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10/11/2014

“Turn Me On”, du street art monumental à Vernier

42P_01.jpgAprès une première édition fin 2013 présentant les oeuvres gonflables monumentales de l’artiste Filthy Luker, « Vernier Street Art » revient pour une seconde édition qui présentera cette fois la nouvelle création de l’artiviste genevois Dan Acher : « Turn Me On ». Son objectif: s’approprier l’espace urbain avec audace pour intriguer les passants, et leur permettre de donner eux-mêmes vie aux bâtiments de la ville de Vernier. 

Quatre interrupteurs géants forment un parcours à travers le chemin de Maisonneuve à Châtelaine, et appellent à l’exploration, à la tentation. Sur chaque interrupteur, l’inscription « Turn Me On » (« Allume-moi »), invite les passants à l’actionner. Sur une façade à proximité, le même message projeté en grand format clignote mystérieusement. 

Lorsque l'on actionne l'un d'eux dès la tombée de la nuit, le message sur la façade laisse place à une paupière fermée. Puis l’œil s'ouvre doucement, s'anime, observe, vit durant une minute avant que la paupière se referme puis disparaisse. Jusqu'au prochain passant qui fera apparaître un œil différent. Les interrupteurs déclencheront soit des yeux, soit des bouches. Les bouches, elles, s’animeront en formant des sourires, en disant des mots de façon silencieuse, en découvrant les dents, en jouant avec la langue. Des interactions éphémères sur les murs, mais permanentes dans l’imaginaire. 

« Turn Me ON » est pour la ville de Vernier une manière de toucher de nouvelles audiences et d’amener l’art dans les quartiers et au-devant de la population.

Cheminement piéton à travers le chemin de Maisonneuve à Châtelaine (entre Balexert et la bibliothèque).
Du vendredi 14 au dimanche 23 novembre de 17h30 à 2h du matin, tous les soirs (dès la tombée de la nuit).  

Dossier pédagogique « Le street art et la lumière »: http://we.tl/Cg1o2qXxdi

15:19 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, vernier, dan acher |  Facebook |

31/07/2014

Déclaration d'amour

91930_t6.jpgPolémique autour du drapeau suisse au 1er août / Déclaration d'amour d'une marseillaise à son pays d'adoption:

Naturalisée en 1991 après avoir grandi en Suisse depuis l'âge de 6 ans, je sui profondément attachée à ce pays, à ses valeurs, à sa démocratie et à ses symboles. Au point que, je l'avoue, jamais je ne pourrai revivre un jour en France (j'ai tenté pendant 3 ans de vivre dans la belle ville de Bordeaux, mais je ne m'y suis jamais sentie chez moi).

Le drapeau rouge à croix blanche représente bien plus pour moi qu'un simple "bout de tissu", comme j'ai pu le lire ici ou là. Il me rappelle tout ce don je suis fière en tant que Suisse aujourd'hui. Ce pays, je n'ai pas choisi de venir y vivre, mais j'ai bien choisi d'y rester et d'y construire ma vie, avec un passeport rouge.

En tant que naturalisée, ma présence ici n'est pas le fait du hasard mais un acte volontaire, laissant derrière moi sans regret une autre culture, un autre mode de vie, un autre mode de pensée. Ce drapeau, c'est le mien à part entière, n'en déplaise à ceux qui mon considèrent comme une citoyenne de seconde zone, car non "de souche".

La souche, c'est moi qui l'ai plantée, et les racines sont profondément ancrées. Est-ce être "nationaliste" dans le mauvais sens du terme que de le déclarer? Oui, je suis de gauche, immigrée, et patriote.

27/07/2014

Impuissance

Gaza, Israël, guerreOn n'ose plus se plaindre de rien. Ni de la météo, ni de nos petits bobos. Tout cela devient futile, indécent, face à l'horreur. 

On n'ose pas avouer ne pas y comprendre grand chose. La désinformation et la manipulation sont partout, dans les médias, sur le net. On ne sait plus. On n'a jamais vraiment su. 

On est submergés par les publications, les indignations, les cris et les manifestations de rue de ceux qui pensent savoir. On envie leurs certitudes. 

On n'ose pas participer aux débats, de peur de dire des bêtises, ou de se faire virtuellement poignarder par un camp, ou l'autre. 

On est paralysés, tétanisés devant les images, les chiffres. Le décompte des morts est quotidien, et il nous assaille dès le saut du lit. Le chiffre du jour nous suivra partout, jusqu'au lendemain.

On se sent impuissants, et on l'est. On peut manifester, alerter son gouvernement pour qu'il agisse, pour qu'il condamne, mais n'est-il pas lui-même impuissant? 

Un frisson nous parcourt… 

Il pleut. 

Nos bobos se réveillent.

On se tait. Sur tout.

20/07/2014

Le trou de la serrure

FacebookJe ne te connais pas, tu ne me connais pas.

Le lien virtuel est ténu, pour ne pas dire inexistant. Je suis un nom et un visage figé parmi des centaines d'autres, et tes publications apparaissent parfois par hasard sur mon mur Facebook. Je ne suis pas ton amie, je n'ai aucun conseil à te donner, et pourtant je te tutoie. Car ton nom qui passe dans ce flux incessant fait partie, dans une moindre mesure, de ma vie virtuelle. Au gré de tes coups de gueule et de tes états d'âme, tu m'as donné de quoi te connaître un peu, ou en tout cas de connaître ce que tu veux bien montrer de toi. 

Et c'est là le noeud du problème. Pourquoi partages-tu avec moi, et les autres, des choses qui devraient rester de l'ordre de l'intime? Tu as le coeur brisé, et tu le cries. Tu ne sais pas que je suis là, mais je t'entends. Ou plutôt je te lis. Les détails affluent au gré des commentaires. Je pourrais être assise à côté de toi dans le bus, et t'entendre malgré moi raconter ta rupture au téléphone à ta meilleure amie. J'en serais tout aussi gênée, mais au moins je n'entendrais pas les réponses. Là, je vois tout, je sais tout. Tes doutes sur ta capacité à être aimée, le manque de dialogue, l'incompréhension suite à son départ, tes résolutions manifestées sous l'emprise de la colère, les réactions outrées ou rassurantes à ton égard, les conseils qui partent dans tous les sens, les petits coeurs qu'on t'envoie pour te consoler. Tout. 

Tu as volontairement, par ta publication et tes réponses de plus en précises aux nombreux commentaires, impliqué des inconnu-e-s dans ta souffrance. Elle m'a sauté au visage en ce dimanche cotonneux sans que je puisse m'en protéger. Mais je te l'avoue, au lieu de zapper, j'ai lu. J'ai regardé par le trou de la serrure. Je m'en veux un peu de ma curiosité mal placée, certes, mais le trou est immense, et ne laisse que peu de zones d'ombres. 

Que puis-je en faire, que dois-je en faire? Ajouter ma voix (ou plutôt mes mots) à la cacophonie des conseils? Ou me taire, embarrassée de ce partage qui ne me regarde pas? J'ai choisi de te parler indirectement dans ce billet, sans te nommer. Pour te dire d'appeler tes amis, de les voir, pour qu'ils te prennent dans leurs bras et te consolent. Pour qu'ils te disent que, oui, tu peux être aimée. Moi je ne peux pas le faire, je ne te connais pas, tu ne me connais pas.

21/06/2014

20 futurs graphistes sur le carreau

20140621_185406_1.jpgJe me souviens de la joie de mes deux garçons il y a quelques années, quand, après un examen assez rude, ils avaient été tous deux admis au CFPAA (Centre de Formation Professionnelle en Arts Appliqués, anciennement les "Arts déco"). L'un en graphisme, l'autre deux ans plus tard en multimédia. Leurs rentrées respectives s'annonçaient passionnantes et ils ont passé l'été tous légers, ayant hâte de commencer. 

Aujourd'hui, ce sont 20 futurs élèves en graphisme, ayant réussi l'examen, qui sont soudain laissés sur le carreau par la Direction générale de l'enseignement secondaire. De deux classes, le DIP a abruptement décidé de passer à une seule, sans explications ni concertation avec les enseignants. On imagine l'immense déception de ces jeunes. Ils n'ont plus le temps de trouver une place d'apprentissage en graphisme (elles sont de plus très limitées), alors que vont-ils faire l'année scolaire prochaine? Quel impact ce rejet soudain aura-t-il sur leur motivation, leur confiance en eux-mêmes? 

L'argument que fait valoir la Direction générale, exprimé par voie de presse le 17 juin dernier, concerne la nécessité de ne pas former de jeunes nouveaux chômeurs dans un métier saturé à Genève. Comment le DIP peut-il déjà évaluer l'offre de places de graphistes dans le canton dans 4 ans, date de la fin de la formation des jeunes lésés? Mystère. N'envisage-t-il pas que certains jeunes diplômés puissent avoir envie, une fois leur CFC ou matu pro en poche, de voir d'autres horizons que ceux, étriqués, du canton de Genève? 

Petit espoir pour ces élèves: l'association des enseignants du CFPAA Genève (AEAA) se bat aujourd'hui pour sauver cette deuxième classe de graphisme. Le 5 juin, M. Sylvain Rudaz, Directeur général de l'enseignement secondaire II, interpellé par l'AEAA, recevait une délégation de représentants du corps enseignant qui lui a exprimé son désaccord quant à cette décision prise sans concertation, sans examen minutieux et complet de la situation de la formation professionnelle, désaccord soutenu par une pétition qui a récolté en 4 jours près de 900 signatures. 

L'AEAA a également récemment interpellé Madame Anne Emery Torracinta, Conseillère d'Etat chargée du DIP, pour la prier "d'étudier en détail la problématique soulevée, de revenir sur la décision de la Direction générale et de prononcer à tout le moins un moratoire d'une année, afin de pouvoir procéder durant ce laps de temps à une analyse documentée. Prononcer un moratoire présenterait l'avantage de ne pas prétériter une vingtaine de jeunes motivés qui ont réussi le concours d'entrée au CFPAA, d'autant plus que 55 dossiers ont été qualifiés par un collège d'experts sur 147 candidatures, ceci avant que la décision de la Direction générale ne soit prise et ne fasse l’effet d’un couperet" (extrait du communiqué des enseignants, publié sur une page Facebook de soutien).

Même si on peut éventuellement comprendre la politique à moyen terme du DIP de ne pas former trop de jeunes pour une profession déjà saturée, la décision a été prise au pire moment, sans anticipation. Pourquoi leur faire passer l'examen, et les admettre, pour les rejeter en juin? Pourquoi ne pas attendre la rentrée 2015 pour appliquer cette mesure? Ou la prendre plus en amont, bien avant le passage de l'examen d'entrée, en communiquant sur le fait que seule une classe sera ouverte à la rentrée? 

L'association des enseignants mettra en place une action symbolique lors de la journée des inscriptions définitives, le jeudi 26 juin 2014 à 14h00 dans les locaux du bâtiment principal du CFPAA, rue Necker 2 à Genève. En espérant qu'une solution pourra être trouvée pour éviter à ces jeunes de devoir probablement effectuer leur rentrée à l'Ecole de Culture Générale (ECG), au lieu de commencer leur formation dans le métier qu'ils avaient choisi. 

Illustration: Loïc Sutter