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31/12/2012

Dites oui à l'Etoile de la Mort!

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Fans de "Star Wars", cette nouvelle va vous combler, car vous en avez sûrement tous rêvé: la Maison Blanche se retrouve dans l'obligation d'étudier la possibilité de construire une "Etoile de la Mort". Ou en tout cas de prendre position face aux pétitionnaires qui la réclament via le site participatif de la Maison Blanche "We the People”.

Pour rappel, l'Etoile de la Mort, arme ultime de l'Empire dans le premier épisode de la trilogie originelle Star Wars, est une station spatiale de la taille de la lune, dotée d'un rayon laser capable de détruire une planète entière. Elle emploie plus d'un million de personnes. Elle fut détruite, puis reconstruite encore plus grande dans le deuxième épisode "The Empire strikes back". 

Créée le 14 novembre, la pétition a atteint dans le délai réglementaire de 30 jours les 25'000 signatures nécessaires pour que l'administration Obama soit contrainte d'y apporter une réponse officielle. A ce jour, elle a même dépassé les 33'000 signatures. Ce qui reste toutefois modeste, à l'échelle de la population des Etats-Unis. La barre des 25'000 paraphes, électroniques qui plus est, peut dès lors être atteinte très rapidement. Toutes les pétitions étant acceptées, il est à craindre que l'administration Obama doive assez souvent répondre à ce genre de questions farfelues. La pertinence même de ce site est d'ailleurs maintenant remise en question. 

Mais ne nous y trompons pas, les initiateurs de la pétition semblent, eux, prendre leur demande très au sérieux. "En concentrant les ressources de la défense dans une plateforme spatiale armée telle que l'Etoile de la Mort, le gouvernement pourra soutenir la création d'emplois dans les domaines de la construction, l'ingénierie, l'exploration spatiale, et bien plus, renforcer la défense du territoire américain", disent-ils. 

Mais quelques détails se mettent déjà en travers de cet audacieux projet: selon des étudiants de l'Université de Lehigh, qui se sont amusés à étudier la faisabilité du projet, il faudrait environ 800'000 ans simplement pour produire la quantité de métal nécessaire à la construction de l'Etoile, qui devrait avoir un diamètre de 140 km. Pour démarrer en 2016 comme exigé dans la pétition, cela va donc être un peu juste.

Il ne faut pas oublier que l'Empire avait à sa disposition, dans les films de Lucas, les ressources naturelles d'innombrables planètes, ainsi que des millions d'ouvriers sous-payés venus de toute la galaxie. Avec sous la main une seule misérable planète déjà surexploitée, et des finances au plus bas (le coût total estimé par les étudiants de Lehigh est de 852 millions de milliards de dollars), Barack Obama a peu de marge de manoeuvre. 

Ce n'est pas la première fois que la station spatiale imaginée par Georges Lucas fait une incursion dans le monde réel et suscite les passions. Lorsque la sonde Cassini a ramené en 2004 une photo d'une étrange planète présentant un cratère la faisant ressembler à l'arme de l'Empire, de nombreux fans étaient persuadés qu'une Etoile de la Mort avait été construite dans le plus grand secret pour nous préserver contre les invasions ennemies. Il s'est avéré qu'il s'agissait en fait de Mimas, un des 31 satellites de Saturne. Moins glamour, mais certains croient encore dur comme fer que la nouvelle Etoile existe déjà, et qu'on nous cache la vérité. 

L'Etoile de la Mort n'a donc pas fini de nous faire rêver. Et on attend avec la plus grande impatience la réponse du gouvernement américain. Allez, Barack, fais un effort! 

21/12/2012

La rue comme laboratoire

boîtes,échange,genève

Comment faire vivre nos rues, créer des rencontres et des interactions entre de parfaits inconnus? Depuis le 20 décembre, un nouveau projet artistique explore, dans les rues de Genève, les échanges entre voisins. Art urbain et création de situations, dix "Boîtes d'échange entre voisins" tissent un lien social et culturel entre habitants d’un quartier. 

Ces premières boîtes décorées par des artistes locaux sont installées dans dix rues de la Ville de Genève. Le principe est tout simple: prendre quelque chose et/ou déposer quelque chose. Des livres, CDs, DVDs, jeux, jouets, ou tout autre objet dont on n’a plus l'usage mais qui pourrait ravir un voisin, ou un passant.  

L’objectif de ce projet est d’amener un nouvel élan de vie de quartier, un nouveau sentiment d’appartenance et d’implication dans la vie locale. Lancé à l’aube des fêtes de Noël, il vise également à envoyer un message de partage. Alors qu’une part toujours plus grande de nos interactions devient monétaire, est-il possible de mettre encore en place aujourd’hui des situations provoquant des échanges purement désintéressés, sans même connaître le bénéficiaire de son don?

Une boîte d’échange créé aussi des rencontres et des échanges humains; des personnes qui ne se seraient jamais adressé la parole se retrouvent à parler de ce qu’elles y ont trouvé, ou déposé. De nouveaux rôles émergent, comme de décider de son propre chef de vérifier que la boîte reste en ordre, la ranger, faire le tri…

Dans ce sens, ce projet est aussi une exploration des rôles et interactions sociales qui peuvent se créer à partir d’un objet posé dans la rue, sans contrôle. Que va-t-on y trouver? Qu’en est-il parti? L’objet déposé a-t-il trouvé preneur? Entre quelles mains? Où se trouve-t-il? Quelle nouvelle vie a-t-il? Qui sera la prochaine personne à s’arrêter? La boîte va-t-elle être taguée? Détériorée? Tout cela fait partie du projet artistique: dix boîtes, dix rues, une population et les objets qui sont échangés. 

Site web: http://www.tako.ch/box

Page Facebook: http://www.facebook.com/BoitesDechange

 

15:32 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : boîtes, échange, genève |  Facebook |

20/12/2012

Ce n'est pas la fin du monde...

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Ce n'est pas la fin du monde… 
…Ou peut-être que si. 

Quand vous vous levez et qu'il n'y a plus de café,
quand il y a encore du café, mais plus de cigarettes. 

Quand les escarpins de vos rêves sont hors de prix,
quand ils sont en solde et qu'il n'y a plus votre taille. 

Quand vous êtes en retard alors que personne ne vous attend,
quand vous arrivez enfin et que personne ne vous remarque.

Quand vos aisselles vous trahissent quand vous levez les bras,
quand vos amis font de même et que vous les baissez. 

Quand vous craignez de le croiser sans être maquillée,
quand le maquillage coule car vous ne le croisez plus. 

Quand il est toujours trop tôt ou trop tard,
quand le bon moment ne s'est jamais présenté.

Quand vous n'aviez plus rien à vous dire, 
quand vous n'avez pourtant pas su vous taire. 

Quand vous criez mais qu'on ne vous entend pas,
quand vous courez mais n'avancez pas. 

Quand la légèreté l'emporte sur la profondeur,
quand la gravité l'emporte sur la légèreté.

Quand votre coeur s'enflamme en vain,
quand il faut l'écraser pour l'éteindre. 

C'est la fin du monde…
…Ou peut-être que non. 

29/11/2012

SICLI: Coup d'extincteur du Conseil d'Etat

Panneau-Extincteur.jpegLe mauvais feuilleton du pavillon SICLI continue! Depuis l'annonce faite en septembre que la gestion du lieu avait été confiée à la société privée Arfluvial, et qu'un groupe d'experts chargé d'évaluer les demandes de location du rez-de-chaussée avait été mis sur pied, les informations partielles et brumeuses se sont succédées au compte-goutte. Personne n'a vraiment encore compris quel était le projet précis de l'Etat pour ce lieu emblématique et à fort potentiel (voir mon précédent billet "Sicli l'élitiste").

La députée socialiste Prunella Carrard a interpellé le Conseil d'Etat le 12 octobre (QUE 12-A) afin d'obtenir les précisions que les milieux culturels sont en droit d'attendre. Quels critères d'attribution? Qui compose le conseil d'experts? A quoi va être dédié le sous-sol? La réponse, signée Pierre-François Unger, est tombée le 14 novembre, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle est décevante. 

On y apprend que le groupe d'experts a "pour mission de développer une image culturelle forte ainsi qu'une programmation annuelle de manifestations culturelles et des activités annexes". Ce qui ne veut pas dire grand chose. Mais on peut en déduire que pour l'Etat, une image culturelle forte s'obtient via une ligne thématique, et non pas en diversifiant les contenus. C'est ainsi que le processus mis en place prévoit le dépôt d'un dossier, qui sera examiné par le groupe d'experts, qui se prononcera "notamment sur la pertinence du projet en lien avec les thématiques définies, à savoir l’architecture, l’urbanisme et le design".

Dans le même temps, on apprend via une invitation Facebook qu'un "Fashion show & Electro party" s'y tiendra vendredi 30 novembre. Rien à voir avec les thèmatiques choisies pour le pavillon, ni avec la déclaration que "SICLI ne serait pas un lieu de spectacle". Le concept reste flou, et on se sait pas encore très bien quels types de projets l'on peut y proposer ni quels critères seront pris en compte pour l'attribution du lieu. 

Venons-en à la question du sous-sol, initialement prévu "à vocation culturelle, avec des prix abordables", promettait en janvier Joëlle Comé, directrice du Service cantonal de la culture, en charge du dossier. Mais un peu prématurément, semble-t-il, et sans avoir anticipé les contraintes techniques du bâtiment. Contraintes techniques qui arrivent par ailleurs à point nommé pour justifier un retour en arrière. "L'accueil du public impliquerait l'installation d'issues de secours par percement des murs latéraux, ce qui porterait une atteinte irréversible à la substance patrimoniale du bâtiment" apprend-on du Conseil d'Etat. Comme s'il ne découvrait que tardivement que des sorties de secours seraient nécessaires. Pas vraiment crédible. 

"Ainsi, contrairement à ce qui avait été envisagé dans un premier temps pour répondre à la forte demande en termes de lieux culturels nocturnes, le sous-sol du bâtiment ne peut finalement pas être affecté à des activités publiques". Le couperet est donc tombé. Sans sorties de secours, ce lieu restera, pour l'instant, inexploité. Faible espoir: "Un lieu de convivialité devrait néanmoins être créé, à terme, dans le bâtiment". Je me réjouis de découvrir, à terme, la signification du mot "convivialité" pour le Conseil d'Etat. De nature plutôt pragmatique, j'y vois plus des pince-fesses à petits fours pour entreprises qu'un Zoo bis. J'espère sincèrement avoir tort. 

Autre question pertinente de la députée, "le Conseil d’Etat a-t-il fait un bilan avec les organisateurs du Festival Antigel afin, notamment, de recueillir leurs impressions et expériences sur l’organisation d’événements dans ce lieu particulier et d’envisager, en connaissance de cause, la mise sur pied d’autres projets?". Apparemment, le bilan dressé avec les organisateurs du festival serait négatif. Soit, on peut envisager que l'acoustique et l'isolation phonique n'y soient pas idéales, et que des travaux devraient y être entrepris pour accueillir des événements culturels dans les domaines de la musique, du cinéma ou de la danse. Mais le Conseil d'Etat avait-il vraiment besoin de compléter cette réponse avec une remarque sur le bilan financier d'Antigel, faisant état de "charges impayées à ce jour à hauteur de près de 18 000 F"?. Totalement inadéquat dans le contexte d'un document officiel accessible au public. 

Ainsi, en guise de conclusion, "il n'est plus possible d'organiser des soirées festives pour le moment". Sauf la soirée électro prévue vendredi soir jusqu'à 5h du matin, évidemment… 

26/11/2012

Tenez, c'est cadeau!

illusjsa2008.gifVendredi, c'était le "Black Friday" aux USA, et aujourd'hui nous avons droit au "Cyber Monday" sur internet. Deux journées de pure folie acheteuse, symptomatiques de notre société malade. Aveugles et sourds à leurs vrais besoins et désirs, des milliers de consommateurs se ruent dans les magasins dès le petit matin, pour ne surtout pas rater une bonne affaire, n'importe laquelle. A Genève rien de tel encore, mais l'effervescence anxieuse et presque agressive que l'on peut retrouver chaque année dans les rues Basses et centres commerciaux à l'approche des fêtes ne donne pas un bon signal.

Je constate que de nombreuses personnes dans mon entourage s'interrogent, se plaignent de ces obligations mercantiles, et émettent le souhait de sortir de cette spirale infernale. Pourtant peu sautent le pas. Le poids des conventions sociales autour du cadeau reste bien trop fort. Notre société nous laisse croire que notre propre valeur, et la valeur de notre relation aux autres, se reflètent dans le prix de ce que nous offrons. Ne voulant pas passer pour pingre ou peu impliqué émotionnellement, nous tombons dans le panneau et nous nous précipitons à contrecoeur dans des magasins bondés et surchauffés, plus guidés dans nos recherches par la crainte de ne pas plaire que par le désir de vraiment faire plaisir. Est-ce vraiment dans ces conditions que l'acte de donner et recevoir prend son sens? 

Et si l'on cherchait d'autres voies, d'autres idées? Il suffit parfois de ne décaler que légèrement les codes imposés, et d'accompagner le cadeau d'un partage de sa réflexion, de sa démarche… Plutôt qu'un objet de valeur, vous transmettrez ainsi vos vraies valeurs. Le temps perdu à courir dans les magasins à la recherche du "cadeau idéal"? Vos talents ou aptitudes? Des objets chéris, avec une histoire, mais négligés? Offrez-les, tout simplement. 

En ne dépensant rien:

Un livre que vous avez déjà lu, et aimé,
Une bague que vous ne portez plus,
Une écharpe encore habitée par votre parfum,
Un dessin, un poème, une photo, 
Un cahier avec toutes vos recettes de cuisine secrètes et familiales,
N'importe quel objet que vous possédez mais que vous êtes prêt à laisser vivre ailleurs. 

En dépensant peu, mais bien:

Une soirée partagée au théâtre,
Une confiture faite maison, avec une étiquette personnalisée,
Un mélange d'épices que vous avez imaginé comme on peint un tableau,
Une bonne bouteille à déguster ensemble,
N'importe quel cadeau, même modeste, qui laissera un souvenir, des sensations. 

Ce que vous avez de plus précieux, votre temps:

Une longue balade en forêt pour faire découvrir votre coin à champignons,
Un après-midi au musée, en prenant le temps, ensemble, de s'émerveiller, de s'interroger,
Une soirée à garder les enfants de vos amis, pour qu'ils puissent s'offrir un moment en tête à tête,
Vos talents de bricoleur pour des tableaux à accrocher ou une étagère à monter,
N'importe quel moment de votre vie que vous libérez, sans obligations, et surtout sans smartphone, pour être avec l'autre, ou faire quelque chose pour lui/elle. 

Leçon de morale? Peut-être, mais surtout, cri du coeur. Prenez donc ce billet comme un cadeau, il ne m'a rien coûté financièrement parlant, et j'y ai consacré un peu de mon temps. 

 

PS: J'en profite pour vous conseiller vivement la conférence que donnera Paul Ariès ce jeudi soir 29 novembre à 18h15 à Uni Mail (Salle MS 150). Le thème: Une décroissance heureuse, conviviale, et même gourmande! http://www.solidarites.ch/geneve/index.php/agenda/572-29-...