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10/11/2014

“Turn Me On”, du street art monumental à Vernier

42P_01.jpgAprès une première édition fin 2013 présentant les oeuvres gonflables monumentales de l’artiste Filthy Luker, « Vernier Street Art » revient pour une seconde édition qui présentera cette fois la nouvelle création de l’artiviste genevois Dan Acher : « Turn Me On ». Son objectif: s’approprier l’espace urbain avec audace pour intriguer les passants, et leur permettre de donner eux-mêmes vie aux bâtiments de la ville de Vernier. 

Quatre interrupteurs géants forment un parcours à travers le chemin de Maisonneuve à Châtelaine, et appellent à l’exploration, à la tentation. Sur chaque interrupteur, l’inscription « Turn Me On » (« Allume-moi »), invite les passants à l’actionner. Sur une façade à proximité, le même message projeté en grand format clignote mystérieusement. 

Lorsque l'on actionne l'un d'eux dès la tombée de la nuit, le message sur la façade laisse place à une paupière fermée. Puis l’œil s'ouvre doucement, s'anime, observe, vit durant une minute avant que la paupière se referme puis disparaisse. Jusqu'au prochain passant qui fera apparaître un œil différent. Les interrupteurs déclencheront soit des yeux, soit des bouches. Les bouches, elles, s’animeront en formant des sourires, en disant des mots de façon silencieuse, en découvrant les dents, en jouant avec la langue. Des interactions éphémères sur les murs, mais permanentes dans l’imaginaire. 

« Turn Me ON » est pour la ville de Vernier une manière de toucher de nouvelles audiences et d’amener l’art dans les quartiers et au-devant de la population.

Cheminement piéton à travers le chemin de Maisonneuve à Châtelaine (entre Balexert et la bibliothèque).
Du vendredi 14 au dimanche 23 novembre de 17h30 à 2h du matin, tous les soirs (dès la tombée de la nuit).  

Dossier pédagogique « Le street art et la lumière »: http://we.tl/Cg1o2qXxdi

15:19 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, vernier, dan acher |  Facebook |

27/11/2013

Gonflé!

vernier,street art,filthy lukerQuand on nous parle de Street Art -ou d'Art Urbain-, on pense souvent en priorité aux graffitis, plus ou moins élaborés, et plus ou moins réussis. Mais cette forme d'art contemporain qui s'exprime sur le domaine public a bien d'autres cordes à son arc: installations ou sculptures, projection vidéo, installations de lumière, interventions sur le mobilier urbain, illusions d’optique ou trompe-l'oeil sur le sol et sur des façades…  ses formes sont multiples!  

Il s’agit principalement d’un art destiné au grand public, éphémère et en constant renouveau. Son objectif est d'aller au-devant des passants sans qu’ils l’aient forcément souhaité, et de toucher ainsi des personnes qui n’entreraient pas dans un musée ou dans une galerie d’art. Les artistes de rues s’approprient l’espace urbain pour contester, bousculer, déranger, revendiquer, dénoncer, interroger, soutenir... Ils ont des motivations artistiques, mais souvent aussi politiques ou sociales.

Bien que le Street Art ne soit pas toujours légal, sa valeur artistique est incontestable. Les artistes de Street Art ne cherchent pas à vandaliser les espaces publics, mais plutôt à changer notre regard sur la ville et sur l’art. Le Street Art peut être discret et occuper de très petits espaces (comme récemment les mini-nains en céramique cachés dans toute la Ville de Carouge), ou être monumental et très visible, comme, par exemple, les installations lumineuses exposées à Lausanne jusqu'à fin décembre, ou les structures gonflables de Filthy Luker, visibles à Vernier ce week-end.

Dans les rues, sur les arbres et sur les bâtiments, sept oeuvres gonflables monumentales de l'artiste britannique mondialement reconnu sont à découvrir le long d’un cheminement piéton entre le centre commercial de Balexert et la bibliothèque de Châtelaine: un poulpe géant qui semble avoir pris possession d’un immeuble, des arbres qui nous suivent du regard, un missile fumant sur un toit, une pousse végétale géante dans un jardin, et d’autres interventions pleines de surprises qui marqueront notre quotidien pendant 3 jours.

Spectaculaires et très visibles, les installations de Filthy Luker sont en constant dialogue avec les lieux qu’il investit. Il aime "attaquer" le regard et l’esprit des passants. Ses oeuvres grand format prennent possession de l’espace urbain, transforment la rue, étonnent avec humour et audace, nous extirpent de notre routine quotidienne et nous incitent à regarder la ville avec un nouveau regard, teinté d’extraordinaire.

 Infos pratiques: 

Cheminement piéton d'une quinzaine de minutes entre le centre commercial de Balexert et la bibliothèque de Châtelaine (le long du chemin de Maisonneuve).

Du vendredi 29 novembre au dimanche 1er décembre, en continu (les oeuvres seront illuminées en soirée).

Le site de l’artiste: http://filthyluker.org
Sur le site de Vernier: http://www.vernier.ch/fr/actualites/evenements/?action=sh...

Organisation: 42(prod)

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vernier,street art,filthy luker

 

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13/03/2012

Citernes à Vernier, suite et faim

 

zoom.550.550.jpegSuite à mon premier billet "Des soutiens si ternes" publié le 8 mars, j'avais décidé de ne pas parler plus avant de Stéphane Valente sans le connaître. C'est chose faite. Je rencontre le gréviste de la faim non pas à l'ombre des citernes verniolanes, mais au centre ville. Il faut dire que la menace des dépôts d'hydrocarbures commence sérieusement à lui faire perdre sa bonne humeur, actuellement à 12%, selon son blog et sa page facebook. Evitons donc de nous approcher de trop près de la zone en question.

Ce qui frappe d'abord, c'est que, bien qu'aminci, l'ex conseiller municipal verniolan semble ne pas avoir trop souffert physiquement. Il a des difficultés de concentration, certes, et la tête lui tourne de temps en temps, mais c'est tout ce qu'il avouera. "Je suis une force de la nature", dit-il. Et il sait que ça le dessert. S'il était plus maigre, plus malade, plus faible, on l'écouterait peut-être plus. Mais je le soupçonne de minimiser ses souffrances, par pudeur. Et aussi par que l'homme est très clair sur un point: il ne veut pas centrer l'attention sur lui ou son état, mais sur le dossier pour lequel il se bat.

Ensuite, c'est sa détermination et son assurance qui font rapidement oublier qu'il n'a rien mangé depuis presque un mois. Stéphane est fâché, très fâché. Et il ne se résigne pas. Il a l'énergie du désespoir, mais aussi celle de la certitude d'être dans le juste. Sa conscience et son sens des responsabilités semblent le nourrir. Il se saisit de mon carnet de notes, et commence à le noircir énergiquement de chiffres. Coût du démantèlement des citernes de Blandonnet, taille de la parcelle, lieux alternatifs pour le stockage. Il connaît son dossier à fond. Il faut dire que Stéphane est plongé dedans depuis deux ans. Depuis qu'il a mis la main sur des documents éloquents au moment de l'affaire des otages suisses en Libye.

Le seul contact que j'ai jamais eu avec le sujet du stockage des produits pétroliers à Vernier date d'une dizaine d'années, alors que j'avais piloté la création d'un sentier didactique du pétrole sur la commune. Déjà en 2002, les explications fournies par l'Union Pétrolière suisse concernant le poste "sécurité" m'avaient laissées dubitative. Mais qu'y connaissais-je? J'avais fait confiance et pondu pour l'occasion un panneau explicatif convaincant et rassurant.

Mais apparemment, il n'y a pas de quoi être rassuré. La notion de "risque acceptable" avancée par les pétroliers et les autorités ne satisfait pas Stéphane Valente et ceux, nombreux, qui le soutiennent dans son action. L'énoncé des conséquences sanitaires et économiques en cas d'accident fait froid dans le dos. "Il ne manque que l'allumette", me dit-il fermement en sirotant son thé très sucré.

Pour balayer les images atroces d'Ikea en feu et de chairs brûlées qui me viennent soudain en tête, je demande à Stéphane Valente jusqu'où il compte aller. Va-t-il vraiment se laisser mourir? Il n'y pense même pas, persuadé que l'issue de son combat sera positive, et qu'il sera enfin entendu. Ce jeudi, le Grand Conseil devrait traiter en plénière les deux motions qui concernent le déplacement des citernes. Nous verrons alors s'il a raison d'être confiant.

Dernier ajout de Stéphane sur sa page facebook, "peut être que le Conseil d'Etat prendra la seule décision qu'il puisse prendre en l'état: la fermeture du site de stockage et de distribution de Blandonnet, auquel cas, je pourrai avaler une barre chocolatée". La victoire prendra plus probablement la forme de petites pâtes dans son bouillon dans un premier temps. Mais elles seront dans ce cas certainement la meilleure chose qu'il aura jamais mangé.

 

08/03/2012

Des soutiens si ternes

 

FAIM.jpegCela fait plus de trois semaines maintenant que je suis avec intérêt les évolutions de la courbe de poids et de l'humeur de Stéphane Valente, gréviste de la faim anti-citernes à Vernier. Si tout le monde s'accorde à dire que son combat est justifié (plusieurs études sérieuses le prouvent et ne sont pas contestées), le mode de protestation choisi fait pourtant moins l'unanimité, et on s'en distance jusque dans son propre parti. En effet, la section verniolane de l'UDC, circonspecte pour ne pas dire frileuse, "soutient ses revendications mais pas son action".

Pas le bon moyen, pas une façon de faire, chantage, dangereux, pas démocratique, disproportionné. Ce sont là quelques termes lâchés dans les médias au sujet de l'action de Stéphane Valente. Le choix de l'abstention alimentaire dérange, embarrasse. Du côté du Conseil administratif de Vernier et de l'Etat, on semble ne pas voir d'urgence absolue, et on rappelle que les solutions politiques existent, que des démarches sont en cours.

Je dois avouer que, bien que je respecte profondément l'actuel maire de la commune, étant de surcroît du même parti que lui, je ne partage pas le point de vue qu'il exprime sur son blog, lorsqu'il assène d'un "premièrement" un peu trop péremptoire que "la grève de la faim a toujours été utilisée dans des cas extrèmes. Je peux penser à Gandhi, aux prisonniers politiques à Cuba. Bien que sévère, les citernes ne sont pas un comparables".

Non, Stéphane Valente n'est pas Gandhi, on est bien d'accord. Et les citernes ne sont pas une guerre religieuse sanglante. Mais il n'est pas non plus Chagaev qui aura (soi-disant) jeûné 7 jours pour protester contre le fait qu'on le prive de ses cigarettes en prison, ni Bernard Rappaz qui réclamait une remise de peine. Car en réalité, la grève de la faim est le plus souvent aujourd'hui utilisée comme levier pour des motifs personnels. Parfois justifiés, certes, mais néanmoins personnels. Les Gandhi modernes prêts à mourir pour de nobles causes ne les touchant pas directement dans leur liberté ou leur intégrité restent l'exception. Oh, je n'ai pas fait de grandes recherches pour pouvoir l'affirmer, il suffit de taper "grève de la faim" dans les actualités référencées par Google pour s'en rendre compte.

Et c'est ce qui m'a intriguée dans la démarche de Stéphane Valente. Se bat-il réellement pour les habitants de sa ville, et leur sécurité, de façon désintéressée?  Ou aurait-il des motifs personnels cachés? Une volonté de se "faire de la pub"?

En attendant, l'ex conseiller municipal tente apparemment de continuer de vivre normalement, malgré ses 23 jours au bouillon et à l'eau sucrée. Loin de ces grévistes qui érigent leur faiblesse physique en symbole, et qui s’exposent en victimes pour provoquer la compassion. Mais ne fait-il pas tout faux, Stéphane Valente? Le but d'une grève de la faim n'est-elle pas justement d'exhiber à l'envi son corps en danger de mort afin d’ébranler l'opinion publique et les autorités?

Cet acte de violence envers soi-même, en tant qu'ultime recours dans une situation désespérée, et si elle a pour but d'éveiller les consciences, nécessite une vraie mise en scène à destination des médias. Bernard Rappaz l'avait bien compris. L'opinion publique, pour être sensibilisée, a besoin de symboles forts, d'images choc aptes à frapper l'imaginaire. Alors que l'homme se dit gonflé à bloc, et vaque à ses occupations malgré son affaiblissement. N'est-il pas trop discret, ou trop pudique, pour être vraiment efficace? Quelle est donc sa stratégie?

Je me refuse aujourd'hui à porter des jugements à l'emporte pièce à partir d'informations de seconde main, alors que Stéphane Valente met sa santé en jeu. L'affaire est sérieuse. Il fallait, en mon âme et conscience, que j'aille chercher les réponses à la source. Le rendez-vous est donc pris avec le protestataire, et fera l'objet d'un prochain billet.