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14/08/2013

"Pour la première fois, je suis heureuse"

405443_10150988734798652_1857969458_n.jpgUn témoignage reçu à propos d'une soirée à CinéTransat… Très touchant, et qui encourage toute notre équipe à continuer de faire ce qu'on fait! 

"Je viens de rentrer de la "nuit des courts métrages" et j'aimerais partager avec vous mon expérience. Vous le méritez, car vous avez rendu cela possible. Je m'occupe d'une famille de demandeurs d'asile érythréens, qui ont eu une semaine difficile, avec une audition à l'ODM qui ne s'est pas très bien passée. 

En insistant un peu, j'ai convaincu la mère et quelques-uns de ces 7 enfants à venir à la soirée des courts-métrages. Ils sont venus. Ils ont beaucoup rigolé pendant la projection. A la fin, un des enfants m'a dit "I think it was the best night to come, because we could see movies that we normally do not see".

Et c'est la première satisfaction.

Mais la deuxième est encore plus grande. La maman, qui pourtant parle peu le français et pas trop bien l'anglais (et du coup, qui peut-être n'a de loin pas tout compris aux films) m'a dit "I am happy. For the first time, I am happy. Really". Alors voilà. Je voulais partager cela avec vous. Car vous l'avez rendu possible, comme je vous le disais, et car il s'agit de choses qu'il est beau partager. 

En vous souhaitant un grand succès! Cristina."

Photo: Sebastien Puiatti
www.cinetransat.ch

19/11/2011

La nostalgie du transat

 

39890_1508985598627_1053939925_1449147_8280372_n.jpegTout commence par un pique-nique géant... on s’émerveille de la tarte de ses voisins, parfois on a la chance d’en goûter une tranche offerte avec le sourire, on prête ici un couteau, là un tire-bouchon. Les odeurs de grillades, de fondues nous enrobent.

La journée s’étire, la lumière change, les tensions du travail, de l’école, de la vie en ville s’estompent. Un air de bonheur simple flotte dans l’air. Il y a foule, mais chacun trouve sa place, prend ses aises. On croise toujours un ami, un voisin, un collègue, on se fait de grands signes de loin, on se salue, on se verse un verre. Du côté du lac, on s’amasse petit à petit, on attend son transat en faisant la ola.

Le Mont blanc commence à prendre une teinte orangée, signe qu’il faut commencer à s’installer, à ranger le pain, à caler la bouteille de vin bien entamée à portée de main avant de l’égarer dans la pénombre. Le ciel s’assombrit, la magie du cinéma peut commencer. Mais, soudain, une musique connue résonne, des mots commencent à défiler sur l’écran, la grand-maman à notre gauche chantonne maladroitement «New york New York», prise de court par ce karaoké surprise. La rumeur monte, chacun donne de la voix à sa manière, dans sa tête, ou à tue tête.

Puis, instant suspendu, tout devient noir autour de nous... enfin presque. La rade illuminée vit au loin, les éclairages du Musée veillent sur nous. Le film nous enveloppe, nous transporte... comme on n'est pas dans une salle, on ose réagir, on applaudit le héros, on hue le méchant, on rit, on s’exclame... Pas de «chuuut, taisez-vous» ici! On ne dérange personne, car autour de nous, tout le monde fait de même et se laisse aller à ce partage d’émotions. Une vraie expérience collective.

Quand l’écran s’éteint, on ne bouge pas tout de suite, on ne se dirige pas vers la sortie, car il n’y a pas de sortie, et on est tous encore dedans. On savoure encore un peu le confort du transat, la chaleur de sa couverture, on finit la bouteille, tranquillement. Rien ne presse, pas de salle qui doit fermer ou compter sa caisse. Car pas de caisse non plus.

On se lève à regret... les yeux brillants, on salue encore quelques amis et on s’amuse de leur sourire béat, sans réaliser qu’on arbore le même. On remballe, on range, on plie.... longer le lac jusqu’à son vélo, son bus, sa voiture offre encore un petit répit avant de retourner dans la vraie vie, alors on ne presse pas le pas.

Mais que dis-je, c’était ça, la vraie vie!

Vivement l'année prochaine.