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20/02/2018

De l'indécence à l'utilité

depenses-sociales-des-departements-l-inquietude-persiste-8905.jpgEn ouvrant la Tribune de Genève il y a quelques semaines, je me suis étranglée avec mon café en découvrant les montants des budgets de campagne annoncés par les différents partis en vue des élections de ce printemps au Grand Conseil et au Conseil d’Etat. « Selon les chiffres articulés par les neuf groupements ayant déjà annoncé des listes, les dépenses pour la campagne vont s’établir à 3,3 millions » (source Tribune de Genève du 9 janvier 2018).

Le MCG, par exemple, annonce un budget de CHF 800’000.-, suivi par le PLR et GEM avec CHF 500’000.-. La gauche n’est pas en reste, avec CHF 350’000.- annoncés par le PS et CHF 200’000.- par Ensemble à Gauche. La plupart des budgets est en nette hausse par rapport à 2013.

Ces chiffres sont indécents lorsqu’on sait que de plus en plus de Genevois peinent à s’en sortir au quotidien et à boucler leurs fins de mois. Les bénéficiaires de l’aide sociale ne cessent d’augmenter et les familles n’arrivent plus à économiser, quand elles peuvent payer toutes leurs factures !

Comment peut-on faire des promesses d’améliorer le quotidien des Genevois tout en dépensant des sommes qui ne peuvent être que jugées indécentes par tous les citoyens qui luttent pour rester à flots, et cela simplement pour des affiches, des tous ménages, ou des habillages de tram ?

Concernant La Liste pour Genève par exemple, nous avons reçu un devis de CHF 5’000.- d’une entreprise d’affichage de la place, pour la pose de 38 affiches pendant une semaine. Une goutte d'eau dans un océan d'affiches électorales ! 

Après réflexion, nos membres ont estimé que cette somme ((qui représente un sixième du total de notre budget de campagne de CHF 30’000.-) pourrait être investie dans un geste plus concret et moins vain. Nous avons ainsi décidé de faire don de ces CHF 5’000.- à des associations locales dont l’action est en accord avec notre programme et les convictions de ses candidates et candidats.

D’autre part, La Liste pour Genève encourage tous les partis engagés dans cette campagne à faire également don d’un sixième de leur budget de campagne pour faire avancer concrètement, avant même l’issue du scrutin, les causes sociales, environnementales ou culturelles cantonales qui leur sont chères et qui sont en accord avec leurs promesses de campagne.

Si chaque parti accepte de renoncer à une campagne d’affichage (ou à un tous ménages ou à une autre action de communication onéreuse et peut-être peu utile au final), alors ce sont plus de CHF 550’000.- que pourraient se partager des associations dont l’action est essentielle pour les habitants de notre canton. Ce serait une première, jamais une telle action n’ayant été réalisée en Suisse dans le cadre d’une campagne électorale.

Donner une vraie utilité immédiate à cette campagne, oeuvrer pour le bien commun au lieu de ne faire que brasser de l’air de façon coûteuse, ne serait-ce pas là un message fort à envoyer à la population, à l’aube de cette nouvelle législature ?

  

Catherine Armand

Candidate au Grand Conseil sur La Liste pour Genève
Conseillère municipale à Chêne-Bougeries

 

14/02/2018

La classe qui lutte

ladder-576362_960_720.pngOn s’en sort, on lutte, on est dans la classe moyenne inférieure, pas dans la précarité, pas assisté, on est dans aucune statistique. Pourtant on est constamment sur le fil, au bord de l’abîme. On vit dans la peur du vide, on craint d’y être aspiré au moindre faux pas. On est pas trop cabossé par la vie, car on a toujours évité les coups de justesse.

Cette classe moyenne inférieure dont je fais partie, fière de ne pas être dépendante des aides sociales, doit être mieux soutenue et protégée avec bienveillance pour la maintenir dans son autonomie et sa dignité. Elle coûtera ainsi bien moins cher à la société que si on la maltraite, et qu’on la fait basculer.

On devrait avoir la garantie de pouvoir obtenir un appartement à loyer modéré même si on a un dossier estimé « faible »; on devrait être jugés par les employeurs sur nos compétences et notre expérience, pas sur notre âge ou ce qu’on coûtera en charges sociales; on devrait pouvoir avoir une dette ou une poursuite, la payer à son rythme et que sa cicatrice ne marque pas notre dossier pendant des années et nous ferme des portes; on devrait pouvoir payer son assurance maladie même avec un salaire modeste.

Les citoyens ne demandent rien d’autre que cela. Que dans un canton et un pays riche, leurs besoins vitaux puissent être couverts avec leur salaire. Qu’on leur offre des conditions de vie décente en matière d’accès à l’emploi, à un logement et aux soins de santé. La politique actuellement pratiquée à Genève pousse de plus en plus de monde dans la précarité. Et quand les gens sont au fond du trou, et on les culpabilise et on leur reproche ensuite le coût élevé de l’échelle qu’on leur tend pour les faire remonter. Paradoxal !

Catherine Armand
Candidate au Grand Conseil sur La Liste pour Genève www.lalistepourgeneve.ch

12/01/2018

"Vous devriez faire autrement"

Quand on est une simple citoyenne et qu’on est souvent indignée, par les inégalités et les injustices, par les décisions de nos dirigeants qui ne vont pas dans le sens de nos convictions, quand on a beaucoup de rêves pour sa commune, son canton ou la société en général, on peut ne rien faire, continuer de s’indigner ou de rêver, ou on peut au moins participer aux votations avec diligence, pour ne pas laisser les autres choisir et décider pour soi. Dans mon cas, après n'avoir longtemps rien fait (pas même aller voter), j’ai eu l’envie de passer de l’autre côté du miroir, de tenter d’agir plutôt que subir. J’ai tapé à la porte de plusieurs partis, j’ai observé, participé, mais je ne me sentais pas vraiment partie prenante, ni du discours, ni des décisions. Il est difficile en effet de faire sa place et d’apporter sa « patte » dans un grand parti très hiérarchisé. Alors, je suis allée plus loin. Avec d’autres qui avaient la même envie que moi, nous avons créé notre propre parti, qui nous ressemble et qui nous rassemble. 18 mois plus tard, voilà que nous créons un autre mouvement, plus large, afin de donner une place dans la campagne électorale qui s’annonce à des personnes qui veulent s’engager mais rester hors partis. Tout cela a demandé énormément de temps, d’énergie, de détermination. Avec un peu de naïveté, je pensais que -quelles que soient les convictions des gens-, ces efforts pour s’impliquer dans la société et y apporter sa contribution seraient être au moins respectés, surtout par ceux qui de leur côté ne font rien et râlent parce que rien ne change. Mais il faut savoir que c’est une des premières choses auxquelles on se confronte quand on se lance en politique: les "vous devriez faire ceci" ou les "pourquoi ne faites-vous pas cela", ou encore les "vous devriez faire autrement" de ceux qui ne vont même pas voter. Il faut mettre ça de côté et avancer ! Après tout, l'émergence de nouveaux partis ou mouvements n'est-elle pas un signe de la vivacité de notre démocratie ?

29/11/2017

Sauvons la poste de Chêne-Bougeries !

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Après la fermeture du bureau de poste du quartier de Conches remplacée par des prestations postales de base dans une petite épicerie, la Poste Suisse a annoncé qu’elle avait pris la décision de fermer également le second bureau de poste de Chêne-Bougeries, situé en face de la mairie. Une ville de plus de 11’000 habitants se doit d’avoir son office postal et de pouvoir profiter du service public universel de la poste !  


Une ville en pleine expansion

Chêne-Bougeries se développe à un rythme soutenu avec de nombreux nouveaux immeubles construits et en projet dans tous les quartiers, mais principalement au centre et au nord de la commune. Le développement actuel et planifié de Chêne-Bougeries représente 2’697 logements dans des ensembles collectifs, soit près de 5’200 personnes en moyenne sur ces nouveaux quartiers1.

Cette poste est située juste au milieu de cet intense développement locatif !

Maintenir ce bureau est donc indispensable dans une zone aussi dynamique.

A ces constructions d’immeubles en zone de développement, il faut ajouter de la densification intense de la zone villas depuis la modification en 2012 de l’article 59 alinéa 4 de la LCI, qui voit aujourd’hui chaque villa vendue et détruite sur la commune être remplacée par une densité doublée de villas mitoyennes. Sachant que la zone villas représente plus de 70% du territoire de Chêne-Bougeries, il y a là aussi un potentiel de nouveaux habitants importants. 

Rappelons également que ce qu’on appelle le fameux « goulet » de Chêne-Bougeries, situé à deux pas de la poste, va prochainement commencer sa mue et abriter de nombreux logements, quelques commerces et une auberge communale. Chêne-Bougeries va enfin dans les années à venir retrouver son centre de village, et l’office de poste y aura plus que jamais une place de choix.

24% de personnes âgées sur la commune

Cette fermeture est inadmissible et représente une nouvelle attaque contre le service public de proximité et les conséquences vont bien au-delà de la simple disparition d’un guichet postal. Chêne-Bougeries est la ville romande comprenant le plus de retraités (près d’un quart de la population) et 9% de personnes de 80 ans et plus2. Certaines ont des difficultés pour se déplacer d’où l’importance de garder cet office ouvert. Notre office de poste renforce les liens sociaux, est un point de repère important pour ces personnes parfois isolées.

Aujourd’hui, Syndicom et le groupe Alternatives pour Chêne-Bougeries (Parti Socialiste + Parti Radical de Gauche réunis au sein du Conseil municipal) lancent une pétition demandant à la Poste Suisse le maintien de l’office de poste de Chêne-Bougeries.

La récolte sera symboliquement lancée ce samedi 2 décembre de 9h à 11h devant la poste de Chêne-Bougeries (route de Chêne 147, arrêt tram 12 Grange-Falquet), avec des prises de parole des initiants à 10h. La récolte se poursuivra pendant tout le mois de décembre et début janvier pour un dépôt auprès de la Poste mi-janvier 2018.

>> TELECHARGER ET SIGNER LA PETITION

 

1 Calcul de 1.9 personnes en moyenne par logement :

Pré-Babel (construit)
Hauts de Malagnou (construit)
Bessonnette (construit)
Nouveau Prieuré (construit)
Pré du Couvent (construit)
Rigaud-Nord + Codha (construit)
Pré-Babel 3 - Le Corylus (construit)
Falletti-Puthon (en cours)
Jules-Cougnard (en cours)
Odier-Chevillarde (en cours)
Surélévation Montagne (en cours)
Challendin (planifié)
Village de Chêne-Bougeries (planifié)
Rigaud-Montagne (planifié)
Chevillarde-Jules-Cougnard (planifié)
Malagnou –Paumière (planifié)

2 Source Tribune de Genève https://www.tdg.ch/geneve/grand-geneve/gland-chenebougeries-grand-ecart-generationnel/story/13322820

16/06/2017

Du goulet au village

Presque dix millions. C’est la somme votée par le Conseil municipal de Chêne-Bougeries le 15 juin 2017 pour la première étape de la rénovation de son « village », estimée en tout à environ 34 millions. Il faut dire que du fameux goulet à un vrai centre villageois, il y a du boulot.

Ce vote historique a été espéré, voulu, attendu par plusieurs générations de conseillers administratifs et conseillers municipaux de la commune, sans succès jusqu’alors. C’est dire à quel point je mesure la chance que j’ai, en tant que nouvelle élue, d’avoir pu lever la main en leur nom à toutes et tous! 

Capture d’écran 2017-05-25 à 10.09.16.png

Concrètement, ce premier crédit d’investissement de CHF 9'835'000.- TTC concerne les travaux de rénovation, transformation et reconstruction des bâtiments situés à hauteur des nos 21-23-25 et 27 de la rue de Chêne-Bougeries, dont le fameux café de la Fontaine, muré depuis le décès de sa gérante en 2016. En parallèle, une première tranche des travaux de rafraîchissement a été votée par le Conseil concernant l’ancienne maison de paroisse située au N° 2 du chemin De-La-Montagne, sans toucher à l’ancien théâtre pour l’instant.

Le dilemme de ce noeud stratégique situé sur l’axe entre Annemasse et le centre de Genève a toujours été de décider s’il fallait privilégier l’élargissement de la route et démolir ou préserver le patrimoine bâti bordant la rue, en renonçant à obtenir une largeur suffisante pour créer un site propre pour le tram.

Alors, démolir ou rénover? Pendant longtemps, les autorités communales ont été partisanes d’une démolition et d’une reconstruction totale (ce fut le choix de Chêne-Bourg avec son propre goulet, avec un succès mitigé pour ne pas dire catastrophique). De nombreux projets d’architectes, dont certains assez farfelus, sont passés sous les yeux des élus: Arcades à la bernoise, tour de 20 étages, densification extrême, bâtiments ultra-modernes, grande place vide… Une grande majorité en tout cas prônaient une démolition de l’ancien village. Au final, aucun n’a convaincu le conseil municipal et la commission des monuments et sites au point de trouver un consensus qui aurait permis d’aller de l’avant.

Aujourd’hui, la donne a changé. Avec l’arrivée du Léman Express et la volonté de l’État de favoriser trois autres axes traversant la commune (Florissant, Malagnou et Jean-Jacques Rigaud), il n’est plus apparu ineluctable pour Chêne-Bougeries de sacrifier son centre historique sur l’autel de la fluidité du trafic. Le processus de revalorisation a enfin pu être relancé pour que la ville retrouve un semblant de coeur et de lieu de rencontre pour les habitants.

Une fondation communale ad hoc a petit à petit (sur plusieurs décennies) racheté la plupart des bâtiments, afin de pouvoir être maître du destin de son village; tous les voyants sont donc au vert. Au coeur du nouveau projet officiellement lancé ce 15 juin se trouvent le maintien total des bâtiments existants, la création de logements pour étudiants et d’appartements, la réouverture d’une auberge communale et de commerces, la construction d’une immeuble de la CODHA sur l’arrière au chemin du Pont-de-Ville, et la création d’espaces publics arborés au centre.

Ainsi, le « goulet » ne sautera pas, mais redeviendra bien notre village.