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06/06/2016

Pianotez dans les rues de Genève

IMG_5586 (Copy).JPGCinquante cinq pianos (dont un piano à queue itinérant) viendront dès le mercredi 8 juin animer les rues des communes du canton de Genève, de Nyon et Divonne. Le projet Jouez, je suis à vous!, une action culturelle et participative pour vivre autrement l’espace public urbain, investira les rues pendant 15 jours pour sa 6e édition.

Jouez, je suis à vous!” consiste à mettre des pianos d’occasion sur la voie publique à disposition du public, qui peut se les approprier et en jouer librement. Genève a rejoint ce projet en 2011, et son succès n’a cessé de grandir d’année en année. Le point fort de cette initiative originale, c’est la simplicité de sa forme et les émotions qu’elle génère. Elle participe à mettre la musique et l’art au cœur et au service de l’espace public. Les pianos mettent en valeur et animent des lieux populaires, insolites, historiques ou symboliques. Ils créent des espaces de détente, de rassemblement et de rencontre entre inconnus ou entre amis.

“Jouez, je suis vous!” offre à notre région un attrait touristique inédit, avec un angle poétique, social et convivial, tout en s’inscrivant dans un concept artistique d’envergure mondiale. Depuis 2008, 1’500 pianos ont été installés dans 50 villes sur tous les continents, et c’est aujourd’hui la région genevoise, avec 232 instruments mis à disposition en 6 éditions consécutives, qui est la plus impliquée dans ce projet au niveau mondial.

Une nouveauté à découvrir lors de cette édition 2016 : trois concerts 100% acoustiques sur un piano à queue et un concert avec un piano-vélo! Ils se déplaceront d’un lieu insolite ou bucolique à un autre pour des prestations uniques d’artistes genevois et étrangers.

Mardi 14 juin: 21h Capitaine etc (chanson francophone)
Passerelle de la Paix, sur voie CFF / Sécheron
Piano-vélo

Mercredi 15 juin: 12h30 Nyna Loren, featuring Joanna Goodale (chanson - world - folk)
Cimetière des Rois
Piano à queue

Jeudi 16 juin: 21h Vivian Roost (néo-classique)
Parking sur le toit d’Aligro (rue François-Dussaud)
Piano à queue

Mardi 21 juin: 21h Quiet Island (folk)
Perle du Lac (clairière à côté du Musée d’histoire des sciences)
Piano à queue

29/04/2014

Danse urbaine impromptue

montage_cote.jpgTouch ‘n Dance ! C’est un appel à la spontanéité, à la rencontre, à de l’impromptu et aux sourires. Touch ‘n Dance, c’est de la danse dans un contexte inattendu, par celles et ceux qui sont là par hasard: les passants.

On prépare sa musique, on réunit quelques amis ou on invite les passants et la piste sera à nous le temps de notre chanson préférée. Deux interrupteurs placés de part et d’autres de la scène doivent être reliés par une chaîne humaine pour créer le contact, lancer la musique choisie, et déclencher le compte à rebours d’un cancan impromptu, d’une chorégraphie patiemment répétée ou d’une disco endiablée. Le contact crée la danse ! Alors on appelle autour de soi, on forme la chaîne et c’est parti pour un moment de danse, de plaisir collectif et complice. Un univers se crée, une bulle éphémère… Jusqu’à ce que la musique s’arrête et que l’on reforme une chaîne, encore et encore. Cette installation est totalement libre et à disposition de la population. C’est elle qui l’investit, qui la fait vivre, la fait vibrer. Elle ne fonctionne que par son appropriation par le public.

COMMENT CA MARCHE ?
On vient avec son propre lecteur mp3 ou son téléphone portable et on le branche sur le système de son. Une chaîne humaine est nécessaire pour relier physiquement les deux interrupteurs et faire passer à travers les participants un très faible courant électrique (imperceptible) qui suffira à lancer la musique.

INFOS PRATIQUES
Dates :
Jeudi 1er mai, 18:00 (inauguration) – 23:00
Vendredi 2 mai, 10:00 – 23:00
Samedi 3 mai, 10:00 – 16:00
Dimanche 4 mai, 18:00 – 22:00
Lieu : Plaine de Plainpalais, à proximité du skatepark.
Entrée libre.

UNE INITIATIVE DE DAN ACHER
Dan Acher est un « artiviste » genevois, pour qui la création de sens passe par l’émotion vécue. Focalisé sur la création de « villes heureuses » (Happy Cities), il utilise la ville comme un canevas pour créer des situations et des événements qui génèrent des expériences puissantes et participatives, qui invitent l’individu à investir le moment présent et se sortir de sa routine. Créatives et novatrices, les réalisations de Dan prennent des formes variées, comme la réunion de grandes foules avec leurs pique-niques pour des films gratuits en plein air (CinéTransat), ou l’installation de dizaines de pianos dans les rues et parcs (Jouez, je suis à vous, sur une idée originale de l’artiste anglais Luke Jerram). Parmi de nombreux autres projets participatifs, Il est aussi à l’origine des hordes de joueurs essayant d’échapper à l’apocalypse annuelle zombie (« Don’t Be Zombies ! ») et des « Boîtes d’échanges entre voisins » qui créent d’innombrables rencontres entre étrangers.

27/01/2014

Une nouvelle nuisance: le clubbing d’altitude

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Pour convaincre les jeunes adultes de se remettre aux sports d'hiver, certaines stations, en France comme en Suisse, ont trouvé la solution: transformer les terrasses de leurs bars d'altitude et le bas de leurs pistes en boîtes de nuit à ciel ouvert.

La neige se faisant plus rare et la crise aidant, le nombre de skieurs, qui était en forte progression depuis 30 ans, est en train de stagner, et a même drastiquement diminué en ce qui concerne les jeunes (-30% en dix ans). Attirer une nouvelle clientèle, pour les grands domaines qui ont fait des investissements lourds, est parfois devenu une question de survie. 



Eh oui, il faut divertir, occuper, proposer des activités "fun". Les jeunes ne vont pas à la montagne pour y trouver de la tranquillité et y entendre les marmottes, mais pour s'y amuser. Partout, sur les pistes comme au bas de ces dernières, on est assailli par la musique techno et entouré de jeunes fêtards déchaînés. Les bars extérieurs avec plancher pour danser y sont devenus monnaie courante, tout comme les "Snow parcs" envahis de décibels agressifs dont les basses se diffusent sur toutes les pistes attenantes. En haut, on boit (beaucoup), puis c'est le ballet des motoneiges et des pisteurs pour redescendre les skieurs avinés, devenus dangereux sur les pistes. En bas, les after se prolongent, et ça hurle jusqu'à point d'heure dans les rues des stations.

Skieurs alcoolisés

Certains grands domaines skiables sont même devenus de véritables parcs d'attraction. Pour exemple, la "Folie douce", un célèbre bar d'altitude de Val Thorens (www.lafoliedouce-valthorens.com), où se déroulent d'immenses after ski parties quotidiennes avec DJS stars, dancefloor, musique à fond, alcool coulant à flots, et jolies filles en petite tenue. Ce concept connaît un tel succès depuis quelques années qu'il a même essaimé sous forme de franchises dans d'autres grandes stations comme Méribel ou Val d'Isère. Et après les fiestas, c'est une mer de canettes, verres et mégots digne des plus grands festivals qui témoigne de la folie techno de la journée.

Conséquence directe de cette nouvelle façon d'envisager les sports d'hiver? Une nette augmentation de skieurs alcoolisés sur les pistes, avec chaque année, en France comme en Suisse, des hypothermies ou des accidents graves lors des retours en station, dus à la consommation d'alcool et de cannabis. Le Bureau de prévention des accidents (BPA) s'inquiète d'ailleurs de ce phénomène et de la multiplication des bars sur les pistes, sachant qu'une grande majorité des skieurs se rend dans les stations en voiture.

Mais il est vrai que cette tendance concerne surtout les "usines à ski". Pour éviter ces lieux de clubbing et de beuverie d'altitude, il suffit de privilégier des stations plus familiales et plus tranquilles (car heureusement, il en reste encore). D'ailleurs, dorénavant, j'irai batifoler dans la neige à La Fouly. Trois télécabines, pas de gros son, pas de folie. Juste la montagne!  

La Folie Douce de Val Thorens: 

Texte publié le 17.1.2014 sur www.bluewin.ch via ATCNA

10/08/2012

Le Bateau, un stand comme les autres

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Je n'ai pas l'habitude de prendre la plume à chaud, mais ce matin, j'ai recraché mon café en apprenant dans le Courrier du jour que le Bateau Genève se voyait contraint d'annuler ses soirées musicales du week-end pour se plier aux règles appliquées aux stands des Fêtes de Genève. Pas de musique et fermeture à 2h.

C'est vrai quoi, de la bonne musique dans le périmètre des Fêtes, c'est inadmissible. Surtout quand elle émane d'un projet social de qualité, avec du sens et de l'âme. Car le social, la qualité, le sens et l'âme ne sont pas les bienvenus autour de la Rade pendant la première quinzaine du mois d'Août. On y préfère le commerce, les manèges hors de prix, les concerts bas de gamme et les bars VIP sélectifs. Même Frédéric Hohl fait désormais tache dans le paysage, c'est dire.

Il est temps de s'interroger sérieusement sur le sens de ces festivités dans lesquelles bon nombre de Genevois ne se reconnaissent plus. Surtout que le potentiel est énorme, avec un site magnifique et un public demandeur d'activités estivales gratuites. Une collaboration intelligente avec les associations culturelles de la place ne pourrait qu'être bénéfique au projet. Mais non, on préfère cloisonner, et interdire.

Article de référence: http://www.lecourrier.ch/100934/le_bateau_prive_de_fetes_...

26/01/2012

La grande braderie

 

dyn009_original_675_450_jpeg_2567952_89021df16f15e676358a34b9a476f237.jpegOn apprend que le journal en ligne américain Huffington Post (qui s'installe en France sous la coupe d'Anne Sinclair) a décidé d'axer sa stratégie de contenu sur les blogs, sans rémunération. Ce "scandale" attise la polémique qui fait rage sur le sujet des blogueurs gratuits, ces "contributeurs zélés en mal de visibilité", dont la presse en ligne peut profiter, et parfois abuser.

La position du Huffington Post est en effet paradoxale. D'un côté, il reconnaît la valeur de ces contributions libres (en recrutant activement des blogueurs de qualité), de l'autre il refuse de la valider par un paiement ou un contrat en bonne et due forme. Est-ce à dire que leur prose est jugée assez utile pour dynamiser à bon compte une publication en ligne, mais pas assez sérieuse ni assez fiable pour être rémunérée, même modestement?

Ce système apparemment "win/win" de visibilité contre contenu, même s'il est en soi insatisfaisant et sournois, semble avoir de beaux jours devant lui, et pas seulement dans le domaine de la rédaction.

On le trouve également bien implanté dans le monde de la musique, dans lequel les artistes cherchant des lieux où se produire, et faire ainsi découvrir leur travail, se voient proposer de jouer dans des bars ou des événements (les fêtes de la musique ou les tremplins de festivals par exemple), sans aucun cachet. Ils enrichissent ainsi les programmes de ces événements ou permettent d'animer un lieu et y attirer du monde qui consomme au bar, tout en devant se considérer heureux qu'on leur offre une tribune et l'accès à un public.

Selon Eric Mettout, rédacteur en chef de Lexpress.fr, "l’échange est égal et s’il ne l’était pas, les blogueurs nous fuiraient". La même tentative de rationalisation existe du côté des programmateurs de festivals et de salles de concert. Evidemment, un artiste peut toujours choisir de jouer dans son jardin devant ses amis, ou un blogueur d'ouvrir son propre espace d'expression perdu dans les méandres du net, mal référencé. Ils ont la liberté de le faire, et de rester peu écoutés, et peu lus. Personne n'oblige les uns et les autres à diffuser leurs notes ou leurs mots sur des scènes ou des plateformes qui les prennent en otage en échange d'un peu de notoriété.

Mais, à terme, cette grande braderie ne met-elle pas en danger à la fois la profession de journaliste et celle de musicien qui tente de vivre de son art?

Lire aussi le billet de Jean-Noël Cuénod sur le même sujet