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05/09/2013

Sortie de tôle!

1241673_10201185657257548_385317309_n.jpgJe vous rassure, mon titre ne contient pas de faute d'orthographe et je n'étais pas en prison. Mais dans un sens, oui, tout de même. J'étais prisonnière d'un engin qui me coûtait une fortune et que j'utilisais peu. J'ai donc décidé de me passer de ma voiture, et l'ai vendue il y a quelques jours. Mais le but de ce billet n'est pas de faire de la propagande anti-bagnoles et de tenter de vous culpabiliser en me faisant passer pour une sainte qui a sacrifié sa mobilité individuelle sur l'autel de la conviction et du bien-être commun. Je vais tout de suite décevoir les écolos qui seraient tentés de me porter aux nues: ma motivation est principalement économique. 

A chacun d'évaluer ses vrais besoins en matière de mobilité, selon son mode de vie, sa situation familiale, et ses revenus. Pour ma part, il convenait d'être honnête: un certain nombre de mes déplacements en voiture étaient effectués pour les mauvaises raisons, par paresse, sans prendre la peine de réfléchir à une autre solution, et surtout parce que j'avais le véhicule sous la main. Ma voiture me coûtait environ CHF 4'500.- par an, en comptant la place de garage, l'assurance, les plaques, l'essence, les tickets de parking, une amende d'ordre par ci par là, l'entretien et les petites réparations. Ce qui ne m'empêchait pas d'avoir en parallèle un demi-tarif CFF pour mes déplacements hors du canton, un abonnement TPG, et de prendre parfois des taxis pour rentrer tard le soir. Les conditions étaient donc idéales pour sauter le pas et me passer de ce véhicule qui pesait lourd sur mes modestes revenus. 

En attendant au comptoir de mon garagiste le maigre billet violet qu'on m'avait proposé en échange de cette petite Hyundai qui avait en quelques années déjà perdu toute valeur marchande et qui nécessitait à ce stade des travaux d'entretien importants, j'ai fait part de mes réflexions aux employés présents. "Vous n'allez pas en racheter une autre?", me demandaient-ils, un peu surpris et vaguement admiratifs. Ma réponse ferme et négative associée à mon air béat a ouvert les feux d'un flot de questions pressantes sur ma "nouvelle vie". "Si vous pouviez convaincre ma femme, on a rien à faire de deux voitures!", me souffle le vendeur. "Si je n'habitais pas en pleine campagne en France voisine, je ferais comme vous, les trajets me fatiguent et c'est dangereux", renchérit la secrétaire. Sans vouloir faire de prosélytisme, juste en témoignant simplement, je réalise que ma décision personnelle fait réfléchir et met à jour chez les autres des questionnements et frustrations liés à la voiture. Intéressant. 

Cet échange surprenant étant donné le contexte et les interlocuteurs m'a donné envie d'écrire ce billet, et de partager également avec mes lectrices et lecteurs ma joie, mon soulagement, et paradoxalement, mon nouveau sentiment de liberté. Je suis enfin sortie de tôle! 

04/09/2013

Le téléphone pleure...

52e6f80c.jpgTout ce que je voulais, c'était rêvasser, la tête appuyée contre la vitre rayée, regarder filer les lumières de la ville, penser à l'homme que j'aime qui venait de me quitter, tenant ma main, puis le bout de mes doigts jusqu'à la dernière seconde avant de descendre du bus. Tout ce que je voulais, c'était garder ce sourire déjà un peu nostalgique, fermer les yeux, me laisser bercer. 

Puis elle est montée, elle avait des larmes dans la voix tout en parlant fort, trop fort, un rectangle noir porteur de mauvaises nouvelles collé à l'oreille. Elle voulait juste savoir… Savoir pourquoi il la quittait, pourquoi il ne lui avait pas dit plus tôt qu'il ne l'aimait pas, ce qu'elle aurait pu faire différemment. Sans même me voir ou se rendre compte de ma présence, elle m'a aspirée dans son univers, dans son intimité tourmentée. Je n'existe pas, mais je sais tout, je ressens tout. Son amour brisé, son chagrin. Elle me les envoie à la figure sans retenue. Elle est seule au monde, avec celui qui la quitte. 

Peut-être demain changera-t-elle son statut Facebook, passant publiquement de "en couple" à célibataire. Ses amies commenteront, s'apitoieront, la consoleront, aux yeux de tous. Elle leur racontera qu'il l'a jetée par téléphone, alors qu'elle était dans le bus. Sur le fait qu'elle avait pleuré alors qu'on pouvait l'entendre, qu'elle avait partagé son histoire avec moi, pas un mot, sûrement. 

Quand on a ce rectangle noir à l'oreille, les autres n'existent pas, ne comptent pas. Qu'ils soient embarrassés ou touchés par cette vie intime étalée n'a apparemment aucune importance. Pourtant, me voilà envahie d'émotions, extraite de ma rêverie nocturne. Je ne sens plus la chaleur de la main de mon homme qui s'attardait dans ma paume, son "Je t'aime", murmuré de l'autre côté de la vitre pendant que le bus démarrait, semble déjà si loin. Cette inconnue m'a happée, contre mon gré. Elle descend du bus, toujours en pleurant dans son téléphone. Et maintenant, j'ai froid.

01/09/2013

Comment draguer une femme dans un bar en 2013?

ville-haute-ville-basse-1949-06-g.jpgBonjour, comment allez-vous? Puis-je m'asseoir? Je vous ai vue, assise seule, et j'ai pensé que c'était normal. Une femme devrait être capable de s'auto-suffire. En fait, beaucoup de femmes choisissent de rester seules, ce qui, avec les progrès vers un salaire équivalent et un allongement du congé maternité, est une tendance réjouissante et irréfutable. 

J'ai remarqué que vous étiez sur le point de terminer votre verre, et je me demandais si je pouvais éventuellement vous regarder en recommander un. Et, au risque d'être un peu trop direct, si vous pouviez même m'en offrir un… 

Vous faites quoi dans la vie? Avant que vous ne répondiez, je vous préviens que je n'attends pas nécessairement une réponse ayant trait à votre travail. Je ne pense pas que nous devions nous laisser définir par nos objectifs professionnels, particulièrement lorsqu'ils sont archaïques et hétéronormatifs.

Je maudis ma mère, qui est néanmoins une personne adorable et très humaine, pour ne pas m'avoir acheté un mini-four jouet quand j'étais petit. J'ai grandi en idolâtrant des voyous testotéronés comme Neil Armstrong et Jimmy Carter. Je travaille dans le sport, mais je passe plus de temps à me connecter à mon moi spirituel et à lutter contre l'adversité qu'à m'épuiser pour une entreprise sans visage. Et si je devais trouver une compagne, que ce soit vous ou une autre ici ce soir, je serais plus qu'heureux de renoncer à mon emploi afin d'élever notre progéniture dans une atmosphère non sexiste, pendant que ma partenaire de genre féminin continue de poursuivre ses rêves, qu'ils soient professionnels, personnels, ou même sexuels avec un autre homme. 

Oh, mais que je suis mal élevé! Je déblatère sans discontinuer comme un gamin ou une gamine bavard-e. Je ne me suis même pas présenté dans les règles. Toutefois, on a parfois la désagréable impression que le patriarcat édicte des règles rigides de sorte que ce sont toujours les hommes qui prennent l'initiative. Mon nom est Terri, avec un un coeur sur le i au lieu d'un point. Oui, cela veut signifier que j'ai un coeur, et que je n'ai pas peur de le dévoiler. 

Qu'en pensez-vous? Allez-vous saisir l'opportunité de m'offrir un verre?

Si vous vouliez bien répondre, ce serait merveilleux. Bien sûr, si vous préférez continuer de rester assise ici en silence, à me toiser avec ce regard intense qui transgresse les rôles établis pour chaque sexe (et qui me fait aussi un peu peur), cela me convient aussi.

Pardon? Que j'aille me baiser tout seul? J'approuve! Les hommes devraient être plus autonomes en matière de reproduction. Je vous remercie pour cette affirmation pertinente. Pourquoi les femmes devraient-elles assumer de manière exclusive la charge de donner la vie, alors que les hommes sont condamnés biologiquement à la peur de l'engagement? C'est illogique et socialement dégradant. 

Ah, cette bière est rafraichissante! Merci de me l'avoir envoyée au visage, par cette chaleur estivale. 

D'accord, d'accord, je m'en vais. 

Merci de m'avoir rejeté aussi brusquement. Cela demande beaucoup de courage, et vous en avez en tout cas autant que n'importe quel autre être humain. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je vais aux toilettes pour aller pleurer dans une cabine, remettre en cause ma virilité, et envoyer un sms à ma maman. Je vous remercie de m'avoir accordé un peu de votre temps, qui a été égal au mien.

Traduction libre par mes soins de "A post gender normative man tries to pick up a woman at a bar" de Jesse Eisenberg. 

31/08/2013

La Suisse expliquée aux étrangers, l'essentiel en quatre leçons

Leçon no 1: Le pays aux quatre langues

images.jpegVous le savez sûrement, en Suisse, on parle 4 langues officielles sur un territoire de 7 millions d’habitants: le français, l’allemand, l’italien et le romanche (qui survit péniblement dans 2 ou 3 vallées du canton des Grisons, et dont tout le monde se fout).

 Qu’est ce que cela implique au quotidien quand comme moi on habite Genève ? Rien, me direz-vous… Et pourtant tous les jours, plusieurs fois par jour, chaque suisse côtoie les autres langues nationales, au petit déjeuner, en faisant ses courses, en cuisinant, dans sa salle de bain. Car tout est écrit en trois langues (oui je vous l’ai dit, le romanche tout le monde s’en fout) sur les emballages des produits de grande consommation. Vous imaginez bien que les grands distributeurs ne vont pas fabriquer des emballages différents selon les régions pour un aussi petit pays.

J’apprends par exemple en fixant ma boîte de céréales d’un oeil vaseux au petit matin que le mot "protéine" se dit "Eiweiss" en allemand… Chouette, il faut que je m’en souvienne. Pour quoi faire? Eh bien… Si je suis invitée dans un dîner mondain zurichois, que je suis face à un beau médecin de langue allemande, et qu’on parle alimentation équilibrée… Cela pourrait changer ma vie, allez savoir (ébloui par mes connaissances en mots techniques dans sa langue, il se jette à mes pieds et me demande en mariage).

 Bon ok, je sens que ce nouveau mot ne va pas me servir à grand-chose. Mais insidieusement, pendant des années, ces petits mots allemands ou italiens présents partout sur les produits que j’achète à la Migros ou à la Coop se font une place dans mon petit cerveau, et me rendent ces langues (vaguement) familières. Quel enfant suisse n’a jamais joué à "tu me passes le lait/milch/latte s’il te plaît?".

 Ce qui ne m’a pas empêché d’imaginer 1000 façons d’assassiner Mme Bartz, ma prof d’allemand immanquablement habillée comme une serveuse de la fête de la bière de Munich.

Leçon no 2: La barrière de rösti

Swiss-Cuisine-Rosti-Recipe.jpgOn est le seul pays au monde à avoir une frontière linguistique faite de patates râpées et passées à la poêle. Cette charmante expression symbolise l’énorme fossé culturel qui existe entre les suisses romands et les suisses allemands. Et si c’est une spécialité culinaire qui a été choisie pour représenter ce mur, ça n’est pas pour rien.

 Quand le romand salive devant un bon steak grillé accompagné de frites, le suisse allemand l’émince, le noie sous une sauce brunasse souvent un peu sucrée, et l’accompagne de rösti. Quand il est en forme, le suisse allemand rajoute encore un peu de compote de pomme, de la crème fouettée, ou de la confiture. En Suisse romande, on préfère prendre le dessert après le plat principal, pas sur le plat principal. Ceci dit, c’est peut être pour ça que les Suisses allemands sont plus productifs au travail, ils expédient ainsi le repas de midi plus vite que les romands.



Si ces différences n’étaient que culinaires, on en rirait tous ensemble, suisses totos et welches, autour d’un bon verre de schnaps. Le problème, c’est qu’en Suisse, on ne fait pas que manger, on vote aussi (voir leçon 3). Et là, les résultats des votations sont souvent parfaitement délimités par la frontière linguistique sautée au beurre. A part quelques grandes villes progressistes comme Bâle ou Zürich, à toutes les initiatives auxquelles les romands disent oui (et pour lesquelles le oui semble évident), les alémaniques disent NEIN. Ce qui leur vaut le joli surnom de "Neinsager". 



Mais ne vous y méprenez pas, à part le fait qu’ils portent des chaussettes blanches avec leur costard la semaine, et des chaussettes tout court avec leurs sandales Birkenstock le week-end, les Suisses allemands ont aussi quelques qualités que je dois leur reconnaître: ce sont les champions du bio et des économies d’énergie, ils sont organisés, productifs, disciplinés. Dans les villes, la vie culturelle est souvent riche, ils sont créatifs et audacieux en matière d’architecture ou d’art. Et ils parlent presque tous le français, contrairement aux romands, dont une grande majorité fait une allergie sévère à la langue de Christoph Blocher (ainsi qu’à Christoph Blocher lui-même).

Leçon no 3: La démocratie directe

RTEmagicC_voter-05_01.jpg.jpgNous avons la chance en Suisse de pouvoir voter tout au long de l'année sur tout et n'importe quoi, au niveau fédéral, cantonal et communal. Il suffit qu'une initiative populaire recueille suffisamment de signatures pour que ce soit le "peuple souverain" qui décide, même s'il n'y comprend parfois rien au premier abord. Dès lors, deux choix s'offre à lui: faire ses devoirs et passer des heures à lire et soupeser les arguments des uns et des autres, ou faire confiance à un parti politique en suivant ses consignes de vote. Quel bonheur me direz-vous, vous avez la possibilité de rallonger la durée des vacances et de faire baisser les impôts! Eh bien, ne vous réjouissez pas trop vite: quand on demande son avis au peuple helvétique, il préfère travailler plus et payer plus. Car le Suisse, sur ce genre d'objets, est "raisonnable". Enfin, surtout les Suisses allemands (voir leçon 2).

Le revers de la médaille? La démocratie directe favorise presque toujours le repli national ou l'expression de la peur de l'autre, que ce soit en durcissant la loi sur l'asile ou en interdisant les minarets. On reçoit de jolies enveloppes environ quatre fois par an, on se triture les méninges, on met des petites croix là où ça nous semble juste, puis quand les résultats tombent, on est souvent frustrés, scandalisés, honteux pour la Suisse tout entière. Enfin, surtout les Suisses romands de gauche et ceux qui n'ont pas pris la peine de voter (et ce sont parfois les mêmes).    

Leçon no 4: Le cervelas 

2456042529_small_1.jpgVenons-en maintenant enfin à l'essentiel. Tout suisse qui se respecte a déjà grillé des cervelas au bout d'un bâton sur un feu en pleine nature, en ayant pris le soin de couper les bouts en croix pour les voir avec émerveillement se recroqueviller sous la chaleur. Le cervelas est une saucisse à la chair finement mixée pour qu'on ne sache pas ce qu'il y a dedans (la recette exacte est d'ailleurs un secret d'état, mais ça ne doit pas être loin de ce qu'on trouve dans la pâtée pour chats). Malgré sa composition douteuse, le cervelas est un plat national très apprécié et ma foi pas si mauvais au goût. 

Jusque là, vous me direz, tout va bien, vous les Suisses, mangez vos saucisses pas nettes et basta. Mais non, ça n'est pas si simple. Car le cervelas n'est pas à 100% suisse. La peau qui l'entoure est du boyau de bœuf brésilien, qui donne à notre saucisse préférée un goût particulier et une légère courbure de bon aloi. Sans ce délicat arrondi, le cervelas ne serait plus le cervelas.



Lorsque la maladie de la vache folle a fait un retour en force au Brésil il y a quelques années, la fameuse peau a été interdite d'importation et le cervelas tel qu'on le connaît a bien failli disparaître. C'est un peu de notre culture qui a été menacée. Drame national, l'économie poussait de grands cris (plus de 160 millions de cervelas vendus chaque année quand même), les politiques montaient sur leurs grands chevaux et la population était au bord de la révolution. Depuis, des boyaux alternatifs ont été trouvés, et le cervelas, apprécié tant par les romands que les alémaniques, fait toujours figure de ciment national.

28/08/2013

Entreprises suisses sur Facebook, les tops et les flops

Facebook_like_thumb.jpgEn matière de communication avec leurs clients, les entreprises suisses ont-elles bien négocié le virage des réseaux sociaux? 

Facebook a dépassé en octobre dernier le milliard d'utilisateurs au niveau mondial et plus de 3 millions de Suisse y possèdent un compte, ce qui fait de notre pays le 50e mondial en termes de nombre d'utilisateurs. Depuis l'entrée en bourse réseau de Mark Zuckerberg en mai 2012, il devient difficile pour les entreprises suisses d'ignorer ce formidable outil et de ne pas l'intégrer à leur stratégie de communication globale. De la PME locale à la marque de luxe au rayonnement international, on commence à prendre conscience qu'on ne peut plus ignorer le web 2.0, même si les besoins et les moyens diffèrent. 

Des patrons méfiants 

Dans les hautes sphères de certaines entreprises, on n’est pas encore à l’aise avec l’univers de Facebook. Les entrepreneurs eux-mêmes peu actifs sur les réseaux sociaux ont parfois du mal à appréhender sa logique et son potentiel. Encore trop souvent, la création d'une page Facebook ne s'accompagne pas des moyens nécessaires à son succès, à savoir une stratégie spécifique, un univers visuel adapté et un community manager dédié. Les réseaux sociaux ne cessent de croître et se multiplier, et il n’est pas étonnant que certains dirigeants se sentent désarçonnés quand il s’agit de les approcher. Le niveau d’interactivité sans précédent qu’ils offrent oblige les entreprises à redoubler d’efforts pour élaborer des stratégies et un langage adaptés. 

Investir dans le web 2.0

L’investissement le plus important au départ doit se faire dans la formation des employés et des dirigeants. Habituer les uns et les autres à communiquer de façon pertinente via ces outils est essentiel. L’effort doit être financier et en termes de ressources humaines : engager un community manager de talent, concevoir des images travaillées spécifiquement pour le format Facebook, rédiger des textes courts et percutants, autant de facteurs de succès pour une communication efficace sur la plateforme. Si la plupart des grandes marques maîtrisent parfaitement le "langage Facebook" en faisant la part belle à l’interactivité via des quiz, des concours ou des événements uniquement accessibles via leur page publique (Ovomaltine, Ikea Suisse, Lindt, La poste), d’autres semblent se passer de community manager et de budget dédié, et présentent des vitrines pauvres et statiques, et donc contre-productives. 

Les grands absents

Au milieu la frénésie générale, certaines grosses entreprises, comme Coop ou Globus, ont choisi d'ignorer totalement les réseaux sociaux. Au risque pour celles-ci de laisser fleurir de façon anarchique des pages non officielles mal conçues apparaissant en tête des recherches Google, et créant une confusion, ainsi qu'un déficit d'image. Du côté de chez Coop, on assume son choix, même s'il semble anachronique. Selon Nadja Ruch, porte-parole du distributeur, "pour Coop, la question de la pertinence de l'investissement se pose. Jusqu'à maintenant, nous nous investissons dans nos magasins et activités, via lesquels nous pouvons nous adresser de façon très ciblée à des groupes de clients plus larges". L’entreprise offre toutefois la possibilité à ses clients de partager les contenus de son site Internet sur les réseaux sociaux, via des boutons adaptés sur chaque page. 

L’horlogerie au top

Selon une étude menée par Virtua en 2011 sur la popularité des entreprises suisses sur Facebook, c'est de très loin le secteur de l'horlogerie qui fait le plus d'adeptes sur le réseau social. Dix-sept entreprises horlogères figurent parmi les 50 marques suisses les plus populaires sur Facebook, à l’instar de Piaget et ses 420'000 fans. Ensemble, elles regroupent près de 3 millions de fans. Rolex, absent de Facebook jusqu’à récemment, et présent seulement via des pages de fans de piètre qualité, a très rapidement dépassé tous ses concurrents sa nouvelle page lancée le 24 avril dernier, qui compte déjà plus de 710'000 adeptes à ce jour. 

La gestion du web 2.0, un nouveau marché

Le nouveau challenge pour les entreprises suisses ? La maîtrise des outils plus récents du web 2.0, à savoir Twitter, Instagram, ou encore Pinterest. Avec le flux de messages en 140 caractères ou l’image savamment retravaillée, ce sont encore d’autres opportunités de communication avec leurs clients qui s’ouvrent à elles. Ce nouveau marché n'a pas échappé à Steve Savioz, fondateur et CEO de l'agence spécialisée romande Virtua SA, qui propose ses services de gestion de communication 2.0 depuis 2008 déjà. "Comme pour tous les autres médias utilisés à des fins de communication, il est essentiel d’avoir une stratégie cohérente pour l’ensemble des plateformes sociales. Générer de la visibilité sur une cible précise n’exigera pas l’utilisation des mêmes outils qu’une stratégie de fidélisation ou de ventes", prévient le jeune entrepreneur. Car si pour l'instant les médias sociaux sont essentiellement utilisés pour la communication et le marketing, leur usage potentiel ne s'arrête pas là. Que ce soit pour le service client, les ressources humaines ou la création de nouveaux produits et services, tous les départements des entreprises sont concernés, et les changements à venir sont potentiellement bien plus radicaux que ceux auxquels on a déjà assisté.