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07/09/2012

Un apéro pour rien


225943_1905237224670_1718661_n.jpegCe lundi, c'était la rentrée des apéros au jardin. Après deux mois dispersés aux quatre vents, nous avions hâte de nous retrouver entre amis autour de quelques verres, et d'échanger nos aventures estivales. Vacances trépidantes, nouvel amoureux, anecdotes de boulot, chacun était dans les starting blocs pour ouvrir le feu d'une soirée qui s'annonçait bien. 

Mais à peine étions-nous installés autour d'un verre de pastis que l'ambiance tournait déjà au vinaigre. Pourtant, tous avaient écouté plus ou moins patiemment mon récit d'introduction à la soirée. J'avais pu sans encombre mettre tout le monde à jour sur l'agenda culturel de la semaine à venir, les décès et les naissances survenus depuis notre dernier apéro, et j'avais même eu l'occasion de frimer en brandissant un trophée de beach volley vaillamment gagné au Club Med. 

C'est alors que François*, l'aîné de notre petit groupe, a annoncé avec grandiloquence qu'il estimait avoir la priorité pour nous faire le rapport complet de ses vacances à Ibiza. Mais Georges* ne l'entendait pas de cette oreille. Lui coupant la parole, il a clamé d'une voix forte qu'il avait un nouveau boulot et qu'il était plus urgent que ce sujet soit traité en premier. Après une demi heure de palabres et d'argumentation sur la priorité de la vie professionnelle sur les vacances, nous ne savions toujours rien ni d'Ibiza, ni du nouveau job. 

Geneviève* s'est alors levée, outrée, pour nous lancer:  "Et l'amour, alors, n'est-ce pas ça le plus important?". Il faut dire qu'elle avait attendu des semaines de pouvoir nous parler enfin du jeune et beau Marco, rencontré sur une plage italienne. Un long débat philosophique sur l'importance que l'on devrait accorder à la vie sentimentale s'en est alors suivi, reléguant à notre grand dam au second plan le récit des nuits torrides avec le Don Juan des sables.

Les heures qui ont suivi ont été des plus pénibles, malgré les bonnes bouteilles et les petits fours. Chacun estimant que son histoire était plus urgente que celle des autres, et étant prêt à se battre pour la livrer en premier, le ton est monté, les verres ont volé, les chaises ont été renversées, les voisins ont gueulé, et nous nous sommes tous quittés fâchés et frustrés. Nous nous sommes vus, avons longuement débattu et brassé beaucoup d'air, mais nous ne nous sommes au final rien raconté. 

 "Tu imagines ce que ça donnerait si le chaos de cette soirée était transposé au niveau de notre gouvernement?", m'a alors demandé Patrick*, le dernier irréductible et indéboulonnable invité, après avoir vidé d'un trait son énième shot de slivo. On s'est longuement regardés, chacun tentant de visualiser cette hypothèse cocasse, avant d'éclater de rire. "On serait vraiment dans la merde!".  

 

*Prénoms fictifs (vu le ridicule de la situation)

Commentaires

L'histoire est banal, jusque là, rien à dire, mais alors, ayant l'habitude de vous lire, ce qui saute aux papilles, c'est le rythme, plutôt le manque de rythme ! Il ne vous restra qu'à vous reposer de vos vacances !!

Écrit par : Corto | 07/09/2012

On est dans la merde. Et le fait de le dire et de le redire n'y change rien : nos braves élus continuent à se chamailler plutôt que de faire leur travail d'élus. Et qu'on ne vienne pas me raconter qu'avant que les séances soient filmées c'était mieux, on connait le refrain du cétémieuavant©. Un gouvernement d'autistes qui prétend représenter le peuple qui l'a élu mais qui le mène en bateau pendant que le dit peuple rame en réclamant avec constance le retour des trams 16 et 13. Par exemple.

Écrit par : JG Perret | 09/09/2012

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