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07/10/2012

Lignes de désir

chemins-desir-poetique-lespace-L-2.jpegQuelques phrases crues et nues griffonnées dans un train, inspirées par la nonchalance de l'instant, par le paysage qui défile. Tout comme ces sillons rebelles creusés par le piétinement répété de citadins pressés d'atteindre un but, elles ne sont rien de moins que le chemin le plus logique et le plus direct entre son coeur et son corps. Témoins de la liberté qu'elle s'accorde de s'écarter de l'itinéraire imposé, ces lignes de désir strient son âme tout comme elles balafrent et redéfinissent l'espace urbain. Non attendues ni même espérées, elles ne seront jamais envoyées.  

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17/08/2012

Loin du tumulte

 

556558_3742286069743_2051118965_n.jpegLe petit animal est craintif. Je l'avais connu en montagne, l’été dernier. C'était à la tombée de la nuit, dans un jardin. Assise sur une grosse pierre chauffée par le soleil, une bière fraîche en main, soudain j'avais senti sa présence. Il était là, il m'observait. J'avais posé une cacahuète dans l'herbe, et il s'était approché. A la fin de la semaine, il me mangeait dans la main. Puis le dimanche, après 6 jours d'apprivoisement mutuel, il avait disparu.

Depuis, il me manquait, souvent. Mais, happée par le tumulte de ma vie, je repoussais son image avec application. Et, soudain, alors que je ne l'espérais plus, il est enfin revenu. Il a sauté dans mon giron avec confiance, sa fourrure est chaude contre mon ventre, et je le caresse doucement. Il est là, et je le garderai dans mes bras pour 7 jours, 7 nuits. Je lui ai donné un nom. Il s'appelle "Vacances".

Chères lectrices et chers lecteurs, à très vite.

 

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12/08/2012

Cafouillages à tous les étages

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Vous vous opposez à la surélévation de votre immeuble? Vous êtes donc contre les efforts humanistes et désintéressés des propriétaires pour lutter contre la pénurie de logements à Genève. CQFD. Mais au bout chemin de la Montagne à Chêne-Bougeries, le projet de surélévation des trois immeubles bordant la Seymaz prend l'eau de partout.

Les habitants s'opposent, la Commune est plus que réticente, et les propriétaires SwissLife et Crédit Suisse envoient au front un intermédiaire au fort accent suisse allemand (le meilleur moyen de rendre nerveux d'emblée ses interlocuteurs), lâchant au compte-goutte des informations à géométrie variable, tout en refusant de transmettre les documents techniques, et notamment les plans.

C'est une simple lettre envoyée juste avant Noël dernier aux locataires des 550 appartements des immeubles situés aux alentours du centre commercial qui a déclenché les hostilités, annonçant sans préavis et sans aucuns détails des augmentations de loyers, dues à un important projet de transformation immobilière. Une entrée en matière plus que maladroite.

En allant d'eux-mêmes à la pêche aux infos, les habitants, constitués en association et assistés d'un avocat, ont découvert avec inquiétude l'ampleur du projet: surélévations de deux étages pour créer des duplex haut de gamme (ce que les propriétaires avouent en séance avec l'association des locataires, puis passent sous silence dans les procès verbaux mis en ligne), transformations intérieures majeures des appartements existants (et suppression pure et simple de certains), aménagement de deux nouveaux parkings souterrains et abattage d’une quarantaine d’arbres.

Les désagréments du chantier (deux ans de travaux de surélévation, puis un mois sans cuisine, puis un mois sans salle de bain, puis des hausses jusqu'à 70% pour les loyers actuels les plus bas) "sont le prix à payer pour que les locataires actuels puissent continuer à profiter de leur appartement après les travaux de rénovation et de surélévation". Cette menace à peine voilée de résiliation des baux des locataires récalcitrants revient régulièrement, en conclusion de chaque question qui fâche, dans les FAQ du site d'information des propriétaires www.montagne2016.ch. Maladroit, encore.

Mais les travaux ne commenceront pas comme prévu à l'automne 2012. Les observations sur le projet de changement de zone sont encore à l'examen au sein du Département de l'urbanisme et n'ont pas encore été transmises à la Ville de Chêne-Bougeries, et la demande d'autorisation de construire n'a pas été publiée dans la Feuille d'avis officiel. De leur côté, les locataires (dont je fais partie depuis bientôt 20 ans) continueront de se battre contre la construction de duplex peu adaptés aux besoins de la classe moyenne, contre l'abattage des arbres du quartier (11 ont déjà pu être sauvés via une pétition), et surtout contre les hausses massives des loyers. Vu comme c'est parti, les propriétaires devraient directement acheter le nom de domaine www.montagneauxcalendesgrecques.ch. C'est plus prudent.

30/07/2012

Jeter des cailloux aux pigeons

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Le jeu de bonneteau turc, vous connaissez? Trouvez la pierre de moins de 100 ans (aucune, évidemment, les experts locaux seront toujours formels) et évitez ainsi de vous faire plumer par un système bien rodé où tout le monde est arrosé par l'argent des touristes qui pissent dans leur froc en pensant à "Midnight Express".

Première étape, le vendeur de pierres, ou même peut-être le guide touristique rabatteur qui touche son pourcentage (on a le droit d'être parano). Parfois, vous êtes assez naïfs pour éviter à la première étape du piège de se mettre en branle. Vous ramassez tout seul comme un grand un vulgaire caillou de 100 ans et un jour au bord d'un chemin.

Deuxième étape, la douane. A croire qu'on y scanne votre valise plus à la recherche du pigeon qui sommeille en vous que de liquides suspects. La récolte est souvent féconde, des centaines de volatiles innocents, si possible issus de pays aisés, comme vous, se font prendre chaque année dans le filet tendu.

Troisième étape, les avocats charognards. Sans aucune motivation à vous sortir du trou, ils vous foncent néanmoins dessus pour vous clouer au sol à coups d'honoraires. Elevés, et payés d'avance, forcément.

Quatrième étape, le système judiciaire. Il faut cracher la caution, sous la menace d'un plongeon dans un mauvais remake du film d'Alan Parker. Ce qui n'arrive jamais, évidemment. A part si vous avez effectivement volé une vraie antiquité d'intérêt national, la Turquie n'a aucun intérêt à vous garder 10 ans en prison pour satisfaire les fantasmes de ses gardiens sodomites. Non, en général, tout est réglé en quelques semaines, moyennant finances et après un procès bidon, mais non sans quelques humiliations et intimidations au passage, histoire d'être pris au sérieux.

Au final, vous rentrerez bientôt chez vous, vous aussi, délesté de quelques milliers d'euros, sans le spécimen que vous avez arraché au patrimoine national, et qui sera précieusement gardé pour être exposé dans un Musée (ou rebalancé dans le caniveau pour appâter le touriste suivant, allez savoir, on a le droit d'être parano).

Mais trop soulagé d'être sorti d'affaire, vous ne penserez, comme tous les autres avant vous, qu'à remercier votre pays "qui s'est mobilisé pour votre libération" et surtout, vous n'en voudrez pas à la Turquie, qui ne fait qu'appliquer la loi.

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24/07/2012

Une robe, un candidat, un festival et des bovins

 

IMG_20120716_142455.jpgJe suis alanguie sur la plage, en bateau la tignasse au vent, concentrée sur une partie de pétanque et encore en train de siroter un apéro. Et pourtant un flux ininterrompu d'idées, de bouts de phrases, de bons mots ou de formules bouillonne sous mon crâne. Impossible à ignorer, encore moins à stopper. La robe de Duflot, la candidature de Froidevaux, la présence excessive du Paléo dans la presse, ou encore les vaches du 1er Août, tout m'assaille et me donne envie de réagir, entre la galette et le plateau d'huîtres.

"Un blog est à la tête ce que le jogging est au corps: une discipline", nous annonce J-F Mabut dans ses conseils aux blogueurs. Dès lors, en vacances, grande est la tentation de ne pas perdre sa "musculature" et de laisser les mots rebelles s'échapper. Ils tournent en rond à la recherche d'une sortie, mais l'oisiveté intellectuelle entrecoupée de bains de mer représentant l'essentiel du programme de mes journées, le risque de les voir s'évacuer en ordre dispersé est palpable.

Tenir un blog est un "acte actif", "bon pour la tête". Soit. Mais écrire régulièrement et donner son avis sur tout est surtout devenu une drogue, une douce maladie, une nécessité. Le seul moment de véritable apaisement peut s'apprécier dans la journée qui suit la publication d'un billet. Un sentiment du devoir accompli, de libération. Je respire. J'ai eu ma dose. Mais dès le lendemain, ça recommence. Le sujet suivant se met à me hanter, à réclamer son existence. C'est sans fin.

Je résiste pourtant, ou presque. Pas de billet pendant mes vacances en Bretagne, m'étais-je promis. Sauf celui-ci, paradoxal, qui met en mots ma décision de ne pas écrire. Je suis faible, je sais. Bon, je vous laisse, les dorades au feu de bois sont à point. La robe, le candidat, le festival ou les bovins attendront jusqu'à la semaine prochaine. Promis.

 

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