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15/08/2012

Le dilemme de l'électeur de gauche

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Si je pouvais voter en Ville de Genève, l'élection complémentaire au Conseil Administratif me mettrait dans l'embarras. Le cinquième siège ne peut décemment pas revenir à la gauche, on est (presque) tous d'accord. Un Conseil Administratif monocolore (pour autant que les différentes formations de l'Alternative tirent effectivement à la même corde) serait contre-productif.

Et pourtant, la "mégère déguisée du PDT", comme l'appelle un Conseiller Municipal PDC sur mon mur facebook, est candidate, contre l'avis d'Ensemble à Gauche. "Point n’est besoin donc d’être adoubée par les partis qui pensent que veulerie est un synonyme de consensus démocratique pour être la candidate du Peuple de Genève", assène-t-elle avec le franc parler qui la caractérise. Soit. Voter pour elle est donc tentant, bien que, "crétine des Alpes" convaincue, il me semble évident que ma voix ne servirait qu'à confirmer qu'une présence de la gauche est nécessaire dans toute élection, même sans aucune chance de l'emporter.

Mais voyez-vous, même si je ne peux la donner, je considère ma voix comme précieuse. A offrir à celui que j'aurais envie de voir nous servir, et non simplement destinée à marquer le coup. Alors, admettons, pour le plaisir, que je puisse faire un choix. Après tout, je travaille sur le territoire de la Ville, et souvent même pour le compte de la Ville. Je me sens donc directement concernée. Devrais-je voter à droite, pour la première fois? Non, en fait, pas pour la première fois: mon passeport français m'avait déjà poussée à voter Chirac, en des temps troublés. Je m'en suis remise, mais la cicatrice est toujours visible.

Alors? Me laisserais-je convaincre par Claude Haegi de voter la "continuité"? Guillaume Barazzone, PDC, incarne-t-il vraiment la continuité de l'action d'un Radical? L'ancien Conseiller d'État avoue sur son blog tout frais que "cette stratégie s’inscrit dans le prolongement de la campagne de Pierre Maudet". Mais je ne donnerais pas ma voix au "minet endimanché du PDC" (dixit Salika Wenger) simplement pour soutenir une promesse de renvoi d'ascenseur. Je préfèrerais de loin un candidat qui prend l'escalier, et qui transpire pour arriver par ses propres moyens au dernier étage.

Il en est trois qui mouillent la chemise, justement. Olivier Fiumelli, dit "le fonctionnaire", Jean-Marc Froidevaux, dit "l'homme du passé" et Alain de Kalbermatten, que personne n'a encore songé à affubler d'un surnom, ce qui est malheureusement révélateur. Car les noms d'oiseaux fusent déjà de toutes parts, et étant lancés par les candidats eux-mêmes (adoubés ou en ballotage), je ne vois aucune raison de ne pas les utiliser. C'est trop jouissif, excusez ma faiblesse.

Revenons donc à ceux qui suent. Nous saurons vendredi matin, au plus tard, si le PLR présente un de ses deux candidats déclarés, ou aucun, courbant ainsi l'échine devant le PDC. Au sein du parti centriste, les dés semblent joués. Après tout, qui peut rivaliser avec le charme et les soutiens poids lourd de la "marionnette" (dixit Pascal Décaillet)?

Ainsi, j'aurais pu être appelée par défaut à voter PLR. Toutefois, malgré l'envie de gouverner (on n'utilisera pas le mot "servir", tant les dents longues semblent peu compatibles avec le port du plateau d'argent) affichée par Olivier Fiumelli, je suis un peu rebutée par son attitude trop conquérante et peu respectueuse de ses concurrents. Jean-Marc Froidevaux, par contre, m'a toujours fait l'effet d'un homme modéré et d'une grande finesse d'esprit. A mon sens le plus apte à occuper avec intelligence une position solitaire et délicate face au bloc de la gauche.

Je n'ai pas mentionné Eric Bertinat, me direz-vous. Je vais le faire, mais seulement pour vous livrer son petit nom du moment: "le très catholique UDC". Salika aurait pu trouver pire. "Eric Bertinat est candidat", clame-t-il sur son blog, parlant de lui-même à la troisième personne (ou copiant-collant le dernier communiqué de presse de son parti). Je crois que je préfère encore ceux qui abusent dès maintenant du "je".

J'attends donc avec impatience et une grande curiosité la décision du PLR, qui se réunit demain soir, jeudi. Tout comme Jean-Marc Froidevaux, "à ce débat, je participerai, de la campagne je m'en réjouirais, je m'en réjouis déjà". Même si, cette fois, je ne pourrai malheureusement pas donner officiellement de la voix.

13/08/2012

La nouvelle constitution pour les nuls

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Le 14 octobre, nous sommes appelés à voter pour ou contre le projet de nouvelle constitution genevoise, cuisiné pendant 4 ans pour un coût total de 15 millions de francs. A ce prix-là, il vaut quand même la peine de se plonger dans les 63 pages du projet pour voir de quoi il retourne. Même si pour moi, cela équivaut à l'ascension du Mont-Blanc.

Parce que déjà, pour juger de l'étendue des travaux, il faut d'abord s'attaquer à la lecture de la Constitution actuelle, celle de 1847, amendée depuis une centaine de fois. Combien de Genevois l'ont-ils lue de bout en bout? Combien la liront-ils avant de se prononcer? Très peu, à n'en pas douter. Ils écouteront les mots d'ordre des partis proches de leur sensibilité, en maugréant "ils doivent savoir ce qu'ils font!".

Bon, à l'attaque! A première vue, le nouveau texte semble plus abordable, plus facile à lire et à comprendre. Parce que celui de James Fazy, c'est loin d'être un boulevard. Le Genevois de base trouvera même que ça bouchonne. Trop de mots, trop de formules alambiquées, trop de détails. On y avance au pas. Il était effectivement temps de fluidifier tout ça.

D'emblée, le préambule (inexistant dans la formule actuelle) me met les larmes aux yeux, et gonfle de fierté mon coeur patriote. J'interromps la lecture pour aller chercher du pop corn. Je sens que je vais vivre un grand moment.

Et je ne suis pas déçue. Tout en mâchonnant bruyamment, je m'extasie à chaque article du chapitre I. Ah, enfin on présente officiellement les Armoiries et la devise du Canton! Ah, le développement durable est en bonne place dans les dispositions générales! L'article 13, demandant à chaque personne "d'assumer sa part de responsabilité envers elle-même, sa famille, autrui, la collectivité, les générations futures et l'environnement", m'achève. C'est si beau, si noble.

Je reprends mes esprits, et me sers un verre de rosé pour attaquer le chapitre II. Qu'on parle d'égalité des salaires entre les hommes et les femmes, d'accès pour les handicapés, ou encore de droit à un environnement sain, une question me taraude déjà: mais comment l'Etat va-t-il pouvoir appliquer, contrôler ou encore financer toutes ces belles résolutions? Mystère. Mais en tout cas, ça fait joli, sur le papier. En fait, dans ce chapitre, c'est bien simple, le citoyen a droit à tout, constitutionnellement. Généreux, à défaut d'être applicable.

Et je ne vous ai pas encore parlé d'emploi, ni de logement. Restez bien assis, ça vient. L'article 38 a1 vous donne le droit d'être logé de manière appropriée, si vous êtes dans le besoin. Déjà qu'on n'arrive pas à loger correctement à Genève tous ceux qui ont un salaire, je me réjouis de voir ça. On a intérêt à construire massivement et fissa. Sans compter que plus loin, à l'article 178 a1, on nous garantit "des conditions abordables". Loin des prix actuels du marché, donc.

Mais à défaut d'un logement adéquat fourni immédiatement par l'Etat, vous aurez au moins une garde-robe neuve, une coupe régulière chez le coiffeur, un natel, un ordinateur et un accès internet. Non? Ce ne sont pas des éléments entrant dans "la couverture des besoins vitaux afin de favoriser l'intégration sociale et professionnelle" de l'article 39 a1? Je croyais, au temps pour moi, je me laisse emporter par l'enthousiasme. De toute façon, si vous lisez bien l'article 185 a2, l'Etat vise le plein emploi. Tout devrait donc s'arranger rapidement.

Tout en me resservant un petit apéro, revigorée par toutes ces bonnes nouvelles, je saute allègrement tous les articles qui concernent l'organisation de l'Etat et la politique (c'est mon blog, je fais ce que je veux). Seule chose que je retiens vraiment: tous nos chers élus seront en place pour cinq ans au lieu de quatre. Faites désormais gaffe en les choisissant, s'il vous plaît.

Je fais une pause sur l'article 158 a1 qui stipule que "l’Etat met en oeuvre des politiques propres à réduire les gaz à effet de serre". Je constate qu'il est bien séparé des articles concernant la mobilité, plus particulièrement de l'article 190 a3 qui garantit toujours "la liberté individuelle du choix du mode de transport". Encourager la mobilité douce à l'alinéa suivant doit être suffisant, apparemment, pour aller dans le sens de cet ambitieux objectif. Même pas besoin de concepts fumeux comme la société à 2000 watts. Trop fort.

En matière de santé, l'interdiction de fumer dans les lieux publics (article 176 a1) n'est plus pour "protéger l'ensemble de la population", et surtout le tabac n'entraîne plus officiellement "la maladie, l'invalidité et la mort". Un progrès? Certaines choses sont tellement évidentes qu'elles n'ont plus besoin d'être mentionnées, me direz-vous.

Sur ces bonne paroles, je m'allume une clope. Mon appartement ne figure pas sur la liste des lieux concernés ayant disparu de la nouvelle constitution. Tout va bien.

Mon gamin de 17 ans, plus scolarisé depuis 6 mois et jouant depuis intensivement à Call of duty (après avoir vainement tenté de trouver un apprentissage ou une école qui l'accepte sans avoir été promu à la fin du Cycle), sera heureux d'apprendre que si la nouvelle constitution était déjà en place, il aurait droit à une formation jusqu'à sa majorité. Dans quels locaux, avec quels profs, quels moyens? Le DIP trouvera bien, non? Mon fils ne s'appelle pas Thomas, mais aussi perplexe que moi, il attend de voir pour y croire. Dans l'intervalle, il va se donner à fond dans des loisirs diversifiés, encouragés constitutionnellement via le nouvel article 219 a1.

Je constate grâce à l'article 210 a1 que, désormais, "l'Etat facilite l'accueil, la participation et l'intégration des personnes étrangères". Evidemment, pas au point de leur donner le droit de vote au niveau cantonal ou celui d'éligibilité au niveau communal. Faut pas pousser non plus, ça reste des gens pas comme nous. Mais, au moins, l'Etat "facilite leur naturalisation. La procédure est simple et rapide" (art. 210 a2). Bien sûr, ils resteront toujours des Suisses naturalisés, bien distincts des Suisses de souche.

Je finis le pop corn, le rosé et mon paquet de clopes en parcourant les dispositions transitoires. Ouf. Bon alors, je la vote ou non, cette nouvelle constitution? La plupart des partis qui nous encouragent à le faire se disent satisfaits, bien qu'on les sente peu enthousiastes. C'est toujours mieux que l'actuelle, nous disent-ils. Ou moins pire, on ne sait pas très bien. Certes, elle contient quelques objectifs ambitieux, jugés "avant-gardistes" par certains. Je la voterai donc, mais juste pour ne pas avoir sur la conscience le gaspillage de 15 millions de francs et de quatre ans de travaux. Allez, pour voir.

09/07/2012

Un beau succès pour les pianos de rues!

599868_10150930255671284_1516633607_n.jpegPendant deux semaines, du 18 juin au 1er juillet, les rues du canton de Genève ont vécu au rythme du son de 20 pianos d’occasion mis à disposition du public.

Cette deuxième édition s’annonçait un peu différente de la première. L’effet de surprise de la découverte de tels instruments dans des lieux décalés a laissé la place au plaisir de retrouver et revivre les émotions ressenties l’année précédente. Une partie du public, tenu informé par les réseaux sociaux, avait anticipé l’arrivée des pianos et planifié en amont des rendez-vous pour des apéros, des chorales, des concerts acoustiques, ou encore des tournages de clips.

Comme l’année dernière, on a vu des pianistes solitaires présents quotidiennement d’un piano à l’autre, des défis lancés pour jouer sur tous les pianos en une journée, de la danse, des accompagnements au violon, à la contrebasse ou à l’accordéon, des rencontres interculturelles, des morceaux à 4 voire à 6 mains, des enfants qui touchaient un piano pour la première fois, d’anciens pianistes "rouillés" murmurant avec nostalgie "il faudrait que je m’y remette", et surtout d’incroyables jams de plus de 50 personnes autour des trois pianos ouverts 24h/24, en "after" des concerts de la Fête de la Musique.

Il est impossible de calculer le nombre de personnes touchées par ce projet. Mais de par la situation des pianos, dans des lieux passants ou de rencontre, on peut estimer que l’impact est très important. Entre ceux qui ont joué, qui se sont arrêtés pour écouter, qui ont juste tendu l’oreille en passant à proximité, ou simplement vu les pianos dans la rue ou lu un article dans la presse, il est très difficile de trouver, après ces deux éditions, des Genevois n’ayant pas du tout entendu parler de ce projet. Il bénéficie par ailleurs maintenant d’un immense capital sympathie, à l’instar d’un autre projet phare de l’équipe d’organisation: CinéTransat.

Conformément à la volonté de l’artiste anglais Luke Jerram, toujours aucune publicité n’est venue annoncer ce projet, ni aucuns panneaux explicatifs n’ont été installé à proximité des pianos. Seule la communauté Facebook (environ 3’500 membres) et les informations relayées par les médias ont soutenu la présence des pianos en ville et dans les communes.  En effet, un grand nombre de rencontres entre le public et les pianos sont le fruit du hasard, et c’est bien ainsi.

Forts de ce succès renouvelé et des nombreux témoignages positifs reçus à nouveau cette année, l'équipe planche déjà sur une troisième édition encore plus folle, avec comme objectif de surprendre le public au moins autant qu'il l'a été lors de sa première découverte des pianos en juin 2011. Faire évoluer le projet afin que la lassitude ne s’installe pas, sortir du cadre, relever des défis, réaliser des rêves… Voilà quelques ingrédients de la recette 2013!

Site Internet 2012: http://www.jouezjesuisavous.com

15:48 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : pianos, rues, genève |  Facebook |

23/06/2012

Vidange au PS: spectaculaire!

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La vidange du lac de retenue du PS modifie le paysage de la gauche genevoise. Les sédiments et la vase sont mis à jour, et le spectacle attire les curieux. Sur les vastes berges, quelques militants trouvent refuge dans les flaques, et dans la vase, des poules d’eau hagardes errent déboussolées. Du côté du parti, on peut en revanche descendre en aval pour voir les trombes de critiques s’écouler par les vannes grandes ouvertes.

En suivant la procession des journalistes et commentateurs et les odeurs de vase, on arrive au pied du malaise. Là, les règlements de comptes bouillonnent, limoneux et déchaînés, en soulevant des nuages de bruine dignes des chutes du Niagara.

Encore plus en aval, vers l’embouchure du PS, c’est aussi l’effervescence. Mais c’est ici un autre public qui afflue depuis le 17 juin. Les caciques se relaient au chevet de la crédibilité du parti. Car la vidange est une véritable hécatombe. Ceux qui ne sont pas emportés par le fort courant risquent de s’asphyxier dans une eau grisâtre saturée en sédiments.

Des centaines de militants ont déjà été capturés préventivement depuis deux semaines afin d’être relâchés une fois le calme revenu. Mais c’est ce week-end que la cote d’alerte a atteint son paroxysme avec la montée au front de Manuel Tornare. Et il est sous haute surveillance: isolé des eaux du fleuve, il peut se transformer en piège mortel pour le parti. On vérifie régulièrement son taux d’oxygène et sa température, quitte à ajouter de l’eau froide pour garder celle-ci en dessous de 22 degrés.

Malgré ces opérations de sauvetage, la majorité des électeurs des communes périphériques présents au moment de la vidange est condamnée, trop fragile pour être capturée. «J’espère que ce que nous arrivons à sauver n’est pas trop symbolique», lâche un élu réaliste et désabusé. «Que voulez-vous, quand on est obligé d’accompagner une catastrophe…».

Les médias attrapent une élue d'un parti allié qui tourne en rond dans une gouille. Ils se précipitent pour la mesurer, la peser, la répertorier et lui voler une écaille pour des analyses génétiques. Car il faut déjà repartir vers l'élection complémentaire au Conseil administratif. Des promeneurs y ont signalé des candidats PDC et PLR piégés dans un étang. Courage, les secours arrivent!

Léger détournement de l'article d'Antoine Grosjean (Tribune de Genève du 10 juin) sur la vidange du barrage de Verbois.
http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/rhone-vide-devoil...

Photo: ©Tribune de Genève

03/06/2012

Les états d'âme de Maudet.com

 

jeu%20de%20go%20bis.jpeg«Cette élection est pour moi totalement incertaine. Il y a peu de chances que je réussisse». Quel candidat au Conseil d'Etat a donc ainsi exprimé dans les médias de tels doutes en pleine campagne? Le prophète? Le Pirate? Non, celui dont il est évident qu'il est le seul concurrent sérieux de la socialiste Anne Emery-Torracinta: Pierre Maudet.

Ce découragement apparent à ce stade, alors que rien n'est encore joué, ne peut qu'étonner. On dit Pierre Maudet solide, stratégique, ne laissant jamais rien au hasard. J'ai donc du mal à croire à l'hypothèse d'un cafouillage de la machine Maudet.com. L'homme est partout, dans les médias, et sur le terrain. Souriant, confiant, énergique. Selon un sondage de la Tribune de Genève au lendemain du grand débat à Uni Dufour, il a même été celui qui a le plus convaincu. Ce pas de côté détonne donc au coeur de cette campagne bien huilée, à deux semaines de l'échéance du 17 juin.

En tant que simple citoyenne non spécialiste du jeu politique, il est risqué que je tente une analyse. Mais je peux par contre me mettre à la place de celles et ceux, dans son parti et en dehors, qui croient fermement en sa capacité à être élu. Quel message leur envoie-t-il? Celui de ne pas voter pour lui, ses réelles ambitions étant clairement fédérales? «Si je suis élu le 17 juin, je prendrai une voie qui m’éloignera de Berne» dit-il dans le même article du Matin Dimanche. Ou tente-t-il par cette provocation détournée de réveiller un électorat de droite divisé, alors que seul un ralliement derrière son nom pourrait barrer la route au PS?

La suite, teintée de mélancolie selon le journaliste, me laisse encore plus perplexe: «Ces derniers temps, je me dis souvent que je n’aurai sûrement pas l’occasion de connaître dans ma vie une fonction politique plus exaltante que celle de maire», et encore «(...) Après avoir donné le signal que j’allais partir, comment je vais faire si je me plante?».

L'expression de tels états d'âme ne ressemble pas au Pierre Maudet qui nous est habituellement donné à voir. Il me semble qu'une fois le costume (même serré aux entournures) de candidat accepté et endossé, il ne devrait plus y avoir de place pour les doutes, en tout cas publiquement. Tel Stauffer qui se prend pour King Kong au sommet de la cathédrale, on s'accroche, on fonce, et on fait au moins semblant d'y croire, coûte que coûte. Surtout qu'il n'est pas exclu qu'il puisse être élu, et il faudra alors qu'il entre dans la peau de Conseiller d'Etat avec la plus grande conviction.