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13/11/2015

Chêne-Bougeries ampute son budget d'aide au développement

gd2012-12-13.jpg Hier soir 12 novembre 2015, le budget 2016 de la ville de Chêne-Bougeries a été voté, avec 13 voix pour (PLR). Nous avons été 10 (Alternative et Verts) à refuser ce qui ne devait être que "rigueur et transparence", et qui s'est avéré "facilité et tour de vis social", marqué par un libéralisme agressif. Deux exemples...

- Le calcul du 0,7% dévoué à l’aide au développement sera dorénavant calculé sur la base du revenu des personnes physiques au lieu de le baser, comme ceci se fait habituellement, sur la totalité du budget. Grâce à ce tour de passe passe sournois, l’aide au développement se trouve amputée de CHF 82'000.- pour 2016.

- La droite préfère voir les Rroms chez eux que dans nos rues, ce n'est un secret pour personne. Elle claironne même depuis la crise des migrants "qu'il faut les aider là-bas" pour qu'ils soient moins tentés de venir à Genève. En parfaite incohérence avec cette tendance, la majorité de droite supprime du budget les CHF 10'000.- dévolus depuis plusieurs années à un partenariat avec un village roumain, Sântimbru, où la commune soutenait une école, stabilisant ainsi cette population dans sa région.

Chêne-Bougeries est une ville aisée, son budget 2016 présente un excédent de CHF 14'000.-, elle est sans dette et possède une belle fortune... Il nous semble qu'il est de son devoir de montrer l'exemple en matière d'aide au développement!

L'Alternative a tenté de convaincre la droite de rétablir ces deux lignes en acceptant enfin d'encaisser, au moins à 50%, la taxe professionnelle, dont sont actuellement exemptées les entreprises de la commune: refusé par le PLR, toujours soucieux de plaire à sa clientèle électorale...

Catherine Armand, conseillère municipale DAL (Alternative)

23/11/2013

Coupes de saison

04-secheron-aGRANDCHAMP.jpgAprès les menaces qui ont pesé l'automne dernier sur les budgets culturels, c'est aujourd'hui tout un pan de la politique sociale qui est remis en question dans le projet de budget 2014 de la Ville de Genève. Comme beaucoup, j'ai appris avec stupéfaction la décision de la commission des finances du conseil municipal de supprimer les 49 postes des unités d’actions communautaires (UAC), des Espaces de Quartiers ainsi que du service Agenda 21. 

Nécessaires à la politique de cohésion sociale et au développement durable de la Ville de Genève, il est difficile de concevoir comment ces services peuvent ne pas faire sens au niveau municipal, étant donné qu'il n'existe pas d’équivalent au niveau cantonal. Ils contribuent d’une administration municipale accessible et ouverte sur le quartier, et leur suppression serait un réel manque pour les habitant-e-s de la Ville de Genève. 

Attachée aux valeurs d’égalité homme/femme, de proximité et de développement durable, je regrette personnellement que la Ville de Genève ne se veuille plus vectrice de ces valeurs essentielles, tant pour les citoyen-ne-s d'aujourd’hui que pour les générations futures. Si cet amendement devait être accepté par le Conseil municipal, outre la perte de 49 emplois, cela entrainerait de graves conséquences pour la Ville:

- Affaiblissement et isolement de la Ville de Genève dans les réseaux internationaux;

- Rupture d’un lien direct entre les habitant-e-s et l’Administration municipale (fin des Contrats de quartiers: Grottes, St-Gervais - Seujet – Voltaire, Pâquis);

- Arrêt du soutien à l'économie et à l’agriculture de proximité;

- Perte d’actions de sensibilisation en faveur du développement durable;

- Perte d’un moyen de transmettre les problèmes des quartiers à l’Administration;

- Fin d’actions en faveur de l’égalité entre femmes et hommes;

- Fin du soutien aux habitant-e-s dans leurs démarches de réappropriation des lieux publics (Parc de Geisendorf, Parc des Délices);

- Vie de quartier péjorée par la disparition de lieux d’échanges, de rencontres et de contacts tels que les Espaces de quartier Sécheron et 99;

- Disparition de locaux mis gratuitement à disposition d’habitant-e-s (jeunes, personnes âgées, etc.) et d'associations;

- Fin du soutien aux associations œuvrant pour l’égalité, la diversité, l’intégration, l’économie sociale et solidaire et le développement durable;

- Perte de soutien aux personnes isolées et du lien tissé avec les autres institutions du quartier;

- Renoncement de la Ville de Genève aux engagements pris en termes de développement durable et de droits humains (Engagements d’Aalborg, Charte Européenne des Droits de l'Homme dans la Ville, Charte européenne pour l'égalité des femmes et des hommes dans la vie locale, Charte de la diversité, etc.)

Comme si cela ne suffisait pas, les coupes suivantes ont aussi été effectuées. Elles  portent atteinte directement aux prestations des habitant-e-s. Coupe de 6% linéaire sur les mandats de prestation pour un montant de 12.5 millions. Coupe d’1 million de franc dans la formation et les ressources humaines. Coupe de CHF 100’000.- destinée à des projets transfrontaliers. Il faut donc s’attendre à une : 

- Diminution de la capacité d'organiser l'animation dans les bibliothèques municipales
- Diminution des moyens d'acquisition pour les bibliothèques municipales
- Diminution des moyens des écoles de sport
- Diminution de la capacité d'entretien du matériel sportif courant
- Réduction importante des moyens destinés aux expositions temporaires dans les institutions dans les musées.
- Défaut de surveillance du patrimoine culturel

Venez manifester le lundi 25 novembre à 16h30 (devant les canons de la vieille-ville), date à laquelle se tiendra la dernière séance du Conseil municipal avant le vote du budget.

Photo: Espace de quartier Sécheron

14/12/2011

"Buvez, éliminez!": Une nuit de conseil municipal

 

budget-2011-1.jpegA mon grand dam, j'ai raté samedi soir les mea culpa culturels de Michel Chevrolet et Florence Kraft-Babel, avantageusement remplacés, je dois dire, par la vision de Michèle Künzler dansant sur de l'électro au MàD, et écoutant religieusement Greta Gratos lui sussurer "Mobilisez-moi" sur l'air bien connu de Juliette Greco.

Ce lundi soir, pas question de risquer de rater à nouveau un autre moment unique et inattendu de la politique genevoise. J'ai donc accompagné nos élus dans leur marathon budgétaire. Et je dois dire que je ne me suis pas ennuyée une seconde, au gré des amendements qui défilent et des débats qui s'enlisent. Morceaux choisis!

Alexandra Rys, présidente du Conseil municipal, autorise d'une air goguenard "une certaine vivacité de langage". Ce qui n'a pas empêché Grégoire Carasso (PS) de risquer le coup de règle sur les phalanges en plaçant le mot "cunnilingus" dans le débat. Jusqu'à ce qu'une "vasectomie" presque pertinente du PDC ne lui vole la vedette.

La même Alexandra Rys n'hésite pas à bouder bras croisés et yeux fermés, semblant ne plus entendre personne, quand on remet en question sa gestion des débats. Pour ensuite bien faire comprendre à l'assemblée qu'elle avait raison en reprenant la parole avec une voix de "Je-vous-l-avais-bien-dit" et un petit sourire satisfait. Je ne sais pas vous, mais moi j'ai presque entendu un "nanana nanèreuh", à ce moment-là.

Michel Chevrolet (PDC) se pose en grand défenseur des opprimés, des laissés pour compte, des veuves, des orphelins, des associations et des artistes. Bref, de tous ceux qui souffrent en général. Du trémolo dans la voix, le corps secoué de spasmes d'indignation, il me tire presque une larme.

Daniel Sormanni (MCG), au fil de ses multiples interventions choc, me permet de comprendre que je dois vraiment me débarrasser de la veste en cuir trop petite qui traîne encore au fond de mon armoire. Définitivement out. Tout comme les amendements de son parti contre la culture, lâchés par le PLR et le PDC.

Chaque intervention de Jean-Marc Froidevaux (PLR) me ravit. Le ton (modéré) et le verbe (choisi) de ce petit homme délicat me donnent envie d'aller me faire un thé. De Chine, dans de la porcelaine de Limoges, et de le boire en levant le petit doigt bien haut. Finalement, l'envie passe quand Alexandre Wisard (Les Verts) reprend la parole, et ce sera donc une bonne bière.

Sinon, j'ai promis de ne pas me moquer de l'accent de Simon Brandt (PLR). Et je tiendrai parole.

Entre les deuxième et troisième débats, c'est le temps des regrets et des remords, noyés dans le vin de la buvette. On promet de réparer des erreurs et on prévoit déjà quelques vains coups d'éclat pour l'honneur.

A l'aube du troisième débat, Olga Baranova (PS) menace de tuer un chaton pour tout amendement qui sera argumenté trop longtemps. Elle a sûrement fait passer le mot parmi les élus car la trentaine de nouveaux amendements sont expédiés à la vitesse du nouveau tram 14 (non pardon, chers usagers des TPG, mauvais exemple). Personne, surtout le MCG et l'UDC, n'a eu envie de voir mourir des chatons bien blancs nés et vivants à Genève, qui ne réclament aucune subvention ni allocation familiale, et qui n'encombrent pas les structures d'accueil d'urgence. Bien joué Olga!

En parlant des TPG, un amendement surprise voit la Ville se substituer à la Régie publique pour le financement d'un retour de la ligne 32. L'année prochaine, je demande à la Ville de mettre au budget (également par surprise en troisième débat alors que tout le monde somnole) un vol direct Easyjet Genève-Luxembourg pour aller voir ma soeur plus souvent.

On tente une dernière fois d'augmenter le salaire horaire des nettoyeurs, juste avant que ceux-ci ne viennent effectivement ramasser les amendements chiffonnés et briquer les cuvettes des toilettes passablement manquées par des jets avinés ou pressés de retourner voter.

Passons sur les tours de passe-passe, sur la multiplication miraculeuse des économies et des recettes. Après avoir vu Rémy Pagani marcher sur l'eau qu'Esther Alder venait de changer en vin, le budget 2012 est enfin équilibré, et voté.

 

21/11/2011

Budget de la culture en Ville de Genève : Un coup de talon aiguille dans la fourmilière

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Sur les conseils de mon ami Gérard Mandétune, que je soupçonne de tout faire pour ne pas avoir à supporter plus longtemps mon humeur massacrante et mes claquements de talons rageurs sur notre parquet tout neuf, j’ai décidé de calmer mes nerfs en poussant un coup de gueule au nom de tous les artistes genevois.

Leurs activités en Ville de Genève sont toujours menacées par des politicards gesticulants qui ont récemment tenté de tailler à vif dans les subventions qui les font vivre. Et cela me met autant en colère que lorsque ma route croise celle d'escarpins en vinyle rouge et qu'ils n'ont plus ma taille.

Même si les coupes proposées par certains membres de la Commission des Arts et de la culture sont aujourd’hui heureusement remises en question, Sami Kanaan a encore une fois tiré la sonnette d’alarme ce week-end au forum du RAAC : 250 millions de recettes menacées en Ville de Genève, et une Loterie Romande qui serre la vis.

Alors, chers amis, sortez ! Fréquentez les théâtres, les salles de concerts, les clubs, les cinémas indépendants, les musées, les bibliothèques ! Non seulement vous montrerez à ces arapèdes accrochés à leurs certitudes que vous tenez à la diversité de la culture genevoise, mais en plus vous aurez de la matière pour briller dans les dîners mondains.

Sortez, car en attendant, ce que j’ai à l'oeil, c’est la larme. Mais rassurez-vous, je ne porte que du mascara waterproof de dernière génération. Pas question de laisser ces gastéropodes en costard gâcher une heure de maquillage matinal.

Déborah Dinn, rédactrice masquée de la chronique "Sortez à l'oeil" du GHI

12:18 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : culture, budget, raac, genève |  Facebook |