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03/02/2015

Boîtes d’échange entre collègues: l’innovation sociale en action


20141126_151133_1.jpg« Roman policier cherche détective passionné »; « DVDs Disney cherchent petites bouilles à distraire l’après-midi »; « Boucles d’oreille cherchent jolies oreilles à habiller ». Ces petites annonces trônent comme un appel sur deux drôles de boîtes installées dans les couloirs du centre administratif des SIG (Services Industriels de Genève). Estampillées « boîtes d’échange entre collègues », elles sont à la disposition des 1’700 employés de l’entreprise genevoise. Un peu plus grandes qu’une caissette à journaux, les collaborateurs peuvent y déposer des objets dont ils n’ont plus l’usage et qui pourraient faire plaisir à un collègue au lieu de les jeter ou de les détruire. Ainsi, ces objets entament un second cycle de vie. 

Ce projet a tout d’abord vu le jour dans les rues, à destinations des habitants d’un même quartier. Lancées à Genève fin 2012 par l’association « Tako Propagande culturelle », plus de 30 boîtes d’échange entre voisins ont depuis été installées avec succès dans toute la Suisse romande. C’est sur la suggestion d’une collaboratrice s’exprimant à travers la boîte à idées interne de SIG que les toutes premières « boîtes d’échange entre collègues » ont vu le jour à l’automne 2014 dans l’entreprise. 

 « Un projet novateur très humain »

« Les objets qui sont déposés dans la boîte d’échange ont souvent une histoire. Lorsqu’on passe à proximité des boîtes à SIG on imagine l’émotion que tel livre a pu donner à son ancien propriétaire ou alors l’histoire de ce beau sac à main déposé tôt un matin. », souligne Caroline Santoro, responsable événementiel à SIG. La jeune femme a porté avec enthousiasme ce projet innovant auprès de sa direction, malgré ses craintes initiales. Comment ce concept, conçu pour l’espace public, la rue, allait-il s’adapter au monde institutionnel de l’entreprise? Que faire si du contenu inadéquat ou indésirable est déposé, alors que l’on est dans un cadre professionnel, où des clients et partenaires sont accueillis? Qui va surveiller la vie des boîtes, afin qu’elles restent propres et bien rangées? 

Toutes ces questions ont été partagées à SIG entre les trois collaboratrices qui ont œuvré pour ce projet. Quelques mois plus tard, Caroline Santoro est plus que satisfaite du résultat: «Cela a été une très bonne surprise. Dès le lendemain de l’installation des boîtes, elles étaient déjà pleines d’objets intéressants et en bon état, et elles ne désemplissent pas depuis: j’y ai vu passer des sacs à main de marques, des chaussures neuves. Mais il est vrai qu’on y trouve principalement des livres».  A sa plus grande satisfaction, les boîtes d’échange ont été immédiatement adoptées par les collaborateurs. Elles sont remplies, vidées, rangées… en bref, elles vivent en bonne autonomie. 

Un pont pour les relations inter-personnelles

Avec les boîtes d’échange entre collègues, les relations inter-personnelles s’intègrent dans la vie professionnelle: on apporte quelque chose de chez soi que l’on donne à ses collègues de travail, ou on emporte chez soi quelque chose mis à disposition par un de ses collègues. « Quand on dépose ou on choisit un objet, on donne une information sur ses goûts en matière de lecture ou de musique, ou sur ses hobbies, ses passions, ce que tout le monde n’a pas forcément envie de partager avec ses collègues spontanément», souligne Caroline Santoro. C’est pourquoi les boites d’échange ont été placées dans des lieux de passage adéquats au sein de l’entreprise. Cela permet aux collabarateurs de les utiliser à leur bon gré. SIG préserve ainsi le besoin de discrétion légitime de certains collaborateurs.

Un outil de RSE

Dans le cadre d’une politique de responsabilité sociale des entreprises (RSE), les boîtes d’échange entre collègues constituent un outil de communication innovant et de marketing RH qui favorise un climat social respectueux. Elles consolident les liens de confiance et participent à faciliter la collaboration entre collègues. Adaptable et modulable dans son déploiement dans l’entreprise, autour de la boîte d’échange entre collègues peuvent se décliner les différentes mesures de stimulation de l’innovation sociale en entreprise. Un nouveau sentiment d’appartenance prend forme autour des opportunités d’échange, de rencontres et de plaisir à partager et créer du sens pour les valeurs de la culture de l’entreprise. 

Cet article est initialement paru dans la Revue HR Today no 6, février-mars 2015

21/12/2012

La rue comme laboratoire

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Comment faire vivre nos rues, créer des rencontres et des interactions entre de parfaits inconnus? Depuis le 20 décembre, un nouveau projet artistique explore, dans les rues de Genève, les échanges entre voisins. Art urbain et création de situations, dix "Boîtes d'échange entre voisins" tissent un lien social et culturel entre habitants d’un quartier. 

Ces premières boîtes décorées par des artistes locaux sont installées dans dix rues de la Ville de Genève. Le principe est tout simple: prendre quelque chose et/ou déposer quelque chose. Des livres, CDs, DVDs, jeux, jouets, ou tout autre objet dont on n’a plus l'usage mais qui pourrait ravir un voisin, ou un passant.  

L’objectif de ce projet est d’amener un nouvel élan de vie de quartier, un nouveau sentiment d’appartenance et d’implication dans la vie locale. Lancé à l’aube des fêtes de Noël, il vise également à envoyer un message de partage. Alors qu’une part toujours plus grande de nos interactions devient monétaire, est-il possible de mettre encore en place aujourd’hui des situations provoquant des échanges purement désintéressés, sans même connaître le bénéficiaire de son don?

Une boîte d’échange créé aussi des rencontres et des échanges humains; des personnes qui ne se seraient jamais adressé la parole se retrouvent à parler de ce qu’elles y ont trouvé, ou déposé. De nouveaux rôles émergent, comme de décider de son propre chef de vérifier que la boîte reste en ordre, la ranger, faire le tri…

Dans ce sens, ce projet est aussi une exploration des rôles et interactions sociales qui peuvent se créer à partir d’un objet posé dans la rue, sans contrôle. Que va-t-on y trouver? Qu’en est-il parti? L’objet déposé a-t-il trouvé preneur? Entre quelles mains? Où se trouve-t-il? Quelle nouvelle vie a-t-il? Qui sera la prochaine personne à s’arrêter? La boîte va-t-elle être taguée? Détériorée? Tout cela fait partie du projet artistique: dix boîtes, dix rues, une population et les objets qui sont échangés. 

Site web: http://www.tako.ch/box

Page Facebook: http://www.facebook.com/BoitesDechange

 

15:32 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : boîtes, échange, genève |  Facebook |