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07/08/2013

Vacances de rêve

vacances.jpgRemplir la valise est une souffrance. Comment prévoir ce qu'on va faire, la météo, les envies soudaines de porter cette robe ou cette paire de chaussures en particulier? Faire ses bagages est une épreuve jalonnée de renoncements et de concessions, avec en ligne de mire un futur proche incertain et non maîtrisable. 

La valise est enfin bouclée (en pestant et en s'asseyant dessus pour tenter de la fermer après avoir dû en extraire une paire de bottes qui aurait pu éventuellement être utile mêmes dans les îles), les plantes arrosées (noyées même), les stores baissés, le chat casé chez la voisine, le frigo vidé et éteint (oui, on a pensé à laisser la porte entrouverte), l'alarme enclenchée. Mais on tout de même un petit pincement au coeur en tournant la clef: et si on nous cambriolait, et si nos orchidées tournaient de l'oeil? On vérifie dix fois fébrilement qu'on a bien les passeports, les billets d'avion, le mail de réservation de l'hôtel. 

Arrive le moment où il faut devenir esclave de sa montre. Le bus, le train, l'avion ne nous attendront pas. Et comme on a peur de tous les rater, on se pointe des heures à l'avance. Toujours trop tôt, pour être sûrs de ne pas stresser. Alors on boit des cafés, on vérifie l'heure, on reboit des cafés, et l'attente finit par nous stresser autant que la course évitée avec soin. 

On ne sait pas ce qu'on va trouver au bout du voyage. L'hôtel, la piscine, la plage, la demi-pension, les excursions, seront-ils à la hauteur de nos attentes et de notre investissement? Rien n'est moins sûr. Si on part à plusieurs, on a tous les mêmes angoisses, alors forcément, pour relâcher la pression, on s'engueule. Celui qui a choisi la destination et fait les réservations se ronge les ongles. On le comprend. 

On nous a vendu du rêve sur catalogue, alors on veut du rêve, et on est bien décidés à ne rien lâcher. La moindre craquelure au plafond ou robinet qui fuit dans la chambre ou la location ne seront pas tolérés. Il faut que tout soit parfait. Après tout, on les a attendues toute l'année ces vacances, on les a méritées, merde. 

Et puis, une fois sur place après un voyage forcément infernal (un bébé inconsolable, un vieux qui crache ses poumons, un lourdingue qui enchaîne les cognacs et drague les hôtesses), on rationalise. On a pas le choix. La fente dans le mur, on ne la mentionne pas, l'absence de minibar, on le passe sous silence, le matelas défoncé, on l'ignore. On est en vacances, allez, on profite!

On court le matin pour choper la bonne table pour prendre le petit déjeuner avec vue sur la mer, on court ensuite sur la plage pour choper les chaises longues les plus proches de l'eau. On se badigeonne de coco, on cuit et on recuit, une face, puis l'autre. On écarte un peu les jambes et les orteils pour bronzer partout, pour pouvoir pavaner devant les collègues de bureau, au retour, et prouver, épiderme agressé à l'appui, qu'on a passé de bonnes vacances. Que ça en valait forcément la peine. 

La situation politique et sociale instables du pays? On a rien vu, on était dans un endroit protégé et sécurisé. Même dans les yeux du personnel local, on a rien vu, ils ont été bien briefés. La moindre lueur suspecte gâcheraient nos vacances. Les beautés naturelles et architecturales? Bien sûr, on s'est intéressés, on a fait plein d'excursions, d'ailleurs les preuves… pardon, les photos sont déjà sur Instagram. C'était génial, géant, il a fait beau, on a bien mangé, l'hôtel était magnifique, on a croisé des "locaux" charmants et avenants, on a rencontré des allemands sympathiques, et on a acheté plein de babioles. 

C'était la Turquie, la Tunisie, l'Egypte… qu'importe. Les hôtels, les plages et les cocktails y sont partout les mêmes. Et puis c'était pas cher, une aubaine, une affaire. On rentre un peu tristes, des souvenirs ensoleillés et standardisés pleins la tête. 

On tourne la clef avec appréhension. La maison sent le renfermé mais ouf, on a pas été cambriolés. Le frigo s'est refermé tout seul, cultivant du moisi en notre absence. Il va falloir le laver. On se rue au supermarché avant que ça ferme, on aère, on arrose les plantes, on va récupérer le chat, on vide la valise et on met une lessive (on a pas porté la moitié de ce qu'on avait emmené, mais on lavera tout quand même, vu que le sable s'est infiltré dans les moindres recoins), on poste encore quelques photos sur Facebook pour faire envie, puis on se couche enfin sur un bon matelas, notre matelas, épuisés. Demain, boulot à 8h. Et oui, il faut bien gagner au plus vite de quoi se payer nos prochaines vacances "de rêve". 

17/08/2012

Loin du tumulte

 

556558_3742286069743_2051118965_n.jpegLe petit animal est craintif. Je l'avais connu en montagne, l’été dernier. C'était à la tombée de la nuit, dans un jardin. Assise sur une grosse pierre chauffée par le soleil, une bière fraîche en main, soudain j'avais senti sa présence. Il était là, il m'observait. J'avais posé une cacahuète dans l'herbe, et il s'était approché. A la fin de la semaine, il me mangeait dans la main. Puis le dimanche, après 6 jours d'apprivoisement mutuel, il avait disparu.

Depuis, il me manquait, souvent. Mais, happée par le tumulte de ma vie, je repoussais son image avec application. Et, soudain, alors que je ne l'espérais plus, il est enfin revenu. Il a sauté dans mon giron avec confiance, sa fourrure est chaude contre mon ventre, et je le caresse doucement. Il est là, et je le garderai dans mes bras pour 7 jours, 7 nuits. Je lui ai donné un nom. Il s'appelle "Vacances".

Chères lectrices et chers lecteurs, à très vite.

 

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24/07/2012

Une robe, un candidat, un festival et des bovins

 

IMG_20120716_142455.jpgJe suis alanguie sur la plage, en bateau la tignasse au vent, concentrée sur une partie de pétanque et encore en train de siroter un apéro. Et pourtant un flux ininterrompu d'idées, de bouts de phrases, de bons mots ou de formules bouillonne sous mon crâne. Impossible à ignorer, encore moins à stopper. La robe de Duflot, la candidature de Froidevaux, la présence excessive du Paléo dans la presse, ou encore les vaches du 1er Août, tout m'assaille et me donne envie de réagir, entre la galette et le plateau d'huîtres.

"Un blog est à la tête ce que le jogging est au corps: une discipline", nous annonce J-F Mabut dans ses conseils aux blogueurs. Dès lors, en vacances, grande est la tentation de ne pas perdre sa "musculature" et de laisser les mots rebelles s'échapper. Ils tournent en rond à la recherche d'une sortie, mais l'oisiveté intellectuelle entrecoupée de bains de mer représentant l'essentiel du programme de mes journées, le risque de les voir s'évacuer en ordre dispersé est palpable.

Tenir un blog est un "acte actif", "bon pour la tête". Soit. Mais écrire régulièrement et donner son avis sur tout est surtout devenu une drogue, une douce maladie, une nécessité. Le seul moment de véritable apaisement peut s'apprécier dans la journée qui suit la publication d'un billet. Un sentiment du devoir accompli, de libération. Je respire. J'ai eu ma dose. Mais dès le lendemain, ça recommence. Le sujet suivant se met à me hanter, à réclamer son existence. C'est sans fin.

Je résiste pourtant, ou presque. Pas de billet pendant mes vacances en Bretagne, m'étais-je promis. Sauf celui-ci, paradoxal, qui met en mots ma décision de ne pas écrire. Je suis faible, je sais. Bon, je vous laisse, les dorades au feu de bois sont à point. La robe, le candidat, le festival ou les bovins attendront jusqu'à la semaine prochaine. Promis.

 

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