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28/08/2013

Entreprises suisses sur Facebook, les tops et les flops

Facebook_like_thumb.jpgEn matière de communication avec leurs clients, les entreprises suisses ont-elles bien négocié le virage des réseaux sociaux? 

Facebook a dépassé en octobre dernier le milliard d'utilisateurs au niveau mondial et plus de 3 millions de Suisse y possèdent un compte, ce qui fait de notre pays le 50e mondial en termes de nombre d'utilisateurs. Depuis l'entrée en bourse réseau de Mark Zuckerberg en mai 2012, il devient difficile pour les entreprises suisses d'ignorer ce formidable outil et de ne pas l'intégrer à leur stratégie de communication globale. De la PME locale à la marque de luxe au rayonnement international, on commence à prendre conscience qu'on ne peut plus ignorer le web 2.0, même si les besoins et les moyens diffèrent. 

Des patrons méfiants 

Dans les hautes sphères de certaines entreprises, on n’est pas encore à l’aise avec l’univers de Facebook. Les entrepreneurs eux-mêmes peu actifs sur les réseaux sociaux ont parfois du mal à appréhender sa logique et son potentiel. Encore trop souvent, la création d'une page Facebook ne s'accompagne pas des moyens nécessaires à son succès, à savoir une stratégie spécifique, un univers visuel adapté et un community manager dédié. Les réseaux sociaux ne cessent de croître et se multiplier, et il n’est pas étonnant que certains dirigeants se sentent désarçonnés quand il s’agit de les approcher. Le niveau d’interactivité sans précédent qu’ils offrent oblige les entreprises à redoubler d’efforts pour élaborer des stratégies et un langage adaptés. 

Investir dans le web 2.0

L’investissement le plus important au départ doit se faire dans la formation des employés et des dirigeants. Habituer les uns et les autres à communiquer de façon pertinente via ces outils est essentiel. L’effort doit être financier et en termes de ressources humaines : engager un community manager de talent, concevoir des images travaillées spécifiquement pour le format Facebook, rédiger des textes courts et percutants, autant de facteurs de succès pour une communication efficace sur la plateforme. Si la plupart des grandes marques maîtrisent parfaitement le "langage Facebook" en faisant la part belle à l’interactivité via des quiz, des concours ou des événements uniquement accessibles via leur page publique (Ovomaltine, Ikea Suisse, Lindt, La poste), d’autres semblent se passer de community manager et de budget dédié, et présentent des vitrines pauvres et statiques, et donc contre-productives. 

Les grands absents

Au milieu la frénésie générale, certaines grosses entreprises, comme Coop ou Globus, ont choisi d'ignorer totalement les réseaux sociaux. Au risque pour celles-ci de laisser fleurir de façon anarchique des pages non officielles mal conçues apparaissant en tête des recherches Google, et créant une confusion, ainsi qu'un déficit d'image. Du côté de chez Coop, on assume son choix, même s'il semble anachronique. Selon Nadja Ruch, porte-parole du distributeur, "pour Coop, la question de la pertinence de l'investissement se pose. Jusqu'à maintenant, nous nous investissons dans nos magasins et activités, via lesquels nous pouvons nous adresser de façon très ciblée à des groupes de clients plus larges". L’entreprise offre toutefois la possibilité à ses clients de partager les contenus de son site Internet sur les réseaux sociaux, via des boutons adaptés sur chaque page. 

L’horlogerie au top

Selon une étude menée par Virtua en 2011 sur la popularité des entreprises suisses sur Facebook, c'est de très loin le secteur de l'horlogerie qui fait le plus d'adeptes sur le réseau social. Dix-sept entreprises horlogères figurent parmi les 50 marques suisses les plus populaires sur Facebook, à l’instar de Piaget et ses 420'000 fans. Ensemble, elles regroupent près de 3 millions de fans. Rolex, absent de Facebook jusqu’à récemment, et présent seulement via des pages de fans de piètre qualité, a très rapidement dépassé tous ses concurrents sa nouvelle page lancée le 24 avril dernier, qui compte déjà plus de 710'000 adeptes à ce jour. 

La gestion du web 2.0, un nouveau marché

Le nouveau challenge pour les entreprises suisses ? La maîtrise des outils plus récents du web 2.0, à savoir Twitter, Instagram, ou encore Pinterest. Avec le flux de messages en 140 caractères ou l’image savamment retravaillée, ce sont encore d’autres opportunités de communication avec leurs clients qui s’ouvrent à elles. Ce nouveau marché n'a pas échappé à Steve Savioz, fondateur et CEO de l'agence spécialisée romande Virtua SA, qui propose ses services de gestion de communication 2.0 depuis 2008 déjà. "Comme pour tous les autres médias utilisés à des fins de communication, il est essentiel d’avoir une stratégie cohérente pour l’ensemble des plateformes sociales. Générer de la visibilité sur une cible précise n’exigera pas l’utilisation des mêmes outils qu’une stratégie de fidélisation ou de ventes", prévient le jeune entrepreneur. Car si pour l'instant les médias sociaux sont essentiellement utilisés pour la communication et le marketing, leur usage potentiel ne s'arrête pas là. Que ce soit pour le service client, les ressources humaines ou la création de nouveaux produits et services, tous les départements des entreprises sont concernés, et les changements à venir sont potentiellement bien plus radicaux que ceux auxquels on a déjà assisté. 

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