UA-73135419-1

14/02/2018

La classe qui lutte

ladder-576362_960_720.pngOn s’en sort, on lutte, on est dans la classe moyenne inférieure, pas dans la précarité, pas assisté, on est dans aucune statistique. Pourtant on est constamment sur le fil, au bord de l’abîme. On vit dans la peur du vide, on craint d’y être aspiré au moindre faux pas. On est pas trop cabossé par la vie, car on a toujours évité les coups de justesse.

Cette classe moyenne inférieure dont je fais partie, fière de ne pas être dépendante des aides sociales, doit être mieux soutenue et protégée avec bienveillance pour la maintenir dans son autonomie et sa dignité. Elle coûtera ainsi bien moins cher à la société que si on la maltraite, et qu’on la fait basculer.

On devrait avoir la garantie de pouvoir obtenir un appartement à loyer modéré même si on a un dossier estimé « faible »; on devrait être jugés par les employeurs sur nos compétences et notre expérience, pas sur notre âge ou ce qu’on coûtera en charges sociales; on devrait pouvoir avoir une dette ou une poursuite, la payer à son rythme et que sa cicatrice ne marque pas notre dossier pendant des années et nous ferme des portes; on devrait pouvoir payer son assurance maladie même avec un salaire modeste.

Les citoyens ne demandent rien d’autre que cela. Que dans un canton et un pays riche, leurs besoins vitaux puissent être couverts avec leur salaire. Qu’on leur offre des conditions de vie décente en matière d’accès à l’emploi, à un logement et aux soins de santé. La politique actuellement pratiquée à Genève pousse de plus en plus de monde dans la précarité. Et quand les gens sont au fond du trou, et on les culpabilise et on leur reproche ensuite le coût élevé de l’échelle qu’on leur tend pour les faire remonter. Paradoxal !

Catherine Armand
Candidate au Grand Conseil sur La Liste pour Genève www.lalistepourgeneve.ch

Commentaires

Bien dit. Et jolie photo. Bonne chance !

Écrit par : Pierre Jenni | 14/02/2018

Je suis très touchée par l'intensité de votre engagement et votre ferveur.

Vous décrivez une "classe moyenne inférieure" qui arrive à vivre tout juste, à la limite de la survie.
Vous semblez être en attente que le système politique vous soutienne et vous garantisse différents accès. Et vous ne demandez "que cela".
Dans le monde actuel, il est temps de regarder la réalité telle qu'elle est.
Il y a un grand individualisme, non seulement au niveau des personnes mais aussi au niveau des lobbies, qu'ils soient parlementaires ou économiques ou ...
C'est là qu'il vaut la peine de se rappeler "On n'est bien servi que par soi-même". Ce que je veux dire par là, c'est que quand on se heurte aux limites de l'environnement au sens large, il ne reste plus qu'à faire demi-tour sur soi et regarder ses propres limites intérieures, conceptuelles, psychiques, affectives, etc.

Malheureusement, dans notre système où tout est réglementé, où l'école a des programmes très délimités où la créativité est réduite, où les goûts sont orientés, où on doit être modeste et n'être conscients que de ses envies, ses besoins ou ses droits mais surtout pas ses aspirations, l'individu n'imagine pas qu'il possède au fond de son être des potentiels énormes qui sommeillent et qui ne dépendent que de lui pour s'épanouir et lui faire cueillir bien plus de fruits dans son existence, où qu'il soit.
Un autre écueil est que les êtres sont tellement occupés à gérer le quotidien si exigeant en détails matériels qu'ils ne trouvent plus les forces ou l'élan pour s'engager dans quelque chose de nouveau qui stimule leurs facultés. Et tout est fait pour décourager, d'où une certaine dépression plus ou moins larvée, qui est escamotée dans l'alcool, les drogues ou des activités distrayantes.

J'imagine un nouveau parti qui ouvrirait un espace pour permettre à ceux qui sont inconfortables dans leurs luttes quotidiennes de découvrir d'autres dimensions d'eux-mêmes qui leur donnent l'audace de modifier clairement leurs conditions existentielles.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 14/02/2018

Catherine, vous venez de mettre le doigt là où ça fait mal.
La classe moyenne est active, dans son ensemble, en politique et encore dans différents lobbies. Elle n'aimera pas qu'on prédise sa disparition bien qu'elle y travaille.

La Classe moyenne, digue ou enceinte de contention d'un barrage. Lorsqu'elle se rompt, tout le reste sera emporté. C'est l'ouverture tant désirée y compris par cette classe moyenne qui exhorte l'ouverture et la générosité de bisounours.

Pauvreté, ça se fabrique (lire the globalisation of poverty de Michel Chosudowky). C'est une arme pour achever les états qui sont appelés à être démantelés et à devenir des territoires d'une région de la planète. L'UE ne veut plus d'états pour ses membres et la Suisse des Bilatérales. Elle ne veut que des provinces... soumise à l'Empire". C'est Bruxelles notre gouvernement à tous!"

La pauvreté en Suisse: seulement un petit temps de décalage avec la France et l'Allemagne mais, avec certitude, elle est en train d'en suivre le chemin. Peut-être même que sa pauvreté sera plus noire encore car l'économie de la Suisse est largement artificielle. Un pays qui ne vit que de son exportation est un pays dépendant et vulnérable, c'est un pays qui ponctionne toute la vitalité de sa population pour s'enrichir ailleurs. Il la rendra donc de plus en plus précaire. Globalement précaire!
Macron l'exemple après Hollande.
http://la-sociale.viabloga.com/news/dans-la-gueule-du-loup-sur-le-media

Écrit par : Beatrix | 15/02/2018

Beatrix, vous devez lire l'ouvrage de Pascal Hollenweg.

Écrit par : Pierre Jenni | 15/02/2018

Catherine,
Le système en place est défaillante sur toute la ligne.
Un salaire cantonal minimum de CHF 4.500.- s’impose.
Ce avec des primes de l’assurance maladie en pourcentage du salaire et autres revenus.
A hauteur de 5/7 %
Il est essentiel d’inclure dans toutes les perspectives, la dignité humaine, l’independaccède la personne, la qualité de la vie dans sa globalité.
Disons stop à la pauvreté galopante et à la précarité endémique.

Écrit par : Suchet | 16/02/2018

Les commentaires sont fermés.