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21/10/2013

Censurée par Facebook pour avoir publié la photo de l'amende d'Eric Grassien

1374629_10201456175380332_1225909280_n.jpgSuite à mon dernier billet informant de l'amende de CHF 1'060.- reçue par Eric Grassien, le tétraplégique qui avait campé plus de 50 jours sur la place des Nations cet été, j'ai eu l'outrecuidance de publier sur mon profil Facebook la photo de ce document, afin de confirmer le contenu de mon billet. Mal m'en a pris! Moins de 24h plus tard, cette publication était signalée et dénoncée au réseau social en tant que "contenu inapproprié" et supprimée. Dans la foulée, mon accès a été bloqué pendant douze heures. 

L'anonymat des personnes en dénonçant d'autres sur Facebook étant garanti, je n'ai aucun moyen de savoir qui a signalé cette publication ni pour quels motifs. Mais le plus étrange est qu'une simple amende que le destinataire avait accepté de voir publiée et ne mentionnant pas son adresse ne semble pas correspondre aux critères permettant un retrait, à savoir (selon les conditions générales): 

Violence et menaces
Suicide ou blessures à son propre encontre
Intimidation et harcèlement
Discours incitant à la haine
Nudité et pornographie
Identité et confidentialité (coordonnées ou d’autres informations personnelles)
Propriété intellectuelle
Hameçonnage et courrier indésirable

Pourtant, le couperet est tombé et j'ai été censurée sans préavis. J'en déduis que le fait de rendre public cette image (pourtant largement relayée par d'autres membres du réseau et également publiée sur le blog d'Haykel Ezzeddine) a fortement dérangé. Qui? Mystère! Pourquoi? Si on peut admettre que "la loi est la même pour tous" et qu'Eric Grassien, tout handicapé qu'il soit, ait effectivement "refusé de circuler" (notez l'ironie de la chose), le hasard du calendrier n'arrange certainement pas tout le monde, même si le service des Contraventions continue de faire son travail (et bien heureusement) sans tenir compte des enjeux électoraux. 

Cette affaire de censure que j'estime injustifiée a eu autant de retentissement que celle de l'amende elle-même et a été relayée et commentée par de nombreuses personnes, y compris par les médias. Entretemps, Eric Grassien a fait opposition. Affaire à suivre, donc. 

RSR La Première, le 12:30: http://www.rts.ch/audio/la-1ere/programmes/le-12h30/52860...

RTS1 Téléjournal de 19:30: http://www.rts.ch/video/info/journal-19h30/5305956-eric-g...

RSR La Première, la chronique satirique de Pascal Bernheim: http://www.rts.ch/video/la-1ere/pascal-bernheim/5305449-s...

Photo: ©Haykel Ezzeddine

16/10/2013

Plus de CHF 1'000.- d'amende pour Eric Grassien!

2289204388.jpgEric Grassien est un handicapé genevois qui avait campé pendant plusieurs semaines sur la place des Nations au mois de juin 2013 pour réclamer un logement adapté à son handicap. Il avait subi sans perdre sa motivation le froid, la pluie et la grêle, mais avait également reçu de nombreux soutiens, sous la forme de repas, de matériel de camping et de visites. 

Grâce à une mobilisation intense de ses amis et du blogueur Haykel Ezzeddine qui avait consacré pas moins de 19 billets à la situation désespérée d'Eric, une solution avait fini par lui être proposée dès le 15 août: un petit appartement vétuste, très sale et nécessitant des travaux. 

Aujourd'hui, cette personne est condamnée à payer une lourde amende de CHF 1'060.- pour occupation illégale d'un espace place des Nations du 5 au 23 juin 2013 (selon la lettre qu'il a reçue hier du Département de la sécurité de l'Etat de Genève, datée du 9 octobre 2013). Le manque de compassion et de compréhension des autorités est révoltant et laisse pantois. 

Photo: ©Haykel Ezzeddine

Lire aussi: http://planetephotos.blog.tdg.ch/archive/2013/10/16/une-c... (avec photos de la lettre)

15/10/2013

La marge humaine

indemini_1_0.jpgLe récent aveu de "burn out" du comédien Thierry Meury dans la presse m'interpelle par son courage et sa sincérité. Il devrait nous permettre de nous remettre en question et nous poser toutes et tous cette question essentielle: "Et moi, est-ce que je cours le risque d'un burn out?".  Quel que soit notre domaine d'activité, ayons la lucidité de réaliser que la réponse sera, sauf si l'on s'est entièrement extrait du monde dit moderne, presque toujours "oui". 

Il est en effet de bon ton dans notre société trépidante de "poursuivre ses rêves", de "tout donner", et pas seulement au niveau professionnel. Nos vies peuvent difficilement être abordées en dilettante ou avec une certaine paresse, sous peine de se voir accusés de "ne pas faire les choses à fond", ou de "ne rien faire jusqu'au bout". Au-delà de la productivité que l'entreprise peut nous réclamer, nous nous imposons également de plus en plus d'être compétitifs dans tous les aspects de nos vies. La perfection est notre pire ennemi, et nous la nourrissons au quotidien de notre propre vitalité. 

Au-delà des enjeux professionnels, les réseaux sociaux peuvent également jouer un rôle dévastateur dans la spirale qui mène au burn out. Nos comptes Facebook, Twitter, Tumblr (et j'en passe) se doivent d'être alimentés, nourris, tels une bête féroce jamais rassasiée. Pourquoi? Parce que nos profils virtuels sont notre image donnée au monde, une image qui se doit d'être dynamique, productive, curieuse, avec des opinions, des prises de positions, des indignations, des loisirs, des amis, de bon repas, de belles vacances, des réussites professionnelles, des amours flamboyants. Ces leurres peuvent être, pour les plus fragiles d'entre-nous, des bouées qui maintiennent notre estime de nous-même à flot. 

Alors, en renonçant à des engagements et en s'éloignant pour s'offrir un espace de solitude, Thierry Meury a pris la bonne décision. Se donner du temps pour vivre, développer son imaginaire et sa créativité, ne rien faire ou même mal faire, est essentiel. Mais cela impose d'abandonner le culte des valeurs matérielles, de renoncer à certaines rentrées financières, et d'aller vers une certaine frugalité. 

On souhaite souvent à la victime de burn out de "se requinquer" et "revenir en pleine forme", c'est-à-dire de pouvoir reprendre le rythme effréné que ses engagements lui imposaient avant la "rupture". Mais comme pour un régime efficace sur le long terme, rien ne sert de s'affamer pour reprendre ensuite une alimentation riche, car le corps se "vengera" en réagissant violemment et nous entraînant dans une spirale dont il sera difficile de sortir. Oui, l'effet "yo-yo" ne touche pas seulement le corps, mais aussi l'esprit. C'est donc un changement de vie profond qui devrait s'imposer, avec de nouvelles valeurs. Savoir dire "non" ou "stop" avec comme seule justification que l'on veut se préserver, et garder du temps pour la paresse, les divagations et les errances. 

L'utopie, le rêve à atteindre, ne seraient-il pas une certaine bienveillance envers nous-mêmes et nos faiblesses? Notre éthique personnelle pourrait être de s'accorder cette "marge humaine" chère à Romain Gary, ce refuge dans lequel l'approximation est reine. Elle nous permettrait de lutter contre une société envahissante et de nous protéger contre la tentation d'une ambition dévorante. La maladresse, l'à-peu-près, le renoncement, l'abandon, ne seraient-ils pas au fond nos vraies libertés, dans le sens où ils nous accordent un espace pour exprimer notre humanité et conserver notre dignité? 

"Saboteur de l’efficacité totale et du rendement absolu, iconoclaste de la sueur et du sang érigés en système de vie, il allait faire tout son possible pour que l’homme demeurât à jamais comme un bâton dans ces roues-là. Il défendait une marge où ce qui n’avait ni rendement utilitaire ni efficacité tangible mais demeurait dans l’âme humaine comme un besoin impérissable, pût se réfugier".

Romain Gary, Les racines du ciel

Source d'inspiration (à lire absolument): "Romain Gary ou l'humanisme en fiction" de Nicolas Gelas (éditions L'Harmattan). 

04/10/2013

Au bistrot…

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- T'as voté, toi?

- Pour qu'on envoie pas l'armée aux chiottes? Ah ça oui!

- Non, je te parle de ce week-end, pour élire les Guignols qui nous gouvernent!

- Ah ouais, je me disais, il y a de plus en plus de mendiants qui tendent des prospectus… Mais au moins ils sourient. 

- Bah ils se forcent pour que tu votes pour eux…

- Mais j'ai pas bien compris, on choisit quoi? Les Maires? J'ai vu la tête de Salerno sur une affiche, mais elle ne l'est pas déjà, maire? 

- C'est pour l'Etat, pas pour la Ville. Tu ne lis pas le journal ou quoi? 

- Ben si, Le Matin, quand j'en trouve un sur une table. 

- C'est ce que je dis, tu ne lis pas le journal. Dimanche c'est pour les deux Conseils, là… Zut, je ne sais plus comment ils s'appellent. 

- Ah là où on s'envoie des verres d'eau à la figure? 

- Oui, celui-là, et l'autre, où il y a la Künzler qui fout le bordel avec les TPG. 

- Ah ben je vais voter, ils sont marrants, tous. 

- Ouais, on a bien rigolé ces dernières années, hein? 

- Mais à part ceux qui nous font rire, je ne connais personne, je choisis comment?

- Prend ceux qui ont une bonne tête sur les affiches! 

- Mais attend, tu crois que j'arrive à retenir les noms juste en voyant leurs tronches dans la rue? T'es marrant toi. 

- T'as raison, en plus j'ai regardé sur les bulletins, il n'y a pas de photos. 

- Bon, laissons-les se démerder entre eux, va. Tu reprends un ballon? 

02/10/2013

Henry Rappaz décrypté

145720.jpgLa publicité diffusée par le député (et membre du gouvernement depuis 8 ans, selon lui) Henry Rappaz en laisse plus d'un perplexe. Incompréhensible, confus, vous avez dit? Mais non, mais non, il suffit de lire entre les lignes… 

C'est un véritable chaos qui a pris origine dans "L'illusion politique" par une législation ayant imposé la migrobalisation!

Premier point, M. Rappaz n'aime pas, mais alors pas du tout la Migros. Mr Rappaz aime le petit commerce. La mainmise de Migros sur notre beau canton serait un cancer qui engendre le chaos, donc. Le délicieux néologisme de "migrobalisation" lui semble cher, puisqu'il l'utilisait en 2011 déjà dans son fameux "Les Egyptiens ont Moubarak! Les Genevois, eux, ont la migrobalisation!". Et qui aide à propager ce monopole plein de cellules malignes? La législation, qui défendrait les grands centres commerciaux aux dépends du boucher du coin. 

Vous qui allez acheter votre pain dans votre Migros de quartier, votre vin chez Denner, vos classeurs chez Office World, votre raquette de tennis chez SportXX, vos livres chez Ex Libris, vos vêtements chez Globus, vos tournevis chez Do It ou Obi, vos meubles chez Interio ou Micasa, qui faites vos achats en ligne chez LeShop, qui voyagez avec Hotelplan, qui prenez des cours d'anglais à l'école-club, qui demandez un soutien financier au Pour cent culturel, qui feuilletez Migros Magazine... eh bien vous êtes tout à la fois victimes et coupables. Si en plus vous avez l'outrecuidance d'aller faire vos achats dans un deux centres Migros en France voisine, là, vous êtes tout simplement irrécupérables. Et vous engendrez le chaos. 

Il est douteux d'éradiquer ce cancer, monopole, sans commencer par la suppression de certains partis politiques.

La faute à qui si Migros a pu s'étendre à ce point et occuper tous les terrains de la consommation? Les politiques bien sûr, qui se font des "illusions" en laissant faire, quand ce n'est pas en favorisant. Mais attention, tous les partis ne sont pas tombés sous la coupe de Migros, "certains" seulement. Lesquels? C'est facile, tous sauf le MCG, évidemment. A gauche, on est sûrement des bisounours qui ne voient pas le danger, et à droite, on doit forcément être complices du géant orange. Donc il faut éradiquer, supprimer. 

Eradiquer, c'est un verbe que le MCG aime bien. Mauro Poggia, candidat au Conseil d'Etat soi-disant modéré et fréquentable, l'aurait même utilisé récemment en parlant de l'"épidémie" des frontaliers. Allons, passons tout cela au Karcher: Migros, les frontaliers et les partis pleins d'illusions, et rêvons d'un monde meilleur, dans lequel une population 100% genevoise et à la botte du MCG fait ses achats uniquement dans des petits commerces de quartier, tenus par des Genevois de souche. 

Notre démocratie galvaudée par une bureaucratie idéologique destructive en souffre. 

Ceux qui soutiennent la migrobalisation seraient donc des ennemis de la démocratie, ils la galvaudent, la détruisent, la font souffrir. Rien que ça. Et là, c'est clairement par idéologie (oh le gros mot!). Ils le font exprès, ils y croient fermement ces bouffons! (oui, j'ai le droit de dire bouffons, c'est maintenant officiel). 

Bon, c'est assez clair, finalement, non? M. Henry Rappaz, en tant que député (non M. Rappaz, vous n'êtes pas au gouvernement, désolée), promet de faire tomber le groupe Migros et de tenter de supprimer tous les autres partis. S'il est réélu, regardez bien Léman Bleu les soirs de Grand Conseil, ça va saigner. Les moulins à vent n'ont qu'à bien se tenir!

Je vous laisse, je dois aller faire mes courses (non, pas à la Migros, quelle horreur). Et réfléchir, pour le combat suivant de M. Rappaz, à un néologisme qui lui permettra de s'attaquer à l'autre groupe, vous savez, celui qui détient InterDiscount, TopTip, Import Parfumerie, les bijouteries Christ, Fust, The Body Shop... Coopopole?