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17/09/2012

Effacer et réécrire

CB.jpgUn quartier mort, sinistré. Même la Coop y a fermé ses portes, remplacée par Aldi, dans un centre commercial glauque et vétuste. Peu de terrasses sur la rue, sinon les quelques vagues tables d'un bistro minable, à l'entrée du Brico Loisirs. La rue François-Perreard? Une friche industrielle. L'avenue François-Adolphe-Grison? Vide, et sans intérêt, sinon l'excellente pizzeria Borgia, dont la terrasse se cache -à raison- dans la cour. La place de la Gare? Un parking, et une zone dangereuse à la fois pour les automobilistes et les piétons. La rue Dr-Georges-Audéoud? Une rue-parking pour les clients de la quincaillerie Baud ou ceux de la Migros. Rien à préserver, rien à défendre. 

Et enfin, grâce au CEVA, arrive un projet ambitieux, avec une place piétonne, de nouveaux logements, de nouveaux commerces. Les habitants et les autorités de Chêne-Bourg devraient se réjouir de cette aubaine, de cette opportunité de faire enfin vivre dignement ce quartier sans attrait. Pourtant, le Conseil Municipal et le Conseil Administratif de la Commune viennent de donner un préavis négatif unanime au Plan Localisé de Quartier. Incompréhensible! 

Principal grief? La barre d’immeubles de 140 m de long, prévue à la rue François-Perreard (qui n'a de rue que le nom), qui va, selon une conseillère municipale s'exprimant dans la Tribune de Genève, "séparer notre commune en deux, créer une barrière infranchissable entre le nord et le sud". Comme si ces deux zones avaient jamais communiqué, séparées qu'elles sont par les rails du train et une barrière végétale non entretenue, avec comme seul lien l'ancien passage à niveau de l'avenue de Bel-Air. Il semble au contraire que, loin de couper la commune en deux, le projet va enfin réunir ces deux zones, via la voie verte et les nouvelles les habitations prévues au nord de celle-ci.

Autre argument de la commune: sa densité de population, et la péjoration de la qualité de vie des habitants en cas de constructions supplémentaires. La densité de Chêne-Bourg est toute relative et à replacer dans son contexte, sachant que c'est une commune-ville coincée entre Thônex et Chêne-Bougeries, sans zones agricoles ou grand parc pour pondérer les chiffres. En quoi la transformation de zones en friche, de plus extrêmement bien situées pour de futurs habitants, aurait-elle un impact négatif? Elle apportera au contraire de la vie, du dynamisme, et de nouveaux consommateurs pour les commerçants et restaurateurs, qui attirent à ce jour peu de clients des communes voisines. 

Nommé "Palimpseste", le projet donne le ton juste. Pour effectivement créer "des espaces qui seront un lieu de vie, d’échanges ou de flânerie", une seule solution pour ce triste quartier, effacer et réécrire.

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La rue François-Perreard, une zone en friche

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La place de la Gare, un parking

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La seule terrasse de la place de la Gare