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09/12/2011

Etats généraux des musées en 2012

 

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Suite à ma récente note "Genève, une muséographie momifiée", Sami Kanaan confie ses projets concernant la politique muséale de la Ville de Genève.

Première parution en version courte dans le GHI du 8.12.11:  http://www.ghi.ch/node/4686

«Sans partager la sévérité de ce bilan, je confirme le besoin d'agir, aussi pour convaincre les habitantes et habitants de soutenir les projets de développement comme celui du Musée d'Art et d'Histoire», constate Sami Kanaan, conseiller administratif à la Ville de Genève.

Pour mener à bien ce vaste chantier, le patron de la culture planche sur la tenue d'Etats généraux des musées dès 2012, qui associeraient aussi les musées privés. Ces rencontres, devant impliquer aussi bien les responsables que les partenaires et les représentants des différents publics, seraient l'occasion de faire un état des lieux et de mettre en route de nouveaux projets.

En parallèle, à la demande du Conseil municipal qui a abordé le sujet en 2010, Sami Kanaan planche sur la création d'une Nuit des musées. Celle-ci proposerait notamment des expositions simultanées, des horaires d'ouverture élargis, des animations et un accueil festif. Elle pourrait être aussi l'occasion de mieux faire connaître les collections.

En attendant, la Ville renforcera son implication dans la Journée Internationale des musées, qui aura lieu simultanément dans le monde entier en mai 2012. Une bonne occasion pour Genève de s’interroger sur  « le rôle des musées au coeur d’une nouvelle société à l’heure de nouveaux médias, et de découvrir et de redécouvrir comment les musées s’intéressent à l’avenir dans une démarche de développement durable ».

Genève ayant pris un retard certain dans l’intégration des nouvelles technologies dans sa muséographie, on ne peut qu’espérer que certains conservateurs et directeurs genevois de Musées lèvent les yeux à cette occasion de leurs publications scientifiques pour s’intéresser de plus près à l’accueil de nouveaux publics, en particulier les jeunes.

Pour ma part, je rêve de voir la culture genevoise sortir de ses murs: le théâtre, la danse, la musique, mais aussi les collections des Musées. Pourquoi ne pas se laisser inspirer par le projet français de caravane itinérante du Musée Pompidou et sortir les collections des sous-sols du MAH pour les exposer dans des lieux insolites?

01/12/2011

Genève, une muséographie momifiée

 

msxt84tk.jpegDes musées-dépôts de luxe, des touristes délaissés, les sciences négligées, une muséographie d’un autre siècle, des synergies inexistantes… Le bilan de la politique muséale genevoise est alarmant. Notre ville a une décennie de retard, sinon plus. C’est le premier constat que l’on peut poser après une visite des Musées publics genevois.

Le Musée d’Arts et d’Histoire, un dépôt de luxe

La plupart des Musées publics genevois ont aujourd’hui plus une mission de conservation (pour ne pas dire stockage) et d’entretien du patrimoine qu’une vocation pédagogique ou ludique. Ils sont la mémoire de notre canton, certes, mais une mémoire figée.

Le MAH, patchwork des dons des grandes familles genevoises, en est le meilleur exemple : une superposition de collections qui ont été acceptées au fil des décennies sans véritable stratégie. Conséquence ? Les œuvres s’entassent loin des yeux du public, et les conventions passées avec les donateurs pour une exposition régulière ne peuvent pas être respectées. On propose tout et n’importe quoi à ce dépôt de luxe, et l’on se vexe quand son don est refusé, faute de place ou de pertinence.

Le projet d’agrandissement du MAH (si le complément de crédit d’étude de 2.4 Mio est accepté par le Conseil Municipal), offre un grand espoir de voir un jour ces collections enfin valorisées de façon plus aérée et plus ludique, le tout dans un environnement agréable. Il est temps que ce Musée retrouve l’esprit de son architecture d’origine tout en passant au niveau d’attractivité des grands Musées européens, et devienne un atout touristique majeur de notre Ville.

Des touristes délaissés

Les musées genevois souhaitent-ils vraiment attirer les visiteurs de passage? On peut en douter. Un touriste étranger arrivant à Genève et motivé pour faire le tour de nos musées se trouve bien emprunté. À ce jour, aucune carte récapitulative des emplacements des musées n’est à sa disposition. Le visiteur se débrouillera pour établir son propre parcours de visite, sans conseils, en suivant tant bien que mal la signalétique en place. Arrivé enfin au musée de son choix, notre touriste non-francophone se débrouillera encore pour essayer de comprendre ce qu’on lui propose. Car aucun musée public ne propose de visite guidée en plusieurs langues ou avec écouteurs. De même, les panneaux explicatifs sont rarement traduits.

Les sciences négligées

On sait que les jeunes s’intéressent de moins en moins aux filières scientifiques, trop peu valorisées. Les Musées ont là un grand rôle à jouer afin de rendre les sciences plus accessibles et compréhensibles et éveiller l’intérêt des jeunes dans leurs premier pas vers de possibles vocations. Comment ? Avec de l’action, de la démonstration, de l’expérimentation. Sans aller jusqu’à au niveau de la Villette à Paris, on peut citer le Technorama de Winterthur, petit bijou de musée interactif.

Notre pauvre Muséum d’histoire naturelle, lui, s’est calcifié et n’a pas bougé d’un pouce depuis le départ de son crocodile. Si un musée comme le British Museum a réussi avec brio son évolution vers le multimédia, ça n’est pas le cas ici. L’interactivité y est réduite au minimum. Et que dire du Musée d’histoire des sciences à la Perle du Lac ? On regarde, avec la déférence d’usage, des vitrines et des installations. On ne touche pas. On interagit peu. Certes, un effort louable est fait avec les ateliers pour enfants d’un côté et une Nuit de la science biennale de l’autre. Mais il n’empêche que l’intérêt de ces deux musées pour les nouvelles technologies 1 l’expérimentation directe reste faible.

Le Musée d’ethnographie en exemple

S’il y a une exception qui confirme la règle actuelle en matière de muséographie genevoise, il faut la chercher du côté du MEG. Avec peu de moyens et des surfaces jusque-là réduites, ce Musée a toujours su se montrer créatif avec des expositions hors du commun. De véritables installations son et lumière, du multimédia, une approche transversale, ce musée a toujours accordé une importance tant au contenu qu’aux moyens de le valoriser. Son agrandissement offre également de très belles perspectives de retrouver cet état d’esprit dans un espace qui lui laisse les coudées franches.

 

Ajout du 9.12.11: Sami Kanaan confie ses projets concernant la politique muséale de la Ville de Genève http://catherinearmand.blog.tdg.ch/archive/2011/12/09/eta...

 

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