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21/02/2012

Du vent en colonnes

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La vacuité me fascine. Particulièrement celle qui s'étale dans les colonnes de nos journaux romands. Ne croyez pas que pondre un article sur du vent soit facile, non, c'est un métier. Et écrire un billet qui relate le traitement journalistique de l'insignifiant n'est pas aisé non plus, finalement. Cela revient à faire l'exercice d'une mise en abîme du néant. Vertigineux.

Nous avons donc eu droit dans Le Matin à une double page, plus un tiers de la Une, consacrée à une anecdote dont le principal intéressé, Didier Cuche, dit lui-même qu'elle ne mérite pas d'être mentionnée: une note de la police sur son pare-brise. Même pas une amende, hein, juste une note.

La semaine dernière dans le 20 Minutes, un long article (enfin, à l'échelle du 20 Minutes, s'entend), sur une panne d'électricité en pays vaudois. Enquête de terrain fouillée et interviews croisés nous ont permis d'apprendre que tout est devenu noir, et que les "victimes" se sont éclairées à la bougie.

Au même moment, une photo nous montrait une portion de la Venoge. Qu'y avait-il à voir? Plus rien, justement. Le disque de glace avait disparu. C'est beau, une photo de l'absence, c'est poétique. On nous laisse le loisir d'imaginer ce qui se tenait là, avant. A-t-il été cassé par des promeneurs, a-t-il tout simplement fondu? Le mystère reste entier.

Et voilà, quatre paragraphes, et vous n'avez toujours rien appris d'intéressant. Mais au moins, cette lecture ne vous aura pas fatigués, vous n'aurez pas eu à réfléchir. Tout comme quand vous feuilletez Le Matin ou le 20 Minutes. C'est reposant la vacuité, non?

Si j'ai autre chose à vous raconter? Non, rien de rien.