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06/10/2012

De la vie politique sur les réseaux sociaux

FacebookUSPoliticsHudsonHorizons.jpeg"Les réseaux sociaux contribuent directement à l'expression de la démocratie", assénait le Premier ministre français François Fillon lors des Assises du Numérique, en novembre dernier à Paris.

Un fait récent vient donner un nouvel éclairage concret à ce constat. De jeunes entrepreneurs français ont utilisé Facebook et Twitter pour manifester leur mécontentement envers un projet de loi désavantageux pour leur activité. Créée fin septembre, leur page Facebook compte déjà près de 60'000 fans, et leur compte Twitter 650 abonnés, avec un grand succès pour le tag #geonpi. Les médias, toujours friands des buzz des réseaux sociaux, se sont emparés du sujet et ont amplifié le mouvement. Au point de faire plier les deux ministres en charge du dossier, qui ont assuré être prêts à faire machine arrière. 

En tant citoyens, nous avons donc aujourd'hui à notre disposition de nouveaux outils pour échanger avec les élus et les partis politiques, et faire entendre notre voix. Les rassemblements de mécontents peuvent se tenir sur Facebook parfois plus efficacement que dans la rue, ou en tout cas faciliter les mobilisations. Les citoyens saisissent de mieux en mieux le pouvoir que leur confère Facebook et Twitter comme moyen d'expression et comme levier démocratique. Avec toutes les dérives que cela implique. Les débats profonds et constructifs avec les élus connectés laissent de plus en plus souvent la place à des échanges violents, dans lesquels ces derniers se font attaquer, insulter ou diffamer de front, sans aucun filtre. 

Des lapidations virtuelles favorisées par l'anonymat ou le voile de la virtualité, qui n'auraient jamais lieu avec une telle violence lors de faces à faces dans la rue ou sur les stands. Les femmes et les hommes politiques se rendent certes plus proches de ceux qui les ont choisis, et s'offrent un terrain de jeu efficace pour faire campagne, mais sont-ils tous conscients du danger que représente cette exposition, pour leur équilibre et pour le bon accomplissement de leur tâche? La tendance aux "burn-out" politiques pourrait malheureusement s'intensifier, et pas seulement chez les élu(e)s UDC. 

Il n'est donc pas étonnant que certains élus choisissent de bouder les réseaux sociaux. En effet, du côté des pages personnelles, on peut constater de grandes disparités: certains en sont complètement absents, par désintérêt ou par souci de protection de leur vie privée ou de leur image, alors que d'autres les utilisent abondamment, parfois même de façon très déséquilibrée en regard de leurs interventions publiques ou leurs prises de paroles. Cet effet pervers touche certains élus transparents (pour ne pas dire inexistants) dans les séances plénières, mais omniprésents sur les réseaux sociaux. On en voit ainsi rendre compte en direct des séances du Conseil Municipal et du Grand Conseil, au point qu'on se demande s'ils ne passent pas plus de temps à tapoter sur des touches qu'à écouter leurs pairs, ou à s'exprimer. Si Facebook et Twitter se révèlent des outils précieux d'échange avec la population, il semble malsain qu'ils se substituent entièrement chez certains à un dialogue direct sur les stands des partis, dans les débats publics, ou avec les médias. 

Du côté des partis politiques, on est encore globalement un peu à la traîne, semble-t-il. Ils ne devraient pourtant pas ignorer cette tendance à la politique 2.0, et adapter sans cesse leur communication et leur fonctionnement à cette nouvelle réalité, en étant plus réactifs, plus dynamiques. Une étude menée cette année par Virtua pointe des réalités qui devraient aider à tirer la sonnette d'alarme dans certains comités directeurs, au niveau fédéral comme cantonal: Tout d'abord, il ressort que les partis politiques suisses n'ont pas encore tous saisi l'importance des réseaux sociaux pour leur communication, avec un nombre de fans réduit sur Facebook (seulement 20'000 répartis entre les sept formations fédérales). Ensuite, tous les partis cantonaux ne sont pas présents sur la plateforme, et plus de la moitité d'entre eux n'ont pas de lien vers leur page Facebook depuis leur site. Quand ils sont présents, on a souvent de la peine à distinguer une ligne éditoriale claire, ou un "ton" spécifique, faisant la "personnalité" de la page ou du flux Twitter. Comme si plusieurs responsables se passaient la patate chaude de la communication online. 

On peut donc déduire de cette étude que les partis politiques sous-estiment globalement l'importance de se doter d'un véritable "community manager". Une fonction pourtant vitale de centralisation des informations, et de traduction des programmes ou des actualités politiques dans un langage adapté aux réseaux. Le rythme des publications peut être également perçu comme un indicateur de la vitalité d'un parti, et l'on constate que celui-ci est souvent irrégulier, transmettant une fausse image d'inactivité globale. 

A l'ère du microblogging instantané, on ne pardonne plus à un parti ou à un magistrat d'avoir même quelques heures de retard sur l'actualité. Pour exemple, Pascal Décaillet (pourtant absent de Twitter, mais utilisant intensément son mur Facebook comme un outil de microblogging tout au long de la journée) qui a récemment tancé le parti socialiste genevois pour avoir commis l'erreur, selon lui, d'attendre 24h (soit le lundi après-midi) pour réagir aux résultats de la votation du dimanche 23 septembre sur les rues piétonnes en Ville de Genève. Ou encore l'attente (vaine) constatée dans les milieux culturels d'une réaction rapide de Sami Kanaan sur sa page Facebook suite à l'annonce de la privatisation de la gestion de l'Usine Sicli. 

Le monde politique se doit ainsi d'être constamment connecté, et des réactions officielles instantanées sont aujourd'hui considérées comme un dû par les citoyens et parfois par les journalistes. Le moindre silence ou atermoiement numériques peut être perçu comme du mépris, du désintérêt, ou pire, un manque de compétences. Les partis comme les élus vont devoir continuer de s'adapter constamment à cette nouvelle réalité, dans une société où l'information circule de plus en plus rapidement, et dans laquelle les réseaux sociaux sont devenus la nouvelle agora. 

17/09/2012

Effacer et réécrire

CB.jpgUn quartier mort, sinistré. Même la Coop y a fermé ses portes, remplacée par Aldi, dans un centre commercial glauque et vétuste. Peu de terrasses sur la rue, sinon les quelques vagues tables d'un bistro minable, à l'entrée du Brico Loisirs. La rue François-Perreard? Une friche industrielle. L'avenue François-Adolphe-Grison? Vide, et sans intérêt, sinon l'excellente pizzeria Borgia, dont la terrasse se cache -à raison- dans la cour. La place de la Gare? Un parking, et une zone dangereuse à la fois pour les automobilistes et les piétons. La rue Dr-Georges-Audéoud? Une rue-parking pour les clients de la quincaillerie Baud ou ceux de la Migros. Rien à préserver, rien à défendre. 

Et enfin, grâce au CEVA, arrive un projet ambitieux, avec une place piétonne, de nouveaux logements, de nouveaux commerces. Les habitants et les autorités de Chêne-Bourg devraient se réjouir de cette aubaine, de cette opportunité de faire enfin vivre dignement ce quartier sans attrait. Pourtant, le Conseil Municipal et le Conseil Administratif de la Commune viennent de donner un préavis négatif unanime au Plan Localisé de Quartier. Incompréhensible! 

Principal grief? La barre d’immeubles de 140 m de long, prévue à la rue François-Perreard (qui n'a de rue que le nom), qui va, selon une conseillère municipale s'exprimant dans la Tribune de Genève, "séparer notre commune en deux, créer une barrière infranchissable entre le nord et le sud". Comme si ces deux zones avaient jamais communiqué, séparées qu'elles sont par les rails du train et une barrière végétale non entretenue, avec comme seul lien l'ancien passage à niveau de l'avenue de Bel-Air. Il semble au contraire que, loin de couper la commune en deux, le projet va enfin réunir ces deux zones, via la voie verte et les nouvelles les habitations prévues au nord de celle-ci.

Autre argument de la commune: sa densité de population, et la péjoration de la qualité de vie des habitants en cas de constructions supplémentaires. La densité de Chêne-Bourg est toute relative et à replacer dans son contexte, sachant que c'est une commune-ville coincée entre Thônex et Chêne-Bougeries, sans zones agricoles ou grand parc pour pondérer les chiffres. En quoi la transformation de zones en friche, de plus extrêmement bien situées pour de futurs habitants, aurait-elle un impact négatif? Elle apportera au contraire de la vie, du dynamisme, et de nouveaux consommateurs pour les commerçants et restaurateurs, qui attirent à ce jour peu de clients des communes voisines. 

Nommé "Palimpseste", le projet donne le ton juste. Pour effectivement créer "des espaces qui seront un lieu de vie, d’échanges ou de flânerie", une seule solution pour ce triste quartier, effacer et réécrire.

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La rue François-Perreard, une zone en friche

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La place de la Gare, un parking

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La seule terrasse de la place de la Gare


07/09/2012

Un apéro pour rien


225943_1905237224670_1718661_n.jpegCe lundi, c'était la rentrée des apéros au jardin. Après deux mois dispersés aux quatre vents, nous avions hâte de nous retrouver entre amis autour de quelques verres, et d'échanger nos aventures estivales. Vacances trépidantes, nouvel amoureux, anecdotes de boulot, chacun était dans les starting blocs pour ouvrir le feu d'une soirée qui s'annonçait bien. 

Mais à peine étions-nous installés autour d'un verre de pastis que l'ambiance tournait déjà au vinaigre. Pourtant, tous avaient écouté plus ou moins patiemment mon récit d'introduction à la soirée. J'avais pu sans encombre mettre tout le monde à jour sur l'agenda culturel de la semaine à venir, les décès et les naissances survenus depuis notre dernier apéro, et j'avais même eu l'occasion de frimer en brandissant un trophée de beach volley vaillamment gagné au Club Med. 

C'est alors que François*, l'aîné de notre petit groupe, a annoncé avec grandiloquence qu'il estimait avoir la priorité pour nous faire le rapport complet de ses vacances à Ibiza. Mais Georges* ne l'entendait pas de cette oreille. Lui coupant la parole, il a clamé d'une voix forte qu'il avait un nouveau boulot et qu'il était plus urgent que ce sujet soit traité en premier. Après une demi heure de palabres et d'argumentation sur la priorité de la vie professionnelle sur les vacances, nous ne savions toujours rien ni d'Ibiza, ni du nouveau job. 

Geneviève* s'est alors levée, outrée, pour nous lancer:  "Et l'amour, alors, n'est-ce pas ça le plus important?". Il faut dire qu'elle avait attendu des semaines de pouvoir nous parler enfin du jeune et beau Marco, rencontré sur une plage italienne. Un long débat philosophique sur l'importance que l'on devrait accorder à la vie sentimentale s'en est alors suivi, reléguant à notre grand dam au second plan le récit des nuits torrides avec le Don Juan des sables.

Les heures qui ont suivi ont été des plus pénibles, malgré les bonnes bouteilles et les petits fours. Chacun estimant que son histoire était plus urgente que celle des autres, et étant prêt à se battre pour la livrer en premier, le ton est monté, les verres ont volé, les chaises ont été renversées, les voisins ont gueulé, et nous nous sommes tous quittés fâchés et frustrés. Nous nous sommes vus, avons longuement débattu et brassé beaucoup d'air, mais nous ne nous sommes au final rien raconté. 

 "Tu imagines ce que ça donnerait si le chaos de cette soirée était transposé au niveau de notre gouvernement?", m'a alors demandé Patrick*, le dernier irréductible et indéboulonnable invité, après avoir vidé d'un trait son énième shot de slivo. On s'est longuement regardés, chacun tentant de visualiser cette hypothèse cocasse, avant d'éclater de rire. "On serait vraiment dans la merde!".  

 

*Prénoms fictifs (vu le ridicule de la situation)

Newsletter en direct

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Passionnée de politique locale, je ne rate jamais une seule séance du Conseil Municipal de la Ville de Genève, que ce soit en direct, ou en différé si je suis occupée ailleurs. Ce lundi 3 septembre, en manque de mon feuilleton préféré qui avait été interrompu tout l'été, je m'installe confortablement à 17h devant mon écran, avec bière et pop corn en main, prête à boire les paroles de nos chers élus. 

Mais dès la première image (et la première gorgée de bière), je commence à déchanter. On arrive en retard, on papote, on remue des papiers, et rien ne se passe. Il s'agit pourtant d'une séance supplémentaire destinée à rattraper le retard accumulé pendant le premier semestre, et munie d'un ordre du jour de 167 points. 

Quand, enfin, on ouvre la séance avec 20 minutes de retard...

on invite les conseillers municipaux à une visite archéologique, sans être sûr soi-même au moment de l'annonce ni de la date, ni de l'heure, 

on présente son trophée de beach rugby ("on peut gagner des trophées même si on ne gagne pas tous les matchs" nous dit-on fièrement), 

on rappelle qu'il y a des pins pour les élus et que ceux qui ne l'ont pas eu lors de la sortie en Valais peuvent venir les chercher, et que c'est chouette qu'on ait enfin des pins pour montrer qu'on est un Conseiller municipal (comme s'il y avait de quoi en être fier, en ce moment),

on transmet des condoléances, 

on fait une minute de silence à la mémoire d'une ancienne collègue décédée, 

on lance des félicitations pour des naissances, 

on remercie l'exploitant de la buvette,

on se félicite que les archives soient enfin numérisées et en ligne.

Près de 30 minutes se sont donc déjà écoulées depuis le début de la transmission de la séance. Le tout rythmé -si on peut dire- par un président tellement lent, poussif et confus qu'on a envie de le secouer pour qu'il sorte plus d'un mot à la minute, et que ça avance enfin un peu. 

Toutes ces informations chronophages et non vitales ne pourraient-elles pas être transmises par écrit aux Conseillers municipaux, via une petite newsletter envoyée régulièrement par email? Cela pourrait peut-être éviter au pauvre citoyen-spectateur (et aux Conseillers municipaux eux-mêmes) de s'endormir avant même le début des débats. En supposant évidemment qu'il y ait une bonne raison de se réveiller pour assister aux débats en question... 

15/08/2012

Le dilemme de l'électeur de gauche

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Si je pouvais voter en Ville de Genève, l'élection complémentaire au Conseil Administratif me mettrait dans l'embarras. Le cinquième siège ne peut décemment pas revenir à la gauche, on est (presque) tous d'accord. Un Conseil Administratif monocolore (pour autant que les différentes formations de l'Alternative tirent effectivement à la même corde) serait contre-productif.

Et pourtant, la "mégère déguisée du PDT", comme l'appelle un Conseiller Municipal PDC sur mon mur facebook, est candidate, contre l'avis d'Ensemble à Gauche. "Point n’est besoin donc d’être adoubée par les partis qui pensent que veulerie est un synonyme de consensus démocratique pour être la candidate du Peuple de Genève", assène-t-elle avec le franc parler qui la caractérise. Soit. Voter pour elle est donc tentant, bien que, "crétine des Alpes" convaincue, il me semble évident que ma voix ne servirait qu'à confirmer qu'une présence de la gauche est nécessaire dans toute élection, même sans aucune chance de l'emporter.

Mais voyez-vous, même si je ne peux la donner, je considère ma voix comme précieuse. A offrir à celui que j'aurais envie de voir nous servir, et non simplement destinée à marquer le coup. Alors, admettons, pour le plaisir, que je puisse faire un choix. Après tout, je travaille sur le territoire de la Ville, et souvent même pour le compte de la Ville. Je me sens donc directement concernée. Devrais-je voter à droite, pour la première fois? Non, en fait, pas pour la première fois: mon passeport français m'avait déjà poussée à voter Chirac, en des temps troublés. Je m'en suis remise, mais la cicatrice est toujours visible.

Alors? Me laisserais-je convaincre par Claude Haegi de voter la "continuité"? Guillaume Barazzone, PDC, incarne-t-il vraiment la continuité de l'action d'un Radical? L'ancien Conseiller d'État avoue sur son blog tout frais que "cette stratégie s’inscrit dans le prolongement de la campagne de Pierre Maudet". Mais je ne donnerais pas ma voix au "minet endimanché du PDC" (dixit Salika Wenger) simplement pour soutenir une promesse de renvoi d'ascenseur. Je préfèrerais de loin un candidat qui prend l'escalier, et qui transpire pour arriver par ses propres moyens au dernier étage.

Il en est trois qui mouillent la chemise, justement. Olivier Fiumelli, dit "le fonctionnaire", Jean-Marc Froidevaux, dit "l'homme du passé" et Alain de Kalbermatten, que personne n'a encore songé à affubler d'un surnom, ce qui est malheureusement révélateur. Car les noms d'oiseaux fusent déjà de toutes parts, et étant lancés par les candidats eux-mêmes (adoubés ou en ballotage), je ne vois aucune raison de ne pas les utiliser. C'est trop jouissif, excusez ma faiblesse.

Revenons donc à ceux qui suent. Nous saurons vendredi matin, au plus tard, si le PLR présente un de ses deux candidats déclarés, ou aucun, courbant ainsi l'échine devant le PDC. Au sein du parti centriste, les dés semblent joués. Après tout, qui peut rivaliser avec le charme et les soutiens poids lourd de la "marionnette" (dixit Pascal Décaillet)?

Ainsi, j'aurais pu être appelée par défaut à voter PLR. Toutefois, malgré l'envie de gouverner (on n'utilisera pas le mot "servir", tant les dents longues semblent peu compatibles avec le port du plateau d'argent) affichée par Olivier Fiumelli, je suis un peu rebutée par son attitude trop conquérante et peu respectueuse de ses concurrents. Jean-Marc Froidevaux, par contre, m'a toujours fait l'effet d'un homme modéré et d'une grande finesse d'esprit. A mon sens le plus apte à occuper avec intelligence une position solitaire et délicate face au bloc de la gauche.

Je n'ai pas mentionné Eric Bertinat, me direz-vous. Je vais le faire, mais seulement pour vous livrer son petit nom du moment: "le très catholique UDC". Salika aurait pu trouver pire. "Eric Bertinat est candidat", clame-t-il sur son blog, parlant de lui-même à la troisième personne (ou copiant-collant le dernier communiqué de presse de son parti). Je crois que je préfère encore ceux qui abusent dès maintenant du "je".

J'attends donc avec impatience et une grande curiosité la décision du PLR, qui se réunit demain soir, jeudi. Tout comme Jean-Marc Froidevaux, "à ce débat, je participerai, de la campagne je m'en réjouirais, je m'en réjouis déjà". Même si, cette fois, je ne pourrai malheureusement pas donner officiellement de la voix.