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17/09/2013

Dérapages de campagne virtuelle

Facebook.jpgUne bonne campagne électorale, c'est aller sur le terrain à la rencontre des citoyens, certes. Et les stands dans les rues basses ou sur les marchés sont aujourd'hui complétés par des tentatives de "speed dating électoral" de candidates dans un resto bobo ou de "beer to beer" des Pirates dans un café de Meyrin (sans aucun succès pour ces dernier d'ailleurs). Tant mieux, l'effort est louable. 

Mais la dernière mésaventure d'Antonio Hodgers, candidat vert au Conseil d'Etat, prouve que le terrain électoral se situe dorénavant ailleurs. Une petite phrase d'apparence anodine qu'il aurait lâchée sur Facebook au sujet de la mort d'Adeline Morel devient une arme dans la main de ses détracteurs pour affaiblir son image et sa campagne. Relayée sous forme de capture d'écran brandie comme preuve irréfutable qu'il aurait bien dit ce qu'il a dit, elle peut saccager en un instant des semaines d'arpentage de pavés dans les rues Basses. Le site http://www.lesobservateurs.ch s'en donne d'ailleurs à coeur joie pour décortiquer les différents échanges publics virtuels entre Antonio Hodgers et Christian Lüscher, le premier à se jeter sur le soi-disant "faux-pas" du vert. 

C'est ainsi, depuis quelques années, les campagnes électorales se mènent aussi, et de plus en plus, sur les réseaux sociaux. C'est là que les électeurs connectés apprennent à connaître les candidats: comment ils réagissent à l'actualité, mais aussi où ils vont, qui ils voient, ce qu'il mangent, où ils sont partis en vacances, qui sont leurs amis et leur famille, et j'en passe. Il n'est donc pas étonnant que les rencontres publiques agendées autour d'une table ou d'un bière soient boudées. Nous n'avons pas besoin de rencontrer nos futurs élus, puisque nous les suivons et interagissons au quotidien avec eux sur Facebook.

La presse elle-même s'abreuve de leurs statuts et commentaires, et en agrémente ses articles politiques. La rubrique "Lu sur la toile" de la Tribune de Genève en est un bon exemple. Tout ce que les candidats lâchent sur Facebook (avec plus ou moins de réflexion préalable) est considéré comme public et peut donc être retranscrit hors contexte pour les lecteurs du journal, même les pires bêtises. Et des bêtises, dieu sait s'ils en disent, nos candidats au Grand Conseil et au Conseil d'Etat. Comme nous tous sur ces traitres de réseaux sociaux, mais la différence c'est qu'eux sont en campagne. Chaque mot écrit publiquement devrait l'être avec le plus grand soin, en accord avec l'image qu'ils souhaitent transmettre ou le programme concocté par leur parti. Force est de constater que ce n'est pas toujours le cas. Beaucoup de candidats, même parmi les plus aguerris, se lâchent sans retenue, réagissent à chaud, s'écharpent, s'accusent de tous les maux, ou entrent dans des débats sans fin et incontrôlables avec leurs électeurs comme leurs adversaires. On peut arguer que cette nouvelle réalité permet aux politiques d'être plus proches des préoccupations des électeurs, que cette possibilité de dialogue direct et non filtré est sain et stimulant. Sans doute, si l'exercice est maîtrisé. 

Mais dès lors, comment les propositions de rencontre "in real life" pourraient-elles attiser (et encore moins combler) notre curiosité, quand nous avons déjà l'impression, via les réseaux sociaux, de fréquenter de près de vieux potes dont nous savons tout, des colères aux états d'âme? 

16/08/2013

J'ai rêvé des Fêtes de Genève

Guinguette_1900.jpg

J'ai rêvé d'une bonne louche de terroir genevois avec un assortiment de spécialités du cru, de buvettes des associations et des milieux culturels plutôt que celles des boîtes de nuit et autres bars à champagne, d'expositions d'art et d'artisanat local, de bière genevoise plutôt que de pisse hollandaise, de longeole plutôt que de kebab.

J'ai rêvé d'une dose de Fête de la musique avec des groupes d'ici plutôt que des groupes de reprises d'ailleurs, de bals où l'on danse jusqu'à l'aube plutôt que de reggaeton assourdissant. 

J'ai rêvé du retour d'un joyeux corso fleuri relifté (avec des véhicules sans moteur), de guinguettes populaires sous des loupiottes de couleur plutôt que de terrasses VIP froides et guindées qui bouchent l'accès au lac. 

J'ai rêvé d'une once de suissitude façon 1er août, de jazz au cor des Alpes, de fanfares et de majorettes, de folklore en costumes, d'accordéon par une société locale.  

J'ai rêvé d'un chouïa de Fête des écoles pour faire briller les yeux des enfants, avec des animations originales au lieu de manèges désuets et bruyants, d'ateliers créatifs, de jeux participatifs et collectifs, de spectacles. 

Mais j'ai surtout rêvé de joie, de sourires, d'émerveillement, de découverte. 

Je me suis réveillée en me disant que c'était là que se retrouveraient sans doute Genevois et touristes, dans ce rêve et dans tous ceux que font aussi bon nombre d'habitants de notre canton au sujet des Fêtes de Genève. Imaginons des Fêtes vivantes, palpitantes, que nous serions fiers de présenter comme uniques et typiques de la région, une vitrine de ce que Genève peut proposer de meilleur, un patchwork de ses talents artistiques, de ses savoir-faire, de ses particularités, de ses engagements sociaux, humanitaires et culturels. 

Mettons-y et montrons-y notre coeur. 

14/08/2013

"Pour la première fois, je suis heureuse"

405443_10150988734798652_1857969458_n.jpgUn témoignage reçu à propos d'une soirée à CinéTransat… Très touchant, et qui encourage toute notre équipe à continuer de faire ce qu'on fait! 

"Je viens de rentrer de la "nuit des courts métrages" et j'aimerais partager avec vous mon expérience. Vous le méritez, car vous avez rendu cela possible. Je m'occupe d'une famille de demandeurs d'asile érythréens, qui ont eu une semaine difficile, avec une audition à l'ODM qui ne s'est pas très bien passée. 

En insistant un peu, j'ai convaincu la mère et quelques-uns de ces 7 enfants à venir à la soirée des courts-métrages. Ils sont venus. Ils ont beaucoup rigolé pendant la projection. A la fin, un des enfants m'a dit "I think it was the best night to come, because we could see movies that we normally do not see".

Et c'est la première satisfaction.

Mais la deuxième est encore plus grande. La maman, qui pourtant parle peu le français et pas trop bien l'anglais (et du coup, qui peut-être n'a de loin pas tout compris aux films) m'a dit "I am happy. For the first time, I am happy. Really". Alors voilà. Je voulais partager cela avec vous. Car vous l'avez rendu possible, comme je vous le disais, et car il s'agit de choses qu'il est beau partager. 

En vous souhaitant un grand succès! Cristina."

Photo: Sebastien Puiatti
www.cinetransat.ch

10/02/2013

Coupable!

url.jpegJe suis gênée. 

Bien sûr, j'apprécie d'étirer la nuit entourée d'amis sur le trottoir de la Bretelle ou du café de la Plage. Comme tout le monde, parfois je ris, je parle fort, je m'exclame. Les effets de la chaleur humaine combinée au Chardonnay bien frais me font parfois oublier que nous ne sommes pas seuls au monde. 

Car ensuite, quand on a enfin réussi à nous chasser du trottoir après avoir grapillé quelques moments supplémentaires de conversations devant les vitrines éteintes avec notre dernier verre transvasé dans un gobelet en plastique, je rentre chez moi, dans une calme et cossue commune périphérique, où aucun noctambule ne met jamais les pieds. 

Là, dans la nuit silencieuse et cotonneuse, fenêtre ouverte sur le bruissement d'un ruisseau, je m'endors le sourire aux lèvres, sans aucune pensée coupable, et sans empathie pour ceux qui continuent de subir les cris et les conversations animées, là-bas, sur les trottoirs du centre ville. Ma réalité s'est simplement déplacée, du bitume de la rue Vautier ou de la rue des Etuves, à mon cocon protégé de toute nuisance. 

Aujourd'hui, j'y repense. Combien d'habitants de ces rues ai-je involontairement agressés, exaspérés par mon insouciance? De combien d'entre eux ai-je gâché la nuit, puis par extension la journée du lendemain? Certes, les tenanciers des établissements que je fréquente ont souvent chuchoté à mon oreille, me rappelant la présence d'habitants ensommeillés. Certes, j'ai alors toujours baissé le ton… mais pendant combien de temps, avant la prochaine blague, la prochaine chanson révolutionnaire entonnée a capella? Je ne sais plus. 

Je n'ose pas m'insurger, me sachant coupable. Oui, à un moment où à un autre, j'ai été coupable d'égoïsme, d'excès d'alcool, de rire sonore. Je pourrais promettre de me faire discrète, de parler tout bas, mais n'est-il pas trop tard? Certains parmi mes bars préférés fermeront leur portes à minuit, la punition est tombée, et je la mérite, sans doute. La mort du centre ville n'est pas une fatalité pourtant, il suffirait de savoir faire preuve d'un peu de respect et d'intelligence. Si seulement ces deux qualités n'étaient pas solubles dans la boisson alcoolisée et les élans de l'amitié. 

21/12/2012

La rue comme laboratoire

boîtes,échange,genève

Comment faire vivre nos rues, créer des rencontres et des interactions entre de parfaits inconnus? Depuis le 20 décembre, un nouveau projet artistique explore, dans les rues de Genève, les échanges entre voisins. Art urbain et création de situations, dix "Boîtes d'échange entre voisins" tissent un lien social et culturel entre habitants d’un quartier. 

Ces premières boîtes décorées par des artistes locaux sont installées dans dix rues de la Ville de Genève. Le principe est tout simple: prendre quelque chose et/ou déposer quelque chose. Des livres, CDs, DVDs, jeux, jouets, ou tout autre objet dont on n’a plus l'usage mais qui pourrait ravir un voisin, ou un passant.  

L’objectif de ce projet est d’amener un nouvel élan de vie de quartier, un nouveau sentiment d’appartenance et d’implication dans la vie locale. Lancé à l’aube des fêtes de Noël, il vise également à envoyer un message de partage. Alors qu’une part toujours plus grande de nos interactions devient monétaire, est-il possible de mettre encore en place aujourd’hui des situations provoquant des échanges purement désintéressés, sans même connaître le bénéficiaire de son don?

Une boîte d’échange créé aussi des rencontres et des échanges humains; des personnes qui ne se seraient jamais adressé la parole se retrouvent à parler de ce qu’elles y ont trouvé, ou déposé. De nouveaux rôles émergent, comme de décider de son propre chef de vérifier que la boîte reste en ordre, la ranger, faire le tri…

Dans ce sens, ce projet est aussi une exploration des rôles et interactions sociales qui peuvent se créer à partir d’un objet posé dans la rue, sans contrôle. Que va-t-on y trouver? Qu’en est-il parti? L’objet déposé a-t-il trouvé preneur? Entre quelles mains? Où se trouve-t-il? Quelle nouvelle vie a-t-il? Qui sera la prochaine personne à s’arrêter? La boîte va-t-elle être taguée? Détériorée? Tout cela fait partie du projet artistique: dix boîtes, dix rues, une population et les objets qui sont échangés. 

Site web: http://www.tako.ch/box

Page Facebook: http://www.facebook.com/BoitesDechange

 

15:32 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : boîtes, échange, genève |  Facebook |