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08/06/2015

Une vieille dame négligée…

Des morceaux de pelouse râpée et sèche, pas une seule belle plante en pot, pas un parterre de fleurs... Une terrasse avec des tables et chaises dépareillées, et 3 sortes de parasols publicitaires différents, dont plusieurs en piteux état. Où sommes-nous? 

Dans un café de quartier qui peine à tourner, au sein d’une ville qui boude la verdure? 

Pas du tout, nous sommes dans la cour du très vénérable et majestueux Musée d’Art et d’Histoire, au sein d’une ville qui soigne ses espaces verts à outrance, et qui sème sans compter dans les rues bambous, citronniers et bananiers en pot. 

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La cour en juin 2014 (même état constaté ce dimanche, quelques herbes en plus autour de la fontaine)


En résulte une triste impression d’abandon, tant par le Service des Espaces Verts qui semble ne plus y mettre les pieds (et encore moins les râteaux et les plantoirs), que par l’exploitant du Barocco, qui semble ne pas vouloir investir un centime dans un mobilier de terrasse confortable et quelques parasols assortis, alors qu’il pourrait se targuer, après de menus ajustements, de proposer une des plus bucoliques et de plus calmes terrasses de la ville. 

Il fut pourtant un temps, pas si lointain où cette cour était un peu plus accueillante…

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Mais aujourd'hui, la cour du MAH est une vieille dame qu’on ne nourrit plus, qu’on ne soigne plus, qu’on laisse mourir… Ou qu’on aimerait tuer, diront peut-être les mauvaises langues. 

Car, vous l'avez peut-être remarqué, depuis qu'on tente de nous fourguer le projet d'extension du Musée pondu par Jean Nouvel, cette majestueuse cour, outre le fait qu'on a cessé de la mettre en valeur, a soudain perdu comme par magie toute fonction et tout intérêt architectural. Elle serait même un frein à la circulation du public. Dès lors, pourquoi encore s’opposer au comblement de ce triste trou qui ne sert à rien et qui n’accueille pas grand monde? 

Consolons-nous avec quelques cours bichonnées et accueillantes, elles (mais on vous dira sûrement qu'au MAH, ce n'est pas possible...)

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Maison des Champs-Elysées, Paris

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Petit-palais, Paris

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Musée des Beaux-Arts, Lyon 

11/02/2015

Bien sur sa liste!

Capture d’écran 2015-02-10 à 19.03.31.jpgSe présenter sur une liste électorale n'est pas anodin. On y côtoie d'autres candidats, sous une bannière commune. On s'affiche avec eux sur papier glacé comme (si l'on fait bien campagne) face aux électeurs. Cette liste n'est pas juste une énumération de noms et de bobines, les idées et le programme doivent être partagés, avec conviction. 

Si les autres candidats sont d'un parti différent du sien, cela mérite réflexion et discussions. Une bonne liste, on doit s'y sentir bien, à l'aise, comme chez soi. On doit être fier de ceux qui nous y accompagnent, qui vivent cette aventure avec nous. C'est ce que je ressens pour mes colistières et colistiers de la liste no4 "Alternatives pour Chêne-Bougeries" composée de diverses sensibilités de gauche. 

En cela, je comprends que la présence du PDC Philippe Morel sur une liste commune avec un candidat UDC et un candidat MCG ait pu choquer son parti. Le fait qu'il n'ait "pas pris le soin d’examiner quels autres candidats figureraient sur la liste" est peu crédible et extrêmement léger politiquement parlant. Je salue la décision du PDC de le pousser à se retirer. Car oui, pour les électeurs, figurer sur la même liste que "ces gens" signifie bien qu'on partage leurs positions et leurs propos. 

31/07/2014

Déclaration d'amour

91930_t6.jpgPolémique autour du drapeau suisse au 1er août / Déclaration d'amour d'une marseillaise à son pays d'adoption:

Naturalisée en 1991 après avoir grandi en Suisse depuis l'âge de 6 ans, je sui profondément attachée à ce pays, à ses valeurs, à sa démocratie et à ses symboles. Au point que, je l'avoue, jamais je ne pourrai revivre un jour en France (j'ai tenté pendant 3 ans de vivre dans la belle ville de Bordeaux, mais je ne m'y suis jamais sentie chez moi).

Le drapeau rouge à croix blanche représente bien plus pour moi qu'un simple "bout de tissu", comme j'ai pu le lire ici ou là. Il me rappelle tout ce don je suis fière en tant que Suisse aujourd'hui. Ce pays, je n'ai pas choisi de venir y vivre, mais j'ai bien choisi d'y rester et d'y construire ma vie, avec un passeport rouge.

En tant que naturalisée, ma présence ici n'est pas le fait du hasard mais un acte volontaire, laissant derrière moi sans regret une autre culture, un autre mode de vie, un autre mode de pensée. Ce drapeau, c'est le mien à part entière, n'en déplaise à ceux qui mon considèrent comme une citoyenne de seconde zone, car non "de souche".

La souche, c'est moi qui l'ai plantée, et les racines sont profondément ancrées. Est-ce être "nationaliste" dans le mauvais sens du terme que de le déclarer? Oui, je suis de gauche, immigrée, et patriote.

27/07/2014

Impuissance

Gaza, Israël, guerreOn n'ose plus se plaindre de rien. Ni de la météo, ni de nos petits bobos. Tout cela devient futile, indécent, face à l'horreur. 

On n'ose pas avouer ne pas y comprendre grand chose. La désinformation et la manipulation sont partout, dans les médias, sur le net. On ne sait plus. On n'a jamais vraiment su. 

On est submergés par les publications, les indignations, les cris et les manifestations de rue de ceux qui pensent savoir. On envie leurs certitudes. 

On n'ose pas participer aux débats, de peur de dire des bêtises, ou de se faire virtuellement poignarder par un camp, ou l'autre. 

On est paralysés, tétanisés devant les images, les chiffres. Le décompte des morts est quotidien, et il nous assaille dès le saut du lit. Le chiffre du jour nous suivra partout, jusqu'au lendemain.

On se sent impuissants, et on l'est. On peut manifester, alerter son gouvernement pour qu'il agisse, pour qu'il condamne, mais n'est-il pas lui-même impuissant? 

Un frisson nous parcourt… 

Il pleut. 

Nos bobos se réveillent.

On se tait. Sur tout.

21/06/2014

20 futurs graphistes sur le carreau

20140621_185406_1.jpgJe me souviens de la joie de mes deux garçons il y a quelques années, quand, après un examen assez rude, ils avaient été tous deux admis au CFPAA (Centre de Formation Professionnelle en Arts Appliqués, anciennement les "Arts déco"). L'un en graphisme, l'autre deux ans plus tard en multimédia. Leurs rentrées respectives s'annonçaient passionnantes et ils ont passé l'été tous légers, ayant hâte de commencer. 

Aujourd'hui, ce sont 20 futurs élèves en graphisme, ayant réussi l'examen, qui sont soudain laissés sur le carreau par la Direction générale de l'enseignement secondaire. De deux classes, le DIP a abruptement décidé de passer à une seule, sans explications ni concertation avec les enseignants. On imagine l'immense déception de ces jeunes. Ils n'ont plus le temps de trouver une place d'apprentissage en graphisme (elles sont de plus très limitées), alors que vont-ils faire l'année scolaire prochaine? Quel impact ce rejet soudain aura-t-il sur leur motivation, leur confiance en eux-mêmes? 

L'argument que fait valoir la Direction générale, exprimé par voie de presse le 17 juin dernier, concerne la nécessité de ne pas former de jeunes nouveaux chômeurs dans un métier saturé à Genève. Comment le DIP peut-il déjà évaluer l'offre de places de graphistes dans le canton dans 4 ans, date de la fin de la formation des jeunes lésés? Mystère. N'envisage-t-il pas que certains jeunes diplômés puissent avoir envie, une fois leur CFC ou matu pro en poche, de voir d'autres horizons que ceux, étriqués, du canton de Genève? 

Petit espoir pour ces élèves: l'association des enseignants du CFPAA Genève (AEAA) se bat aujourd'hui pour sauver cette deuxième classe de graphisme. Le 5 juin, M. Sylvain Rudaz, Directeur général de l'enseignement secondaire II, interpellé par l'AEAA, recevait une délégation de représentants du corps enseignant qui lui a exprimé son désaccord quant à cette décision prise sans concertation, sans examen minutieux et complet de la situation de la formation professionnelle, désaccord soutenu par une pétition qui a récolté en 4 jours près de 900 signatures. 

L'AEAA a également récemment interpellé Madame Anne Emery Torracinta, Conseillère d'Etat chargée du DIP, pour la prier "d'étudier en détail la problématique soulevée, de revenir sur la décision de la Direction générale et de prononcer à tout le moins un moratoire d'une année, afin de pouvoir procéder durant ce laps de temps à une analyse documentée. Prononcer un moratoire présenterait l'avantage de ne pas prétériter une vingtaine de jeunes motivés qui ont réussi le concours d'entrée au CFPAA, d'autant plus que 55 dossiers ont été qualifiés par un collège d'experts sur 147 candidatures, ceci avant que la décision de la Direction générale ne soit prise et ne fasse l’effet d’un couperet" (extrait du communiqué des enseignants, publié sur une page Facebook de soutien).

Même si on peut éventuellement comprendre la politique à moyen terme du DIP de ne pas former trop de jeunes pour une profession déjà saturée, la décision a été prise au pire moment, sans anticipation. Pourquoi leur faire passer l'examen, et les admettre, pour les rejeter en juin? Pourquoi ne pas attendre la rentrée 2015 pour appliquer cette mesure? Ou la prendre plus en amont, bien avant le passage de l'examen d'entrée, en communiquant sur le fait que seule une classe sera ouverte à la rentrée? 

L'association des enseignants mettra en place une action symbolique lors de la journée des inscriptions définitives, le jeudi 26 juin 2014 à 14h00 dans les locaux du bâtiment principal du CFPAA, rue Necker 2 à Genève. En espérant qu'une solution pourra être trouvée pour éviter à ces jeunes de devoir probablement effectuer leur rentrée à l'Ecole de Culture Générale (ECG), au lieu de commencer leur formation dans le métier qu'ils avaient choisi. 

Illustration: Loïc Sutter