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29/11/2012

SICLI: Coup d'extincteur du Conseil d'Etat

Panneau-Extincteur.jpegLe mauvais feuilleton du pavillon SICLI continue! Depuis l'annonce faite en septembre que la gestion du lieu avait été confiée à la société privée Arfluvial, et qu'un groupe d'experts chargé d'évaluer les demandes de location du rez-de-chaussée avait été mis sur pied, les informations partielles et brumeuses se sont succédées au compte-goutte. Personne n'a vraiment encore compris quel était le projet précis de l'Etat pour ce lieu emblématique et à fort potentiel (voir mon précédent billet "Sicli l'élitiste").

La députée socialiste Prunella Carrard a interpellé le Conseil d'Etat le 12 octobre (QUE 12-A) afin d'obtenir les précisions que les milieux culturels sont en droit d'attendre. Quels critères d'attribution? Qui compose le conseil d'experts? A quoi va être dédié le sous-sol? La réponse, signée Pierre-François Unger, est tombée le 14 novembre, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle est décevante. 

On y apprend que le groupe d'experts a "pour mission de développer une image culturelle forte ainsi qu'une programmation annuelle de manifestations culturelles et des activités annexes". Ce qui ne veut pas dire grand chose. Mais on peut en déduire que pour l'Etat, une image culturelle forte s'obtient via une ligne thématique, et non pas en diversifiant les contenus. C'est ainsi que le processus mis en place prévoit le dépôt d'un dossier, qui sera examiné par le groupe d'experts, qui se prononcera "notamment sur la pertinence du projet en lien avec les thématiques définies, à savoir l’architecture, l’urbanisme et le design".

Dans le même temps, on apprend via une invitation Facebook qu'un "Fashion show & Electro party" s'y tiendra vendredi 30 novembre. Rien à voir avec les thèmatiques choisies pour le pavillon, ni avec la déclaration que "SICLI ne serait pas un lieu de spectacle". Le concept reste flou, et on se sait pas encore très bien quels types de projets l'on peut y proposer ni quels critères seront pris en compte pour l'attribution du lieu. 

Venons-en à la question du sous-sol, initialement prévu "à vocation culturelle, avec des prix abordables", promettait en janvier Joëlle Comé, directrice du Service cantonal de la culture, en charge du dossier. Mais un peu prématurément, semble-t-il, et sans avoir anticipé les contraintes techniques du bâtiment. Contraintes techniques qui arrivent par ailleurs à point nommé pour justifier un retour en arrière. "L'accueil du public impliquerait l'installation d'issues de secours par percement des murs latéraux, ce qui porterait une atteinte irréversible à la substance patrimoniale du bâtiment" apprend-on du Conseil d'Etat. Comme s'il ne découvrait que tardivement que des sorties de secours seraient nécessaires. Pas vraiment crédible. 

"Ainsi, contrairement à ce qui avait été envisagé dans un premier temps pour répondre à la forte demande en termes de lieux culturels nocturnes, le sous-sol du bâtiment ne peut finalement pas être affecté à des activités publiques". Le couperet est donc tombé. Sans sorties de secours, ce lieu restera, pour l'instant, inexploité. Faible espoir: "Un lieu de convivialité devrait néanmoins être créé, à terme, dans le bâtiment". Je me réjouis de découvrir, à terme, la signification du mot "convivialité" pour le Conseil d'Etat. De nature plutôt pragmatique, j'y vois plus des pince-fesses à petits fours pour entreprises qu'un Zoo bis. J'espère sincèrement avoir tort. 

Autre question pertinente de la députée, "le Conseil d’Etat a-t-il fait un bilan avec les organisateurs du Festival Antigel afin, notamment, de recueillir leurs impressions et expériences sur l’organisation d’événements dans ce lieu particulier et d’envisager, en connaissance de cause, la mise sur pied d’autres projets?". Apparemment, le bilan dressé avec les organisateurs du festival serait négatif. Soit, on peut envisager que l'acoustique et l'isolation phonique n'y soient pas idéales, et que des travaux devraient y être entrepris pour accueillir des événements culturels dans les domaines de la musique, du cinéma ou de la danse. Mais le Conseil d'Etat avait-il vraiment besoin de compléter cette réponse avec une remarque sur le bilan financier d'Antigel, faisant état de "charges impayées à ce jour à hauteur de près de 18 000 F"?. Totalement inadéquat dans le contexte d'un document officiel accessible au public. 

Ainsi, en guise de conclusion, "il n'est plus possible d'organiser des soirées festives pour le moment". Sauf la soirée électro prévue vendredi soir jusqu'à 5h du matin, évidemment… 

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