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03/11/2012

"La vérité sur l'affaire Harry Quebert": distraire n'est pas foudroyer

2310l-mouette-rieuse-chroicocephalus-ridibundus.jpegCe billet n'a pas pour objectif d'assassiner le jeune et charmant Joël Dicker. Son livre événement, "La vérité sur l'affaire Harry Quebert" est un coup de génie, inutile de le nier. C'est le bon livre au bon moment, écrit par la bonne personne, entouré d'un marketing efficace, et qui surtout, se vend extrêmement bien. S'il n'était pas autant encensé et récompensé, il ne m'aurait pas fait ciller une seule seconde. Il est même probable que je ne l'aurais pas lu. Bien que je me méfie par principe des avis unanimes (plaire au plus grand nombre reste toujours suspect) et des prix littéraires bobos dont se gargarise le Tout Paris, j'ai été tentée, comme beaucoup, de lire de plus près de quoi il retournait. 

La principale qualité des prix littéraires est d'assurer une visibilité et des ventes record à celui qui en est gratifié, mais ils ont aussi le défaut de créer des attentes. Et quand le contenu n'est pas à la hauteur de ces attentes, la déception mène à la frustration, puis à la colère, avec la désagréable impression de s'être fait berner. Car contrairement à ce que j'ai pu lire ici ou là (à vrai dire partout), je n'ai personnellement pas été happée au point de dévorer ce roman en une nuit. Ce pavé est appétissant au premier regard et au fumet, certes, mais je l'ai rapidement trouvé long et indigeste, tout comme David Caviglioli, critique littéraire au Nouvel Observateur, qui avoue ne pas avoir "réussi à poursuivre la lecture bien longtemps". Mais peut-être avons-nous, lui et moi, l'estomac trop fragile, ou trop exigeant. 

Commençons par la forme. Certainement, Dicker aspire à être un grand écrivain et il s'y emploie avec application, mais loin de me foudroyer, il n'a fait, au mieux, que me divertir. Attention, je ne nie pas, comme il le dit lui-même dans son livre, que "divertir, c'est bien aussi". Mais un livre qui vous marque, qui vous change, qui vous fait grandir, qu'on referme comme on quitte un ami cher, c'est encore mieux. Et cela n'a pas été le cas, pour moi, avec "La vérité sur l'affaire Harry Quebert". 

Je qualifierais ce roman "de gare" ou "de plage", de ceux dont on peut suivre le fil malgré le brouhaha ambiant, que ce soient des conversations de wagon, ou des cris d'enfants jouant dans le sable. Il en faut, ils sont importants ces livres-là. Ils nous permettent de nous évader partout, en toutes circonstances. Certains livres sont faits pour le silence, et d'autres pour le bruit. Le livre de Dicker est un livre pour le bruit. Un ouvrage léger qui fait passer agréablement le temps, même dans un environnement peu propice à la lecture. Dans le silence par contre, la pauvreté de la langue saute malheureusement vite aux yeux (les arracherait, même). Il est des chefs d'oeuvre dont la force et la justesse des mots portent l'histoire. Chez Dicker, c'est au contraire l'histoire, bien fabriquée, qui tente de nous faire oublier la faiblesse des mots. 

Et pourtant, à ce niveau-là, les critiques restent étonnamment timorées. De Jean-Louis Kuffer, critique et écrivain ("ce n’est certes pas un styliste mais un excellent narrateur") à Bernard Pivot ("s’il devait gagner, on ne mettra pas dans nos attendus que l’auteur a révolutionné la langue française"), les piques sur sa piètre maîtrise de la langue se font discrètes, et Dicker bénéficie d'une indulgence hors normes. Même bienveillance quasi paternaliste de la part l'écrivain suisse Alain Bagnoud, qui n'ose tacler le jeune prodige qu'à demi-mots: "On aura compris peut-être que moi, je préfère les romans plus personnels et avec une écriture moins convenue, plus individualisée, plus sapide, mais ça n'enlève rien au fait que Dicker soit un remarquable raconteur d'histoire et un constructeur émérite".

Maintenant, le fond. La plus grande erreur, à mon sens, que Dicker pouvait commettre a été de vouloir à tout prix nous révéler des extraits du supposé chef d'oeuvre "Les origines du mal". Ne maniant pas lui-même la langue française avec génie, comment pouvait-il rendre ces passages crédibles? Tout juste dignes d'un roman Harlequin, ils déçoivent fortement. Laisser ces échanges épistolaires hors de portée du lecteur lui aurait permis de les imaginer sublimes, uniques. Au lieu de cela, Dicker nous jette en pâture des lettres naïves, ennuyeuses, répétitives. Quel dommage! Rien de plus dangereux que de décrire cette oeuvre, véritable colonne vertébrale du roman, avec une emphase itérative et quasi incantatoire, pour ensuite ne pas tenir ses promesses. Le jeune Dicker a encore à apprendre les vertus du non-dit, semble-t-il. Oser laisser l'essentiel à l'état d'allusion demande une confiance en soi qu'à l'évidence il n'a pas encore. 

D'un autre côté, il est des éléments que Dicker ne décrit pas assez: les paysages, les ambiances (et pourtant Dieu sait si la Nouvelle Angleterre se prête particulièrement bien à l'exercice), les caractéristiques physiques de ses personnages. Ma plus grande frustration: Elijah Stern, un personnage clé qui aurait pu se révéler fascinant et complexe, si Dicker avait bien voulu s'y attarder un peu. Un seul adjectif lui est accordé, celui d'"élégant". Vraiment insuffisant. 

"La vérité sur l'affaire Harry Quebert" tient au fond plus du scénario que du roman. Ce n'est peut-être pas pour rien que Jean d'Ormesson a déclaré que le livre donnerait "sûrement lieu à un merveilleux film". C'est une évidence, tant on le dirait construit précisément dans ce but. Toutefois, la force d'un scénario se mesure en grande partie à la qualité de ses dialogues, et le moins que l'on puisse dire, c'est que Dicker n'est pas non plus un grand dialoguiste. Les échanges entre Harry et Nola, notamment, sont d'une vacuité totale, et pollués par une profusion de "mon amour, mon chéri, je t'aime comme je n'ai jamais aimé" assez agaçants à la longue. Ces pauvres dialogues ne rendent pas justice au personnage de Nola, qui apparaît du coup assez creux et fade, malgré ses délicieux problèmes psychiatriques et ses actions audacieuses.

La relation amoureuse, sulfureuse en soi car interdite, est ainsi dépouillée de toute sensualité, même suggérée. Dicker n'a-t-il pas osé effleurer le sujet des probables rapprochements charnels entre ses deux personnages? Alors qu'il n'hésite pas à parler de façon directe de la fellation que Nola prodigue au chef Pratt, il reste là mystérieusement coi: des quelques jours que les deux amoureux auront passé dans un hôtel, on ne sait presque rien. Aucun contact physique, si ce n'est un baiser sur la joue de Nola à Harry, n'est avoué. La litote, cette fois mal placée, est frustrante. Il n'était pas question d'espérer un érotisme débordant, mais peut-être juste un peu plus de réalisme affiché et assumé. 

Venons-en à l'autre axe du roman, celui de l'enquête policière. La façon dont elle est menée trahit le jeune âge de l'auteur, issu d'une génération nourrie aux jeux vidéo. L'investigation de Marcus se déroule comme s'il jouait à "Myst": il semble passer systématiquement le curseur sur les personnages qu'il croise dans le "gameplay", et si celui-ci se met en surbrillance pour indiquer une interaction possible, il clique. Les personnages en question crachent alors facilement leur histoire et les indices nécessaires pour progresser dans le "jeu/roman". Terriblement prévisible, malgré les incontournables retournements de situation et révélations de dernière minute. 

Pourtant, les circonstances font que Joël Dicker est aujourd'hui un écrivain à succès, à défaut d'être (encore) un grand écrivain. Il est amusant de constater que la dialectique entre talent et succès est justement le sujet de fond de son roman. "Personne ne sait qu'il est écrivain, ce sont les autres qui le disent" nous dit Harry Quebert dans son conseil no 29. En faire la démonstration à travers son propre destin est un trait de génie de Dicker.

Commentaires

Vous avez raison, Joël Dicker nous fait passer un excellent moment (plusieurs jours de lecture) comme Sam Mendes avec son Skyfall au cinéma nous enchante même si dans notre Panthéon cinématographique on mettrait plus volontiers Ettore Scola ou Fellini . Pourquoi donc bouder notre plaisir ? Dans la même veine - plus ou moins mêmes lieux, un plot plus ou moins similaire, etc. - La Tache de Philip Roth est sans doute plus "littéraire" plus apte à plaire à la critique qui doit pouvoir mettre en valeur "sa lecture" et Philip Roth est consacré donc pas d'erreur possible ! Joël Dicker est un excellent conteur et un redoutable constructeur, il sait prendre son lecteur par la main et l'amener là où il veut, quel talent ! Ses défauts : 1) n'avoir que 27 ans, 2) n'être pas parisien 3) n'avoir écrit que deux livres !.
Vivement le troisième.
Je vous lis avec bonheur !

Écrit par : Asger Scriptus | 03/11/2012

Remarquable analyse, qui part du texte et du texte seul, comme il convient toujours de le faire, et non du contexte succès, marketing, Prix littéraires. Joël Dicker est un garçon extraordinairement sympathique, surdoué pour la construction de l'histoire (scénario, en effet). Mais il n'a pas la sensualité de l'écrivain. De façon précise, documentée, vous soulignez cette carence. Votre texte est courageux, il va contre le vent des béatitudes. Le même livre, la même intrigue, avec 200 pages de moins, un texte ciselé, soupesé, la syllabe musicale, auraient donné une oeuvre non seulement pour le succès d'aujourd'hui, mais pour résister au temps.

Écrit par : Pascal Décaillet | 03/11/2012

Ouah, ça c'est de la critique! Votre argumentation est d'une qualité impressionnante. Bravo!
Bon l'ennui, c'est que je voulais le lire afin de passer un de ces moments intenses qui vous font renoncer aux activités du quotidien - et accessoirement pour me faire une idée personnelle. Mais vous êtes si convaincante que je vais passer à des valeurs plus sûres. En attendant de revenir peut-être un jour à Dicker.

Écrit par : vallette mireille | 03/11/2012

Ainsi donc La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert est un roman de gare. Si je peux partager votre avis sur les défauts de ce livre (je trouve, tout comme vous, que les extraits du "grand roman" de Harry Quebert sont tout simplement insipides) je reste plus réservé quant à votre définition du roman de plage ou de gare. Quelques auteurs édités dans le format de "gare" : Simenon, Manchette, Chandler, Hammett et bien d'autres encore qui se lisent aussi bien dans le bruit que dans le silence. C'est d'ailleurs toute la force de leur talent. Il s'agit d'une catégorie comme les autres, pourvue d'écrivains médiocres et d'auteurs talentueux. Puis finalement qu'est-ce qu'un grand auteur ? Un écrivain encensé par un grand critique littéraire du Nouvel Obs ?
Pour revenir à Dicker, ce jeune écrivain semblait avoir conquis Pascal Décaillet qui déclarait sur le plateau de Genève à Chaud ne plus pouvoir lâcher le roman. A lire son commentaire, il semble bien plus nuancé.
Au delà des convictions des critiques ou des bloggeurs que nous sommes, il faut donc se fier essentiellement à ses envies et à son instinct, même s'ils sont, tout comme nos avis, loin d'être infaillibles.
Dernière question : Dans quelle catégorie situez-vous les ouvrages qui se lisent dans le silence ?

Bien à vous

Écrit par : SEGA | 03/11/2012

Etonnant comme accueil pour, enfin, un auteur genevois, comme si personne ne deviendra prophète dans son pays. Quand à "l'analyse" acidulée que vous jetez aux non-auteurs locaux entre guillemets qui accourent pour vous corroborer munis de victuailles aussi peut goûteuses, bof !

@ Pascal, et oui, triste nouvelle, ce n'est pas vous le genevois qui décrochera le Goncourt et bien ce petit Joël que connais, moi !

Oui Joël est un ami de mon fils, et rien que pour cette raison je me contente de son talent que malheureusement, vous les "critiques" ne maitrisez pas encore parfaitement !!

Et rien que parce que genvois, pour ce qui me concerne, ce roman est génial et je ne peux que conchier tous les mécanos de la syntaxe lilliputienne de nos platitude topographiques.

Un immence bravo pour Joël et encore beaucoup de courage et d'empathie pour nos ratés régionaux !!

Écrit par : Corto | 04/11/2012

Ne faisons pas la fine bouche. Qui ne rêve pas d'être un Alexandre Dumas, une J.K. Rowling et....Joël Dicker?

Écrit par : Noëlle Ribordy | 04/11/2012

Aussi, depuis quand nos érgoteurs de prose de mode-d'emplois pour couteaux à raclettes ont-ils les capacités de discerner entre un roman et un romand ?

Pour une fois que nous touchons du doigt quelques fiertés, les blanchisseurs des esprits se déploient en cercles concentrques, exactement comme le font les hyènes (avec le climat en plus) !

Ce roman est tout simplement génial, justement pour les raisons qui semblent chatouiller Pascal ou Catherine, c'est ça, Joël, ne se force pas et ne se perd pas dans ce vomit d'autosatisfaction propre au médiocres, il se contente de son génie et d'une limpidité indispensable aux grands romans !

Vous vous imaginez, 670 pages de lourdeurs entassées par un Pascal Décaillet, c'est pour cette raison qu'il ne dépasse jamais 30 lignes, il faut se mette à la raison, une telle critique faite par un éjaculateur mondain tombe dans l'obcène vide sidéral de la désertification culturelle genevoise.

Mesdames, Messieurs les pondeurs de cette médiocre facilité à se comparer aux grands, ravallez vos bouffées gauchisantes enlisées d'un milieu mafieu et banquier !

Joël, lui, en écrira d'autre, il devra trouver des éditeurs français, des réalisateurs américains et au vu de ce rejet au gout de salon de thé pour rombières, finira loin de Genève, c'est indéniable !!

Écrit par : Corto | 04/11/2012

J'ai été captivé par ce livre du début à la fin, je l'ai lu en deux jours, j'y ai passé mes pauses de midi et une nuit quasiment entière.

Normalement, cet envie de connaître la suite me vient plutôt en regardant des séries, et je suis entièrement d'accord avec l'auteur de ce billet sur le fait que la construction ce roman se prêterait parfaitement à une adaptation en film, ou en une saison pour une série télévisuelle.

L'intensité de l'histoire est telle qu'elle nous fait oublier le côté grotesque de certains personnages (je pense à la mère de Marcus par exemple), les quelques incohérences et le style décevant des extraits des origines du mal. Le rythme fait vraiment penser à ces romans de vacances (Patricia Cornwell, Mary Higgins Clark), plein de rebondissements, s'emballant sur la fin, nous forçant à lire les dernières pages toujours plus vite. Avec un univers quand même plus développé et un sujet plus délicat à traiter.

Bref ce billet se concentrant sur le contenu, sans tenir compte du contexte marketing de la sortie du livre et l'étonnante avalanche de prix reflète vraiment ma pensée.

Mais la vraie raison de mon intervention est le ton employé par Corto dans les commentaires, qui se plaint de "ce vomit d'autosatisfaction propre au médiocres" et que M. Dicker "se contente de son génie et d'une limpidité indispensable aux grands romans".

Même si c'est un ami de votre fils (là je m'adresse directement à vous Corto), et que ce livre a été écrit dans votre région, parler de génie est un peu prématuré (mais sa carrière est encore longue et extrêmement prometteuse, peut-être le cinéma lui tendra les bras, peut-être la télévision!).

" je ne peux que conchier tous les mécanos de la syntaxe lilliputienne de nos platitude topographiques."

Vos réponse sont écrites de manière affreusement compliquées et prétentieuses, comme si vous aviez pris un dictionnaire des synonymes, et que pour en mettre plein la vue, ou pour vous auto-satisfaire, vous aviez rajouté deux épithètes pour chacun des noms volontairement compliqués que vous avez écrit.

Je prends rarement le temps de commenter les articles sur internet, mais votre ton m'a tellement insupporté que je me devais de vous en faire part. La prochaine fois que vous critiquez un critique (de plus, dans cas-là mesuré et étayant son analyse), ne soyez pas aussi virulent, relisez-vous, simplifiez votre texte et relisez encore, vous comprendrez peut-être que votre intervention n'est pas si indispensable.

Écrit par : Nicolas D. | 12/09/2014

Corto aurait-il gâché ce petit pawak de sorcières ?

Écrit par : Corto | 05/11/2012

Merci Catherine pour m'avoir déculpabilisée par cette magistrale analyse. Je me sui forcée à finir cet énorme volume, ce qui ne m'est jamais arrivé avec un roman de Simenon ou de Françoise Sagan. J'étais ahurie par l'unanimité du concert de louanges, alors que le cadre et les personnages m'ont tellement ennuyée.

Écrit par : orsini magali | 05/11/2012

Réticent, par nature, à suivre le modes, les prix, surtout quand ils sont encensés de façon par trop visible, j'hésitais à me plonger dans ce roman. La critique acidulée et empreinte d'une stigmatisation (jalousie?) piquante m'a définitivement convaincu : je vais le lire ! Je souris en pensant aux commentaires critiques apparaissant ici ou là comme si seule la perfection méritait reconnaissance; au fait, la critique (plus aisée que l'art ...) est-elle à ce point empreinte de cette perfection tant réclamée?

Écrit par : uranus2011 | 05/11/2012

Petite réflexion sur la critique littéraire: depuis que j'ai osé une critique sur le livre de Dicker, je reçois effectivement des messages accusateurs, à l''mage du vôtre: "Jalouse!", "vous avez écrit un livre,vous?", "Essayez donc de faire mieux", et j'en passe. C'est une tendance qui existe depuis toujours, les critiques sont systématiquement qualifiés d'écrivains ratés ou aigris. Mais à partir du moment où on est publié, on accepte que les mots ne nous appartiennent plus. Il est légitime qu'ils puissent être critiqués ou encensés, interprétés ou analysés. Et ce par n'importe quel lecteur, sans qu'il ait à justifier d'une quelconque compétence en la matière. C'est le jeu.

Écrit par : Catherine Armand | 05/11/2012

c'est le jeu ... tout comme de critiquer la critique !

Écrit par : uranus2011 | 05/11/2012

Réflexion d'une bête à Bourdieu , l'habitus fait le moine, les livres c'est comme les fringues il servent fréquemment d'identificateur social.
Je ne vais pas acheter ma chemisette chez Leclerc , de crainte de devoir dire bonjour à un lecteur de Musso, pas plus que je ne vais chez Manor , j'y rencontrerai ma voisine achetant la dernière livraison de Delphine de Vigan , car elle l'a vue à la télé interviewée par François Busnel tout en ne sachant pas qu'ils sont mariés, par contre je me pointe à la Librairie Julien afin de me procurer La Littérature à l'Estomac de Julien Gracq ,et là je suis certain de ne pas rencontrer JMO occupé sur un plateau de Genève à Show à vendre un loden pur cashmere.
Ce méchant petit mot n'a pas passé la rampe de Blogres .Comme je les comprend

Écrit par : briand | 05/11/2012

@ briand: seule mon écharpe est en cashmere. Les reste est signé YSL !

Écrit par : Jmo | 05/11/2012

J'ai lu et énormément apprécié "Seul le silence* de Ellory. Comment se situe le roman de Dicker par rapport à celui-ci ? la comparaison n'est probablement pas raison, mais qui a lu les deux ? (ou encore "vendetta" ?)Merci de me transmettre votre avis !

Écrit par : uranus2011 | 05/11/2012

@Briand "je comprends" prend un s, vous êtes capable de reconnaître un loden pur cashmere de JMO, si vous prêtiez autant d'attention à l'orthographe, vous sauriez qu'on rajoute un "s" comme à souffreteux soupirant sans succès !

Écrit par : Bof | 05/11/2012

La critique des critiques est toujours facile. Soit il manque un "S" soit il y en a un de trop Je cite: "les reste est d'YSL"
L'auto correction fait défaut.
Quand au livre je crois que le mieux est de le lire pour se faire sa propre opinion. La mienne est: "j'adore"

Écrit par : Vincent | 02/01/2013

Mouais... critique facile, c'est vrai que l'intrigue ne se passe pas dans un bar genevois !

Écrit par : Allan99999 | 05/11/2012

et si bof ne s’écrivait pas comme Beauf .? corps tôt.

Écrit par : briand | 05/11/2012

Ajouter un "s" comme une sardine sabéenne scrutant le sabir sadoul de son sagouin sadique tout en sabotant la sainte syntaxe. Sacrifiant salement dans le salmigondis de sa salive de sangsue un dernier sarcasme. Par sa sarbacane à sarin, avec un sourire sardonique,le satanique ouvre le sas de sa saumâtre sottise. Saupoudrant, à satiété, sa scabreuse schlague de simagrées.
Le scaramouche nous portera la schoucoumoune

Saperlipopette ! Quel Schtroumpf, sa sémantique se suicidera par un seppuku sordide ou par shrapnell, une suite solennelle de sons soporifiques sourdra du sarcophage de ce sournois spadassin de la strophe et de la ssissitude. Quel spécimen, ce spectre qui lâche ses sphincters, submergeant de spongieuses sornettes les stoïques et statuant sur le sort des suffixes sans sourciller.
Quel supercoquentieux ! Quel supplice !

Écrit par : sabir | 05/11/2012

Je suis tellement d'accord avec votre commentaire ! J'ai moi aussi ressenti de la frustration, de la colère, de lire ce catalogue de clichés et de dialogues plats et sans substance, qu'on me présentait comme le summum littéraire d'un thriller franco-américain ! J'ai senti par moments le livre littéralement me tomber des mains, lorsque je ne supportais plus les : "Harry chéri, vous allez écrire un chef-d'oeuvre, je le sais (exprimés par une fille de quinze ans) " ou alors les "Harry chéri ! Je suis tellement triste car vous ne voulez plus me voir." Les phrases sont répétitives, toutes construites sur le même mode syntaxique, et je me surprenais parfois à imaginer ce que j'aurais suggéré comme variantes de construction pour donner du rythme au texte, qui en manque totalement, rythme qui est indispensable pour bercer la lecture. Quant aux descriptions, à l'ambiance, elles manquent cruellement dans ce roman, je vous rejoins totalement dans votre analyse.
Comme vous, je suis perplexe par rapport à l'engouement général dont ce livre bénéficie, et ne m'explique pas que les meilleurs critiques l'encensent.
Vous avez mes remerciements pour avoir si bien exprimé ce que je ressens moi-même.

Écrit par : Liasar | 05/11/2012

"...des prix littéraires bobos dont se gargarise le Tout Paris...". - Parfaitement, d'ailleurs par principe je ne lis jamais un livre ayant reçu un de ces prix, tout comme je ne vais jamais voir le navet qui obtient la Palme d'or.

Écrit par : QueFaire | 06/11/2012

C'est un livre honnête, certes, à lire dans le train, mais la vérité est que si on en parle tellement c'est pour deux raisons : l'auteur est Genevois donc ça ce prix nous paraît très important tout-à-coup (je mets au défi ceux qui prétendent que ces prix sont importants de me citer un seul autre lauréat) et le milieu des bobos est trop ravi de voir, enfin, un livre à la mode américaine mais écrit par un francophone, histoire de leur démontrer à ces Yankees que le français sait aussi faire du roman prenant, quitte à les singer.

Écrit par : Borlow | 06/11/2012

Je l'ai lu. C'est assez mauvais, la langue est fade et les dialogues ridicules je suis sidéré que cela marche. Pourtant je ne suis pas du tout un fan de lecture compliquées, verbeuses ou prétentieuses: j'aime me distraire. Simplement, il faut un certain niveau de langage, là c'est franchement presque le 20 minutes parfois (mais peut-être est-ce le but: une écriture dans l'air du temps)?!! Je trouve incroyable que certains puisent dire des énormités du genre "Ne faisons pas la fine bouche. Qui ne rêve pas d'être un Alexandre Dumas, une J.K. Rowling et....Joël Dicker?" Comparer un grand écrivain comme Dumas à Dicker est un scandale, comparer Rowling et Dicker prête à sourire tant il est vrai que Dicker n'intéresse que le microcosme genevois (soyons sérieux: les commentaires positifs voire admiratifs des intellectuels Parisiens sont donnés chaque années à une vingtaine de nouveaux écrivains dont on loue le talent pour faire vendre, écrivains oubliés pour la plupart dans l'année qui suit) alors que Rowling est lu par la Terre entière...

Écrit par : Lecteur | 06/11/2012

Pour ceux qui s'étonnent des critiques dithyrambique au sujet de l'ouvrage il est bon de rappeler comment fonctionne le monde l'édition parisien: chaque année, un cinquantaine d'auteurs publient un premier ou deuxième roman. Le but des éditeurs est de vendre. Celui de nombreux critiques souvent de soutenir les ventes (puisque très souvent ayant des intérêts dans le milieu). Vont-ils dire: "nous publions des romans médiocres"? Non, il vaut mieux dire: "nous avons trouvé un GENIE". Avec ce genre de publicité, le roman s'arrache. Si la lecture n'est pas à la hauteur des espérances, pas de problème: le lecteur n'achètera simplement pas le deuxième ou troisième ouvrage, mais vu le nombre de romans qui sort chaque année, jettera simplement son dévolu sur le premier livre d’un nouvel auteur de la nouvelle saison, que justement on présentera comme GENIAL! Et tout ceci continue chaque année. La seule et unique différence, c'est qu'en général personne n'en fait tout un fromage: vite encensé, vite oublié. Si un critique parisien encense Monsieur X le lundi dans un journal, il encensera Madame Y le lendemain dans un autre, ayant alors probablement déjà oublié Monsieur X. La seule raison pour laquelle on en parle ici cette année c'est parce que Monsieur Dicker est GENEVOIS. Il faut aussi rappeler que les auteurs qui l'encensent, publiés, ont à cœur de défendre les poulains de leur propre maison d'édition: donnant-donnant, et ce, souvent sans même avoir lu le livre en question (sauf quelques pages pour donner le change). Croyez-vous vraiment que ces auteurs puissent lire TOUT ce qui sort? Balivernes. En clair, cela me rappelle Bastian Baker: à la lire la presse romande, il avait fait chavirer la France dans son émission de danse, on ne parlait que de lui et de son charisme fantastique jusqu’au Japon ( ?!), c'était la grande star montante et le favori logique du jeu. Mais, par malheur, il a maintenant été éliminé sans gloire à un stade très peu avancé du concours, avec le plus mauvais score du groupe, le score minimal qui plus est. Donc méfiance lorsque la presse sur-gonfle un artiste local...

Écrit par : Marcel Robert | 06/11/2012

« Vous essayez de me parler d'amour, Marcus, mais l'amour, c'est compliqué. L'amour, c'est très compliqué. C'est à la fois la plus extraordinaire et la pire chose qui puisse arriver. Vous le découvrirez un jour. L'amour, ça peut faire très mal. Vous ne devez pas pour autant avoir peur de tomber, et surtout pas de tomber amoureux, car l'amour, c'est aussi très beau, mais comme tout ce qui est beau, ça vous éblouit et ça vous fait mal aux yeux. C'est pour ça que souvent, on pleure après » / "la lune brillante illumine tout au-dehors" / « Ma tendre chérie, vous ne devez jamais mourir. Vous êtes un ange. Les anges ne meurent jamais. Voyez comme je ne suis jamais loin de vous. Séchez vos larmes, je vous en supplie » / "Et comment sait-on que l'on est un écrivain, Harry? -Personne ne sait qu'il est écrivain. Ce sont les autres qui le disent." / - "Marcus, savez-vous quel est le moyen de mesurer combien vous aimez quelqu'un? - Non - C'est de le perdre." / Et voilà ce qu'il suffit d'écrire pour gagner un prix littéraire de nos jours... Je devrais peut-être m'y mettre?

Écrit par : Amusé | 06/11/2012

En voulez-vous encore? / "Qui ose, gagne, Marcus. Pensez à cette devise à chaque fois que vous êtes face à un choix difficile. Qui ose, gagne." / "Trouvez l’amour, Marcus. L’amour donne du sens à la vie. Quand on aime, on est plus fort! On est plus grand! On va plus loin!".

Écrit par : Amusé | 06/11/2012

Lecteur,

Peut-être que si vous aviez été mon "nègre* comme Auguste Maquet pour Alexandre Dumas, *L'air du Temps" serait lu par la terre entière. 0:)!

Je souhaite vivement à Joël Dicker de recevoir le prix. Mais je me souviens l'an passé que d'articles (non de critique à la Catherine Armand) élogieux pour le japonais Haruki Murakami, prétendant au Goncourt. Il ne l'a pas reçu?
En fait qui a reçu le Goncourt, l'an passé?....

Écrit par : Noëlle Ribordy | 06/11/2012

Il est dur de séjourner au pays du mufle. Ereinté par la critique, Saint-Pol-Roux répondit par un pamphlet mordant, L'Air de trombonne à coulisse (1897), dont le refrain résonne superbement au milieu de cette curée qui sonne l’hallali du lâcher de médisances pour dégommer le jeune écrivain, Joël Dicker :

« Les Trous-du-cul, ce sont maints Critiques Modernes. Ils ont deux fesses, disons faces, l'une de miel pour les faiseurs d'ignominie, l'autre de fiel pour les beaux gestes du génie. Les Trous-du-cul, ce sont maints Critiques Modernes. Et ce qui sort de ces princes en us lorsque grince l'anus qui leur tient lieu de bouche, quelquefois c'est du vent, des crachats plus souvent, de la merde toujours. »

Extraire quelques phrases d’un livre pour dégoiser sur un style me laisse pantoise ; je me suis prêtée à l’exercice et vous laisserai deviner de quel ouvrage et de quel auteur sont extraits ces dialogues :
« Cher Félix, dit-elle, voici, je crois, le seul chagrin que je vous aurai donné, moi ! mais oubliez ce que j’aurai pu vous dire , pauvre insensée que j’étais. Elle me tendit la main , je la pris pour la baiser, elle me dit alors avec son gracieux sourire de vertu : - Comme autrefois, Félix ! …
-Vous, et toujours vous !
- Blanche, Blanche s’écria le vieillard en versant soudain des larmes sur la tête de sa femme, veux-tu me faire mourir ? »

Un livre ce ne sont pas que des mots, de la ponctuation, des phrases, ou de la syntaxe plus ou moins habile. C’est un souffle qui traverse l’œuvre tout entière. La saucissonner pour la débiter en petits morceaux démontre un manque de sensibilité littéraire et le peu de respect pour la littérature en général .

« Amusé », ce n’est pas amusant, c’est pitoyable !

Écrit par : djemâa | 06/11/2012

alors les 4 autres étaient vraiment très mauvais!

Écrit par : gil | 08/06/2013

http://www.academie-goncourt.fr/img/admin_1229465766_201202_montagegoncourt_600w.jpg

à 12h45 ce 7 novembre, le jury de l'académie Goncourt rend sa copie : le gagnant du prix Goncourt 2012 est : Joël Dicker avec "La vérité sur l'affaire Harry Quebert" co-édité par les éditions de Fallois et L'âge d'homme.

Des quatre romans restant en lice pour le prix, c'est incontestablement le meilleur qui a été retenu, plébiscité même, puisqu'il a recueilli 9 voix sur 9 votants.

Écrit par : asger Scriptus | 06/11/2012

Mon bon djemâa, je me permets de vous faire remarquer que j'ai n'ai à aucun moment explicitement critiqué le roman en question. Maintenant, si la simple évocation d'exemples de la confondante niaiserie des dialogues (dialogues se voulant visiblement philosophiques qui plus est) suffit à vous faire lire que je trouve tout ce battage surfait, eh bien je vous laisse à votre interprétation. Cependant, je trouve que votre réaction trahit plus que ce que vous ne vouliez sans doute dire puisque vous admettez implicitement que tout ceci ne vole pas haut.

Écrit par : Amusé quoique pitoyable | 07/11/2012

"Il doit surtout travailler les dialogues, qui ne sont vraiment pas très bons. En gros, c'est un bon roman de plage", Patrick Rambaud, membre du jury du Prix Goncourt...

Écrit par : Catherine Armand | 09/11/2012

Séduite par une critique d'Assouline, j'ai acheté le livre qui se lit sans déplaisir certes, mais...
Votre critique correspond assez bien à mes impressions d'après lecture.
Passons sur le style plat.
Scénario roublard.
Personnages convenus--oh! la mère juive!--
Et pour le "chef-d'oeuvre" que l'on nous donne à lire, l'adjectif "ridicule" est le seul qui convienne.


Pourriez-vous éclaircir un point de vcabulaire? L'adjectif "dépité" dont il use abondamment a-t-il pour lui le sens de "peu satisfait" comme le contexte le laisse entendre ou de "déçu et éprouvant de la colère" qui est le sens que je lui connais.

Écrit par : Charlotte Bergeret | 09/11/2012

Je découvre ce billet aujourd'hui et je dois dire que je n'en crois pas mes yeux... Si j'avais votre talent, j'aurais pu le rédiger moi-même tant nos impressions et critiques sont similaires. Félicitations!

Écrit par : Laurent | 21/11/2012

Bonjour, je lis votre blog et tous ces commentaires après avoir frénétiquement et désespérement cherché un article négatif sur le roman de Dicker! J'ai commencé à le lire avec un a priori tout à fait favorable, convaincue que je l'aimerais, car je n'ai rien contre les gros romans populaires. Sa médiocrité m'afflige et me déprime. Je suis heureuse de constater que je ne suis pas la seule à penser de cette manière.
À mon avis, le vrai jaloux de l'histoire, ce doit être Guillaume Musso. Je suis surprise que personne n'ait pensé à comparer Musso et Dicker. Ils ont exactement la même ambition (commerciale et, mais oui, littéraire!), le même lectorat, le même succès. Si les membres du Goncourt mettaient Musso sur leur liste et le légitimaient ainsi littérairement, les lycéens l'éliraient sans doute. À dire vrai je préfère même Musso à Dicker: au niveau de l'enfilade des clichés, ils se valent, mais Musso est plutôt moins ennuyeux, plus frais et plus énergique. Pour Dicker, c'est vraiment l'envie passive de savoir qui l'avait tuée, cette Nola, qui m'a donné la force de tourner les pages (en en sautant les deux-tiers parce que je m'endormais.)
O tempora o mores? Par contre j'ai aimé Ferrari. Belle histoire, belle écriture. C'est toujours ça de gagné.

Écrit par : claire jenkins | 26/11/2012

Bonjour, je lis votre blog et tous ces commentaires après avoir frénétiquement et désespérement cherché un article négatif sur le roman de Dicker! J'ai commencé à le lire avec un a priori tout à fait favorable, convaincue que je l'aimerais, car je n'ai rien contre les gros romans populaires. Sa médiocrité m'afflige et me déprime. Je suis heureuse de constater que je ne suis pas la seule à penser de cette manière.
À mon avis, le vrai jaloux de l'histoire, ce doit être Guillaume Musso. Je suis surprise que personne n'ait pensé à comparer Musso et Dicker. Ils ont exactement la même ambition (commerciale et, mais oui, littéraire!), le même lectorat, le même succès. Si les membres du Goncourt mettaient Musso sur leur liste et le légitimaient ainsi littérairement, les lycéens l'éliraient sans doute. À dire vrai je préfère même Musso à Dicker: au niveau de l'enfilade des clichés, ils se valent, mais Musso est plutôt moins ennuyeux, plus frais et plus énergique. Pour Dicker, c'est vraiment l'envie passive de savoir qui l'avait tuée, cette Nola, qui m'a donné la force de tourner les pages (en en sautant les deux-tiers parce que je m'endormais.)
O tempora o mores? Par contre j'ai aimé Ferrari. Belle histoire, belle écriture. C'est toujours ça de gagné.

Écrit par : claire jenkins | 26/11/2012

J'ai hâte d'en finir. Et je suis contente d'apprendre que je ne suis pas la seule à trouver cet ouvrage insipide, loin de faire justice à l'Amérique rurale du New Hampshire, loin de saisir la mentalité des gens. Nola (Lolita?), un personnage simplement invraisemblable. Des jolis passages, il est vrai, sur le métier de l'écrivain. C'est peu pour 600 pages.
J'ai hâte de voir ce roman traduit vers l'anglais. Ce sera le verdict, le vrai.
Mais je ne vois rien venir.

Écrit par : Maya Jurt | 28/11/2012

Le pied dans le plâtre; il m'est tombé des mains.

Écrit par : Lindes | 22/12/2012

Pfff... comme vous aviez raison Catherine,j'aurais pu, dû, en rester à votre critique! Finalement laborieusement fini la lecture du livre en question, le trouvant souvent ennuyeux, prévisible, plat, sans profondeur, à trop nous expliquer certains éléments (la structure) -des fois qu'on ne comprenne pas- , à en taire d'autres, à mes yeux essentiels (les motivations des personnages, leur caractère...)... même l'intrigue ne m'a pas captivée, et sa résolution me laisse complètement indifférente. Bref, je vous rejoins totalement dans votre belle analyse!

Écrit par : Douchka Coray | 24/12/2012

Ayant moi aussi peiné sur ce livre, j'avoue, pour paraphraser l'auteur, qu'un mauvais livre est un livre qu'on est enfin content d'avoir terminé.
Voici donc ma "Vérité sur l'affaire Joël Dicker"... Ce qui je trouve consternant, dans toute cette « affaire », ce n’est pas le livre lui-même (qui aurait pu être réussi), c’est l’imposture de son succès. Dans son genre, il a les qualités, les ingrédients qui auraient pu en faire un bon « thriller » (notamment le scénario, et de bonnes scènes ici ou là, surtout à la fin). Mais il en a aussi les défauts : sa longueur laborieuse, son abus des ficelles du « flash back », les invraisemblances de ses « rebondissements. D’où vient donc le malaise ?
En ce qu’il se présente comme un livre de « réflexion sur la littérature » et de grande littérature. Et qu’il a persuadé certains thuriféraires (trop bien conseillés) que tel était le cas. Le tout conforté par des Académiciens qui l’on primé sans évidemment l’avoir lu, ce qui eût supposé d’y consacrer quinze bonnes heures de soirée solitaire.
L’imposture éclate lorsqu’on voit des lecteurs soulagés de voir qu’ils n’ont pas été les seuls à galérer à la lecture de ce pseudo « thriller », et que le livre est « tombé des mains » de critiques littéraires eux-mêmes patentés. Ce qui en dit long sur le grand bluff des livres lancés comme des « produits de consommation » qui, jouant de l’instance mimétique, nous imposent d’aimer, ou de croire qu’on aime, ce que de prétendues majorités sont supposées avoir plébiscité. Bien sûr, le responsable de ce « bluff » est d’abord l’auteur, en ce qu’il a réussi à faire croire que la réalité de son texte était à la hauteur de ses intentions, sans doute en se dupant lui-même : cf., dans ce livre, le thème, fort révélateur, de la panne d’inspiration.
Mais le vrai coupable demeure l’éditeur. 1/ Laisser croire à un jeune auteur qu’il doive faire au plus vite un second roman, c’est le transformer en fournisseur d’un produit, abandonné à son propre « forcing », au lieu de le laisser mûrir son œuvre. 2/ Accepter un texte aussi long et répétitif, dans un style aussi plat, c’est alors le pire service qu’on lui puisse rendre. Il fallait l’obliger à couper 300 pages et à écrire vraiment le reste. Mais voilà, plutôt que d’agir sur la qualité du texte, l’éditeur a parié sur le marketing qui le vendrait. J’avoue que je rêverais d’un aussi beau succès. Mais j’aurais honte de l’obtenir avec un livre aussi manqué.
Écrire, c’est graver. On a beau noircir 650 feuillets, la page est toujours blanche.

Écrit par : François Brune | 06/01/2013

Ayant moi aussi peiné sur ce livre, j'avoue, pour paraphraser l'auteur, qu'un mauvais livre est un livre qu'on est enfin content d'avoir terminé.
Voici donc ma "Vérité sur l'affaire Joël Dicker"... Ce qui je trouve consternant, dans toute cette « affaire », ce n’est pas le livre lui-même (qui aurait pu être réussi), c’est l’imposture de son succès. Dans son genre, il a les qualités, les ingrédients qui auraient pu en faire un bon « thriller » (notamment le scénario, et de bonnes scènes ici ou là, surtout à la fin). Mais il en a aussi les défauts : sa longueur laborieuse, son abus des ficelles du « flash back », les invraisemblances de ses « rebondissements. D’où vient donc le malaise ?
En ce qu’il se présente comme un livre de « réflexion sur la littérature » et de grande littérature. Et qu’il a persuadé certains thuriféraires (trop bien conseillés) que tel était le cas. Le tout conforté par des Académiciens qui l’on primé sans évidemment l’avoir lu, ce qui eût supposé d’y consacrer quinze bonnes heures de soirée solitaire.
L’imposture éclate lorsqu’on voit des lecteurs soulagés de voir qu’ils n’ont pas été les seuls à galérer à la lecture de ce pseudo « thriller », et que le livre est « tombé des mains » de critiques littéraires eux-mêmes patentés. Ce qui en dit long sur le grand bluff des livres lancés comme des « produits de consommation » qui, jouant de l’instance mimétique, nous imposent d’aimer, ou de croire qu’on aime, ce que de prétendues majorités sont supposées avoir plébiscité. Bien sûr, le responsable de ce « bluff » est d’abord l’auteur, en ce qu’il a réussi à faire croire que la réalité de son texte était à la hauteur de ses intentions, sans doute en se dupant lui-même : cf., dans ce livre, le thème, fort révélateur, de la panne d’inspiration.
Mais le vrai coupable demeure l’éditeur. 1/ Laisser croire à un jeune auteur qu’il doive faire au plus vite un second roman, c’est le transformer en fournisseur d’un produit, abandonné à son propre « forcing », au lieu de le laisser mûrir son œuvre. 2/ Accepter un texte aussi long et répétitif, dans un style aussi plat, c’est alors le pire service qu’on lui puisse rendre. Il fallait l’obliger à couper 300 pages et à écrire vraiment le reste. Mais voilà, plutôt que d’agir sur la qualité du texte, l’éditeur a parié sur le marketing qui le vendrait. J’avoue que je rêverais d’un aussi beau succès. Mais j’aurais honte de l’obtenir avec un livre aussi manqué.
Écrire, c’est graver. On a beau noircir 650 feuillets, la page est toujours blanche.

Écrit par : François Brune | 06/01/2013

"...mais va se faire traduire en 21 langues et dépasser les 50 millions d'exemplaires":

Vous semblez être bien informé. Alors, c'est pour quand, la première version en langue étrangère? Normalement, quand quelqu'un produit un best-seller (surtout primé par l'Académie ou le Goncourt) les traductions se font à l'arrache-pied, à plusieurs et en quelques semaines. Comme j'ai écrit le 28 novembre:

"J'ai hâte de voir ce roman traduit vers l'anglais. Ce sera le verdict, le vrai."

Mais je ne vois toujours rien venir.

Écrit par : Maya Jurt | 07/01/2013

C'est hallucinant et désemparant de constater à quel point les auteurs de navets indigestes s'en prennent avec tant de lourdeur à Joël et son bestseller !

Sachez Monsieur Brune que Joël n'a pas édité à 1'000 exemplaires pour en distribuer 800, mais va se faire traduire en 21 langues et dépasser les 50 millions d'exemplaires, alors restez dans vos amertumes, mais de grâce, épargnez-nous de vous avis gluants, il suffit de vous lire ne serait-ce que 10 lignes pour ne plus avoir à vous confronter dans votre petite suffisance suffocante !

Écrit par : Corto | 06/01/2013

Je me doutais bien qu'on ne pourrait répondre à mes arguments (modérés) que par des insultes. Celles-ci confortent ceux-là... Il reste que je me suis sacrément ennuyé à lire ce livre qu'on m'avait offert, tout en comprenant ce que voulait faire l'auteur, et que j'espère qu'il sortira du piège où l'enferme le succès de son roman raté.

Écrit par : François Brune | 06/01/2013

Alors relisez sans relâche vos torchons "réussis" dont personne ne veut !

Quant aux insultes, autant pour vous, tout ceci, dans cette insignifiance caractérisée qui vous est si symptomatique !!!

Écrit par : Corto | 07/01/2013

« Les manteaux de duc traînent dans leur fourrure - Pendant que des grandeurs on monte les degrés - Un bruit d’illusions sèches et de regrets - Comme, quand vous montez lentement vers ces portes - Votre robe de deuil traîne des feuilles mortes. »


Edmond Rostand

Écrit par : Corto | 07/01/2013

Avant de quitter ce blog à plusieurs voix, je m'interroge sur la violence de "l'ami Corto", qui semble vouloir m'achever pour avoir osé dire que je m'étais ennuyé à la lecture de son thriller fétiche, et surtout, tenté d'expliquer pourquoi (là est le crime). Cette réaction est bien dans la droite ligne de ce qu'on pourrait appeler la "médiatisation totalitaire", celle qui, non contente d'occuper l'espace public (limité) par la promotion d'un roman à "cinquante millions de lecteurs" (!), veut encore "flinguer" ou faire taire les quelques voix déviantes qui n'arrivent pas à partager leur béate admiration du dernier produit à la mode. Merci en tout cas d'avoir cité Rostand, qui fait partie de mon Panthéon. En échange, voici un mot intemporel de Chamfort: "La plupart des livres d'à présent ont l'air d'avoir été faits en un jour, avec des livres lus la veille".

Écrit par : françois brune | 07/01/2013

Le double langage victimaire !!

A la mode le triste Sieur !

Mais quand on accuse de plagia, la moindre, c'est de citer des références, sinon, ce n'est que du flan !

Monsieur Brune, quant à vous, vous resterez à jamais un illustre inconnu, un de plus qui hante cette ce tiers monde de la culture !

Ah la bonne gauche bancaire bien-pensante, juste bonne pour rédiger des pamphlets publicitaires pour dictateurs en manque de paradis !!!

Écrit par : Corto | 08/01/2013

"La plupart des livres d'à présent ont l'air d'avoir été faits en un jour, avec des livres lus la veille".

Cela vous concerne ?

Écrit par : Corto | 09/01/2013

Je ne peux que m'ajouter à ce concert de contre-louanges. C'est pauvre, insipide, mal torché. On nous le vend comme un Philippe Roth français. Or, dans les meilleurs moments on a affaire à un mauvais Stephen King; dans les pires, les références à Musso et Harlequin ne sont pas usurpées (les dialogues et les lettres, mon dieu!!). Je n'avais aucune illusion sur les prix littéraires mais... comment diable ont ils pu tomber aussi bas!

Écrit par : ecce | 05/02/2013

Comment se fait-il que personne ne comprenne les dialogues niais entre Nola et Harry sont comme un flash-back qui tourne en boucle? Quand on fera un film de ce roman, je vois très bien ces scènes dans la couleur d'un vieux Super 8 aux couleurs fanées, qui sautille et qui a des ratés. Ces scènes-là ne sont pas "vraies", d'autant plus qu'elles sont toujours rapportées par quelqu'un, présentées comme des souvenirs ou comme imaginées par Marcus. Raison pour laquelle on n'a pas non plus les détails anatomiques et physiologiques de leurs rapports sexuels, ce qui serait vraiment totalement sans intérêt. Ça me frappe d'ailleurs à quel point les romans français modernes parlent crûment d'érections et de bouches gourmandes qui engloutissent des pénis. Personnellement, je n'ai pas envie de lire ce genre de choses, je préfère qu'on stimule mon imagination.

Quant aux écrivains reconnus comme des nobélisables, c'est Murakami qui me tombe des mains. Même que sa traductrice a pondu cette perle: "J'avalai une tranche de pain frais et campagnard"

Qui veut tuer son chien dit qu'il a la rage. Je pense que Dicker vend des millions grâce au bouche-à-oreille de lecteurs ravis et non pas grâce à la promo dans les médias. Un livre nul coulera malgré toute la promo du monde.

Écrit par : Arnica | 12/02/2013

C'est votre maman qui m'a fait découvrir votre blog. Nous étions aujourd'hui au scrabble et je prêtais le livre de Dicker à une amie. Je tiens aussi un blog,avec moins de talent que vous, et j'ai fait la critique de ce livre. J'ai lu, j'ai passé un bon moment, ce n'est pas un chef-d'oeuvre mais tout dépend de ce que l'on attend de la lecture à un moment précis de sa vie. J'ai beaucoup aimé les 100 premières pages, la fin est décevante et je suis d'accord avec vous le personnage de Stern aurait mérité d'être plus étoffé, les "Harry chéri" "Nola chérie" sont ridicules, pas un moment je n'ai cru à l'amour entre ces deux là. Mais dans l'ensemble, je me répéte j'ai passé un bon moment.
Je vous mets dans mes favoris, j'aime bien votre écriture.

Écrit par : M.Claire Gonnet | 16/02/2013

Oh merci Mme Gonnet, ma maman est certes mon meilleur agent de promotion;) Cordialement, Catherine

Écrit par : Catherine Armand | 17/02/2013

Bonjour,
Une seule question : qu'avez-vous contre les romans de gare, comme vous les nommez ? De plus, faut-il forcément manier la langue française avec génie pour qu'un livre soit dit "bon" ? Moi, pour reprendre vos mots j'ai vraiment quitté un ami cher en fermant ce livre, plus précisemment "une amie", qui est l'évasion. Tout est réuni dans ce livre pour s'évader du quotidien. Un livre, c'est fait pour ça, aussi.Il n'y a pas que les circonstances qui font de Joël Dicker un écrivain, mais bien son talent. Vous dites "S'il n'était pas autant encensé et récompensé, il ne m'aurait pas fait ciller une seule seconde. Il est même probable que je ne l'aurais pas lu". Vous ne lisez donc que ce qui est mis en avant par les médias? C'est bien dommage, vous devez donc passer à côté de bien des trésors, donc je ne comprends pas bien comment vous pouvez mettre en ligne votre critique. Et alors le passage sur l'enquête, d'un écrivain soi-disant nourri aux jeux vidéos, quel stéréotype !! Quel que soit l'écrivain et le livre, qui êtes-vous pour vous permettre une critique si pleine de clichés ? Comme vous, je ne suis pas écrivain, donc je ne peux me permettre d'étaler en public des stéréotypes réservés aux personnes qui ne savent pas de quoi elles parlent.

Écrit par : delphine | 18/02/2013

merci beaucoup pour votre commentaire éclairé qui rejoint mes propres conclusions, j'étais sidérée de voir des louanges partout sans que soient mentionnées, au moins, les faiblesses flagrantes de ce livre. Exaspérée, mais voulant connaitre la fin, j'ai passé des pages et des paragraphes sans me sentir pénalisée de rien, si ce n'est d'avoir payé 20€.

Écrit par : Smithereens | 06/06/2013

comment

Écrit par : annette | 19/06/2013

"La vérité sur l'affaire Harry Quebert": distraire n'est pas foudroyer : Catherine Armand

Écrit par : 2 day diet | 24/06/2013

Peut on m'expliquer comment Nola, qui fait jour après jour , le tapuscrit du livre de Québert,et connait donc parfaitement son manuscrit; comment,donc, ne s'aperçoit elle pas que les lettres qu'elle reçoit ne sont pas de la meme main (mais de la main de Caleb)?
C'est un peu comme si je ne différenciais pas l'écriture familière de mon épouse
avec celle d'un (e) inconnu(e)!

Écrit par : Michel | 11/11/2013

Je viens tout juste de terminer laborieusement la lecture et je me suis posé la même question que vous. Je n'en revenais pas et me suis mise à douter de mon intelligence. Mais, non, ça saute aux yeux: Nola ne pouvait pas confondre les deux écritures, pour les raisons que vous donnez et d'autant plus que Harry, p.638, "sidéré par la perfection de l'écriture" de Caleb, qualifie celle-ci d'"incroyable". Ce n'est pas un détail puisque toute cette partie principale de l'intrigue et son dénouement - Nola disparue et assassinée - reposent sur le fait que N. croit à une lettre d'adieu de Harry. C'est absolument invraisemblable. Comment aucun éditeur, aucun critique n'ont-ils remarqué cette erreur fondamentale?
Pour le reste: indigence de la langue et du style, des personnages pâlots avec une conception simplette de l'amour. Une structure inutilement complexe/compliquée, d'où redondance.

Écrit par : Elisabeth | 18/11/2013

Je viens tout juste de terminer laborieusement la lecture et je me suis posé la même question que vous. Je n'en revenais pas et me suis mise à douter de mon intelligence. Mais, non, ça saute aux yeux: Nola ne pouvait pas confondre les deux écritures, pour les raisons que vous donnez et d'autant plus que Harry, p.638, "sidéré par la perfection de l'écriture" de Caleb, qualifie celle-ci d'"incroyable". Ce n'est pas un détail puisque toute cette partie principale de l'intrigue et son dénouement - Nola disparue et assassinée - reposent sur le fait que N. croit à une lettre d'adieu de Harry. C'est absolument invraisemblable. Comment aucun éditeur, aucun critique n'ont-ils remarqué cette erreur fondamentale?
Pour le reste: indigence de la langue et du style, des personnages pâlots avec une conception simplette de l'amour. Une structure inutilement complexe/compliquée, d'où redondance.

Écrit par : Elisabeth | 18/11/2013

Comment Nola qui lit jour aprés jour le manuscrit de Quebert et le tape à la machine, ne se rend elle pas compte que les lettres qu'elle reçoit ne sont pas de la même main.(Mais de la main de Caleb)
C'est un peu comme si je confondais l'écriture de mon épouse avec cella d'un inconnu!
Pouvez vous m'expliquer?

Écrit par : Michel | 11/11/2013

On vient de me prêter ce livre pour égayer ma réclusion forcée, (rien d'illégal ) . N'ayant aucune sorte d'à priori sur l'auteur puisque parfait inconnu pour moi, les prix littéraires ne m’intéressant pas outre mesure, j'aborde ledit pavé avec la meilleure volonté , toute prête à la plus grande indulgence, me suggérant que ce serait sans doute l'antidote idéal aux poisons raffinés insufflés à hautes doses par le maître Junichiro Tanizaki dont je viens de terminer le roman La Clef .
En route donc pour une belle aventure,
Hélas, hélas , que de questionnements , d'hypothèses, échafaudées depuis cette malheureuse lecture.
Ce livre me torture. Dés les premières lignes , la douleur , oui la douleur. Des mauvais livres , j'en ai lu mais là c'est autre chose, Je ne peux même pas imaginer qu'il ait été écrit par un humain, c'est lisse, c'est froid , il n'y a aucun travail. Même l'administration fiscale ou autre quand elle vous écrit on sent qu'elle s'adresse à nous , qu'on compte pour eux. Là non, même pas çà ..Je tente d'oublier ...
Mais ce matin j'y retourne , il y a quelque chose d'anormal je réfléchis , je cherche . Une théorie germe et qui m'apaise . Ce n'est pas le mignon blondinet qui a fabriqué ce truc, non c'est un ordinateur , un logiciel , des algorithmes , un programme , on lui a balancé quelques items et hop . Puis,je tombe sur un article enthousiaste, élogieux de Bernard Pivot sur ce bidule. Je ne crois plus en rien, je m éloigne du monde des vivants,ô solitude! me remettrais-je un jour d'avoir ouvert ce livre de malheur ?
Et c'est alors que vous voici qui mettez du baume sur ces meurtrissures.
Merci .Restons unis .

Écrit par : anne laure | 29/11/2013

J'ai reçu ce livre pour Noël. Ma mère l'avait aimé et offert à ma soeur, qui me l'a offert à son tour. J'étais excité à l'idée de découvrir une grande oeuvre littéraire d'un jeune prodige romand, d'après ce que j'avais cru comprendre. Je ne m'intéresse pas aux mondanités culturelles et je n'avais aucun à priori sur l'oeuvre ou l'auteur, ni aucune attente particulière.

À mon étonnement, j'ai constaté au fil de ma lecture qu'il ne s'agit pas là d'une oeuvre littéraire, mais d'un divertissement de mauvaise qualité. Les personnages sont peu crédibles et inconsistants, leurs rapports sont caricaturaux et superficiels, l'intrigue est creuse. C'est mal écrit et mal ficelé, rempli de répétitions, avec pourtant une ambition de bestseller qui transpire dans le livre.

À défaut d'être inspiré, j'ai l'impression que M. Dicker a étudié ce qui pourrait faire le succès commercial d'un livre, et, pour mettre toutes les chances de son côté, a compilé tous les éléments qu'il avait identifiés. Il a été question du plagiat de Roth, mais je retrouve des éléments parodiant l'excellente série policière danoise , “The Killing”, dont on retrouve dans le générique obsédant de la première saison, une femme blessée poursuivie à mort dans une forêt, leitmotiv de ce livre.

Ce qui est fascinant dans ce livre, c'est la quantité de stéréotypes qu'on y trouve. Des stéréotypes éculés, ressassés par l'auteur. C'est ce qu'on constate également dans les sentiments véhiculés par les personnages: une passion vécue sans amour, du sexe sans érotisme, de la violence sans haine, les fautes sans remords...

À mon sens, le thème principal de ce livre est l'imposture. Une imposture en caléidoscope entre le maître, son élève, Dicker et dont la dernière victime est le lecteur.

En résumé, je dirais que ce livre est à la littérature ce que le hamburger McDonald est à la gastronomie : un produit artificiel jouant sur une image attirante, vite avalé sans toutefois rassasier.

Tout ce que je souhaite à M. Dicker, c'est que le succès de son livre lui permette de s'orienter professionnellement vers un domaine dans lequel ses talents et ambitions soient mieux valorisés que dans la littérature.

Écrit par : Michael | 08/01/2014

C'est con quand je fais les courses j'ai pas internet avec moi sinon je n'aurai pas fait confiance à B PIVOT à qui j'en veux surtout... 9€20 c'est pas la mort, c'est le fait de s'être fait baisé et trompé qui est frustrant
Enfin bref je venais de finir "mémé" qui m'avait bien plu après Eddy Bellegueule qui m'avait plutôt dérangé, je cherchais un bouquin qui me fasse à nouveau passer quelques bonnes soirées en faisant mes courses au supermarché du coin. Encensement du sieur Pivot, prix de l'arcade des mies et celui des lycéens, j'avais adoré le club des incorrigibles optimistes. Top là le pavé au fond du chariot avec les nouilles yaourts et autres concombre.
heureux de me mettre au lit de bonne heure avec ma nouvelle acquisition, j'entame le volume... Bonjour la déception,la lenteur la lourdeur les longueurs et les répétitions, si je n'ai pas lu le mot écrivain 1000 fois dedans je ne l'ai pas lu.
Et pour sûr que Joël Dicker est un écrivain, il en noirci des pages et des pages pour grossir le livre, c'est pas l'ami des arbres... Sa mère, à moitié abrutie, qui arrive 2, 3 fois comme un cheveu sur la soupe pour ne rien dire, des extraits de journaux en doublons de ce qui viens d'être écris, relecture du livre qu'il est en train de faire, réunion téléphonique avec machin puis avec truc et encore avec un autre qui ne font rien avancer du tout, relecture des disquettes, houlàlà vivement la fin...
En plus, une histoire qui ne tient pas debout, 4 personnes qui se pointent chez la mère Cooper, ou auprès, avec trois bagnoles, qui s'entrent tue et qui repartent à 2 chauffeurs et 2 cadavres, elle rentre comment la troisième bagnole à pieds, au GPS ???
Bon, je l'ai fini hier et j'en suis ravis, je le trouve bof moins, vraiment moins, mais pas nul, j'veux pas d'ennuis avec l'égo de Marcus, il permet de faire passer un moment sans avoir à réfléchir et à s'endormir plus rapidement, mais ne mérite surement pas de prix machin ou de prix truc.
D'ailleurs en parlant de prix, je lui donne le prix jeannot au prix canon de 9€ (super remise) première main avec texte élogieux de Bernard Pivot. Qu'on se le dise.
Jeannot.

Écrit par : Jean MOTHRON | 03/12/2014

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