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26/09/2013

Plaidoyer pour Nabilla

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A priori, je ne trouve absolument rien d'intéressant à cette jeune fille, ou en tout cas à l'image qu'elle transmet et qui est surexploitée jusqu'à la lie par les médias. "Bimbo/cagole à gros seins sans rien dans la tête", voilà tout ce qu'on croit savoir d'elle. Mais à force de la voir jouer malgré elle le rôle du "François Pignon" de la télé bobo parisienne et être invitée à une multitude de "dîners de cons" sur petit écran (Canal+ en tête), je la prendrais presque en pitié. 

Certes, elle n'a encore rien fait à part dire des bêtises dans une émission de télé-réalité, et elle n'est pas en reste pour continuer d'en dire à chaque fois qu'elle ouvre sa jolie bouche. Alors, jusqu'à la nausée, on lui pose qui les questions qui la feront trébucher, on se gausse entre gens de bonne compagnie, et devant elle, de ses réponses forcément savoureuses, on se repaît de chacune de ses réactions hors sujet, et on espère que c'est là, ce soir, sur ce plateau, que viendra la phrase culte suivante, celle qui pourra être reprise dès le lendemain dans tous les médias (en citant l'émission qui aura réussi à la susciter, marketing oblige). Ah comme on aime la railler et la descendre, cette starlette qui n'a rien fait de significatif! Ah comme ça fait du bien de se vautrer, à ses dépends et en public, dans sa bien-pensance! 

Comme on prend un plaisir malsain à savourer sa chance d'être en vie devant des faits divers sordides, on aime de même s'assurer et se rassurer de sa propre intelligence face à Nabilla. La jalousie de ceux qui se targuent de talent méconnu et incompris côtoie le désir coupable de ceux qui bandent devant ses seins refaits et sa bouche pulpeuse, tout en se défendant de succomber à ses attraits aussi artificiels qu'attirants. 

Il n'empêche que Nabilla, en ne faisant rien à part être partout, fait son bonhomme de chemin, en défilant pour Jean-Paul Gaultier, toujours à l'affût des "tendances" du moment qui pourraient lui donner un peu de visibilité médiatique (et là, dans une robe sublime, elle a fait un sans faute sur le podium, clouant pour un instant le bec de ses détracteurs), ou en publiant un livre plein de vide mais qui se vendra. 

Je ne suis de loin pas la seule à essayer de faire passer sa nausée en prenant le contrepied: contre toute attente, le nouveau magazine féministe "Bridget", concurrent un peu plagiaire de Causette, vient également de publier un plaidoyer vibrant en faveur de la bimbo (et de sa "cousine" la blonde Zahia). Défendre Nabilla, le nouveau trend de la boboitude médiatique qui tente d'avoir toujours un coup d'avance? Peut-être… Après tout, il faut bien trouver de nouveaux angles. 

Reconnaissons tout de même que Nabilla a l'art, sans efforts et tout naturellement, de jouer avec les réseaux sociaux et les médias. Une photo Instagram avec son amoureux par ci, une petite bagarre de rue par là, elle aurait à son service le meilleur des conseillers en communication qu'elle ne ferait pas mieux pour maintenir la fièvre initiée par un simple "allo, quoi". On l'accuse de brasser de l'air et d'en avoir à la place du cerveau, mais on ne peut pas s'empêcher d'en parler. Le vide est créé non pas par la demoiselle elle-même, mais bien par ceux qui le dénoncent avec comme objectif de "faire de l'audience". Mais attention, le dîner de cons finit toujours pas se retourner contre ses hôtes. 

Alors chapeau la miss, tu n'as encore rien fait qui puisse susciter une admiration sincère, rien prouvé sinon ta faculté à faire parler de toi, et rien montré à part ton décolleté, mais par tes frasques attendrissantes et à cause de l'opportunisme dégueulasse de ceux qui soufflent avec rage et avidité sur le buzz qui les fait vivre (et toi avec), tu as en tout cas donné à une obscure blogueuse sur le retour de ta région (et qui ne regarde pas la télé) l'envie de te défendre. 

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