laideur, la saleté ou le vide prennent un sens esthétique. L'image est sacralisée, saturée d'émotions, finalement presque en état de grâce. Et paradoxalement, toutes ces manipulations artificielles ne visent qu'une chose: plus d’authenticité, plus d’adéquation entre le ressenti et le réel, qui n'est pas toujours à la hauteur de nos attentes. 

Alors, bien sûr, on est en droit de remettre en question la valeur de ces images, valeur hypothétiquement amoindrie par l'accès direct aux outils, par la facilité de capture et de traitement à partir d'une choix restreint de filtres prédéfinis, et pour finir, par l'abondance des images partagées. Quoi qu’il en soit, parmi la masse énorme de clichés postée sur le réseau social mobile, on trouve bon nombre de pépites, et on peut constater avec bonheur que le talent caché n'attendait parfois que le média adapté pour s'exprimer. Alors, n’en déplaise à Seb Musset ou à "grandma", nous les utilisateurs d’Instagram prenons du plaisir à brandir notre Smartphone devant notre assiette, nos pieds, dans la rue, puis recadrer, contraster ou flouter le tout, avant de partager nos "œuvres". Le tout sans prétention aucune! 

26/08/2012

Suisse allemand, mon amour

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A peine de retour du Haut-Valais, où j'ai fait l'effort, par correction, de ne m'exprimer qu'en allemand, j'apprends que le DIP a décidé d'initier les élèves genevois au "Suisse allemand". Tout comme Peter Rothenbühler qui s'exprime à ce sujet dans le Matin Dimanche (et avec qui, pour une fois, je suis d'accord), cette "grande nouveauté" me laisse perplexe.

Les dialectes suisses allemands sont immatériels, souvent empiriques, et difficiles à mettre en boîte. Les différences de prononciation, de vocabulaire et d'expressions sont nombreuses d'une région à l'autre, parfois d'un village à l'autre. Tenter d'en faire saisir l'essence (ou même simplement d'effleurer le sujet par l'initiation) à des élèves genevois souvent déjà réticents à l'allemand, est à mon avis, inutile et voué à l'échec. Pour ne pas dire ridicule. 

Prenons quelques libertés, et imaginons un parallèle avec les expressions et l'accent marseillais (ma région d'origine). Un étranger (ou un français d'une autre région, ce qui revient au même) tentant l'accent et le "o fan de chichoune" à tout va pour prétendre faire partie des nôtres sera moqué et reçu avec le plus grand mépris. Et même rejeté vertement. On ne fait pas semblant d'être marseillais, on l'est ou on ne l'est pas. Et si on ne l'est pas, on garde poliment ses distances avec la "langue". Oh, on a le droit de s'y intéresser, poser des questions, noter des expressions pour les comprendre sans peine plus tard. Mais pas de la singer, ça jamais. Au mieux, avec une maîtrise progressive du français, celui-ci devenant plus fluide, l'étranger bien intégré socialement et culturellement pourra petit à petit commencer à ajouter quelques mots du cru qui ne seront pas forcés. 

Là où je veux en venir avec cette comparaison osée entre marseillais et suisses allemands, c'est qu'un dialecte n'est pas une langue, mais une convention sociale, une complicité culturelle, un témoignage d'une origine, d'une histoire, d'une appartenance à un clan, à un groupe. Et on ne s'intègre pas à un groupe en singeant grossièrement ses codes. 

S'intégrer avec une maîtrise (même partielle) de l'allemand, tout en montrant une vive curiosité pour le dialecte local, revient à dire avec politesse: "Je fais un pas vers vous, sans vouloir faire semblant d'être des vôtres". Le Romand n'aura aucune peine à se faire accepter et comprendre avec l'usage du Hoch Deutsch. Bien au contraire. Ses louables efforts seront salués, et récompensés par une adaptation immédiate de ses interlocuteurs, qui passeront à la langue allemande avec bienveillance. 

Car le Suisse d'outre-Sarine est indulgent et patient, la plupart du temps (certainement plus que le Marseillais, soit dit en passant). Il sait que sa langue est ardue, et il vous pardonnera vos approximations et votre accent charmant. Si vous vivez ou vous rendez fréquemment "de l'autre côté", l'accent associé au dialecte vous viendra petit à petit, puis les mots les plus usités fleuriront ici ou là, ajoutant un peu de couleur locale à votre Hoch Deutsch. Le temps passant, ces mots intégrés s'entoureront d'autres, plus complexes, apprivoisés grâce à l'expérience, aux échanges, aux moments partagés. Ils auront une vraie signification pour vous, vous ne les traduirez plus mentalement de l'allemand, vous les penserez tels qu'ils sont, leur usage sera naturel, et donc adéquat.

Je reste persuadée que l'initiation à un dialecte ne peut en aucun cas être scolaire, hors contexte géographique ou culturel. Sans aller jusqu'à l'immersion totale (la solution idéale), un véritable intérêt "relationnel" est indispensable. Maîtriser un dialecte, c'est avant tout embrasser totalement une culture, le résultat naturel d'un partage et de liens créés avec ceux qui en sont issus. 

17/08/2012

Loin du tumulte

 

556558_3742286069743_2051118965_n.jpegLe petit animal est craintif. Je l'avais connu en montagne, l’été dernier. C'était à la tombée de la nuit, dans un jardin. Assise sur une grosse pierre chauffée par le soleil, une bière fraîche en main, soudain j'avais senti sa présence. Il était là, il m'observait. J'avais posé une cacahuète dans l'herbe, et il s'était approché. A la fin de la semaine, il me mangeait dans la main. Puis le dimanche, après 6 jours d'apprivoisement mutuel, il avait disparu.

Depuis, il me manquait, souvent. Mais, happée par le tumulte de ma vie, je repoussais son image avec application. Et, soudain, alors que je ne l'espérais plus, il est enfin revenu. Il a sauté dans mon giron avec confiance, sa fourrure est chaude contre mon ventre, et je le caresse doucement. Il est là, et je le garderai dans mes bras pour 7 jours, 7 nuits. Je lui ai donné un nom. Il s'appelle "Vacances".

Chères lectrices et chers lecteurs, à très vite.

 

10:19 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : vacances |  Facebook |

15/08/2012

Le dilemme de l'électeur de gauche

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Si je pouvais voter en Ville de Genève, l'élection complémentaire au Conseil Administratif me mettrait dans l'embarras. Le cinquième siège ne peut décemment pas revenir à la gauche, on est (presque) tous d'accord. Un Conseil Administratif monocolore (pour autant que les différentes formations de l'Alternative tirent effectivement à la même corde) serait contre-productif.

Et pourtant, la "mégère déguisée du PDT", comme l'appelle un Conseiller Municipal PDC sur mon mur facebook, est candidate, contre l'avis d'Ensemble à Gauche. "Point n’est besoin donc d’être adoubée par les partis qui pensent que veulerie est un synonyme de consensus démocratique pour être la candidate du Peuple de Genève", assène-t-elle avec le franc parler qui la caractérise. Soit. Voter pour elle est donc tentant, bien que, "crétine des Alpes" convaincue, il me semble évident que ma voix ne servirait qu'à confirmer qu'une présence de la gauche est nécessaire dans toute élection, même sans aucune chance de l'emporter.

Mais voyez-vous, même si je ne peux la donner, je considère ma voix comme précieuse. A offrir à celui que j'aurais envie de voir nous servir, et non simplement destinée à marquer le coup. Alors, admettons, pour le plaisir, que je puisse faire un choix. Après tout, je travaille sur le territoire de la Ville, et souvent même pour le compte de la Ville. Je me sens donc directement concernée. Devrais-je voter à droite, pour la première fois? Non, en fait, pas pour la première fois: mon passeport français m'avait déjà poussée à voter Chirac, en des temps troublés. Je m'en suis remise, mais la cicatrice est toujours visible.

Alors? Me laisserais-je convaincre par Claude Haegi de voter la "continuité"? Guillaume Barazzone, PDC, incarne-t-il vraiment la continuité de l'action d'un Radical? L'ancien Conseiller d'État avoue sur son blog tout frais que "cette stratégie s’inscrit dans le prolongement de la campagne de Pierre Maudet". Mais je ne donnerais pas ma voix au "minet endimanché du PDC" (dixit Salika Wenger) simplement pour soutenir une promesse de renvoi d'ascenseur. Je préfèrerais de loin un candidat qui prend l'escalier, et qui transpire pour arriver par ses propres moyens au dernier étage.

Il en est trois qui mouillent la chemise, justement. Olivier Fiumelli, dit "le fonctionnaire", Jean-Marc Froidevaux, dit "l'homme du passé" et Alain de Kalbermatten, que personne n'a encore songé à affubler d'un surnom, ce qui est malheureusement révélateur. Car les noms d'oiseaux fusent déjà de toutes parts, et étant lancés par les candidats eux-mêmes (adoubés ou en ballotage), je ne vois aucune raison de ne pas les utiliser. C'est trop jouissif, excusez ma faiblesse.

Revenons donc à ceux qui suent. Nous saurons vendredi matin, au plus tard, si le PLR présente un de ses deux candidats déclarés, ou aucun, courbant ainsi l'échine devant le PDC. Au sein du parti centriste, les dés semblent joués. Après tout, qui peut rivaliser avec le charme et les soutiens poids lourd de la "marionnette" (dixit Pascal Décaillet)?

Ainsi, j'aurais pu être appelée par défaut à voter PLR. Toutefois, malgré l'envie de gouverner (on n'utilisera pas le mot "servir", tant les dents longues semblent peu compatibles avec le port du plateau d'argent) affichée par Olivier Fiumelli, je suis un peu rebutée par son attitude trop conquérante et peu respectueuse de ses concurrents. Jean-Marc Froidevaux, par contre, m'a toujours fait l'effet d'un homme modéré et d'une grande finesse d'esprit. A mon sens le plus apte à occuper avec intelligence une position solitaire et délicate face au bloc de la gauche.

Je n'ai pas mentionné Eric Bertinat, me direz-vous. Je vais le faire, mais seulement pour vous livrer son petit nom du moment: "le très catholique UDC". Salika aurait pu trouver pire. "Eric Bertinat est candidat", clame-t-il sur son blog, parlant de lui-même à la troisième personne (ou copiant-collant le dernier communiqué de presse de son parti). Je crois que je préfère encore ceux qui abusent dès maintenant du "je".

J'attends donc avec impatience et une grande curiosité la décision du PLR, qui se réunit demain soir, jeudi. Tout comme Jean-Marc Froidevaux, "à ce débat, je participerai, de la campagne je m'en réjouirais, je m'en réjouis déjà". Même si, cette fois, je ne pourrai malheureusement pas donner officiellement de la voix.