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16/08/2013

J'ai rêvé des Fêtes de Genève

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J'ai rêvé d'une bonne louche de terroir genevois avec un assortiment de spécialités du cru, de buvettes des associations et des milieux culturels plutôt que celles des boîtes de nuit et autres bars à champagne, d'expositions d'art et d'artisanat local, de bière genevoise plutôt que de pisse hollandaise, de longeole plutôt que de kebab.

J'ai rêvé d'une dose de Fête de la musique avec des groupes d'ici plutôt que des groupes de reprises d'ailleurs, de bals où l'on danse jusqu'à l'aube plutôt que de reggaeton assourdissant. 

J'ai rêvé du retour d'un joyeux corso fleuri relifté (avec des véhicules sans moteur), de guinguettes populaires sous des loupiottes de couleur plutôt que de terrasses VIP froides et guindées qui bouchent l'accès au lac. 

J'ai rêvé d'une once de suissitude façon 1er août, de jazz au cor des Alpes, de fanfares et de majorettes, de folklore en costumes, d'accordéon par une société locale.  

J'ai rêvé d'un chouïa de Fête des écoles pour faire briller les yeux des enfants, avec des animations originales au lieu de manèges désuets et bruyants, d'ateliers créatifs, de jeux participatifs et collectifs, de spectacles. 

Mais j'ai surtout rêvé de joie, de sourires, d'émerveillement, de découverte. 

Je me suis réveillée en me disant que c'était là que se retrouveraient sans doute Genevois et touristes, dans ce rêve et dans tous ceux que font aussi bon nombre d'habitants de notre canton au sujet des Fêtes de Genève. Imaginons des Fêtes vivantes, palpitantes, que nous serions fiers de présenter comme uniques et typiques de la région, une vitrine de ce que Genève peut proposer de meilleur, un patchwork de ses talents artistiques, de ses savoir-faire, de ses particularités, de ses engagements sociaux, humanitaires et culturels. 

Mettons-y et montrons-y notre coeur. 

14/08/2013

"Pour la première fois, je suis heureuse"

405443_10150988734798652_1857969458_n.jpgUn témoignage reçu à propos d'une soirée à CinéTransat… Très touchant, et qui encourage toute notre équipe à continuer de faire ce qu'on fait! 

"Je viens de rentrer de la "nuit des courts métrages" et j'aimerais partager avec vous mon expérience. Vous le méritez, car vous avez rendu cela possible. Je m'occupe d'une famille de demandeurs d'asile érythréens, qui ont eu une semaine difficile, avec une audition à l'ODM qui ne s'est pas très bien passée. 

En insistant un peu, j'ai convaincu la mère et quelques-uns de ces 7 enfants à venir à la soirée des courts-métrages. Ils sont venus. Ils ont beaucoup rigolé pendant la projection. A la fin, un des enfants m'a dit "I think it was the best night to come, because we could see movies that we normally do not see".

Et c'est la première satisfaction.

Mais la deuxième est encore plus grande. La maman, qui pourtant parle peu le français et pas trop bien l'anglais (et du coup, qui peut-être n'a de loin pas tout compris aux films) m'a dit "I am happy. For the first time, I am happy. Really". Alors voilà. Je voulais partager cela avec vous. Car vous l'avez rendu possible, comme je vous le disais, et car il s'agit de choses qu'il est beau partager. 

En vous souhaitant un grand succès! Cristina."

Photo: Sebastien Puiatti
www.cinetransat.ch

29/11/2012

SICLI: Coup d'extincteur du Conseil d'Etat

Panneau-Extincteur.jpegLe mauvais feuilleton du pavillon SICLI continue! Depuis l'annonce faite en septembre que la gestion du lieu avait été confiée à la société privée Arfluvial, et qu'un groupe d'experts chargé d'évaluer les demandes de location du rez-de-chaussée avait été mis sur pied, les informations partielles et brumeuses se sont succédées au compte-goutte. Personne n'a vraiment encore compris quel était le projet précis de l'Etat pour ce lieu emblématique et à fort potentiel (voir mon précédent billet "Sicli l'élitiste").

La députée socialiste Prunella Carrard a interpellé le Conseil d'Etat le 12 octobre (QUE 12-A) afin d'obtenir les précisions que les milieux culturels sont en droit d'attendre. Quels critères d'attribution? Qui compose le conseil d'experts? A quoi va être dédié le sous-sol? La réponse, signée Pierre-François Unger, est tombée le 14 novembre, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle est décevante. 

On y apprend que le groupe d'experts a "pour mission de développer une image culturelle forte ainsi qu'une programmation annuelle de manifestations culturelles et des activités annexes". Ce qui ne veut pas dire grand chose. Mais on peut en déduire que pour l'Etat, une image culturelle forte s'obtient via une ligne thématique, et non pas en diversifiant les contenus. C'est ainsi que le processus mis en place prévoit le dépôt d'un dossier, qui sera examiné par le groupe d'experts, qui se prononcera "notamment sur la pertinence du projet en lien avec les thématiques définies, à savoir l’architecture, l’urbanisme et le design".

Dans le même temps, on apprend via une invitation Facebook qu'un "Fashion show & Electro party" s'y tiendra vendredi 30 novembre. Rien à voir avec les thèmatiques choisies pour le pavillon, ni avec la déclaration que "SICLI ne serait pas un lieu de spectacle". Le concept reste flou, et on se sait pas encore très bien quels types de projets l'on peut y proposer ni quels critères seront pris en compte pour l'attribution du lieu. 

Venons-en à la question du sous-sol, initialement prévu "à vocation culturelle, avec des prix abordables", promettait en janvier Joëlle Comé, directrice du Service cantonal de la culture, en charge du dossier. Mais un peu prématurément, semble-t-il, et sans avoir anticipé les contraintes techniques du bâtiment. Contraintes techniques qui arrivent par ailleurs à point nommé pour justifier un retour en arrière. "L'accueil du public impliquerait l'installation d'issues de secours par percement des murs latéraux, ce qui porterait une atteinte irréversible à la substance patrimoniale du bâtiment" apprend-on du Conseil d'Etat. Comme s'il ne découvrait que tardivement que des sorties de secours seraient nécessaires. Pas vraiment crédible. 

"Ainsi, contrairement à ce qui avait été envisagé dans un premier temps pour répondre à la forte demande en termes de lieux culturels nocturnes, le sous-sol du bâtiment ne peut finalement pas être affecté à des activités publiques". Le couperet est donc tombé. Sans sorties de secours, ce lieu restera, pour l'instant, inexploité. Faible espoir: "Un lieu de convivialité devrait néanmoins être créé, à terme, dans le bâtiment". Je me réjouis de découvrir, à terme, la signification du mot "convivialité" pour le Conseil d'Etat. De nature plutôt pragmatique, j'y vois plus des pince-fesses à petits fours pour entreprises qu'un Zoo bis. J'espère sincèrement avoir tort. 

Autre question pertinente de la députée, "le Conseil d’Etat a-t-il fait un bilan avec les organisateurs du Festival Antigel afin, notamment, de recueillir leurs impressions et expériences sur l’organisation d’événements dans ce lieu particulier et d’envisager, en connaissance de cause, la mise sur pied d’autres projets?". Apparemment, le bilan dressé avec les organisateurs du festival serait négatif. Soit, on peut envisager que l'acoustique et l'isolation phonique n'y soient pas idéales, et que des travaux devraient y être entrepris pour accueillir des événements culturels dans les domaines de la musique, du cinéma ou de la danse. Mais le Conseil d'Etat avait-il vraiment besoin de compléter cette réponse avec une remarque sur le bilan financier d'Antigel, faisant état de "charges impayées à ce jour à hauteur de près de 18 000 F"?. Totalement inadéquat dans le contexte d'un document officiel accessible au public. 

Ainsi, en guise de conclusion, "il n'est plus possible d'organiser des soirées festives pour le moment". Sauf la soirée électro prévue vendredi soir jusqu'à 5h du matin, évidemment… 

01/11/2012

Sicli l'élitiste

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Septembre 2015: Après expulsion de ses turbulents et peu rentables occupants, l'Usine de la place des Volontaires a été entièrement rénovée et sa gestion confiée à une société privée. Sa situation idéale proche du BFM et au bord du Rhône en fait le lieu parfait pour les apéros haut de gamme et soirées d'entreprises. Le reste du temps elle sera consacrée à des événements culturels, à condition qu'ils soient en lien avec l'art abstrait du début du 20e siècle ou la sculpture non figurative. Quant aux réservoirs de la Bâtie, ils sont en passe d'être transformés, grâce au soutien de la famille Rothschild, en caves à vin luxueuses, où se tiendront des dégustations et des afterworks sur invitation.

Science-fiction? Peut-être... Et pourtant, la récente affectation de l'Usine Sicli aux Acacias aux domaines peu festifs et peu rassembleurs de l'architecture et du design, et sa gestion confiée à une société privée, rendent ce scénario catastrophe presque plausible. 

"Voilà qui en jette, comme on dit. Voilà qui promet", se réjouissait pourtant le journaliste Fabrice Gottraux dans la Tribune de Genève en janvier dernier. Après avoir été investie avec succès comme lieu central par le festival Antigel, la première soirée publique de l'ancienne usine d'extincteurs, avec défilé de mode décalé, concert et DJ électro jusqu'au bout de la nuit, avait marqué les esprits. 

"Genève s’est elle découvert un nouveau lieu de culture? Un nouveau lieu de fête? Chez les acteurs culturels du coin, ça discute ferme, ça projette. Dans la tête des noctambules, ça bouillonne. Avec Sicli, on se prend à rêver", ajoutait encore Fabrice Gottraux. De son côté, Pierre-Alain Girard, secrétaire général adjoint au DCTI promettait que Sicli allait devenir "un pôle culturel convivial, attractif, pluridisciplinaire et accessible à tous, dans l’esprit des Etats généraux de la nuit". 

Quelques mois plus tard, il faut malheureusement déchanter. Enfin, sauf si on est plein aux as, si on évolue (avec relations, si possible) dans les milieux de l'architecture et du design, et si on reçoit la bénédiction d'Arfluvial, la société privée gestionnaire du lieu (ainsi que du Bâtiment des Forces Motrices). Envolés les rêves de fêtes électro, de concerts rock, de pièces de théâtre, de spectacles de danse et autres soirées festives. La culture alternative sans trop de moyens ne passera pas la porte du rez de chaussée. L'élitisme est de rigueur, encore une fois. Et Sicli se doit d'être rentable. 

Renseignements pris, la location du rez est facturée CHF 5'000.- la soirée. Accessible, vraiment? Un rabais peut être négocié à condition que l'entrée soit gratuite ou à bas prix pour le public. Pour offrir un événement gratuit ou très accessible à Genève, une subvention (ou de généreux mécènes, dont tout le monde parle dans les milieux politiques de droite, mais que personne n'a jamais vus rôder autour de la culture dite alternative), est indispensable. A moins d'être entièrement géré par des bénévoles, et organisé avec des bouts de ficelles. 

Les médias ont rapporté que cette situation aberrante aurait "fait un tollé dans les milieux culturels". Soit. Mais il faut malheureusement constater que depuis, ces mêmes milieux sont restés cois. Seul Eric Linder, organisateur d'Antigel, a officiellement exprimé sa déception: "Il y a de vrais besoins pour des sites polyvalents, c’est dommage de le dédier à une forme d’art en particulier. Envisager la culture par case ne correspond plus aujourd’hui à ses besoins. Cette salle offre les avantages d’une utilisation polyvalente. Mais il n’y a pas de vision dans ce sens", réagissait-il à chaud. 

Les voix qui s'élèvent régulièrement à Genève pour réclamer (à raison) de nouveaux lieux culturels, où sont-elles aujourd'hui? Les acteurs de la culture alternative et des nuits genevoises, qu'en disent-ils? Les a-t-on vu manifester suite à cette affectation restrictive et peu sensée? Le RAAC (Rassemblement des artistes et acteurs culturels) a-t-il publié un communiqué de presse à ce sujet? Pas à ma connaissance. Le silence est assourdissant, comme on dit. "Faites une pétition pour que la gestion de l'usine Sicli soit confiée à la Ville de Genève", m' a-t-on soufflé dans les couloirs de l'administration municipale. Car la Ville, dont les relations avec l'Etat sont toujours aussi tendues, semble elle aussi insatisfaite de la tournure des événements. L'appel est lancé...

21/11/2011

Budget de la culture en Ville de Genève : Un coup de talon aiguille dans la fourmilière

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Sur les conseils de mon ami Gérard Mandétune, que je soupçonne de tout faire pour ne pas avoir à supporter plus longtemps mon humeur massacrante et mes claquements de talons rageurs sur notre parquet tout neuf, j’ai décidé de calmer mes nerfs en poussant un coup de gueule au nom de tous les artistes genevois.

Leurs activités en Ville de Genève sont toujours menacées par des politicards gesticulants qui ont récemment tenté de tailler à vif dans les subventions qui les font vivre. Et cela me met autant en colère que lorsque ma route croise celle d'escarpins en vinyle rouge et qu'ils n'ont plus ma taille.

Même si les coupes proposées par certains membres de la Commission des Arts et de la culture sont aujourd’hui heureusement remises en question, Sami Kanaan a encore une fois tiré la sonnette d’alarme ce week-end au forum du RAAC : 250 millions de recettes menacées en Ville de Genève, et une Loterie Romande qui serre la vis.

Alors, chers amis, sortez ! Fréquentez les théâtres, les salles de concerts, les clubs, les cinémas indépendants, les musées, les bibliothèques ! Non seulement vous montrerez à ces arapèdes accrochés à leurs certitudes que vous tenez à la diversité de la culture genevoise, mais en plus vous aurez de la matière pour briller dans les dîners mondains.

Sortez, car en attendant, ce que j’ai à l'oeil, c’est la larme. Mais rassurez-vous, je ne porte que du mascara waterproof de dernière génération. Pas question de laisser ces gastéropodes en costard gâcher une heure de maquillage matinal.

Déborah Dinn, rédactrice masquée de la chronique "Sortez à l'oeil" du GHI

12:18 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : culture, budget, raac, genève |  Facebook |