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02/10/2013

Henry Rappaz décrypté

145720.jpgLa publicité diffusée par le député (et membre du gouvernement depuis 8 ans, selon lui) Henry Rappaz en laisse plus d'un perplexe. Incompréhensible, confus, vous avez dit? Mais non, mais non, il suffit de lire entre les lignes… 

C'est un véritable chaos qui a pris origine dans "L'illusion politique" par une législation ayant imposé la migrobalisation!

Premier point, M. Rappaz n'aime pas, mais alors pas du tout la Migros. Mr Rappaz aime le petit commerce. La mainmise de Migros sur notre beau canton serait un cancer qui engendre le chaos, donc. Le délicieux néologisme de "migrobalisation" lui semble cher, puisqu'il l'utilisait en 2011 déjà dans son fameux "Les Egyptiens ont Moubarak! Les Genevois, eux, ont la migrobalisation!". Et qui aide à propager ce monopole plein de cellules malignes? La législation, qui défendrait les grands centres commerciaux aux dépends du boucher du coin. 

Vous qui allez acheter votre pain dans votre Migros de quartier, votre vin chez Denner, vos classeurs chez Office World, votre raquette de tennis chez SportXX, vos livres chez Ex Libris, vos vêtements chez Globus, vos tournevis chez Do It ou Obi, vos meubles chez Interio ou Micasa, qui faites vos achats en ligne chez LeShop, qui voyagez avec Hotelplan, qui prenez des cours d'anglais à l'école-club, qui demandez un soutien financier au Pour cent culturel, qui feuilletez Migros Magazine... eh bien vous êtes tout à la fois victimes et coupables. Si en plus vous avez l'outrecuidance d'aller faire vos achats dans un deux centres Migros en France voisine, là, vous êtes tout simplement irrécupérables. Et vous engendrez le chaos. 

Il est douteux d'éradiquer ce cancer, monopole, sans commencer par la suppression de certains partis politiques.

La faute à qui si Migros a pu s'étendre à ce point et occuper tous les terrains de la consommation? Les politiques bien sûr, qui se font des "illusions" en laissant faire, quand ce n'est pas en favorisant. Mais attention, tous les partis ne sont pas tombés sous la coupe de Migros, "certains" seulement. Lesquels? C'est facile, tous sauf le MCG, évidemment. A gauche, on est sûrement des bisounours qui ne voient pas le danger, et à droite, on doit forcément être complices du géant orange. Donc il faut éradiquer, supprimer. 

Eradiquer, c'est un verbe que le MCG aime bien. Mauro Poggia, candidat au Conseil d'Etat soi-disant modéré et fréquentable, l'aurait même utilisé récemment en parlant de l'"épidémie" des frontaliers. Allons, passons tout cela au Karcher: Migros, les frontaliers et les partis pleins d'illusions, et rêvons d'un monde meilleur, dans lequel une population 100% genevoise et à la botte du MCG fait ses achats uniquement dans des petits commerces de quartier, tenus par des Genevois de souche. 

Notre démocratie galvaudée par une bureaucratie idéologique destructive en souffre. 

Ceux qui soutiennent la migrobalisation seraient donc des ennemis de la démocratie, ils la galvaudent, la détruisent, la font souffrir. Rien que ça. Et là, c'est clairement par idéologie (oh le gros mot!). Ils le font exprès, ils y croient fermement ces bouffons! (oui, j'ai le droit de dire bouffons, c'est maintenant officiel). 

Bon, c'est assez clair, finalement, non? M. Henry Rappaz, en tant que député (non M. Rappaz, vous n'êtes pas au gouvernement, désolée), promet de faire tomber le groupe Migros et de tenter de supprimer tous les autres partis. S'il est réélu, regardez bien Léman Bleu les soirs de Grand Conseil, ça va saigner. Les moulins à vent n'ont qu'à bien se tenir!

Je vous laisse, je dois aller faire mes courses (non, pas à la Migros, quelle horreur). Et réfléchir, pour le combat suivant de M. Rappaz, à un néologisme qui lui permettra de s'attaquer à l'autre groupe, vous savez, celui qui détient InterDiscount, TopTip, Import Parfumerie, les bijouteries Christ, Fust, The Body Shop... Coopopole? 

17/09/2013

Dérapages de campagne virtuelle

Facebook.jpgUne bonne campagne électorale, c'est aller sur le terrain à la rencontre des citoyens, certes. Et les stands dans les rues basses ou sur les marchés sont aujourd'hui complétés par des tentatives de "speed dating électoral" de candidates dans un resto bobo ou de "beer to beer" des Pirates dans un café de Meyrin (sans aucun succès pour ces dernier d'ailleurs). Tant mieux, l'effort est louable. 

Mais la dernière mésaventure d'Antonio Hodgers, candidat vert au Conseil d'Etat, prouve que le terrain électoral se situe dorénavant ailleurs. Une petite phrase d'apparence anodine qu'il aurait lâchée sur Facebook au sujet de la mort d'Adeline Morel devient une arme dans la main de ses détracteurs pour affaiblir son image et sa campagne. Relayée sous forme de capture d'écran brandie comme preuve irréfutable qu'il aurait bien dit ce qu'il a dit, elle peut saccager en un instant des semaines d'arpentage de pavés dans les rues Basses. Le site http://www.lesobservateurs.ch s'en donne d'ailleurs à coeur joie pour décortiquer les différents échanges publics virtuels entre Antonio Hodgers et Christian Lüscher, le premier à se jeter sur le soi-disant "faux-pas" du vert. 

C'est ainsi, depuis quelques années, les campagnes électorales se mènent aussi, et de plus en plus, sur les réseaux sociaux. C'est là que les électeurs connectés apprennent à connaître les candidats: comment ils réagissent à l'actualité, mais aussi où ils vont, qui ils voient, ce qu'il mangent, où ils sont partis en vacances, qui sont leurs amis et leur famille, et j'en passe. Il n'est donc pas étonnant que les rencontres publiques agendées autour d'une table ou d'un bière soient boudées. Nous n'avons pas besoin de rencontrer nos futurs élus, puisque nous les suivons et interagissons au quotidien avec eux sur Facebook.

La presse elle-même s'abreuve de leurs statuts et commentaires, et en agrémente ses articles politiques. La rubrique "Lu sur la toile" de la Tribune de Genève en est un bon exemple. Tout ce que les candidats lâchent sur Facebook (avec plus ou moins de réflexion préalable) est considéré comme public et peut donc être retranscrit hors contexte pour les lecteurs du journal, même les pires bêtises. Et des bêtises, dieu sait s'ils en disent, nos candidats au Grand Conseil et au Conseil d'Etat. Comme nous tous sur ces traitres de réseaux sociaux, mais la différence c'est qu'eux sont en campagne. Chaque mot écrit publiquement devrait l'être avec le plus grand soin, en accord avec l'image qu'ils souhaitent transmettre ou le programme concocté par leur parti. Force est de constater que ce n'est pas toujours le cas. Beaucoup de candidats, même parmi les plus aguerris, se lâchent sans retenue, réagissent à chaud, s'écharpent, s'accusent de tous les maux, ou entrent dans des débats sans fin et incontrôlables avec leurs électeurs comme leurs adversaires. On peut arguer que cette nouvelle réalité permet aux politiques d'être plus proches des préoccupations des électeurs, que cette possibilité de dialogue direct et non filtré est sain et stimulant. Sans doute, si l'exercice est maîtrisé. 

Mais dès lors, comment les propositions de rencontre "in real life" pourraient-elles attiser (et encore moins combler) notre curiosité, quand nous avons déjà l'impression, via les réseaux sociaux, de fréquenter de près de vieux potes dont nous savons tout, des colères aux états d'âme? 

31/08/2013

La Suisse expliquée aux étrangers, l'essentiel en quatre leçons

Leçon no 1: Le pays aux quatre langues

images.jpegVous le savez sûrement, en Suisse, on parle 4 langues officielles sur un territoire de 7 millions d’habitants: le français, l’allemand, l’italien et le romanche (qui survit péniblement dans 2 ou 3 vallées du canton des Grisons, et dont tout le monde se fout).

 Qu’est ce que cela implique au quotidien quand comme moi on habite Genève ? Rien, me direz-vous… Et pourtant tous les jours, plusieurs fois par jour, chaque suisse côtoie les autres langues nationales, au petit déjeuner, en faisant ses courses, en cuisinant, dans sa salle de bain. Car tout est écrit en trois langues (oui je vous l’ai dit, le romanche tout le monde s’en fout) sur les emballages des produits de grande consommation. Vous imaginez bien que les grands distributeurs ne vont pas fabriquer des emballages différents selon les régions pour un aussi petit pays.

J’apprends par exemple en fixant ma boîte de céréales d’un oeil vaseux au petit matin que le mot "protéine" se dit "Eiweiss" en allemand… Chouette, il faut que je m’en souvienne. Pour quoi faire? Eh bien… Si je suis invitée dans un dîner mondain zurichois, que je suis face à un beau médecin de langue allemande, et qu’on parle alimentation équilibrée… Cela pourrait changer ma vie, allez savoir (ébloui par mes connaissances en mots techniques dans sa langue, il se jette à mes pieds et me demande en mariage).

 Bon ok, je sens que ce nouveau mot ne va pas me servir à grand-chose. Mais insidieusement, pendant des années, ces petits mots allemands ou italiens présents partout sur les produits que j’achète à la Migros ou à la Coop se font une place dans mon petit cerveau, et me rendent ces langues (vaguement) familières. Quel enfant suisse n’a jamais joué à "tu me passes le lait/milch/latte s’il te plaît?".

 Ce qui ne m’a pas empêché d’imaginer 1000 façons d’assassiner Mme Bartz, ma prof d’allemand immanquablement habillée comme une serveuse de la fête de la bière de Munich.

Leçon no 2: La barrière de rösti

Swiss-Cuisine-Rosti-Recipe.jpgOn est le seul pays au monde à avoir une frontière linguistique faite de patates râpées et passées à la poêle. Cette charmante expression symbolise l’énorme fossé culturel qui existe entre les suisses romands et les suisses allemands. Et si c’est une spécialité culinaire qui a été choisie pour représenter ce mur, ça n’est pas pour rien.

 Quand le romand salive devant un bon steak grillé accompagné de frites, le suisse allemand l’émince, le noie sous une sauce brunasse souvent un peu sucrée, et l’accompagne de rösti. Quand il est en forme, le suisse allemand rajoute encore un peu de compote de pomme, de la crème fouettée, ou de la confiture. En Suisse romande, on préfère prendre le dessert après le plat principal, pas sur le plat principal. Ceci dit, c’est peut être pour ça que les Suisses allemands sont plus productifs au travail, ils expédient ainsi le repas de midi plus vite que les romands.



Si ces différences n’étaient que culinaires, on en rirait tous ensemble, suisses totos et welches, autour d’un bon verre de schnaps. Le problème, c’est qu’en Suisse, on ne fait pas que manger, on vote aussi (voir leçon 3). Et là, les résultats des votations sont souvent parfaitement délimités par la frontière linguistique sautée au beurre. A part quelques grandes villes progressistes comme Bâle ou Zürich, à toutes les initiatives auxquelles les romands disent oui (et pour lesquelles le oui semble évident), les alémaniques disent NEIN. Ce qui leur vaut le joli surnom de "Neinsager". 



Mais ne vous y méprenez pas, à part le fait qu’ils portent des chaussettes blanches avec leur costard la semaine, et des chaussettes tout court avec leurs sandales Birkenstock le week-end, les Suisses allemands ont aussi quelques qualités que je dois leur reconnaître: ce sont les champions du bio et des économies d’énergie, ils sont organisés, productifs, disciplinés. Dans les villes, la vie culturelle est souvent riche, ils sont créatifs et audacieux en matière d’architecture ou d’art. Et ils parlent presque tous le français, contrairement aux romands, dont une grande majorité fait une allergie sévère à la langue de Christoph Blocher (ainsi qu’à Christoph Blocher lui-même).

Leçon no 3: La démocratie directe

RTEmagicC_voter-05_01.jpg.jpgNous avons la chance en Suisse de pouvoir voter tout au long de l'année sur tout et n'importe quoi, au niveau fédéral, cantonal et communal. Il suffit qu'une initiative populaire recueille suffisamment de signatures pour que ce soit le "peuple souverain" qui décide, même s'il n'y comprend parfois rien au premier abord. Dès lors, deux choix s'offre à lui: faire ses devoirs et passer des heures à lire et soupeser les arguments des uns et des autres, ou faire confiance à un parti politique en suivant ses consignes de vote. Quel bonheur me direz-vous, vous avez la possibilité de rallonger la durée des vacances et de faire baisser les impôts! Eh bien, ne vous réjouissez pas trop vite: quand on demande son avis au peuple helvétique, il préfère travailler plus et payer plus. Car le Suisse, sur ce genre d'objets, est "raisonnable". Enfin, surtout les Suisses allemands (voir leçon 2).

Le revers de la médaille? La démocratie directe favorise presque toujours le repli national ou l'expression de la peur de l'autre, que ce soit en durcissant la loi sur l'asile ou en interdisant les minarets. On reçoit de jolies enveloppes environ quatre fois par an, on se triture les méninges, on met des petites croix là où ça nous semble juste, puis quand les résultats tombent, on est souvent frustrés, scandalisés, honteux pour la Suisse tout entière. Enfin, surtout les Suisses romands de gauche et ceux qui n'ont pas pris la peine de voter (et ce sont parfois les mêmes).    

Leçon no 4: Le cervelas 

2456042529_small_1.jpgVenons-en maintenant enfin à l'essentiel. Tout suisse qui se respecte a déjà grillé des cervelas au bout d'un bâton sur un feu en pleine nature, en ayant pris le soin de couper les bouts en croix pour les voir avec émerveillement se recroqueviller sous la chaleur. Le cervelas est une saucisse à la chair finement mixée pour qu'on ne sache pas ce qu'il y a dedans (la recette exacte est d'ailleurs un secret d'état, mais ça ne doit pas être loin de ce qu'on trouve dans la pâtée pour chats). Malgré sa composition douteuse, le cervelas est un plat national très apprécié et ma foi pas si mauvais au goût. 

Jusque là, vous me direz, tout va bien, vous les Suisses, mangez vos saucisses pas nettes et basta. Mais non, ça n'est pas si simple. Car le cervelas n'est pas à 100% suisse. La peau qui l'entoure est du boyau de bœuf brésilien, qui donne à notre saucisse préférée un goût particulier et une légère courbure de bon aloi. Sans ce délicat arrondi, le cervelas ne serait plus le cervelas.



Lorsque la maladie de la vache folle a fait un retour en force au Brésil il y a quelques années, la fameuse peau a été interdite d'importation et le cervelas tel qu'on le connaît a bien failli disparaître. C'est un peu de notre culture qui a été menacée. Drame national, l'économie poussait de grands cris (plus de 160 millions de cervelas vendus chaque année quand même), les politiques montaient sur leurs grands chevaux et la population était au bord de la révolution. Depuis, des boyaux alternatifs ont été trouvés, et le cervelas, apprécié tant par les romands que les alémaniques, fait toujours figure de ciment national.

10/02/2013

Coupable!

url.jpegJe suis gênée. 

Bien sûr, j'apprécie d'étirer la nuit entourée d'amis sur le trottoir de la Bretelle ou du café de la Plage. Comme tout le monde, parfois je ris, je parle fort, je m'exclame. Les effets de la chaleur humaine combinée au Chardonnay bien frais me font parfois oublier que nous ne sommes pas seuls au monde. 

Car ensuite, quand on a enfin réussi à nous chasser du trottoir après avoir grapillé quelques moments supplémentaires de conversations devant les vitrines éteintes avec notre dernier verre transvasé dans un gobelet en plastique, je rentre chez moi, dans une calme et cossue commune périphérique, où aucun noctambule ne met jamais les pieds. 

Là, dans la nuit silencieuse et cotonneuse, fenêtre ouverte sur le bruissement d'un ruisseau, je m'endors le sourire aux lèvres, sans aucune pensée coupable, et sans empathie pour ceux qui continuent de subir les cris et les conversations animées, là-bas, sur les trottoirs du centre ville. Ma réalité s'est simplement déplacée, du bitume de la rue Vautier ou de la rue des Etuves, à mon cocon protégé de toute nuisance. 

Aujourd'hui, j'y repense. Combien d'habitants de ces rues ai-je involontairement agressés, exaspérés par mon insouciance? De combien d'entre eux ai-je gâché la nuit, puis par extension la journée du lendemain? Certes, les tenanciers des établissements que je fréquente ont souvent chuchoté à mon oreille, me rappelant la présence d'habitants ensommeillés. Certes, j'ai alors toujours baissé le ton… mais pendant combien de temps, avant la prochaine blague, la prochaine chanson révolutionnaire entonnée a capella? Je ne sais plus. 

Je n'ose pas m'insurger, me sachant coupable. Oui, à un moment où à un autre, j'ai été coupable d'égoïsme, d'excès d'alcool, de rire sonore. Je pourrais promettre de me faire discrète, de parler tout bas, mais n'est-il pas trop tard? Certains parmi mes bars préférés fermeront leur portes à minuit, la punition est tombée, et je la mérite, sans doute. La mort du centre ville n'est pas une fatalité pourtant, il suffirait de savoir faire preuve d'un peu de respect et d'intelligence. Si seulement ces deux qualités n'étaient pas solubles dans la boisson alcoolisée et les élans de l'amitié. 

31/12/2012

Dites oui à l'Etoile de la Mort!

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Fans de "Star Wars", cette nouvelle va vous combler, car vous en avez sûrement tous rêvé: la Maison Blanche se retrouve dans l'obligation d'étudier la possibilité de construire une "Etoile de la Mort". Ou en tout cas de prendre position face aux pétitionnaires qui la réclament via le site participatif de la Maison Blanche "We the People”.

Pour rappel, l'Etoile de la Mort, arme ultime de l'Empire dans le premier épisode de la trilogie originelle Star Wars, est une station spatiale de la taille de la lune, dotée d'un rayon laser capable de détruire une planète entière. Elle emploie plus d'un million de personnes. Elle fut détruite, puis reconstruite encore plus grande dans le deuxième épisode "The Empire strikes back". 

Créée le 14 novembre, la pétition a atteint dans le délai réglementaire de 30 jours les 25'000 signatures nécessaires pour que l'administration Obama soit contrainte d'y apporter une réponse officielle. A ce jour, elle a même dépassé les 33'000 signatures. Ce qui reste toutefois modeste, à l'échelle de la population des Etats-Unis. La barre des 25'000 paraphes, électroniques qui plus est, peut dès lors être atteinte très rapidement. Toutes les pétitions étant acceptées, il est à craindre que l'administration Obama doive assez souvent répondre à ce genre de questions farfelues. La pertinence même de ce site est d'ailleurs maintenant remise en question. 

Mais ne nous y trompons pas, les initiateurs de la pétition semblent, eux, prendre leur demande très au sérieux. "En concentrant les ressources de la défense dans une plateforme spatiale armée telle que l'Etoile de la Mort, le gouvernement pourra soutenir la création d'emplois dans les domaines de la construction, l'ingénierie, l'exploration spatiale, et bien plus, renforcer la défense du territoire américain", disent-ils. 

Mais quelques détails se mettent déjà en travers de cet audacieux projet: selon des étudiants de l'Université de Lehigh, qui se sont amusés à étudier la faisabilité du projet, il faudrait environ 800'000 ans simplement pour produire la quantité de métal nécessaire à la construction de l'Etoile, qui devrait avoir un diamètre de 140 km. Pour démarrer en 2016 comme exigé dans la pétition, cela va donc être un peu juste.

Il ne faut pas oublier que l'Empire avait à sa disposition, dans les films de Lucas, les ressources naturelles d'innombrables planètes, ainsi que des millions d'ouvriers sous-payés venus de toute la galaxie. Avec sous la main une seule misérable planète déjà surexploitée, et des finances au plus bas (le coût total estimé par les étudiants de Lehigh est de 852 millions de milliards de dollars), Barack Obama a peu de marge de manoeuvre. 

Ce n'est pas la première fois que la station spatiale imaginée par Georges Lucas fait une incursion dans le monde réel et suscite les passions. Lorsque la sonde Cassini a ramené en 2004 une photo d'une étrange planète présentant un cratère la faisant ressembler à l'arme de l'Empire, de nombreux fans étaient persuadés qu'une Etoile de la Mort avait été construite dans le plus grand secret pour nous préserver contre les invasions ennemies. Il s'est avéré qu'il s'agissait en fait de Mimas, un des 31 satellites de Saturne. Moins glamour, mais certains croient encore dur comme fer que la nouvelle Etoile existe déjà, et qu'on nous cache la vérité. 

L'Etoile de la Mort n'a donc pas fini de nous faire rêver. Et on attend avec la plus grande impatience la réponse du gouvernement américain. Allez, Barack, fais un effort!