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20/11/2012

Le nématodegate

CMmiQoLbyJz6ANw6EzfYYjl72eJkfbmt4t8yenImKBVaiQDB_Rd1H6kmuBWtceBJ.jpegUne lectrice de 20 Minutes, trouvant un ver dans son saumon cru, a eu l'excellent réflexe de prendre des photos et de les envoyer au journal. En étant bien évidemment disponible pour se faire interviewer au sujet de cette effroyable aventure, qui a, peut-être, mis sa vie en danger.

Qui n'a pas tremblé en lisant ce témoignage poignant: "Cela fait bizarre de se sentir peut-être habitée". "Mon Dieu", vous êtes-vous dit, "cela aurait pu m'arriver à moi!", des images du film Alien surgissant devant vos yeux. "Je surveille mes selles pour voir si on y aperçoit des traces de vers", disait encore la journaliste d'un jour en se plaignant de maux de ventre, alors que le pauvre nématode incriminé est totalement inoffensif pour l'homme. Du coup, inquiets, vous surveillez dorénavant les vôtres aussi, on ne sait jamais. 

Et croyez-moi, vous avez raison d'avoir peur. Car aujourd'hui, cette nouvelle vitale en matière de santé publique est également en Une du Matin. Ce qui est bien une preuve, s'il en est, que c'était une information importante. 

Grâce aux "lecteurs reporters" et autres "reporters mobiles" qui sévissent désormais dans presque tous les quotidiens romands, nous restons ainsi constamment à la pointe de l'actualité. Et ces "journalistes citoyens" font leur boulot avec diligence et même enthousiasme. Outre les vers grouillants, nous savons tout des feux de cave ou de scooters, des tôles froissées, des arbres tombés.

A vrai dire, qui ne voudrait pas pouvoir parader devant ses collègues de boulot le matin en brandissant le 20 Minutes: "ehhh tout le monde, je suis dans le journal!". Et peu importe si c'est pour y dire que vous inspectez vos déjections. L'essentiel étant d'y être. D'ailleurs, depuis la révélation du nématodegate, deux autres lectrices sont montées au créneau, apportant leurs propres témoignages.

Il semble ainsi clair, grâce à un journalisme de proximité extrêmement attentif et réactif, que nous sommes à l'aube d'un incident alimentaire majeur, pire que la vache folle ou la volaille tueuse. Heureusement, grâce aux efforts conjugués des journalistes citoyens et des journalistes RP, qui travaillent désormais main dans la main, nous sommes bien informés.

13:19 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

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Écrit par : journaliste citoyen | 20/11/2012

Oui, effectivement, cela me renvoie à une ancienne campagne de pub : "apprenez-lui le caniveau".

Voilà où en est arrivé le "journalisme"...

Aujourd'hui, triste époque, un journal de qualité est aux prises avec les pires difficultés (cf Le Temps) et nous en sommes réduits à subir des articles comme celui que vous citez :-(

Sans vouloir être passéiste je me pose néanmoins certaines questions sur l'intérêt et le niveau de raisonnement que nous laisserons aux générations suivantes...

Écrit par : A. Piller | 20/11/2012

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