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14/11/2015

De l'horreur à la solidarité

salon-2012-carre-noir-big.jpgBoire un verre en terrasse en se disant qu’on a de la chance qu’il fasse si bon pour la saison,
Vibrer, chanter, danser, dans une communion de sueur et de joie avec d’autres fans de rock,
Ou simplement sortir de chez soi, se balader, humer l’air, insouciant.

Quand ces petits bonheurs simples du quotidien deviennent des antichambres de la mort…
Quand le mot "attaque kamikaze" n’évoque plus seulement la Syrie ou le Liban, mais une ville si proche où on a de la famille et des amis,

Alors on comprend que tous ceux qui voient chaque jour ou presque leurs petits bonheurs écrasés, explosés, anéantis (au point d’oublier qu’ils les ont jamais vécus), ceux qu'on appelle froidement "migrants", partent sur les routes, au péril de leurs vies, pour fuir l’horreur.

"L’horreur" qu’on voit ce matin sur de nombreuses Unes de journaux, qui qui nous touche, nous aussi, aujourd’hui, ici, dans notre chair, dans notre âme. Puisse-t-elle, petit espoir vacillant, définitivement ouvrir nos coeurs à la compassion, à la générosité, au partage, à la solidarité…


11/06/2015

Le piano perdu

pianos, genèveDeux concerts exceptionnels ont réuni les amoureux de la musique prêts à sortir des sentiers battus. 

Dans le cadre du projet « Jouez, je suis à vous » qui offre depuis 5 ans de nombreux pianos en libre service aux quatre coins du canton, Dan Acher (Happy City Lab) a trouvé, avec The Lost Piano, une nouvelle manière de repousser les frontières, autant de la ville que psychiques: il a installé un piano à queue perdu au milieu d’un champ, en pleine nature.

LiA et Kara Sylla Ka ont été les premiers artistes à tester ce tout nouveau concept les 9 et 10 juin 2015.

C’est une nouvelle expérience de la musique et une vraie aventure. On embarque une couverture, on enfourche son vélo ou on prend le bus, on sort de la ville… On aperçoit au loin un piano à queue, on s’approche, on s’installe. La nuit tombe petit à petit au milieu des notes. Puis il est temps de repartir, dans le noir, à la lampe de poche, après avoir partagé un moment magique et unique!

Jouez, je suis à vous

60 pianos dans 24 communes du Grand Genève (Canton de Genève, Ain, Haute-Savoie et Nyon)

Jusqu’au 21 juin 2015

Photos: ©Sébastien Puiatti et ©Happy City Lab
www.jouezjesuisavous.com

pianos, genève

pianos, genève

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15/02/2015

Cordon ombilical

smartphone, autonomie, batterieLa faible autonomie de la batterie des smartphones ne nous permet plus, aujourd'hui, de passer une journée entière sans les relier régulièrement à leur cordon ombilical. L'angoisse pour l'utilisateur en déplacement? Trouver une prise électrique, et vite.

Quand j'ai pris possession de mon premier téléphone portable en 1997, on me promettait la liberté. Et on ne me mentait pas, à l'époque. Ces petits appareils avec pour seule fonction de téléphoner étaient peu gourmands en énergie et pouvaient rester au fond de notre sac pendant plusieurs jours sans montrer de signes de faiblesse. Mais ça, c'était avant. Aujourd'hui, mon téléphone est "smart", mais paradoxalement, il ne peut plus survivre plus de quelques heures sans être relié à une prise électrique. De coureur de fond, il est devenu sprinter, c'est-à-dire puissant et rapide, mais sur une très courte distance.

Du sentiment de liberté des débuts, on est passé à l'angoisse de la batterie à recharger. J'ai beau le mettre sous perfusion toute la nuit, si j'ai devant moi une longue journée en déplacements, mon appareil si intelligent me lâchera avant le soir. Sauf si je l'ignore, ne l'utilisant que pour passer quelques coups de fils, comme au bon vieux temps. Mais comment résister à la tentation de consulter mes emails, de nager dans le flux Facebook, de jouer au Scrabble en ligne, de consulter les horaires CFF ou de poster quelques photos sur Instagram?

Alors, partout où je vais, je traque les prises électriques. Dans le train, au restaurant, au salon de coiffure, chez mes amis, je les repère au premier coup d'œil, et avec un soupir de soulagement, je branche mon smartphone. Je vais gagner quelques pour-cent de batterie, de quoi tenir un petit peu plus longtemps...

Malgré tout, le moment tant redouté finit toujours par arriver. Mon smartphone, avec une petite vibration, rend son dernier souffle. L'écran noir reflète mes traits sous tension. Vivant, il me connectait au monde. Mort, il fait office de miroir, me mettant face à ma dépendance. Je vous le dis, la prochaine grande révolution en termes de téléphones portables ne sera ni dans la forme, la taille, l'épaisseur, ni dans les fonctions. Ce que le monde connecté attend aujourd'hui, c'est juste une batterie qui l'accompagne du matin jusqu'au soir.

03/02/2015

Boîtes d’échange entre collègues: l’innovation sociale en action


20141126_151133_1.jpg« Roman policier cherche détective passionné »; « DVDs Disney cherchent petites bouilles à distraire l’après-midi »; « Boucles d’oreille cherchent jolies oreilles à habiller ». Ces petites annonces trônent comme un appel sur deux drôles de boîtes installées dans les couloirs du centre administratif des SIG (Services Industriels de Genève). Estampillées « boîtes d’échange entre collègues », elles sont à la disposition des 1’700 employés de l’entreprise genevoise. Un peu plus grandes qu’une caissette à journaux, les collaborateurs peuvent y déposer des objets dont ils n’ont plus l’usage et qui pourraient faire plaisir à un collègue au lieu de les jeter ou de les détruire. Ainsi, ces objets entament un second cycle de vie. 

Ce projet a tout d’abord vu le jour dans les rues, à destinations des habitants d’un même quartier. Lancées à Genève fin 2012 par l’association « Tako Propagande culturelle », plus de 30 boîtes d’échange entre voisins ont depuis été installées avec succès dans toute la Suisse romande. C’est sur la suggestion d’une collaboratrice s’exprimant à travers la boîte à idées interne de SIG que les toutes premières « boîtes d’échange entre collègues » ont vu le jour à l’automne 2014 dans l’entreprise. 

 « Un projet novateur très humain »

« Les objets qui sont déposés dans la boîte d’échange ont souvent une histoire. Lorsqu’on passe à proximité des boîtes à SIG on imagine l’émotion que tel livre a pu donner à son ancien propriétaire ou alors l’histoire de ce beau sac à main déposé tôt un matin. », souligne Caroline Santoro, responsable événementiel à SIG. La jeune femme a porté avec enthousiasme ce projet innovant auprès de sa direction, malgré ses craintes initiales. Comment ce concept, conçu pour l’espace public, la rue, allait-il s’adapter au monde institutionnel de l’entreprise? Que faire si du contenu inadéquat ou indésirable est déposé, alors que l’on est dans un cadre professionnel, où des clients et partenaires sont accueillis? Qui va surveiller la vie des boîtes, afin qu’elles restent propres et bien rangées? 

Toutes ces questions ont été partagées à SIG entre les trois collaboratrices qui ont œuvré pour ce projet. Quelques mois plus tard, Caroline Santoro est plus que satisfaite du résultat: «Cela a été une très bonne surprise. Dès le lendemain de l’installation des boîtes, elles étaient déjà pleines d’objets intéressants et en bon état, et elles ne désemplissent pas depuis: j’y ai vu passer des sacs à main de marques, des chaussures neuves. Mais il est vrai qu’on y trouve principalement des livres».  A sa plus grande satisfaction, les boîtes d’échange ont été immédiatement adoptées par les collaborateurs. Elles sont remplies, vidées, rangées… en bref, elles vivent en bonne autonomie. 

Un pont pour les relations inter-personnelles

Avec les boîtes d’échange entre collègues, les relations inter-personnelles s’intègrent dans la vie professionnelle: on apporte quelque chose de chez soi que l’on donne à ses collègues de travail, ou on emporte chez soi quelque chose mis à disposition par un de ses collègues. « Quand on dépose ou on choisit un objet, on donne une information sur ses goûts en matière de lecture ou de musique, ou sur ses hobbies, ses passions, ce que tout le monde n’a pas forcément envie de partager avec ses collègues spontanément», souligne Caroline Santoro. C’est pourquoi les boites d’échange ont été placées dans des lieux de passage adéquats au sein de l’entreprise. Cela permet aux collabarateurs de les utiliser à leur bon gré. SIG préserve ainsi le besoin de discrétion légitime de certains collaborateurs.

Un outil de RSE

Dans le cadre d’une politique de responsabilité sociale des entreprises (RSE), les boîtes d’échange entre collègues constituent un outil de communication innovant et de marketing RH qui favorise un climat social respectueux. Elles consolident les liens de confiance et participent à faciliter la collaboration entre collègues. Adaptable et modulable dans son déploiement dans l’entreprise, autour de la boîte d’échange entre collègues peuvent se décliner les différentes mesures de stimulation de l’innovation sociale en entreprise. Un nouveau sentiment d’appartenance prend forme autour des opportunités d’échange, de rencontres et de plaisir à partager et créer du sens pour les valeurs de la culture de l’entreprise. 

Cet article est initialement paru dans la Revue HR Today no 6, février-mars 2015

31/07/2014

Déclaration d'amour

91930_t6.jpgPolémique autour du drapeau suisse au 1er août / Déclaration d'amour d'une marseillaise à son pays d'adoption:

Naturalisée en 1991 après avoir grandi en Suisse depuis l'âge de 6 ans, je sui profondément attachée à ce pays, à ses valeurs, à sa démocratie et à ses symboles. Au point que, je l'avoue, jamais je ne pourrai revivre un jour en France (j'ai tenté pendant 3 ans de vivre dans la belle ville de Bordeaux, mais je ne m'y suis jamais sentie chez moi).

Le drapeau rouge à croix blanche représente bien plus pour moi qu'un simple "bout de tissu", comme j'ai pu le lire ici ou là. Il me rappelle tout ce don je suis fière en tant que Suisse aujourd'hui. Ce pays, je n'ai pas choisi de venir y vivre, mais j'ai bien choisi d'y rester et d'y construire ma vie, avec un passeport rouge.

En tant que naturalisée, ma présence ici n'est pas le fait du hasard mais un acte volontaire, laissant derrière moi sans regret une autre culture, un autre mode de vie, un autre mode de pensée. Ce drapeau, c'est le mien à part entière, n'en déplaise à ceux qui mon considèrent comme une citoyenne de seconde zone, car non "de souche".

La souche, c'est moi qui l'ai plantée, et les racines sont profondément ancrées. Est-ce être "nationaliste" dans le mauvais sens du terme que de le déclarer? Oui, je suis de gauche, immigrée, et patriote.