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23/06/2012

Vidange au PS: spectaculaire!

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La vidange du lac de retenue du PS modifie le paysage de la gauche genevoise. Les sédiments et la vase sont mis à jour, et le spectacle attire les curieux. Sur les vastes berges, quelques militants trouvent refuge dans les flaques, et dans la vase, des poules d’eau hagardes errent déboussolées. Du côté du parti, on peut en revanche descendre en aval pour voir les trombes de critiques s’écouler par les vannes grandes ouvertes.

En suivant la procession des journalistes et commentateurs et les odeurs de vase, on arrive au pied du malaise. Là, les règlements de comptes bouillonnent, limoneux et déchaînés, en soulevant des nuages de bruine dignes des chutes du Niagara.

Encore plus en aval, vers l’embouchure du PS, c’est aussi l’effervescence. Mais c’est ici un autre public qui afflue depuis le 17 juin. Les caciques se relaient au chevet de la crédibilité du parti. Car la vidange est une véritable hécatombe. Ceux qui ne sont pas emportés par le fort courant risquent de s’asphyxier dans une eau grisâtre saturée en sédiments.

Des centaines de militants ont déjà été capturés préventivement depuis deux semaines afin d’être relâchés une fois le calme revenu. Mais c’est ce week-end que la cote d’alerte a atteint son paroxysme avec la montée au front de Manuel Tornare. Et il est sous haute surveillance: isolé des eaux du fleuve, il peut se transformer en piège mortel pour le parti. On vérifie régulièrement son taux d’oxygène et sa température, quitte à ajouter de l’eau froide pour garder celle-ci en dessous de 22 degrés.

Malgré ces opérations de sauvetage, la majorité des électeurs des communes périphériques présents au moment de la vidange est condamnée, trop fragile pour être capturée. «J’espère que ce que nous arrivons à sauver n’est pas trop symbolique», lâche un élu réaliste et désabusé. «Que voulez-vous, quand on est obligé d’accompagner une catastrophe…».

Les médias attrapent une élue d'un parti allié qui tourne en rond dans une gouille. Ils se précipitent pour la mesurer, la peser, la répertorier et lui voler une écaille pour des analyses génétiques. Car il faut déjà repartir vers l'élection complémentaire au Conseil administratif. Des promeneurs y ont signalé des candidats PDC et PLR piégés dans un étang. Courage, les secours arrivent!

Léger détournement de l'article d'Antoine Grosjean (Tribune de Genève du 10 juin) sur la vidange du barrage de Verbois.
http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/rhone-vide-devoil...

Photo: ©Tribune de Genève

26/03/2012

Qu'on ne dise pas que je n'aime pas les femmes

 

47938741.jpegPeut-on être femme, militante socialiste, et ne pas être intimement réceptive au chant des sirènes prônant la parité à tout prix? Dérangeant de devoir se l'admettre, et politiquement peu correct de le verbaliser.

Et pourtant, j'ose...

...Avouer que j'ai ressenti un profond malaise devant l'argument massue "Si vous n’élisez pas une femme aujourd’hui, il n’y en aura pas dans la campagne", avancé samedi au congrès du Parti socialiste Genevois, et largement ovationné. Novice en politique, je me suis alors naïvement demandée si la mission du PS était donc d'être le garant d'une parité absolue, même en dehors du parti. Les quatre autres partis lorgnant sur le siège vacant ont tous choisi des hommes, soit. S'il est évident que c'est par défaut (aucun n'avait le choix d'une femme apte à figurer dans cette campagne), est-ce de la responsabilité du PS de rétablir une portion d'équilibre, quitte à prendre le risque de ne pas remporter l'élection?

...M'attrister de l'éviction sans appel de Manuel Tornare. Encore une fois souffleté par le gant du féminisme, le candidat le plus dangereux pour la droite s'en retourne donc dans "la fosse aux ours", comme il dit avec un humour désabusé. Samedi à Carouge, on avait presque le sentiment de le voir partir pour le cimetière des éléphants. Dieu sait s'il faisait pourtant le poids pour écraser ses concurrents. Même la droite l'avoue a posteriori, entre deux soupirs d'un soulagement quelque peu prématuré.

...M'étonner que le genre reste un critère en soi, dans une élection complémentaire (forcément délicate, vu le contexte) fortement basée sur la notoriété, la personnalité, la capacité à rassembler et rassurer. J'ai découvert il y a deux jours, un peu dans la douleur, qu'on ne faisait pas de petits arrangements avec la parité, au PS. La ligne est maintenue, coûte que coûte. Mais on pourrait dire que c'est finalement assez noble, en comparaison de la perte d'odorat du candidat du P(L)R.

...Regretter que le mot "femme", dans la déclaration "Il est temps que les femmes aillent au gouvernement", ait été préféré à "personne compétente et fiable". Car c'est bien de cela dont notre République a grand besoin. D'un/e Conseiller/ière d'Etat hautement compétent/e, avant tout. Quitte à ce que cela soit éventuellement une femme, bien évidemment, si elle répond à ce critère.

Mais qu'on ne dise pas que je n'aime pas les femmes. Je ne les aime simplement pas plus, ni moins, que les hommes (du moins en politique). Et je voterai bien entendu pour Anne Emery-Torracinta, avec conviction, respectant le choix de mon parti. Comme l'ensemble de la gauche, unie pour l'occasion comme un seul homme, si j'ose dire. Les regrets personnels, une fois exprimés et purgés, n'ont ensuite plus leur place dans une campagne qui s'annonce féroce, et qui a déjà porté ses premiers coups bas, à peine lancée.