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30/06/2012

Juste une seconde...

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Ce soir à minuit s'insérera dans nos vies une seconde intercalaire, un instant aussi poétiquement appelé "saut de seconde", histoire d'ajuster le temps universel coordonné aux variations de la rotation de la Terre. La dernière en juin était en 1997.

Que signifie cette seconde de plus? Rien, me direz-vous, et pourtant, certaines choses ne demandent qu'une seconde pour basculer. Un accident pour une seconde d'inattention ou le dernier soupir vers le néant, mais aussi un baiser léger ou une caresse, la réalisation soudaine qu'on est amoureux, un "oui" murmuré en robe blanche, l'entrée d'un spermatozoïde dans un oeuf accueillant, un verre d'eau jeté, un bulletin glissé dans une urne, une signature au bas d'un contrat... Cela peut être aussi le moment idéal pour dire: "Allez, ça ne prendra qu'une seconde", et agir.

Entre 23:59:60 et 00:00:00, je consacrerai pour ma part un battement de coeur et une pensée à quelqu'un que j'aime, accompagnés d'un sourire fugace... Et vous, qu'allez-vous faire de cette seconde additionnelle?

13/06/2012

Je regarde le foot

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Je regarde le foot. Mais ne vous leurrez pas, cette passion ne s'éveille que ponctuellement, portée par la frénésie européenne ou mondiale autour du ballon rond.

Peut-être que cela a toujours été simplement une réaction de survie: ne pas mettre mon couple hors jeu ou maintenir un fan de foot dans mes filets. Quel mâle n'a jamais sorti "Quoi? Tu aimes le foot? Mais tu es la femme parfaite!". On n'est pas idiotes, on sait s'adapter.

Car pour marquer, il faut savoir concocter un savant mélange d'intérêt et d'ignorance. Quelques maigres connaissances ciblées, péniblement pêchées sur wikipedia la veille d'un match (il a bien récupéré machin, après sa fracture l'année dernière en Champion League), et une candeur trop mignonne (tu me rappelles ce qu'est exactement un hors jeu?) permettant de boire les explications de son chéri avec une admiration de bon aloi. Alors qu'on sait parfaitement ce qu'est un hors jeu. Enfin, à peu près. En gros.

Alors oui, prête pour les soirées bières-hurlements-chips sur le canapé pendant une période donnée (principalement la demi-finale et la finale), mais ne m'en parlez pas le reste du temps. Je m'en fiche. Vous ne me trouverez jamais au bord d'un petit terrain de foot du canton, un dimanche matin frisquet, pour le grand match retour Choulex/Bardonnex. Faut pas pousser, non plus.

15:15 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : football, eurofoot |  Facebook |

15/05/2012

La poursuite

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L'interrogatoire est cordial. Presque trop. Pas de "good cop/bad cop", pas de lampe dans les yeux pour déstabiliser. Peu de questions qui fâchent, ou alors lâchées du bout des lèvres en formule négative, comme pour s'assurer d'avance de la réponse. "Vous n'êtes pas coupable, n'est-ce-pas?". Une main molle dans un gant de velours râpé. Surtout ne casser aucun oeuf en marchant dessus, on pourrait le leur reprocher, plus tard, suivant comment ça tourne.

Non, le faisceau aveuglant vient d'ailleurs. D'une poursuite manipulée par ceux qui concassent ou malaxent vos paroles, remplissent vos silences, interprètent vos hésitations. Ils n'auront jamais le pain, ni même une seule tranche, alors ils reconstituent avec ce qu'ils ont pu picorer. Ce fac-similé fait illusion de loin, surtout pour ceux qui ne veulent pas s'approcher, de peur que la banale réalité ne tue les fantasmes qui les font frissonner. Mais de près, ce n'est qu'un petit tas inégal de miettes agglomérées. Immangeable, ou illisible.

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05/05/2012

L'effet hétérocère

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Le concept semblait être, au mieux, une imposture intellectuelle. Et pourtant. Les gesticulations ponctuelles d'un seul et frêle papillon nocturne ont bel et bien suffi à déclencher une tornade. Elle fut institutionnelle et non météorologique.

Elle a tout balayé, sous les yeux impuissants de l'insecte, réfugié dans un interstice mural. Lui n'avait fait que battre des ailes, après tout c'était dans sa nature. Il avait été attiré par la lumière, certes. Comme tous ceux de son espèce.

Puis, rembobinant le mauvais film, il est retourné à l'état larvesque. Dans son cocon protecteur tissé de fils d'amitié sans condition et d'amour décalé, il a obstinément fermé les yeux, et s'est tu, laissant passer les abjects relents de l'orage. Privé de ses attributs meurtriers, il quitte la chrysalide, mais à jamais rampant. L'effet chenille n'existe pas.

12:58 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/05/2012

Néant

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Je ne crois pas en la survie des synapses sans les neurones, ni n'assimile le néant à la paix. C'est dire si les "RIP" ont le don de m'agacer. Ces emplâtres émotionnels qui ne servent qu'à cacher notre terreur crasse de la non existence.

Je ne parle pas de la mort, qui ne nous embrasse que le temps d'une dernière exhalation, mais de ce qui dure éternellement, sans conscience. Sans rien. De ce qui a précédé notre naissance depuis l'aube des temps et suivra notre trépas jusqu'à la fin de temps. En souffrions-nous avant? Non. En souffrirons-nous après? Pas plus.

 

Ceux qui ont été tant désirés mais n'ont jamais pu être conçus.
Ceux qui l'ont été mais ne sont jamais nés. 
Ceux qui ont ouvert les yeux pour les refermer aussitôt. 
Ceux qui n'ont jamais atteint leur premier émoi amoureux ou leur premier baiser.
Ceux qui n'ont pas eu le temps de réaliser leurs rêves.
Ceux qui n'ont pas vu grandir leurs enfants.
Ceux qui n'ont pas vu naître leurs petits-enfants.
Ceux qui, si vieux, avaient encore tant à nous apprendre, à nous raconter.

Ils ne nous attendent pas. Ils ne veillent pas sur nous. Ils ne sont pas en paix. Leur enveloppe repose, mais le reste appartient au néant. Athée, je les aime d'autant plus tant qu'ils sont là.

00:55 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (27) | Tags : mort, néant |  Facebook |