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08/10/2012

La provocation de la chair

mac121666361389_art.jpegQue de remue-ménage médiatique pour 200 (selon l'ATS, mais 400 selon la Tribune de Genève) femmes en petite tenue dans les rues genevoises! Presque autant que lorsqu'elles ont fait la queue en sous-vêtements devant le magasin Desigual. Car oui, les femmes revendiquent le droit d'être des salopes sans susciter pour autant des envies de viol, même quand elles montrent leurs miches dans les rues basses pour s'arracher des tenues gratuites. 

Pas le même combat, certes. Mais on peut constater que la chair exposée, par des fashionistas, des Femen ou des "salopes" genevoises, intéresse toujours grandement les médias, dirigés pour la plupart par de "grands mâles blancs". La provocation de la chair fonctionne, quel que soit le message. Et les femmes en jouent. "Mon corps n'est pas une invitation" disent-elles, ce qui ne les empêchent pas de l'utiliser comme vecteur de communication, ou pour se laisser volontairement manipuler par une marque dans le cadre d'une campagne promotionnelle.

"Je suis une salope, mais pas la tienne", disent-elles aussi. Celle de qui alors? Celle de la société de consommation, souvent. Devant un magasin de fringues, en bikini sur les affiches H&M de fin d'année, ou dans les campagnes de grandes marques, dans des poses porno soft-chic. Celle du discours politique, aussi, les seins nus griffonnés de messages. 

Le slogan "Regardez-moi dans les yeux, j'ai dit les yeux" des soutiens-gorge "push up" des années 90 n'est plus d'actualité. Aujourd'hui, c'est "regardez mon corps, je l'expose car j'ai quelque chose à dire". Comme si c'était devenu le seul moyen pour les femmes de faire entendre leur voix. 

Revendiquer sa féminité et le droit de l'exprimer à sa guise, oui, certes. Mais le message passé par les "salopes" n'est-il pas confus? Elles nous démontrent qu'on peut parfaitement l'utiliser pour capter efficacement l'attention des journalistes, qui savent que les photos dénudées attireront le lectorat mâle. Avec les Femen, les fashionistas en mal de chiffons ou les "salopes", il y a des images à ne pas rater. 

Mais attention, pas touche, hein. Messieurs, on n'y pense même pas, on garde le matos au frais dans le pantalon. Car si elles montrent presque tout, c'est pour la bonne cause, et cela ne veut toujours pas dire oui.